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Kit à Bière – Essai Brewferm

Qu’est-ce que le kit à bière? Pour brasser sa première bière à la maison, rien de tel que l’achat d’un kit de brassage de bière. Nous vous proposons ici de débuter par un kit extrait de malt en sirop encore appelé kit à bière, de la marque Brewferm. Vous aurez besoin d’ajouter un lot d’équipement complet.

Cette méthode rapide et peu onéreuse permet de brasser de grande quantité de bière. Il n’y a pas plus simple sur le marché actuellement. Sans appréhender le processus complet de brassage d’une bière, vous pourrez néanmoins vous essayez à la fermentation d’un moût houblonné.

Vous allez découvrir les différents kits à l’extrait de malt sur le marché, les arômes de houblon et épices à ajouter en dry hoppping, de quel matériel vous avez besoin, comment préparer 20 litres de bière en à peine 2 heures (il faudra quand même attendre quelques semaines de fermentation), notre essai de la capsuleuse manuelle Emily, les consignes de sécurité pour éviter les risques d’explosion de bouteilles…

Avez-vous lu notre article Comment choisir son kit de brassage de bière?

Partenariat Rolling Beers

Comme dans notre article précédent sur le kit tout grain, nous brassons ce kit à l’extrait de malt grâce à notre partenariat avec Rolling Beers. Et nous les remercions encore une fois ;). Cet article va vous décrire notre essai du kit de brassage à l’extrait de malt houblonné brewferm : pilsner.

Afin de brasser ce kit à l’extrait de malt, vous devrez posséder lot d’équipement pour débuter le brassage à la maison d’une capacité de 30 litres!

ALERTE GRAND CONCOURS

*** Concours terminé ***

Nous fêtons avec vous les 600 premiers inscrits au blog et
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A gagner : une carte cadeau Rolling Beers de 100€.

Pour connaître les règles de participation, rends-toi à la fin de cet article.

Les différents kits en extrait de malt

Pré-requis : Afin de mieux comprendre ce que sont les kits en extrait de malt, je vous propose de lire l’article Comment choisir son kit de brassage de bière qui présente l’ensemble des kits présents actuellement sur le marché. Et pour en savoir plus sur l’autre grande famille de kit : le kit tout grain, c’est par ici.

Extrait de malt en sirop ou kit à bière

Le kit à bière est dénommé ainsi par opposition au kit tout grain ou kit de brassage. Pour en savoir plus sur ces kits, c’est par ici! Avec un kit à l’extrait de malt, vous allez faire de la bière, mais n’apprendrez pas à brasser! Les étapes clés d’obtention du moût houblonné ont été réalisées pour vous.

L’extrait de malt en sirop se présente sous forme d’une grosse boite de conserve (ou canne pour nos amis québecois), ou sous forme d’un sachet résistant et opaque. Pour préparer ce type de bière, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

Extrait de malt en siropDéjà houblonné
(=kit à bière)
Avec ajout d’arômes de
houblon ou autres
Kézako?Rien de plus simple :
dilution du sirop dans de l’eau puis fermentation
– Dilution dans de l’eau
– Fermentation
– Ajout d’arômes dans le
fermenteur (comme un
dry hopping)
ExempleC’est le cas de ce kit : Brewferm Pilsner (sinon Muntons, Malt Cooper…)A faire soi-même
kit à bière brewferm
kit à bière Muntons
Kit à bière Malt Cooper
kit mangrove jack

Les kits à bière de Brewferm

Brewferm, c’est la gamme développée par Brouwland. Et n’allez pas me dire que vous ne connaissez pas Brouwland! Ils ne se sont pas seulement arrêté au kit pour fabriquer la Pilsner. Non, non! Vous pourrez aussi trouver un kit à bière pour :

  • Barley Wine,
  • Belgian Brown,
  • Belgian Dubbel,
  • Belgian Saison,
  • Belgian Tripel,
  • Belgian Wit,
  • Cherry Ale,
  • Dunkel Bock,
  • English IPA,
  • English Porter,
  • Flemish Brown,
  • Imperial Stout,
  • Pilsner,
  • Premium Pilsner,
  • Raspberry Ale,
  • Special Belge,
  • Strong Blond,
  • Wheat Tripel,
  • Winter Ale.
Belgian Wit
Premium Pilsner

Belgian Brown
Belgian Dubbel
Unhopped Wheat

La gamme est très large. Les kits sous le même format que la pilsner ci-dessus permettent de brasser de 9 à 20 litres selon les cas. Et sont vendus entre 15,95€ et 34,95€ pour les 12 litres de la cherry ale, la plus chère.

Mon oreillette me dit que : La levure dans le kit Belgian Wit et Wheat Tripel peut entamer une fermentation trop vigoureuse, où la mousse remplit tout le seau, et remonte même dans le barboteur. Restez calme, votre bière est sans danger. De toute manière, tant que la fermentation est en cours, le CO2 crée une couche protectrice – comme une atmosphère – sur votre bière. Cependant, remplacez votre barboteur par un barboteur propre dès que possible. Ou nettoyez votre barboteur actuel et remplissez-le d’eau propre.

Mais ce n’est pas tout! Brewferm propose également des bidons de 25kg d’extrait de malt. Ces derniers permettent d’obtenir 150 à 250 litres de bière pour 94,95€. Mais avez-vous le matériel pour ça…? Ce sera de la bière d’abbaye, de la triple, de l’IPA, de la tarwebier (ne me posez pas de question sur le sujet) etc…

Kit brewferm 25kg

Les arômes à ajouter

Hop Sensation est un extrait de houblon concentré, 100 % naturel, avec l’effet immédiat d’un houblonnage à cru. Vous pourrez additionner une arôme : Citrulicious (agrumes), Uncle Sam (houblon américain comme le Citrus et le Geraniol), Magnifico (fruits tropicaux aux notes florales et terreuses), Peach Melba (Amarillo avec une touche d’agrumes, de pamplemousse et d’orange), Kentish Gold (arômes épicés et terreux d’un grand classique des bières anglaises).

Natural Sensation est un arôme concentré de fruits ou d’épices. Il faut simplement l’ajouter à la bière jeune avant la mise en bouteilles. Voici les parfums à disposition : Strawberry (fraise), Cherry (cerise), Raspberry (framboise), Chocolate ou Coffee (café arabica torréfié).

Un sachet permet d’aromatiser 20 litres, à utiliser à raison de 1g/litre.

Moi, perso, je trouve que c’est vraiment de la triche. Les arômes que l’on retrouve dans les bières peuvent pratiquement tous être apportés, pendant le brassage, par l’ajout de différents houblons, voire de fruits, épices ou herbes… Mais bon, il est intéressant de savoir que ces arômes “tout prêts” existent.

Pour en savoir plus sur les arômes et leur utilisation pour préparer votre bière : par ici.

Extrait de malt en poudre

L’extrait de malt en poudre est conditionné dans un sachet transparent, à l’intérieur de l’emballage du kit.

Extrait de malt en poudreAvec cuisson de houblon
en pellets à réaliser
Avec ajout d’arômes de
houblon ou autres
Avec infusion de malts spéciaux et de houblons
Kézako? – Dilution de la poudre,
– Cuisson du malt et des houblons,
– Fermentation
Why not…
cf. utilisation ci dessus
C’est la technique que nous a dévoilé Thomas de Carnet d’un brasseur
Exemple Kits (B-maker, Brewferm FURIOSO…)
ou A faire soi-même
A faire soi-même A faire soi-même
Brasser en extrait de malt
selon Thomas
Kit brewferm furioso
Kit saveur bière
Kit brewbarrel

Promis, je vous présente l’essai d’un kit en extrait de malt poudre très rapidement.

Si vous souhaitez, utilisez vos houblons en pellets au mieux, je vous conseille la lecture de ces petits articles : Tout savoir sur le houblon, comment choisir, utiliser et conserver ton houblon.

Notre essai de kit à bière : Brewferm Pilsner

Matériel nécessaire

Indispensable

  • 1 seau de brassage avec robinet, couvercle et barboteur,
  • 1 cuillère,
  • 1 ouvre boite,
  • 1 grande casserole pour faire un bain marie,
  • 1 densimètre avec éprouvette,
  • du désinfectant,
  • des bouteilles,
  • des bouchons ou capsules.
L'ouvre boite pour ouvrir le kit brewferm
L’ouvre boite rouge à paillettes, un must have

Facultatif mais confortable

  • 1 thermomètre,
  • 1 tige de remplissage
  • 1 système de capsulation.

Pour toutes les questions complémentaires sur le matériel de brassage :
Une mine d’info se trouve ici. Allez y jeter un œil!

Exemple du Pack Débutant Premium Rolling Beers

Pour brasser votre premier kit d’extrait de malt, vous devez vous équiper, et pour cela Rolling Beers (par exemple) propose certains packs débutants très intéressants. De notre côté, nous avons reçu le pack premium, et voici ce qu’il contient :

  • 1 x seau de brassage plastique 30 litres
  • 1 x seau de fermentation en plastique 30 litres
  • 2 x robinets
  • 2 x thermomètres autocollants
  • 1 x barboteur
  • 1 x fourquet/cuillère
  • 1 x densimètre
  • 1 x éprouvette en plastique
  • 1 x goupillon
  • 1 x désinfectant
  • 1 x tige de remplissage
  • 1 x capsuleuse manuelle pour capsules 26 mm
  • 100 x capsules couronnes 26 mm
Pack matériel débutant brassage Rolling Beers

Ce pack est donc ultra complet et vous permet d’envisager votre premier brassin de 20 litres, très sereinement. Il est accompagné d’un mode d’emploi qui vous explique comment fixer les robinets, utiliser le barboteur, où coller les thermomètres et donne quelques explications sur la mise en bouteilles.

Ce pack est réutilisable et évolutif ! Il vous permettra même rapidement de vous lancer sur du tout grain en y ajoutant un moulin (à moins que vous n’optiez pour l’achat de malt déjà concassé…), un système de filtration, une cuve chauffante et un système de refroidissement!

Si vous souhaitez vous remémorer les étapes et le matériel nécessaire pour brasser 20 litres de bière tout grain à la maison.

kit matériel débutant Rolling beers
kit matériel débutant Rolling beers

Contenu du kit à bière Brewferm Pilsner

Ce moût houblonné a été concentré et dans le kit Brewferm, il vous est présenté sous la forme d’un sirop visqueux dans une boite de conserve d’1,5 litres. Le brasseur débutant n’a plus qu’à réaliser la dilution du sirop et la fermentation à l’aide de l’équipement nécessaire à la fermentation et d’un sachet de levure fourni dans le kit.

Kit extrait de malt houblonné brewferm
Le kit nouvellement relooké de la pilsner

Lorsque l’on soulève le couvercle de la boite, nous pouvons retrouver le sachet de levure de Czech lager ainsi que la notice d’utilisation du kit en plusieurs langues. Vous pourrez également le trouver sur le site internet Rolling.beers.fr. Le lien de téléchargement se trouve tout en bas de leur page du kit Brewferm.

Et pour vous faciliter la tâche, je vous propose également un lien par ici 😉 : Guide d’utilisation du kit Brewferm.

Instructions pour kit brewferm

Mode d’emploi : kit Brewferm

1/ Nettoyage du seau et du fourquet

La première étape consiste à nettoyer et désinfecter votre seau de fermentation et votre fourquet.

Pour le nettoyage, si vous utilisez un seau de nettoyage vous pouvez passer cette étape. Mais si vous l’avez déjà utilisé, est-il propre? Un petit nettoyage au liquide vaisselle?

Pour la désinfection, utilisez un produit de type chemipro oxi. Dans le pack de matériel Rolling Beers, un désinfectant est fourni. Il faut peser 4 grammes pour 1 litres d’eau tiède. Appliquez la solution sur l’ensemble des parois, du couvercle, intérieur du robinet de votre seau de fermentation. Votre fourquet doit également y passer!

Ce produit ne nécessite pas de rinçage. Vous trouverez de long débat sur les forums sur la nécessité de rincer ou non ces produits. Des traces de produit et votre bière pourrait avoir un goût désagréable… Des gouttes d’eau de rinçage laissées sur votre seau (donc non stériles) et une contamination pourrait s’inviter. Bref, depuis peu nous avons de notre côté, choisi de ne plus rincer le produit de désinfection.

2/ Préparation de l’extrait de malt

Rien de plus simple!

Une fois la boîte ouverte, placez-la au bain-marie dans une casserole à 40°C. L’extrait de malt a une consistance extrêmement visqueuse à l’ouverture de la boîte et petit-à-petit, avec la chaleur, il se liquéfie. Une dizaine de minutes seront suffisantes!

Kit brewferm au bain-marie

Versez le contenu de la boite dans le seau qui est maintenant propre et désinfecté. Vous avez encore des questions sur le risque contamination de votre bière? Rincez bien la boite avec 1 litre d’eau chaude que vous pouvez également verser dans le seau.

3/ Ajout du sucre

Voici, dans le guide d’utilisation que j’ai reçu avec mon kit (ancienne version), le petit tableau :

Pour la Pilsner, il est écrit qu’il faut additionner 50g/l de sucre. Et je vous avoue que j’ai eu une doute… 50g pour le brassin complet? Parce 50 x 20 litres : 1000g c’est énorme! Et bien non, c’est bien ça! Regardez sur le guide que j’ai téléchargé sur Rolling Beers ou même Brouwland. L’information est dorénavant claire (nouvelle version) :

Dans le cas de notre Pilsner, nous préparons 20 litres et nous devons ajouter 1000grammes de sucres!

Il est donc nécessaire de peser ces 1000 g de sucre et les dissoudre dans 2 litres d’eau tiède. Puis additionnez la solution de sucre dans le seau avec l’extrait de malt. Homogénéisez bien à l’aide de votre fourquet.

4/ Addition d’eau pour obtenir le volume final

Sur le petit tableau, il est écrit que l’on doit ajouter 16 litres d’eau froide pour obtenir un volume final de 20 litres. Et en effet le compte est bon. 1 litre d’eau pour rincer la conserve, 2 litres d’eau pour la solution de sucre et le volume d’extrait de malt, on y est!

Compléter avec 16 litres d'eau

5/ Ensemencement et fermentation

Laissez refroidir la préparation jusqu’à une température de 20-25°C. Une mesure de densité permet de vérifier que nous sommes proches des valeurs théoriques (cf. tableau). Pour la Pilsner, nous attendons une densité initiale de 1042. Pour cela, nous prélevons un peu de moût via le robinet, dans l’éprouvette et y plongeons le densimètre.

Prise de densité initiale

Puis nous ouvrons le sachet de levure et jetons le tout dans le moût. Nous homogénéisons et oxygénons le tout à l’aide du fourquet.

Le couvercle du seau est refermé hermétiquement. Le barboteur contenant de l’eau est correctement positionné. La fermentation débute. Nous plaçons le seau dans une pièce entre 18 et 23°C. Vous souhaitez connaître nos trucs et astuces pour contrôler votre température de fermentation?

Quand mettre en bouteilles?

Il est nécessaire de commencer par un mesure de densité. Vous ne pouvez procéder à la mise en bouteilles que si :

  • Il n’y a plus d’activité dans le seau;
  • la densité mesurée est proche de la densité finale attendue. Pour cela reportons-nous à notre petit tableau, pour la Pilsner, nous devrions être proche de 1004.
  • La densité spécifique est restée stable pendant au moins 48h.

Hey mais c’est quoi la densité spécifique? Je t’invite à aller lire notre article sur la recette de notre rye porter!

6/ Le soutirage et sucrage

Transvasez la bière dans un seau (propre et désinfecté, et n’oubliez pas la désinfection du robinet!), sans faire de remous et en ne prélevant pas le fond du fermenteur (bouillasse) de levures mortes.

Astuce : L’idéal pour les transferts, c’est quand même d’avoir un tuyau en silicone qui permet de déposer le moût dans le fond du second seau. Cela évite les risques d’oxydation et en prime les risques d’éclaboussures! (Visionnez la vidéo pour voir comment on s’y prend)

Dans le tableau ci dessus, vous trouverez les dosages de sucre en fonction du contenant final (bouteilles 7g/l, fût : 2,5g/l). Nous ajoutons donc une solution contenant 140 grammes de sucre dans le seau de transfert. On touille!

7/ Obtention et nettoyage des bouteilles

La meilleure des options est la récupération de bouteilles ayant déjà contenu de la bière. Préférez dans ce cas, des bouteilles au verre sombre, ce qui préserve les saveurs de votre bière.

Pour savoir comment procéder pour le nettoyage de vos bouteilles, reportez vous à l’article :

8/ Mise en bouteilles

Si vous avez opté pour le kit de matériel de Rolling Beers, vous avez sûrement une tige d’embouteillage. Celle-ci se raccorde sur le robinet du seau de transfert. Ouvrez le robinet et lorsque la tige s’appuie contre le fond de la bouteille, la bière s’écoule.

Placez vos bouteilles vides sous le robinet du fermenteur et remplissez délicatement jusqu’au goulot. Positionnez votre capsule rapidement, pour éviter le risque de contamination.

9/ Capsulation

Ha ha, vous allez enfin tester la capsuleuse manuelle Emily. Et you kwon what? I’m happy!

Depuis que je brasse, j’utilise une capsuleuse sur pied. Et j’étais assez sceptique sur la capsuleuse manuelle.

Mes a-priori : comment réussir à maintenir convenablement la bouteille tout en forçant sur les poignées de la capsuleuse? Ne faut-il pas être “herculéen” pour réussir à capsuler sans appui sur la table (comme pour la capsuleuse sur pied)?

Mon retour d’expérience : et bien j’avais tort! C’est en fait très simple, pas besoin d’être costaud. Je n’ai pas eu de bouteilles qui se sont renversées. Il faut juste faire attention à ce que la capsule soit bien placée, sinon… sic! On comprime une capsule pour rien!

10/ Maturation et dégustation de la bière

Conservez les bouteilles à température ambiante (c’est quoi température ambiante?) entre 18 et 23°C pendant une dizaine de jours. Puis transférez-les dans un endroit plus frais de quelques degrés pour les 6 à 8 semaines suivantes. Hey oui, la bière ça se laisse désirer!

Dégustation : toujours ce même petit goût caractéristique des bières brassées en extrait de malt… Mais je suis peut-être un peu trop critique (j’aime le brassage tout grain). Elle est très limpide et la mousse n’est pas persistante, jolie couleur dorée, caramel.

Notre avis sur ce kit

Un bon premier (petit) pas dans la fabrication de la bière à la maison.
Sa force : Extrême simplicité, prix très attractif, permet de s’essayer à la fermentation d’une boisson, astuces sécurité dans le guide
Sa faiblesse : pas d’apprentissage du process complet de brassage d’une bière, goût formaté de la bière (personnellement je n’aime pas)

Je vous ajoute un paragraphe spécial sécurité car ces informations sont fournies dans le kit à bière Brewferm! Et personnellement je trouve qu’on ne les retrouve pas assez ailleurs.

Pour éviter le risque d’explosion de bouteilles :

  • Utilisez uniquement des bouteilles de bière réutilisables qui résistent à la pression et qui ne présentent ni fissure, ni rayure.
  • Ne vous fiez pas uniquement à une durée de fermentation fixe ou à la formation de bulles dans le barboteur. Mesurez toujours les densités initiale et finale de la bière.
  • N’ajoutez pas trop de sucre lors de la mise en bouteilles.
  • Pendant la fermentation secondaire, conservez les bouteilles dans une pièce séparée et fermée, ou règne une température stable, de préférence, pas dans un endroit de passage.
  • Rangez toujours les bouteilles remplies à l’abri de la lumière directe du soleil.

Les règles de participation du grand concours

*** Concours terminé ***

Ha, ha, bande de petits impatients! J’espère que vous avez pris le temps de lire l’article!!

Rappel : une carte cadeau Rolling Beers de 100€ à gagner!

Voici les règles de participation:

1/ Abonne-toi au blog (si ce n’est pas déjà fait) et reçois ainsi régulièrement les newsletters qui t’annoncent la publication des articles. Les formulaires sont présents à différents endroits du blog, je sais que tu les connais déjà ;).

2/ Sous cet article, laisse-nous un commentaire pour nous dire depuis combien de temps tu brasses et racontes-nous tes débuts en 2 mots (sauf si tu l’as déjà fait dans l’article précédent!).

3/ Suis la page Facebook de Comment brasser sa bière. Tu préfères Youtube, Instagram ou Twitter? Allez je te laisse le choix. Nous parlerons de tout ça en message privé!

4/ Pour maximiser tes chances de gagner : partage cet article sur un max de réseaux sociaux!

Date limite de participation : 6 octobre à minuit!

Petit brasseur, où en es-tu?

As-tu testé un kit extrait de malt, si oui lequel? Le conseillerais-tu pour débuter le brassage à la maison? Si tu as testé celui-ci, qu’en as-tu pensé? Laisse-nous tous ces détails en commentaires.

Un dernier mot : si vous aimez cet article, merci de le partager (les boutons réseaux sociaux sont juste là). Et si vous voulez plus d’informations exclusives sur le brassage à la maison, inscrivez-vous à ma newsletter en utilisant le formulaire ci-dessous.

A très vite,

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Kit tout grain – Essai Rolling Beers

Pour brasser sa première bière à la maison, rien de tel que l’achat d’un kit de brassage de bière. Nous vous proposons ici de débuter par un kit tout grain de qualité en provenance de Rolling beers.

Ce kit tout grain complet contient les matières premières indispensables ainsi que le matériel réutilisable, adéquat et fiable dont vous aurez besoin. Le tout est accompagné par un guide facilement téléchargeable sur le site internet accompagné de quelques explications sur l’emballage du kit. Ainsi, sans avoir besoin d’être un expert et à un prix défiant toute concurrence, vous aller comprendre les étapes du brassage de votre bière, brasser vos 8 premiers litres et déguster une bonne bière maison.

Voici nos 2 tutos vidéo : la première vidéo vous montre le brassage et la seconde, la mise en bouteille après les 15 jours de fermentation

Découvrez dans cet article : comment mesurer vos 8 litres dans votre marmite. Pourquoi il est nécessaire de réaliser un whirlpool. Ce qu’est le “cold crash”. Ce que nous avons pensé de ce kit. Où vous pouvez vous le procurer. Comment participer à notre grand concours!

Avez-vous lu notre article Comment choisir son kit de brassage de bière?

Partenariat Rolling Beers

Nous tenons tout d’abord à remercier l’équipe de Rolling Beers qui a accepté de collaborer avec Comment brasser sa bière. Cet article va vous décrire notre essai du kit de brassage tout grain d’une blanche allemande.

Nous avons également reçu un kit à l’extrait de malt de la marque Brewferm, accompagné d’un lot d’équipement pour débuter le brassage à la maison. Nous vous présentons notre essai de ce kit et ce matériel par ici.

Kit tout grain Rolling Beers

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Pour connaître les règles de participation, rends-toi à la fin de cet article.

Contenu du kit du tout grain Rolling Beers

Le kit de brassage contient le matériel suivant :
• seau de fermentation
• couvercle de seau
• barboteur
• robinet de seau
• thermomètre
• 24 x muselets capsules
• 24 x bouchons en plastique
• goupillon
• 100g de produit nettoyant
• 24 x étiquettes pour bouteilles à personnaliser

Malgré les précautions d’emballage, nous avons malheureusement réceptionné un thermomètre cassé… Enfin mea culpa, nous l’avons peut-être manipulé trop brutalement à notre première ouverture du carton hors caméra… Ne vous inquiétez pas, nous avions un autre thermomètre sous le coude!

Pour brasser cette Blanche Allemande, les ingrédients suivants sont également inclus dans le kit :

  • 0,75 kg de malt d’orge de base
  • 0,75 kg de malt de blé
  • 10 g de houblon n°1
  • 5 g de houblon n°2
  • 1 sachet de levure

Les deux malts (orge et blé) ont été préalablement mélangés et concassés. Les houblons sont dans des sachets distincts identifiés par des numéros.

Le matériel non inclus dans le kit

Afin de brasser votre première bière tout grain à l’aide de ce kit, vous devrez ajouter :

  • grande marmite de 8 litres
  • casserole de 4 litres
  • passoire
  • verre doseur
  • minuteur
  • grande cuillère, spatule, louche ou équivalent (vous avez saisi l’idée)
  • des bouteilles : 24 bouteilles de 33 cl, 16 bouteilles de 50 cl ou 11 bouteilles de 75 cl
  • Et un bon pote 😉

Préparation, les jours précédents

1/ Il est très utile de préparer à l’avance, un petit stock de glaçons et blocs réfrigérants. Ces derniers sont utiles pour refroidir le plus rapidement possible la marmite de 8 litres (en sortie d’ébullition). Et pour cela, mieux vaut y avoir penser un peu en avance…

Bain de glace en sortie d'ébullition - kit tout grain

2/ Je vous conseille également de commencer par télécharger le guide d’utilisation du kit de brassage Rolling Beers. Vous pourrez le trouver sur le site internet Rolling.beers.fr. Le lien de téléchargement se trouve tout en bas de leur page, en sélectionnant votre kit de brassage tout grain.

Et pour vous faciliter la tâche, je vous propose également un lien par ici 😉 : Guide d’utilisation du kit de brassage Rolling Beers.

Besoin d’un petit rappel sur les étapes de fabrication d’une bière?

3/ Dernier petit truc, trouvez un moyen d’identifier la hauteur d’un volume de 8 litres dans votre marmite. En effet, à la fin de votre ébullition, il vous sera demandé de compléter le niveau de votre bière jusqu’à 8 litres…

Dans ma marmite, mes 8 litres font 18 cm de hauteur

Dans ma marmite, mes 8 litres font 18 cm de hauteur. Je plongerai ma réglette dans mon moût pour ajuster le niveau.

Empâtage

L’empâtage est le mélange des malts de céréales avec de l’eau chaude afin d’en extraire tous les composés nécessaires à la fabrication de la bière.

1- Faire chauffer de l’eau

La première étape consiste à faire chauffer 4 litres d’eau dans le grande marmite de 8 litres jusqu’à 71°C.

2- Additionner les céréales

Une fois la bonne température atteinte, versez les céréales. Dans notre cas, nous avons le kit de brassage d’une blanche allemande, notre sachet de malts contient donc de l’orge et du blé.

Remarque : pour vous faciliter cette étape, votre malt est déjà concassé. N’attendez pas trop avant de brasser votre bière, sinon votre malt perdra sa fraîcheur et votre rendement ne sera pas optimal.

Le malt a tendance à faire des grumeaux au contact de l’eau chaude. Vous devez vous équiper d’une bonne cuillère ou équivalent pour brasser votre préparation (la maische) et casser ces grumeaux. Nous avons choisi un écumoir!

3- Faire le palier de température

Il est ensuite nécessaire de stabiliser la température entre 67 et 69°C. Cette étape est assez compliqué… Soit la température monte en flèche et il est ensuite compliqué de la faire redescendre, soit à l’inverse, elle stagne…

Lancez votre minuteur pendant 60 minutes. La température doit rester stable pendant toute la durée de votre empâtage. Brassez vos céréales de temps en temps afin de vous assurer que la température est homogène (technique des huits).

A 5 minutes de la fin du chronomètre, commencez à faire chauffer 4 autres litres dans l’autre casserole, jusqu’à 75°C. Cette eau chaude vous sera utile pour rincer les céréales à l’étape suivante.

Faire le palier de température entre 67 et 69°C.

Filtration et rinçage des drêches

La filtration permet de séparer les drêches, du jus sucré qui servira à produire votre bière, le moût. Les drêches sont les céréales, qui ont été épuisées en sucre et autres molécules clés. Ces céréales sont utilisables en cuisine ou au jardin 😉 Ne les jetez pas!

Le rinçage à l’eau chaude permet de maximiser nos chances de récupération de molécules.

1- Filtrer

Nettoyer le seau de fermentation. Un peu de liquide vaisselle avec une éponge propre front l’affaire. Pour lire nos conseils sur le nettoyage et la désinfection, c’est par ici.

Il est ensuite nécessaire de placer une passoire sur le seau et d’y transférer votre préparation.

2- Rincer les drêches

Votre eau de rinçage doit atteindre 75°C avant de pouvoir être utilisée. Puis, à l’aide d’une louche, faites couler doucement de l’eau chaude sur l’ensemble des céréales. Pour permettre à l’eau de bien se charger, elle doit s’écouler lentement au milieu des céréales d’où l’intérêt d’y aller petit à petit.

Rincez les drêches lentement à l'eau chaude.

Mettez de côté vos céréales, vous n’en aurez plus besoin pour votre fabrication de bière. Rincer votre marmite de 8 litres, et transvasez-y (c’est dur à dire ça) le moût.

Ébullition et houblonnage

Le moût est porté à ébullition pour le stériliser et pour permettre aux houblons de libérer leurs amertumes et leurs arômes. Les variétés de houblons sont très nombreuses et apportent des propriétés très différentes à la bière. Pour en savoir plus : tout savoir sur le houblon, comment choisir, utiliser et stocker ton houblon.

1- Ébullition

Commençons par ajouter 1,5 litres d’eau dans la marmite, l’évaporation étant importante pendant l’ébullition… Puis le moût doit être monté en température jusqu’à ébullition.

Le thermomètre n’est plus nécessaire, votre indicateur sera l’apparition des premiers bouillons. Ce n’est qu’à partir de ce moment que vous pouvez passer à l’étape suivante.

2- Houblonnage

Le houblonnage est souvent mené en 2 étapes.

Le premier houblon est additionné en début d’ébullition. Il va donc subir 45 à 60 minutes de très forte température. Ceci lui permet de libérer son amertume. On parle de houblon amérisant.

Dès le début de l’ébullition, additionner le houblon n°1. Puis lancez le minuteur pour 55 minutes.

Breaking new : Les houblons sont fournis en “sachet infusable“, tu peux donc les jeter tels quels dans ton moût. Mais si comme moi, tu es adepte du FREE THE HOPS, n’hésite pas à les jeter sans sachet pour libérer un max de saveurs. Tu pourras faire un whirlpool par la suite pour les éliminer (cf plus loin)!

Pour le second houblonnage, ce sont les propriétés aromatiques qui sont mises en avant. Ce second houblon, dit aromatique, ne doit donc subir qu’une très courte période d’ébullition. Les composés aromatiques, très volatils, n’ont ainsi pas l’opportunité de s’évaporer.

Après ces 55 premières minutes d’ébullition, additionner le houblon n°2. Lancez le minuteur pour 5 minutes.

Versez le houblon dans votre moût en ébullition

Vous avez ensuite la possibilité d’ajuster le niveau de votre moût jusqu’à 8 litres. Souvenez-vous! Nous vous en avions parlé en préparation. De notre côté, nous utilisons une réglette métallique et savons que 8 litres ont une hauteur de 18 cm dans notre marmite.

Fermentation

Vous n’avez presque plus rien à faire, votre levure va prendre le relai pour transformer votre moût en bière.

Votre moût est un milieu de culture optimal pour petits organismes (bactéries, levures). Il contient nutriments en quantité adéquate et va être amené à une bonne température. Votre but : faire en sorte que la levure qui vous a été fournie dans votre kit, transforme ce moût en bière. Cette levure… et rien d’autre!

A partir du moment où votre moût sera refroidi, les conditions d’hygiène doivent devenir irréprochables. Plus rien, qui n’ait été préalablement stérilisé, ne doit entrer en contact avec votre moût. Fermez votre seau dès que cela est possible.

1- Nettoyer et stériliser

Un désinfectant en poudre vous a été fourni dans votre kit. A raison de 4 grammes pour 1 litres d’eau tiède, vous allez pouvoir confectionner vous-mêmes votre solution de désinfection. Appliquez le produit sur l’ensemble des parois, du couvercle, intérieur du robinet de votre seau de fermentation.

N’oubliez pas de stériliser la cuillère qui vous servira à homogénéiser la levure dans le moût.

Ce produit ne nécessite pas de rinçage. Vous trouverez de long débat sur les forums sur la nécessité de rincer ou non ces produits. Des traces de produit et votre bière pourrait avoir un goût désagréable… Des gouttes d’eau de rinçage laissées sur votre seau (donc non stériles) et une contamination pourrait s’inviter. Bref, depuis peu nous avons de notre côté, choisi de ne plus rincer le produit de désinfection.

Conservez-donc votre solution de désinfection, jusqu’à la mise en fermentation. On ne sait jamais, vous n’êtes pas à l’abri d’avoir besoin de désinfecter à nouveau votre seau ou votre cuillère!

2- Refroidir le moût

Refroidir une grande marmite de 8 litres dans un bain glacé est très long… Et pendant ce temps, les éventuelles contaminations ne sont pas loin.. Cette étape doit donc être en théorie, la plus rapide possible.

Prévoyez un maximum de glaçons car ceux-ci vont rapidement fondre. Si vous avez la possibilité de les remplacer, c’est une bonne chose. Pourquoi ne pas laisser un filet d’eau froide couler pour accélérer le refroidissement?

Comme vous avez pu le voir dans notre vidéo, nous avons un peu triché. Afin d’accélérer le refroidissement, nous avons utilisé notre serpentin

Vous devez refroidir votre moût jusqu’à une température de 18°C. Pour en savoir plus sur les températures pendant votre fermentation, je vous conseille d’aller lire cet article.

3- Transfert et ajout d’une étape intermédiaire

Une fois 18°C atteints, vous pouvez transférer le moût de votre marmite de 8 litres vers votre fermenteur.

En réalisant cette étape, nous avons constaté un dépôt important de matières végétales au fond de notre marmite. Ce dépôt est dommageable pour votre future bière. Il peut apporter des faux goûts, donner une texture désagréable à votre bière (boire des morceaux n’est jamais agréable), il peut également être à l’origine d’un surmoussage. Connaissez-vous le gushing?

credit: Research Gate http://tinyurl.com/l2ygt9h 

Le whirlpool est un tourbillon créé par le fourquet en fin d’ébullition du moût pour concentrer les particules protéiques (protéines, résidus de houblon et de céréales) dans le centre de la cuve et obtenir une bière plus limpide.

En pratique, à l’aide de votre cuillère, faites un mouvement rotatif rapide dans votre moût. Puis laissez reposer 10 à 15 minutes. Le dépôt va se déposer dans le fond au centre. Transférez ensuite le moût dans votre marmite, en faisant attention à ne pas faire couler les particules solides (jetez un œil à notre vidéo si besoin).

Nettoyez et désinfectez à nouveau votre seau de fermentation. Puis transférez-y à nouveau votre moût qui est, cette fois, beaucoup plus limpide!

Le whirlpool concentre les matières végétales au centre du fermenteur
Le whirlpool concentre les matières végétales au centre du fermenteur

Transfert du fermenteur vers la marmite après le whirlpool
Transfert du fermenteur vers la marmite après le whirlpool

4- Ensemencer, homogénéiser et oxygéner le moût

Rolling beers préconise un ensemencement direct. Pour cela, découpez le sachet de levure et versez-les directement dans le moût.

De notre côté, nous avons l’habitude d’offrir les meilleures conditions possibles pour la prolifération des levures. Nous procédons généralement à une réhydratation des levures avant ensemencement. Pour savoir pourquoi et comment procéder, jetez un œil à notre paragraphe sur l’ensemencement de notre recette de bière à l’ortie.

A l’aide de votre cuillère, mélangez convenablement votre moût avec vos levures, tout en gardant en tête le risque de contamination. Cette homogénéisation permet également de dissoudre de l’oxygène dans votre moût. Cet oxygène est indispensable à votre levure!

5- Chuut… laisser fermenter

Votre fermenteur doit être hermétiquement fermé. Assurez-vous que le couvercle ne laisse pas passer d’air.

Remplissez le barboteur d’eau jusqu’au niveau indiqué. Celui-ci permet au dioxyde de carbone produit pendant la fermentation de s’échapper tout en empêchant les éventuelles contaminations. Le capuchon rouge doit rester sur le barboteur. Il permet à l’eau de ne pas sortir du barboteur si la fermentation venait à être très intense.

En effet, parfois le kraüsen monte jusqu’au barboteur. Le kraüsen étant la couche plus ou moins épaisse de bulles créée par la levure en phase de croissance exponentielle. Visible au dessus du niveau du liquide, elle est composée de levures très actives. Sa présence est un signe du bon déroulement de la fermentation.

Laissez votre fermenteur pendant 2 semaines à l’obscurité et à une température constante comprise entre 18 et 22°C. La stabilité de cette température est déterminante pour la qualité de votre bière. Pour en savoir plus et lire quelques astuces pour maintenir une température stable.

On peut apercevoir le dépôt laissé par le kraüsen sur les parois du fermenteur

Déplacer le fermenteur dans un endroit frais (réfrigérateur, garage, cave…) pendant 1 semaine supplémentaire. Cette dernière étape permet de faire sédimenter les levures et autres éventuelles particules en suspension dans la bière. C’est ce qu’on nomme le cold crash.

Votre barboteur va d’abord beaucoup s’exprimer puis devenir silencieux dès le second jour de fermentation. Ne vous inquiétez pas, ceci est normal. Pour en savoir plus sur le fonctionnement des levures et consulter notre FAQ sur la fermentation.

Embouteillage

1- Obtenir des bouteilles

La meilleure des options est la récupération de bouteilles ayant déjà contenu de la bière. Préférez dans ce cas, des bouteilles au verre sombre, ce qui préserve les saveurs de votre bière. Vous pouvez également acheter un lot de bouteilles que vous réutiliserez quasiment à l’infini 😉 Les bouchons et muselets sont contenus dans le kits!

Vous devez vérifier la hauteur de la butée du goulot. Celle-ci doit être supérieure à 15mm. En effet, les muselets doivent pouvoir s’accrocher correctement dessous la butée.

On s’est fait avoir avec les premières bouteilles que nous avons nettoyées, le goulot étaient trop haut!

Pour embouteiller 8 litres de bière, vous aurez besoin de 24 bouteilles de 33 cl, 16 bouteilles de 50 cl ou 11 bouteilles de 75 cl.

2- Nettoyer les bouteilles et les bouchons

Le kit contient un goupillon. Commencez par nettoyer vos bouteilles au produit vaisselle. Plus aucun dépôt ne doit être présent dans le fond de la bouteille! C’est possiblement le cas pour les bières artisanales qui procèdent à une refermentation en bouteilles. Un dépôt de levure se dépose en fin de cycle…

Bain de désinfectant avant embouteillage

Pour éviter cela, dès que votre bouteille de bière est vide (toute bue), rincez-la soigneusement à l’eau chaude. Tout le dépôt sera décollé.

L’étape suivante est la désinfection! Comme nous vous l’avons présenté un peu plus haut. Préparez votre solution désinfectante à partir du produit contenu dans le kit. Et désinfectez l’ensemble des bouteilles (intérieur et extérieur) sans oublier le goulot!

Attention, le goupillon fourni est trop petit pour
aller jusqu’au fond d’une bouteille de 75cl…

Les bouchons et muselets sont neufs, ils ne nécessitent pas l’étape de nettoyage, pensez juste à la désinfection (idem en cas de bouteilles neuves).

Laissez égoutter les bouteilles à l’air libre tête en bas pour éviter les résidus de produit. Les bouchons peuvent patienter dans le désinfectant avant leur utilisation.

Vous avez pu apercevoir dans la vidéo, le merveilleux système Fast-rack que nous utilisons pour égoutter nos bouteilles depuis quelques mois. Ça nous a vraiment simplifié la tâche… A bon entendeur 😉

3- Préparer la solution sucrée

Vous allez maintenant procéder à une re-fermentation en bouteille. Cette étape a pour but de carbonater votre bière (créer les bulles). Pour cela une addition de sucre permet de réactiver les levures. La capsulation accompagnée de cette nouvelle production de CO2, fait monter la pression interne. Peu à peu le CO2 se dissout dans le corps de la bière.

La concentration nécessaire pour le sucre est de 6g/litre de bière. Or nous avons 8 litres de bière, pesez 48 grammes de sucre de table blanc. Dissolvez ce sucre dans de l’eau préalablement bouillie (stérilisée donc). Puis refaites bouillir pendant 2 minutes.

Laissez refroidir votre solution de sucre afin de ne pas créer un choc thermique pour vos levures!

4- Soutirer la bière et sucrer

Transvasez votre bière vers la marmite préalablement désinfectée. Cette étape, que l’on nomme le soutirage, permet d’éliminer les levures mortes qui se sont déposées au fond du fermenteur en fin de vie.

Soyez toujours extrêmement vigilant face au risque de contaminations! Pensez également à ôtez le barboteur pour éviter que l’eau du barboteur ne soit aspirée dans la bière lors du soutirage!

Additionnez la solution sucrée et mélangez soigneusement à l’aide d’une cuillère désinfectée.

Votre marmite n’étant pas équipée de robinet, vous devez à nouveau transvaser votre bière vers votre seau (désinfecté à nouveau)… Fastidieux? Nécessaire!

5- Mettre la bière en bouteilles

Pourquoi ne pas commencer par une petite désinfection du robinet, un papier essuie-tout, un tissu enroulé pour entrer dans le goulot du robinet?

Placez vos bouteilles vides sous le robinet du fermenteur et remplissez délicatement en faisant couler la bière sur le bord de la bouteille.

Enfoncez les bouchons en plastique. Ça pourrait simple comme ça… Dans la pratique, pour enfoncer les bouchons, il faut avoir de la force (ce n’est pas notre cas) alors nous y sommes allées à la massette tout en douceur! Et puis sertissez les muselets en dessous de la butée en vérifiant bien qu’ils sont bloqués dessous la butée…

Maturation et dégustation de la bière

Cette dernière maturation permet de finaliser la bière : création des dernières bulles, réabsorption des composés indésirables, sédimentation des levures dans le fond de la bouteille et donc clarification de la bière, etc., etc…

Stocker les bouteilles de bière dans un endroit tempéré (entre 18°C et 22°C) et à l’abri de la lumière. Attention à bien laisser les bouteilles verticales. Attendez 10 jours supplémentaires pour cette refermentation.

Vous pourrez ensuite déguster une bonne bière maison, ronde en bouche, jolie mousse, robe moisson, une vraie délectation!

Notre avis sur ce kit

Foncez les yeux fermés!

Un très bon kit pour s’initier au brassage tout grain.
Des explications claires, un lot d’équipement complet, des ingrédients de qualité.
Sa force : permet de brasser 8 litres en une seule fois! Le seul kit sur le marché à ma connaissance; et donc prix au litre de bière imbattable!
Sa faiblesse : les bouchons muselets, une petite galère à la fermeture et même à l’ouverture… Et puis le goupillon trop petit pour les bouteilles de 75 cl (il suffit de le savoir à l’avance!)

Acheter les kits tout grain Rolling Beers

Vous souhaitez offrir ou vous offrir ce chouette kit de brassage tout grain. Je vous propose de passer par ces liens affiliés Amazon. Cela signifie que je touche une petite commission 😉 et vous permet de me reverser une contribution pour les articles que je vous met à disposition sur ce blog. Qu’en pensez-vous?

Vous trouverez les kits de brassage en version originale (contiennent le matériel), ou en version recharge. Dans ce cas, vous n’aurez que les ingrédients.

Kit tout grain – Blanche
Kit tout grain – IPA
Kit tout grain – Blonde
Recharge IPA
Recharge Triple belge
Recharge Blanche
Recharge Irish Stout

Vous pouvez bien évidemment acheter directement ces kits sur le site Rolling Beers.

Les règles de participation du grand concours

*** Concours terminé ***

Ha, ha, bande de petits impatients! J’espère que vous avez pris le temps de lire l’article!!

Rappel : une carte cadeau Rolling Beers de 100€ à gagner!

Voici les règles de participation:

1/ Abonne-toi au blog (si ce n’est pas déjà fait) et reçois ainsi régulièrement les newsletters qui t’annoncent la publication des articles. Les formulaires sont présents à différents endroits du blog, je sais que tu les connais déjà ;).

2/ Sous cet article, laisse-nous un commentaire pour nous dire depuis combien de temps tu brasses et racontes-nous tes débuts en 2 mots.

3/ Suis la page Facebook de Comment brasser sa bière. Tu préfères Youtube, Instagram ou Twitter? Allez je te laisse le choix. Nous parlerons de tout ça en message privé!

4/ Pour maximiser tes chances de gagner : partage cet article sur un max de réseaux sociaux!

Date limite de participation : 6 octobre à minuit!

Petit brasseur, où en es-tu?

As-tu testé un kit tout grain, si oui lequel? Le conseillerais-tu pour débuter le brassage à la maison? Si tu as testé celui-ci, qu’en as-tu pensé? Laisse-nous tous ces détails en commentaires.

Un dernier mot : si vous aimez cet article, merci de le partager (les boutons réseaux sociaux sont juste là). Et si vous voulez plus d’informations exclusives sur le brassage à la maison, inscrivez-vous à ma newsletter en utilisant le formulaire ci-dessous.

A très vite,

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Choisir son kit de brassage de bière

C’est décidé, tu vas brasser ta première bière et pour cela tu veux commencer par un kit de brassage de bière! Oui mais comment choisir le bon? Il y a tous les prix, il y a des méthodes de travail différentes. Certains proposent des résultats en à peine 2 heures (simple et efficace). D’autres parlent d’une fabrication en 4 ou 5 heures (qu’est-ce qui justifie cette différence)? Parfois, tu auras plein d’accessoires et des ingrédients compris dans le kit. Mais le matériel n’est pas toujours exhaustif. Des kits incomplets, des traductions douteuses?

Stop!

Nous te proposons ici, d’y voir un peu plus clair! Quel est le matériel indispensable? Quel mode d’emploi/guide est nécessaire? Quelle méthode de brassage privilégier? Quels sont les meilleurs kits pour débuter le brassage à la maison? Brasseur amateur tu vas enfin devenir, grâce à l’acquisition d’un kit de qualité qui te correspond!

En seconde partie de cet article, je vous présente un retour d’expérience sur l’achat d’un kit. J’ai acheté le premier qui m’était tombé sous les yeux il y a quelque mois. Cette histoire de kit tout-en-un me titillait un peu. J’ai laissé mon cobaye prendre en main son kit pour savoir quelles étaient les difficultés et les questions que l’on peut se poser (Bon il a un peu eu besoin de moi…). Et je pense que je n’aurais presque pas pu plus mal choisir mon kit… Voyons tout ceci!


Tous les kits de brassage de bière ne se ressemblent pas

Des kits, vous en trouverez à tous les prix, d’environ 25€ jusqu’à 70€ au moment où j’écris ces quelques lignes. Il y aura kits de brassage à partir de céréales et les kits à partir d’extrait de malt, les kits à bière. En fonction des kits, vous pourrez avoir 1h30 de travail et jusqu’à 4 voire 5h de boulot.

Sachez qu’avec certains modèles, vous pourrez brasser de 1,5 litres jusqu’à parfois 20 litres. Dans cet article, j’affiche le coût/litre de bière produit pour évaluer le rapport qualité/prix… ça me semble plus judicieux pour comparer les kits.

Si vous ne faîtes pas attention, vous pourriez acheter seulement une recharge. Ce sont les ingrédients dont vous auriez besoin pour brasser à nouveau, après avoir déjà acquis le matériel avec votre premier kit.

Les kits les plus fourbes seront ceux qui ne comportent pas les ingrédients et même parfois, pas l’ensemble du matériel nécessaire… Ils ont quand même l’appellation kit de brassage, le cadeau empoisonné.

Et si vous êtes convaincus de l’intérêt pour le brassage, vous avez aussi la possibilité d’offrir (à vous aussi) un kit de matériel. C’est l’équipement nécessaire pour brasser de la bière en méthode tout grain, mais sur des volumes plus grands (jusqu’à 30 litres).

Ci-dessous, je vous propose une réflexion sur les quelques types de kits que l’on peut trouver sur le marché. La liste n’est pas exhaustive, mais elle vous permettra de comparer les contenus et de comprendre les différences pour savoir ce que vous avez besoin.


Les kits de brassage de bière fourbes

Vous trouverez des kits (ceux que j’appelle les fourbes) où vous aurez simplement du matériel avec, si vous avez de la chance, quand même un petit guide papier pour essayer de vous guider… C’est le cas du kit de brassage des éditions Marabout.

Nan, mais les éditions Marabout, c’est… une maison d’éditions, Qu’est-ce qu’ils y connaissent au matériel pour brasser et au choix des matières premières 😉 Ils ne se mouillent pas. Débrouille-toi!

Vous trouverez les détails de notre test de ce kit un peu plus bas.

Juste un mot : Je ne recommande pas ce kit, si vous vous intéressez à la bière ou si vous souhaitez initier quelqu’un au brassage de la bière. Vous pourrez trouver mieux et même moins cher!

En théorie avec ce kit vous pouvez brasser 2 litres de bière en méthode tout grain pour 35€. Il faut que vous achetiez les ingrédients (une dizaine d’euros en plus) soit 22,5€/litre, le plus cher des kits dont nous parlons dans cet article… Sans parler des grands moments de solitude.


Les kits… sans brassage : méthode extrait de malt

Clairement, le prix de ces kits sont souvent moins importants que ceux qui proposent des méthodes tout grain. C’est tout-à-fait normal, avec la méthode à l’extrait de malt (sous forme liquide ou sèche), l’empâtage des céréales a déjà été réalisé. Cette méthode est donc plus rapide (1h30 à 2 heures) et nécessite moins de matériel.

Cliquez ici pour vous remémorez la méthode de brassage en extrait de malt.

Petit cours rapide?

Le brassage c’est quand les céréales sont mises en infusion dans de l’eau chaude. Le brasseur réalise des paliers de températures pour obtenir les molécules (extraction des sucres et autres éléments nutritifs pour les levures, activation des enzymes) dont il aura besoin pour la suite de son process de fabrication. Pendant cette première étape que l’on nomme l’empâtage, le brasseur doit en permanence homogénéiser sa préparation, la “maische”, à l’aide de son “fourquet” : il brasse!

Avec une méthode en extrait de malt, cette première étape a déjà été réalisée. Le jus sucré obtenu après l’empâtage, le “moût”, est alors déshydraté et vaporisé pour obtenir une pâte liquide ou une poudre, c’est ce qu’on appelle l’extrait de malt.

Extrait de malt en poudre avec houblons en pellets

J’ai trouvé des premiers prix à 25€ chez B-maker (ils sont à Paris!) avec le kit d’initiation. Vous pourrez brasser 1,5 litres grâce à de l’extrait de malt et du houblon en pellet. Vous pourrez trouver notre test de ce kit sur notre chaîne Youtube. Soit environ 16,7€/litre.

Un kit équivalent est proposé par les grenoblois d’Une petite mousse à 29,95€. Ce kit permet de fabriquer 1,5 litres à 20€/litre. Vous pouvez additionner épices ou bières à déguster lors de votre commande.

SaveurBière propose des kits débutants à 39,9€ pour 4 litres soit 9,9€/litre. Attention, ils vous orientent vers l’achat d’un kit d’embouteillage à 22€ avec ça. Mais si vous êtes malins vous avez déjà récupéré et nettoyé des bouteilles avec bouchons mécaniques (type Fisher pour ne pas citer de marque). Ils proposent également un kit débutant contenant les bouteilles neuves à 59,9€ pour 4 litres soit 14,9€/litres.

Ceci est un bouchon mécanique

Ces kits permettent de vous familiariser avec les matières premières, le process de fabrication, le déroulé d’une fermentation. Vous ne verrez pas l’intégralité de la fabrication de la bière (l’extrait de malt est une poudre à diluer). Vous pourrez donc lancer votre première fermentation après seulement 1h30 à 2h de travail. Les coûts sont donc attractifs, tout en manipulant des houblons en pellets. Un premier pas vers le brassage.

Extrait de malt liquide déjà houblonné

Si vous voulez brasser des volumes un peu plus gros tout en restant sur de l’extrait de malt, vous pouvez regarder du côté de Brewferm. Ils proposent des kits à bière déjà houblonné. 15,90€ pour préparer jusqu’à 20 litres (0,7€ du litre). Mais Thomas nous révèle dans son article que la qualité de la bière finale n’est pas au top. Et vous devrez préalablement vous équiper. Nicolas (podcast) nous a raconté avoir longtemps brassé ce type de bière.

Pour voir lire nos recommandations et voir la vidéo de notre essai du kit à bière brewferm, suivez ce lien.

C’est donc simplissime (ou presque) si on compare cela avec les étapes d’une fabrication de bière en tout grain.

Quelle est votre approche? Achetez-vous un kit pour apprendre la démarche ou pour obtenir de la bière à petit prix? Si vous souhaitez apprendre le brassage, ce kit n’est pas fait pour vous (pas de céréales, pas de houblons à manipuler). Vous aurez juste la possibilité de vous intéresser à la fermentation qui est certes, une étape cruciale… Ceci dit, si c’est la “bière” bon marché et en grande quantité que vous recherchez, vous avez trouvé votre kit!

Les kits de brassage : méthode tout-grain

Voici un article qui décrit les différentes étapes et le matériel nécessaire pour brasser en tout grain, et un autre qui recense les erreurs à éviter pour tes premiers brassins.

“Tout-grain” cela signifie que vous brassez une bière à partir des céréales, contrairement à la méthode en extrait de malt. Et pour nous, on ne commence à parler de vrai brassage, qu’à partir du moment où on travaille les céréales de ses propres petites mains!

B-maker propose également un kit de brassage de bière tout grain à 64,95€ pour fabriquer 3 litres de bière, soit 21,65€/litre. Nous avons testé ce kit en vidéo pour vous! Vous pourrez trouver des recharges pour brasser à nouveau avec le matériel que vous aurez reçu avec votre premier kit.

Le kit de brassage de bière intermédiaire de chez Saveur bière est à 79,90€ pour 4 litres soit 19,90€/litre. Il est le seul à ma connaissance qui propose les bouteilles avec capsules compris dans le prix. Sans les bouteilles, le kit intermédiaire est à 59,90€ propose un peu plus de matériel que leur kit débutant (extrait de malt) avec notamment densimètre, un goupillon, une spatule soit 14,9€/litres.

Chez Rolling beers, des kits de brassage de bière tout grain proposent 8 litres de bière à 59,90€ soit 7,74€/litre (Waouh, le prix fait rêver et la qualité semble au rendez-vous). Et vous savez quoi ? Rolling beers nous a proposé une collaboration. Nous avons reçu un de ces kits de brassage pour vous en faire un retour! Et c’est par ici!

Le kit de brassage de bière en méthode tout-grain nous semble être la meilleure approche pour comprendre le process de fabrication de la bière. Cependant pour un début, c’est vrai qu’il va y avoir beaucoup d’informations à absorber… Avec un bon kit (ingrédients + matériel + guide) et de bons conseils, vous êtes vous aussi capables de brasser votre première bière!

Si malgré tout ceci, vous peinez encore à vous lancer dans le brassage de votre première bière, pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour lire notre article : Oser brasser sa première bière ;)?

Le choix du kit de brassage : ce qu’il faut retenir

1/ La première question à se poser c’est : Est-ce que vous souhaitez brasser en extrait de malt ou en tout grain?

Brassage en extrait de maltBrassage en tout grain
Coût moins élevéCoût plus élevé
Brassage plus rapideBrassage plus long
Peu de compréhension de la fabricationBonne compréhension de la fabrication
Moins de matériel indispensableNécessite plus de matériel

2/ Une fois que vous avez fait ce choix, regardez le coût de votre bière (€/litre). Ci dessus, vous avez quelques kits dont les prix sont étudiés. Vous avez donc maintenant une idée un peu plus précise du marché. Si vous trouvez un kit à plus de 20€/litre, fuyez!

3/ Faites quand même une rapide vérification : est-ce que les ingrédients et le désinfectant sont bien fournis dans votre kit? Si ce n’est pas le cas, autant faire vous mêmes vos achats sans passer par l’achat d’un kit.

4/ Quel est le matériel indispensable? Il vous faut obligatoirement un fermenteur avec un barboteur. Il en existe de différentes tailles et de différentes formes (dame-jeanne en verre, seau en plastique). Des bouteilles avec systèmes de fermeture (capsules, bouchons). Si vous optez pour des capsules il vous faudra une capsuleuse. Si vous préférez la méthode tout grain, il vous faudra ajouter de quoi chauffer votre moût (marmite) et de quoi le refroidir (un bain de glace), de quoi concasser votre malt ou vous pouvez l’achetez déjà prêt. Un thermomètre et un densimètre deviennent vite indispensables si vous souhaitez à nouveau brasser votre propre bière. Pour en savoir plus!

5/ Réflexion sur le long terme : vais-je brasser plusieurs fois? Plus vous voyez grand, plus votre matériel, votre temps sera rentabilisé rapidement. 4 heures pour brasser 2 litres ou 4 heures pour brasser 30 litres? Vous me suivez? De plus, plus vous achèterez les matières premières en grand quantité, moins elles vont reviendront cher…

Si malgré cette palette de propositions, vous souhaitez voir plus de comparaisons de kits, foncez ici.

Dans cet article : le test du kit des éditions Marabout

Dans cette expérimentation, j’ai réalisé moi même la première étape. De mon côté, j’ai voulu faire simple. En période de noël, je me suis mise dans la peau d’une maman qui veut faire plaisir à son grand garçon (majeur) ou de sa fille (Hein! Pas de sexisme). Elle se balade en librairie…. Oui, pourquoi pas … Désespérée… Et elle tombe sur la perle rare, un kit de brassage de bière, pas cher (35€), joli. “En voilà une bonne idée!”. Elle pense avoir fait l’affaire du siècle!

Mon cobaye : mon frère. Il n’a pas encore eu l’occasion de brasser à la maison. Il ne connaît pas le process de fabrication, les ingrédients (une vague idée quand même). C’est pour moi le candidat idéal!

Mon cobaye et son kit

Contenu du kit

Un petit livret d’une vingtaine de pages. Les étapes y sont décrites en longs paragraphes d’écriture. Ouf! Sur la boite, un mode d’emploi illustré est mis à disposition.

Un fermenteur de 1,8 litres, un petit entonnoir en métal, 1 flexible, une canne de soutirage, 1 thermomètre, 1 barboteur avec bouchon en silicone.

Il faudra que vous ajoutiez : 2 grandes casseroles, 1 grande cuillère, 1 balance, 1 passoire, 1 moulin (si vous avez acheté du malt non concassé), des bouteilles avec bouchons mécaniques ou vous devrez rajouter une capsuleuse et des capsules en plus et du désinfectant!

Il vous manquera aussi les ingrédients et ça c’est une vraie galère et en plus, il n’y a pas de liste, pas de guide. Sic!

Première impression

Première angoisse : Les ingrédients ne sont pas inclus! Catastrophe!!

Heureusement, j’avais anticipé et complété le kit avec les matières premières nécessaires et même un vieux moulin à café pour concasser le malt. J’épargne ainsi à mon cobaye des heures d’interrogation.

Chez quel fournisseur acheter ses ingrédients? Que choisir (malt d’orge de blé, concassé ou pas, houblon sous forme de pellets ou en cônes, levure liquide ou sèche…)? Quelle quantité?? Bref pas simple pour un débutant voire rébarbatif.

Si vous êtes également tombés dans ce panneau, pour vous aider à faire votre choix, voici quelques articles sur les matières premières :

Plus le malt est concassé longtemps en avance, moins bon sera le rendement de votre brassage… Cette information n’est pas forcément donnée aux acheteurs de malts déjà concassé et je trouve ça plutôt dommage. Si vous avez un kit de brassage avec du malt déjà concassé, ne tardez pas trop à lancer votre brassage!

Seconde angoisse : Pas de désinfectant non plus! La plaie…

Là, aussi, ce peut être un long moment de solitude… Pour brasser de la bière, il vous faut du matériel désinfecté. Mais pas avec n’importe quoi. Il faut que ce désinfectant soit efficace et compatible avec un produit alimentaire…

Vous trouverez ici, quelques tuyaux pour choisir le produit qui vous convient.

Troisième angoisse : le process est quand même super compliqué!

Appel à l’aide de mon cobaye : “C’est super compliqué, j’ai bien tout lu le petit livret fourni mais j’ai peur de me planter!”. Et en effet, le process de fabrication de la bière n’est quand même pas aussi simple que ça. Je propose donc une sorte de guide pour expliquer les étapes…

Mais si vous avez besoin d’en savoir un peu plus sur les étapes de fabrication d’une bière, en tout-grain, filez par ici. Mon cobaye prend son courage à deux mains et se lance (enfin!).

Le jour J : j’ai donné mon premier mauvais conseil

Mon cobaye est scrupuleux. Pesée de son malt et concassage avec le moulin à café de mamie. Bon ce n’est quand même pas l’idéal, on ne peut pas régler la taille du concassage… Mais mon cobaye fera avec.

Empâtage : le respect des paliers de température est un peu compliqué. Mais ça, ça sera le cas avec pratiquement n’importe quel équipement… Filtration avec une passoire. Mon cobaye fait même preuve d’originalité et il ajoute un “bas” pour parfaire la filtration (une vieille chaussette, quoi!). Le rinçage se passe sans embûche.

Houblonnage, toujours en “bas” 😉 Arrive l’étape clé : le refroidissement. Et là, j’avoue mon erreur : le mauvais conseil… Je lui ai proposé de faire couler son moût dans le fermenteur puis de le faire refroidir dans un bain de glace. Ouch, le fermenteur était en verre!!! Il a succombé sur le coup (choc thermique), brisé net en deux…

Rien n’est envisageable pour sauver l’expérience, le moût se mélange au bain de glace dans l’évier… Je me mords les doigts et mon cobaye est extrêmement déçu. Non seulement, il vient de passer 2 heures à travailler pour rien mais en plus son joli fermenteur en verre est cassé…

Bilan

Finalement, une fois les ingrédients choisis, le brassage de votre future bière, n’est rien d’autre qu’une recette de cuisine. Mon cobaye a relevé ce défi avec succès.

Ce kit de brassage de bière n’est quand même pas celui que je recommanderai et vous en avez compris les raisons : pas d’ingrédients, pas de désinfectant, pas assez d’explications (trop de théorie), et prix bien trop élevé pour tous ces inconvénients!

Petit brasseur, où en es-tu?

As-tu déjà brassé ta première bière? As-tu testé un kit, si oui lequel? Le conseillerais-tu pour débuter le brassage à la maison?

Laisse-nous tous ces détails en commentaires. J’ai hâte de faire un tour d’horizons des kits de brassage!

Un dernier mot : si vous aimez cet article, merci de la partager (les boutons réseaux sociaux sont juste là). Et si vous voulez plus d’informations exclusives sur le brassage à la maison, inscrivez-vous à ma newsletter en utilisant le formulaire ci-dessous.

A très vite,

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Nicolas : il faut être rigoureux sur l’hygiène

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Pour ce nouvel épisode, nous avons rencontré Nicolas qui nous donne ses astuces, notamment sur l’hygiène. Il travaille à la ferme brasserie La Soyeuse tout comme Vincent que nous avions rencontré précédemment. Cette ferme brasserie située à Rontalon dans les Monts du Lyonnais, a été créée il y a bientôt 16 ans par Bertrand Burcklé. En ce début de printemps, nous avons enregistré ce podcast dans la cour de la brasserie. Merci à Nicolas pour ce chouette échange!

Cliquez sur “Play” pour écouter le podcast de brasseur ou faites un clic droit ici puis “télécharger” pour l’écouter sur votre smartphone.

Les conseils de brasseur de Nicolas

N°1 : Prends de vraies bonnes habitudes d’hygiène

N°2 : Commence par des recettes faciles pour tester ton matériel

N°3 : Il faut vraiment prendre un maximum de notes.

N°4 : Il faut brasser encore et encore, c’est en brassant qu’on apprend à faire de la bière!

LE FORUM : Brasseur amateur, en privilégiant les conseils donnés par les personnes qui ont de la bouteille 😉

FOURNISSEUR : Son patron! Bière et Moi à Lyon, Rolling Beers et Brouwland

MATÉRIEL RETENU : Cuve Klarestein  de 30 litres avec fermenteurs en inox de la même marque.

ON A AIME : Son système de refroidissement à l’eau de pluie

LIVRES RECOMMANDES : Technologies brassicoles de Nicolas Imbreckx

Peux-tu commencer par te présenter?

Je m’appelle Nicolas, j’ai 35 ans et je brasse en amateur et en professionnel depuis à peu près 3 ans maintenant. Même si j’ai commencé il y a 5 ans à brasser à la maison dans les salles de bain comme tout le monde.

J’ai découvert ça suite à un atelier d’initiation au brassage, à Lyon, chez Et la bière fût, qu’on m’a offert pour mes 30 ans. Le gars qui nous a formé entre guillemets, était un vrai passionné. Et en discutant avec lui, il m’a dit “Mais tu devrais essayer un kit pour démarrer. Avec 3 seaux et 2 casseroles, tu peux démarrer. Ça va te coûter 80 euros et tu fais ta bière à la maison.” A l’époque j’habitais à Londres. En rentrant, je crois que c’était le soir même, j’ai commandé mon kit.

Et j’ai brassé ma première bière dans la salle de bain. C’était le seul endroit où on s’autorisait le chauffage car Londres est extrêmement cher… On était en communauté. Il y avait dans la salle de bain, le chauffage, de l’eau, une baignoire, et je pouvais donc faire toutes les étapes du brassage de la bière. C’était la seule pièce où je pouvais avoir une température à peu près constante, peu de variations et où le barboteur ne gênait personne.

Avec ton extrait de malt combien faisais-tu de litres de bière?

Je suis tout de suite parti sur du 20 litres de bière. Nous étions nombreux et 5 litres ne nous aurait même pas abreuvé pour une soirée.

Que penses-tu de l’extrait de malt ?

Ça serait marrant de retenter aujourd’hui le brassage avec de l’extrait de malt. Cela permettrait de voir le résultat. Je pense que je serai extrêmement critique sur le goût et que je ne pourrais plus le faire. J’ai assez vite comparé ça à un pâtissier amateur qui va faire du gâteau Alsa en cassant un œuf dedans et en le mettant au micro onde. C’est différent du gars qui va aller chercher tous ses ingrédients et créer sa propre recette.

C’est vraiment frustrant rapidement ces kits. Au bout de 5 ou 6 brassins, j’ai essayé de rajouter des extraits, de faire du dry hopping etc. Mais les goûts qu’on trouve avec l’extrait, ces saveurs particulières, étaient toujours présents. Quoi qu’on rajoute, c’était compliqué de transformer ce qu’on nous avait vendu finalement.

Clique ici pour découvrir l’article de Thomas sur le brassage à l’extrait de malt

Découvre notre essai en vidéo du kit à l’extrait de malt que Nicolas utilisait à ses débuts. En bonus, notre article pour t’aider à choisir ton premier kit de brassage de bière.

Qu’est-ce que ces premiers brassins t’ont apporté : l’hygiène !

Ces premiers brassins m’ont permis de prendre des vraies bonnes habitudes d’hygiène car par contre, que ce soit en tout grain ou non, si on zappe une étape, c’est “évier” directement.

Le premier brassin s’était tellement bien passé, j’avais tellement été rigoureux, que je me suis dit que c’était facile et j’ai dû zapper une étape d’hygiène sur le deuxième… C’était imbuvable. Et là c’était le crève-cœur “Oh non, mes 20 litres! Un mois et demi de boulot! Et on est obligé de racheter de la bière!”…

C’est qui est bien c’est que cela permet de se rendre compte à moindre frais de l’impact de l’hygiène sur la bière finale. Je pense que beaucoup, et même des brasseurs qui commercialisent leurs bières, je ne veux pas être médisant, ne semblent pas goûter avant de les vendre… Quand on commence à s’intéresser réellement à la bière, un souci lié à l’hygiène se détecte facilement. Il n’y a pas de marge d’erreur sur la partie hygiène.

Petit brasseur, as-tu pris quelques minutes pour lire notre article sur les contaminations?

Comment as-tu mis les pieds dans le monde de brassage professionnel?

En rentrant en France, je voulais tout arrêter pour travailler dans la bière.

Je n’ai pas voulu monter ma brasserie, car me connaissant je n’avais pas le profil. J’ai un coté un flemmard, j’aime bien le salariat. L’entrepreneuriat j’ai essayé avant et ce n’est pas pour moi. Je sais ce que ça implique de lancer une boite et encore plus pour le métier de brasseur (production la semaine et marchés, foires, ouvertures tous le week-end).

Donc je suis rentré comme assistant brasseur dans une brasserie bio à Gex après l’Angleterre. La brasseuse travaillait dans la pharmacie avant. Elle était d’une rigueur draconienne sur la partie hygiène. Et j’ai donc pris des habitudes pro en hygiène notamment, très rapidement, que j’ai pu ensuite adapter à la maison.

Et depuis, je touche du bois, mais je n’ai plus un brassin qui ait été infecté après ça (plus eu de problème d’hygiène)! Car je me suis rendu compte de ce que c’était. Quand c’est 20 litres qu’on jette ça fait déjà mal au cœur, mais quand on est professionnel et que c’est 1000 ou 2000 litres qu’on est obligé de mettre de côté, c’est compliqué. Même si on peut toujours récupérer ça. Certains vont donc quand même les mettre en bouteilles, et pour d’autres ça sera fût pour distillation ou autre…

Quelle formation as-tu à la base?

J’ai suivi une formation de commercial et gestion de point de vente.

Et quelle a été ta formation de brasseur (production, hygiène etc)?

Après ce passage à Gex où j’étais assistant brasseur, j’ai vraiment appris le métier de brasseur. J’ai appris la production, l’hygiène, je me suis formé aux méthodes, aux outils, au vocabulaire technique, aux circuits de distribution, au bio. J’étais au contact de nombreuses personnes qui m’ont transmis toutes ces valeurs.

En revenant sur Lyon, je suis arrivé ici à la ferme brasserie La Soyeuse à Rontalon. Finalement je suis tombé sur la copie conforme de mon ancienne maître brasseure à Gex. Et j’ai continué dans le bio, le respect de l’environnement et avec des gens qui sont très très sérieux sur la partie hygiène.

Tu peux écouter ici le podcast de Vincent, le brasseur de La Soyeuse.

Et en parallèle, tu continuais à brasser chez toi?

Pas tant que ça. A Gex, je n’avais plus de matériel car j’avais tout revendu à Londres. Pendant un an et demi, je n’ai plus du tout retouché au brassage à la maison. J’en avais bien assez pendant la semaine. J’en avais plein le dos et c’était le cas de le dire. De toute façon, j’apprenais tellement que je n’avais plus forcément le temps mais non plus l’envie de tester autre chose.

Et c’est en revenant à Lyon, ça fait un an et demi que je suis ici, que j’ai repensé à acheter du matériel. Ça ne fait que mon second brassin en tout grain, tout seul! Ça ne fait que deux mois et demi que je re-brasse en parallèle à la maison.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant pour accompagner les brasseurs amateurs.

Qu’as-tu acheté comme matériel pour brasser à la maison?

Je suis parti sur une cuve de brassage Klarstein de 30 litres. C’est similaire à ce qui est fait par Grainfather. Ces équipements font cuve d’empâtage et cuve d’ébullition en même temps. A la base c’était par manque de place… Maintenant, j’ai déménagé dans une maison donc maintenant ce n’est plus la place le problème… Pour t’aider à choisir ta méthode d’empâtage et filtration nous t’avons préparé des vidéos de 3 techniques possibles.

C’est un outil qui est révolutionnaire en terme de simplicité. On n’a pas besoin d’avoir de nombreux étages de casseroles et de faire tout en gravitaire (un seau, une cuve, une autre cuve etc.), ni de faire ses soudures soi même. Certains diront que c’est peut-être être un peu fainéant. Mais moi je trouve que ça n’enlève rien à la partie artisanale et amateur du brassage tout grain. Cela facilite les choses. Il existe aujourd’hui des outils super bien faits et celui-ci en fait partie. Le prix aussi faisait que c’était abordable pour à peu près les mêmes fonctions que les grandes marques, mais à 600 ou 700 euros de moins.

Donc on a testé le Klarstein. Je dis “on” car Vincent, le brasseur de la brasserie a acheté la même matériel que moi! On s’est auto-motivé tous les deux. C’est intéressant de pouvoir échanger sur ce qu’on comprend du matériel.

Avec ça, j’ai deux fermenteurs de 30 litres en inox de la même marque. Le seau en plastique allait très bien mais dans un souci purement esthétique, j’ai vraiment trouvé l’inox plus joli et plus pro. Et c’est vrai que c’est quand même plus pratique. Pour les lavages ça m’inspire plus confiance quand je fais mes désinfections. C’est ensuite très dur d’aller en profondeur dans le nettoyage quand il y a des rayures dans les seaux en plastique.

Pour en savoir plus sur le matériel que tu peux utiliser pour brasser, c’est par ici.

Où te fournis-tu en orge?

L’avantage c’est qu’il y a quelques tonnes sur mon lieu de travail. C’est effectivement pratique. Pour le pils, on achète un sac au patron avec le collègue. On sait d’où il vient. C’est l’orge qui a été récolté par la brasserie. C’est l’orge d’ici. Il y a vraiment quelque chose en plus à utiliser le malt qu’on connait.

Pour les malts spéciaux :

Bière et moi qui est un magasin qui vend en petites quantités dans Lyon.

Rolling Beers sur internet.

– quand je cherche des trucs vraiment particuliers, je suis obligé de retourner sur Brouwland, même si les frais de port sont un peu plus élevés.

Et es-tu content de tes bières ?

La première bière, je n’en suis pas du tout content, car elle n’a pas du tout fonctionné. J’ai voulu faire une blanche aux fruits. Au lieu de commencer par la facilité et faire une recette que je connaissais, pour tester le matériel et le prendre en main et bien voilà.

Ça a été compliqué au niveau de mes temps de chauffe. La machine étant automatique, enfin électronique, c’est tout des réglages que l’on fait. Je n’avais pas du tout pensé qu’il y avait une inertie, qu’il allait y avoir des temps qui allaient être plus ou moins longs.

Même en empâtage monopalier, suivant la puissance de la machine qu’on mettait on avait parfois des variations de 2 degrés en plus ou en moins. Bref, mon extraction était déjà compliquée, je n’avais donc pas la densité initiale que je voulais. j’étais en dessous parce que je n’avais pas réussi à faire une température d’empâtage qui était assez régulière. 

Et ensuite, j’ai eu un problème de refermentation. Ma densité ne baissait pas. Je suis resté bloqué à 1020, ça ne baissait pas, c’était fini. Est-ce que avec ces montées de température pendant mon empâtage, j’ai extrait des sucres résiduels qui n’était pas fermentescibles? Et je n’avais donc pas assez de sucres fermentescibles…

Enfin bref, elle n’était pas infectée, il n’y avait pas de faux-goûts dans cette bière. Mon process purement hygiène était nickel, mais pas de bulles, pas de corps. Ça a servi à faire de la cuisine.

Et même si tu ouvres une bouteille maintenant c’est toujours pareil?

Le problème c’est que une fois que j’ai vu que cette densité ne baissait pas j’ai tenté des expériences. A savoir essayer de réoxygéner pour essayer de refaire partir la fermentation et en faisant ça je l’ai oxydé..

Et tu as fais un autre brassin après ça?

Et pour le second brassin, c’était à nouveau une blanche que j’ai faite au poivre de Cayenne. Il me restait un peu de malt de ma blanche ratée. J’ai refait une blanche où cette fois ça été beaucoup mieux car j’ai compris comment la machine fonctionnait. Mon palier de saccharification était très bien et mon extraction comme je voulais. Ma densité initiale était très bien. Ma densité finale était pas mal non plus à peine au dessus de ce que je voulais.

Ça n’a pas tout à fait atténué comme je voulais. Après ce sont des recettes où on utilise un logiciel. Moi j’aime bien adapter. J’ai adapté le poivre. J’ai changé rapidement quelques quantités entre le malt de blé et le pils. Ça a peut être fait que le résultat théorique était différent. La différence n’était pas énorme.

Quel a été ton petit souci pendant ce brassin, un souci d’hygiène ?

J’ai eu un autre petit souci que j’ai réussi à rattraper cette fois-ci proprement. C’était au moment du resucrage (donc pas un problème d’hygiène). Je les fais toutes comme ça, elles sont faites les conneries.

Au moment du resucrage où j’ai intégré mon sirop, il y avait pas mal de dépôt. Malgré le spider que j’ai utilisé pour mettre le poivre et la coriandre en même temps que les houblons, j’avais quand même un dépôt assez conséquent au fond de mon fermenteur.

Et du coup, je n’ai pas remué trop fort en incorporant mon sirop avant la mise en bouteille. C’était une erreur!!! Comme je l’avais mis en garde, je n’avais plus beaucoup de levures en suspension dans la bière. C’était tout sédimenté, la garde a super bien fonctionné, j’ai eu une bière très claire. Sauf qu’après 3 semaines en bouteilles ça a fait un tout petit pschit. Le goût était exactement celui que je voulais mais sans bulles.

J’ai réfléchi et j’ai lu des choses notamment le livre “Technologies brassicoles” qui pour moi est la bible absolue pour le brassage. Si on fait ça, c’est bien de re-ensemencer avant la mise en bouteille parce que c’est possible qu’il n’y ait plus assez de levures en suspension.

Donc j’ai fait quelque chose qui n’était pas très académique en re-ensemençant chaque bouteille. J’ai tout décapsulé tout mon brassin et j’ai remis directement dans la bouteille un petit peu de levures sans peser.

Alors je me suis dis “niveau hygiène et risque d’infection : ça va pas être génial…”. Cependant, il y avait quand même eu un petit pschitt. Il y avait eu une petite refermentation. J’avais également quand même la fermentation primaire. Donc j’avais quand même de l’alcool. Le risque était un peu moins élevé.

Le risque c’est aussi que ça explose, non?

Sachant que je n’ai pas rajouté de sucre, finalement les levures n’avaient pas plus à manger donc le risque me semblait maîtrisé. Je les ai quand même mises dans un seau bien fermé, parce que j’avais peur. Mais non, il n’y en a aucune qui a explosé. Ça n’a pas “gushé” à l’ouverture.

Et chose incroyable, ça a marché tout en gardant le goût. C’était peut-être un coup de bol absolu mais ça a marché. Ça m’a coûté un sachet de levure en plus, une heure de boulot pour tout ré-ouvrir et tout refermer. J’ai fait vraiment attention à ne rien faire tomber dedans, j’ai essayé d’être au maximum stérile avec le chalumeau autour. Je ne me suis pas mis dans une cave avec de la poussière. 

J’ai utilisé la même levure, je ne voulais surtout pas changer le goût parce qu’il me plaisait vraiment.

Je me suis dit que j’allais obtenir la fameuse triple fermentation. C’est un peu ça, cette bière, elle a un peu fermenté trois fois.

Alors c’est quand même pas ce que je conseillerais de faire entre le temps perdu et le coté ”bon je vais encore avoir un brassin foutu”…

Tu prends des notes ?

De toute façon, j’ai ce côté rigoureux où je suis très procédurier. Et j’ai donc un carnet de bord où je note à la main. Il s’agit d’un type fiche de brassage mais personnalisé où je note exactement chaque chose que je fais.

Et ça je le conseille à tout le monde, c’est prendre des notes. On pense qu’on pourra s’en souvenir. Mais deux jours après ou pire deux semaines après la refermentation de ses bouteilles, on ne sait plus ce qu’on a fait, plus quel jour on l’a fait.

Il faut vraiment prendre un maximum de notes sur tout le détail de son brassage. Ça permet de revenir dessus pour savoir où on a pu faire une mauvaise manip’. Le but c’est de pas refaire les mêmes erreurs.

Ça m’a permis d’identifier l’étape où j’ai été trop juste. Du coup la prochaine fois, je mettrai un filtre sur mon robinet et je secouerai mon fermenteur avant l’embouteillage pour être sur que tout remonte. Et tant pis si elle est pas tout à fait clarifiée.

Pour télécharger notre fiche de brassage et tout enregistrer c’est par ici!

Et du coup, tu cherches plus les réponses dans les livres?

Beaucoup de discussions avec les professionnels avec qui je travaille. J’ai la chance d’avoir des encyclopédies autour de moi. Des gens qui font ça depuis des années, qui ont fait forcément, un jour, les conneries que j’ai fait..

Le forum brasseur amateur où il y a beaucoup beaucoup de choses est une bonne source d’info. Il faut bien regarder qui répond. Ceux qui répondent et qui ont 3 ou 4 messages, ce n’est peut être pas intéressant de s’attarder sur leurs techniques. Mais il y a 2 ou 3 mecs qui sont là depuis 10 ans / 15 ans qui alimentent le forum et qui sont puits de science et qui ont eux aussi subi tous les déboires possibles. Donc un petit post et on est souvent aidé! Franchement c’est un forum qui est pour moi, une mine d’or.

Voilà, la discussion avec les gens, les livres et le forum!

Petits conseils pour les débutants?

Conseil n°1 – L’hygiène

La bière, si on suit rigoureusement son processus de brassage franchement à part l’hygiène, je ne vois pas de gros point noir. On peut avoir pas assez d’alcool, pas assez de corps, pas le gout qu’on veut parce qu’on ne connait pas encore les houblons, les levures. On ne sait pas quelles quantités de malts ajouter. Mais je pense vraiment que ce qui fait qu’une bière est ratée, est imbuvable c’est uniquement les règles d’hygiène qui ne sont pas respectées.

Laver ses fermenteurs à la fin de chaque brassin, avant de faire son transfert. Les bouteilles, on les lave après les avoir bues.

Les produits on a toujours soit son Chemipro oxi soit son Star San toujours à coté de soi. Ces sont des produits à base d’oxygène actif très pratiques. On fait tremper, on pulvérise! Il ne faut pas hésiter à les utiliser. Ce ne sont pas des produits qui sont très agressifs. Ça permet vraiment toute la présence biologique qu’on ne veut pas.

Quand on fait une bière, quand on rajoute une bactérie, une levure, on la choisit. On ne veut pas levures qui se baladent dans sa cave dans sa baignoire, dans son appartement ou dans son jardin. Ce n’est pas celle là qu’on veut car on aurait des réactions et des goûts qui ne vont pas être du tout ce qu’on attend.

Il faut prendre le temps de laver, c’est 90% de lavages le brassage. C’est pas si glamour que ça de faire de la bière (hygiène, hygiène, hygiène). Tout part de là, s’il y a une saleté dans sa bouteille ou son fermenteur c’est les 20 litres, les 50 litres ou les 5 litres qui sont foutus. C’est le brassin complet.

Conseil n°2 – Il faut brasser encore et encore

Au delà d’apprendre à connaitre son outil, ça me parait évident qu’au début on ne maîtrise pas forcément. Il faut juste brasser, c’est en brassant qu’on fait de la bière. C’est en forgeant qu’on devient forgeron! Il faut pas s’arrêter à 1, 2, 3 ou 7 brassins foutus. Si on aime ça, il y a un moment où on va sortir la bière.

Et il n’y a pas plus gratifiant de faire goûter autour de soi une bière qu’on a réussie où on a fait à peu près ce qu’on voulait et qui est appréciée par son entourage.

Donc il faut persister. Il faut chercher où on a fait l’erreur si on se plante. Et il faut repartir tout de suite, remonter en selle. C’est pas au premier brassin qu’on fera une bonne bière ou alors c’est beaucoup de chance Winking smile

C’est quoi tes prochaines bières?

Je vais essayer de me pencher sur une Porter fumée. J’en ai goûté il n’y a pas longtemps, une Rauchbier vraiment tradition allemande avec beaucoup de fumé. Le fumé coté saucisse, merguez, barbecue. C’est quelque chose que j’ai trouvé assez original, très sympa qui ira très bien avec les grillades aussi!

L’avantage c’est qu’avec ces bières là, elles sont un peu moins compliquées à faire. Elles sont tellement marquées, tellement aromatiques que si on a raté un peu au niveau de l’hygiène. Si on a 2 ou 3 erreurs, c’est caché! Ça peut être masqué.

Donc les Porters ou les IPA sont des bières qui malgré tout permettent d’essayer. C’est pas recettes compliquées généralement. On n’ajoute pas de choses risquées. Et ça permet si on a un défaut de le masquer.

Après je ne le conseille pas parce que du coup on ne sait pas qu’on a fait une connerie. Et le jour où on fait une blonde ou une blanche c’est plus dur!

Nicolas nous a donné une dernière astuce en off!

J’utilise de l’eau de pluie pour le refroidissement du moût via un serpentin.

J’ai la chance d’avoir une maison avec des bidons (500 ou 1000 L) pour récupérer l’eau de pluie. J’ai investi dans une petite pompe électrique (40€) et quelques mètres de tuyaux d’arrosage. Et je me suis monté un système fermé que je connecte directement à mes tanks. 

En hiver, l’eau étant à 3-4°, je refroidis 20 litres en 15 minutes sans utiliser une goutte d’eau du réseau. C’est une solution écolo et plus efficace sur un moment critique du brassage. J’utilise ensuite l’eau pour arroser mon jardin, laver ma voiture etc…

Je n’ai par contre pas encore testé en été. Je pense que c’est la seule limite car l’eau sera trop chaude, même tôt le matin…

Encore merci à Nicolas pour ce partage d’expérience!

Si tu as aimé ce podcast, n’oublie pas d’en parler autour de toi! Nous comptons sur toi!

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Vincent brasseur à la maison et au boulot

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Cliquez sur play pour écouter le podcast de brasseur ou faites un clic droit ici puis “télécharger” pour l’écouter sur votre smartphone.

Pour ce nouvel épisode, nous avons rencontré Vincent, brasseur depuis un an et demi à La Soyeuse. Cette ferme brasserie située à Rontalon dans les Monts du Lyonnais, a été créée il y a bientôt 16 ans par Bertrand Burcklé. Et c’est d’ailleurs chez lui que nous avons enregistré cette rencontre. Merci à Vincent et à la famille Burcklé pour leur accueil chaleureux et leur bon café. Bonne écoute. 

Les conseils de brasseur de Vincent

N°1 : Note et mesure tout pour éviter les frustrations.

N°2 : Lance toi directement avec le tout-grain (les kits, c’est nul!).

N°3 : N’achète pas le malt déjà concassé.

N°4 : Commence par des recettes SMASH.

N°5 : 50cl plutôt que 33cl!

LES POINTS DE VIGILANCE : Le nettoyage et la gestion des températures.

FOURNISSEUR : Bière et Moi à Lyon

MATÉRIEL RETENU : Cuve Klarstein  de 30 litres. Ecoute le podcast pour connaitre son kit matériel parfait pour débuter!

ON A AIME : Le frigo aménagé pour la fermentation dans sa chambre – Les seaux percés à différentes hauteurs

LIVRES RECOMMANDES : How to brew de John Palmer – Technologies brassicoles de Nicolas Imbreckx

Peux-tu te présenter?

Moi c’est Vincent Pinto, brasseur et responsable production (brassage conditionnement et maintenance) à la brasserie La Soyeuse depuis le 1er novembre 2017. Ça va faire bientôt un an et demi. 

Je suis arrivé en ne connaissant rien du tout au brassage ou presque. J’avais brassé un petit peu chez moi, mais vraiment rapidement et j’ai donc appris sur le tas. 

Qu’as-tu fait comme études?

J’ai fait des études dans le génie de l’environnement, en biologie, à St Etienne en DUT. Ensuite, j’ai fait une licence professionnelle à Montpellier en agriculture intégrée (agriculture, environnement, traitement de l’eau). 

Il y a quand même des liens avec ce que je fais maintenant. Je n’ai pas vu directement le brassage en DUT mais j’ai appréhendé les notions enzymatiques par exemple. Donc mes études m’ont aidé et vont également me servir à l’avenir. La semaine prochaine, je vais faire une formation samedi prochain à Dijon, l’Odyssée du brasseur. Cette formation est organisée par Sylvain Jean de Bière et Moi. C’est une formation théorique sur le brassage qui dure une journée. Ça devrait être intéressant.

Comment t'es-tu retrouvé brasseur à La Soyeuse?

J’ai emmené mon CV, pas vraiment au hasard, je connaissais la brasserie. C’était aussi une de mes bières préférées. Mais l’idée de devenir brasseur m’est un peu venue comme ça. Chez moi, je commençais à brasser un peu, ce milieu m’attirait.

Ils ne cherchaient pas forcément quelqu’un. En fait, je n’en savais rien, c’est Romain qui a réceptionné mon CV. 

A Adecco quand Bertrand (Bertrand Burcklé le fondateur de la brasserie) m’a appelé, j’allais passer un entretien. Je ne savais même pas encore si j’allais être pris à la brasserie, mais j’ai préféré dire à Adecco que j’avais trouvé quelque chose. Et c’est bien tombé!

Bertrand m’a d’abord proposé un stage de découverte avec Pole Emploi, de dix jours. Ces deux semaines m’ont un peu introduit au métier, et puis le reste j’ai appris sur le terrain.

En parallèle, chez toi tu devenais brasseur amateur, c'est ça?

J’ai commencé par un kit Nature et Découvertes, c’était une horreur. C’est vraiment du vol, c’est super cher! C’était vraiment une mauvaise expérience. Mais je ne connaissais pas du tout le brassage. J’avais juste lu leur petit dépliant qui accompagnait le kit. Ça n’expliquait rien du tout!

Par la suite, j’ai acheté une glacière Coleman de 48 litres. Et je me suis fabriqué un filtre manifold à mettre dedans. Et j’avais une cuve chauffante Brewferm avec régulation de température à 200€. J’ai mis du temps à m’adapter quand même car l’utilisation de la glacière est un peu aléatoire. 

Aujourd’hui j’ai vendu ces équipements et j’ai racheté une cuve Klarstein programmable avec pompe de circulation. C’est un équipement équivalent au Grainfather, sauf que ça coûte six fois moins cher! Il s’agit d’une cuve avec recirculation grâce à une pompe. Pendant l’empâtage la recirculation est continue notamment.c

Le système est équivalent à celui du Grainfather. Il faut tirer un panier pour égoutter les drêches et permettre le rinçage. L’équipement joue donc le rôle de cuve d’empâtage et cuve d’ébullition pour une contenance d’une trentaine de litres.Par exemple hier j’ai brassé une triple, mais je n’ai fait que 18 litres.

Brasseur à la maison et au boulot : tu n'en as jamais assez?

Oui je brasse au boulot et chez moi. Disons qu’avec des volumes plus petits, on peut plus s’amuser. On a la possibilité de rajouter des ingrédients au dernier moment.

J’avais fait ça avec du café. J’étais parti sur une recette de Porter ou de Stout. Un ami est arrivé pour boire un verre à l’appartement : “C’est marrant, ça sent le café!”. Sauf que je n’avais pas préparé de café. “Vas-y mets-en!” Et au final c’était super bon. Heureusement qu’il est passé!

Je ne sais même pas quelle quantité j’ai mis. j’ai cassé des grains avec un rouleau à pâtisserie et j’ai tout mis dedans. Je n’ai même pas peser ce que j’ai mis dedans. C’était unique. Ce sont les erreurs que je ne fais plus maintenant : ne pas noter, ne pas mesurer… C’est dur après, si c’est vraiment bon et qu’on ne peut pas refaire la même recette, c’est frustrant!

Niveau brassage amateur, je suis arrivé à une bonne installation. Après il faut toujours du temps pour s’adapter un nouveau matériel, peut-être presque dix brassins! Là, je n’y suis pas encore, il me manque encore quelques réglages au niveau de la température par exemple. L’inertie n’est pas la même. La température je pense que c’est ce qu’il y a de plus compliqué à gérer en brassage amateur.

La fiche de brassage, un indispensable du brasseur. A télécharger gratuitement sur le blog.

As-tu une idée du coût de la cuve Klarstein que tu utilises?

J’ai acheté la cuve Klarstein programmable avec pompe de circulation  à 400€ sachant que le Grainfather est à 1000€.

La différence avec le Grainfather, c’est le refroidisseur contre-courant. C’est sûr qu’on ne peut pas leur enlever, ils refroidissent en 10 minutes. J’ai l’eau du réseau, moi, je refroidis en 40 minutes.

Mon collègue Nicolas a la même cuve Klarstein programmable avec pompe de circulation. Il refroidit avec de l’eau de récupération extérieure et il refroidit également en 15 minutes.

Nous avons nous aussi craqué et acheté cette cuve : Tuto première utilisation de la cuve Klarstein !

Qu'as-tu en matériel complémentaire?

J’ai ensuite des seaux classiques pour les fermenteurs. Ils sont en plastique PET et ne coûtent pas plus de 10€. J’en ai beaucoup, car ça arrive souvent qu’ils se mettent à fuir; 

J’ai également le petit matériel : densimètre, éprouvette, broc, serpentin en inox.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant pour accompagner les brasseurs amateurs.

Commercialises-tu les bières que tu fais chez toi?

Non, je n’ai pas le droit! Ce n’est pas vis à vis de la brasserie La Soyeuse, mais plus, vis à vis des douanes. Il faudrait que je fasse les déclarations adéquates, et je n’en ai pas vraiment envie.

Bouteilles ou fûts?

Je ne fais que des bouteilles. Au début je ne faisais qu’en 33cl mais j’ai vite arrêté. C’est beaucoup trop long et ça prend trop de place. Je vais essayer de passer en 50cl.

T'es-tu aménagé un coin pour le brassage?

Je brasse dans ma cuisine. C’est très roots car je suis en appartement et que je suis dans le centre de Lyon. Ce n’est pas adapté mais je m’en contente.

J’ai récupéré un vieux frigo et je me suis bricolé un régulateur de température. Je peux maintenant maintenir ma fermentation à 22,5°C en continue. C’est super! Avant ça, la fermentation était stoppée quand on ouvrait la fenêtre.. L’hiver c’était compliqué, l’été c’était compliqué. L’été dernier, j’ai fait une bière avec une levure qui montait jusqu’à 35°C ;). Il faut s’adapter…

Bon c’est pareil, ce n’est pas hyper pratique, le frigo est dans ma chambre à côté du lit. “Tu dors la tête dans la bière, tu entends le glouglou la nuit?” Voilà, cette nuit ça a commencé, j’étais content de l’entendre!

Ici tutoriel pour fabriquer une chambre de fermentation à partir d’un frigo de récupération!

Qu'est ce que le brassage amateur t'apporte de plus que ton environnement pro?

Je pense que c’est surtout la création de recettes. Dans la brasserie on n’en fait quand même pas une nouvelle à chaque fois.

Après je trouve que faire une bière que du matériel pour 20 litres, ce n’est pas très représentatif. Il y a toujours des défauts. Alors après, quand tu fais des bières très maltées, très torréfiées, type stout, ça ne se sent pas. Ça ne se sent quasiment pas, à part vraiment si c’est piqué (contaminé). Moi je n’ai jamais réussi à faire une bonne blonde chez moi! Il y a toujours un truc qui ne va pas. Après ce sont des recettes que j’ai inventées, donc c’est aussi peut-être ça qui ne va pas…

Si tu faisais une recette de la brasserie avec ton matériel, quel serait le résultat?

Ce serait marrant de faire ça! Je n’ai jamais essayé, il faudrait que je le teste. J’avais déjà eu l’idée de le faire mais à chaque fois je me suis dit qu’il fallait que je rajoute cet ingrédient (toujours un peu farfelu). Mais oui, il faudrait que je fasse ça pour voir même le rendement, ça serait vraiment intéressant.

Une recette faite sur du matériel différent donne toujours des résultats différents, mais également sur les gros volumes. On a fêté les 15 ans de La Soyeuse en octobre dernier. Pour l’occasion Bertrand, le fondateur de la brasserie est allé brassé “La petite soif” qu’on fait ici, en Allemagne. Il a emmené le malt concassé. C’est moi qui l’ai concassé comme d’habitude. On avait pris notre houblon. Tous les ingrédients étaient les mêmes. Les différences venaient de l’eau et du matériel. Ça n’avait rien à voir!! C’était de la flotte, enfin pas vraiment, c’était de la “bière allemande”. Là-bas, ils ont des cuves ouvertes. La bière était réussie mais moi, elle ne m’a pas plu. Je pense que c’est aussi le cas sur du petit matériel. Si tu fais 10 fois la même recette, je pense qu’on aurait 10 résultats différents.

Quel conseil donnerais-tu à un brasseur débutant?

Pour ceux qui commenceraient, je pense que la bonne méthode est de commencer en tout grain. En fait, je n’ai jamais brassé avec de l’extrait de malt donc j’en parle sans connaitre… Si le kit de Nature et découverte était avec de l’extrait de malt. Je trouve qu’on gère quand même mieux en tout grain. Et puis ce n’est pas beaucoup plus compliqué. l faut un système de filtration en plus, mais bon un sac de filtration coûte 3-4 €

Découvrez, en vidéos, nos essais d’un kit tout grain et d’un kit à l’extrait de malt.

Si tu devais faire le kit parfait pour brasseur, tu y mettrais quoi?

Pour t’aider à y voir plus clair avec le matériel, n’hésite pas à consulter notre article sur le sujet. Tu y trouveras des descriptions et des photos.

Voici la liste proposée par Vincent

– Le densimètre

– Eviter la cuillère à sucre. Je trouve que ça ne sert à rien. Ces petites cuillères existent pour doser la quantité de sucre que tu dois mettre dans chaque bouteilles– Deux brocs

– Une pelle à malt,

– Un fourquet n’est même pas indispensable. Je prends mon écumoire et ça fonctionne mieux qu’avec mon fourquet… Donc non, pas de fourquet.

Deux seaux en plastique de 30 litres avec robinets et barboteurs pour les deux. Moi ce que je fais, c’est qu’il y a un seau qui est percé plus haut pour le robinet. Pour la première fermentation, comme ça je ne prends pas les levures (la lie). Ensuite, je transfère dans l’autre et je le mets à froid et ça permet de prendre moins de levure. Mais ça suppose de percer soit même ses seaux. C’est parfois même mieux fait que ceux qu’on peut acheter, qu’il faut souvent poncer…

– Du produit nettoyant : moi j’utilise le chemipro oxi. Je n’ai jamais eu de contaminations. En ce moment j’utilise aussi de la soude en granulés pour laver la cuve une fois que j’ai fini de brasser. Je fais tourner 20 minutes à 60°C avec les petites billes de soude. Et ça m’enlève tout ce qui reste (même s’il ne reste plus grand chose). Je sais qu’à chaque fois que je recommence, elle est propre.

A cela, Vincent ajoute :

– J’ai vu qu’aux Etats-Unis, ils faisaient des glacières super bien faites avec un filtre, d’une contenance de 5 gallons (environ 30 litres). Elles sont vraiment bien faites, donc je mettrais ça dans le kit.

– une cuve Brewferm chauffante avec régulation de température.

– Un serpentin de refroidissement. Ça coûte cher le serpentin. J’en avais fait un en cuivre, c’est vraiment simple à faire. Il faut prendre un seau et l’enrouler autour. Et puis même la forme n’est même pas vraiment importante au final.

– Quelques bouteilles.

– Moi j’ai une encapsuleuse sur pied. Les capsuleuses manuelles sont quand même pas terribles. C’est aussi possible de proposer des bouchons mécaniques. J’en ai sur mes bouteilles de 75 cl. Avec le chemipro oxi, je lave à chaque fois les bouchons mécaniques et les capsules.

– Un petit siphon pour laver les bouteilles, avec un réservoir que je remplis avec du chemipro oxi et l’eau chaude. Je secoue cinq fois et après je rince avec de l’eau froide. Ça nettoie très bien, ça va bien au fond, même des 75 cl. Ensuite je les retourne et je les positionne sur l’arbre d’égouttage

– Un moulin pour concasser le malt. Je ne conseille pas l’achat du malt déjà concassé. Si le malt est concassé le lundi et que tu le reçois le lundi suivant ce n’est pas bon. Plus tu le concasses tôt, plus a perte de rendement est grande. Il faut essayer de le faire tout de suite avant.

Peux-tu partager des trucs de brasseur avec les débutants?

A faire : je pense qu’il faut noter ses priorités, c’est à dire savoir à quoi donner ses priorités. Sur les forums de brassages amateurs, certains vont donner la priorité à l’eau, au pH et puis à côté de ça, ne font pas attention au nettoyage.

Après ça dépend de chacun, mais les priorités pour moi seraient le nettoyage et les températures Cela me semble essentiel, mais c’est mon avis. Ne pas s’éparpiller à vouloir faire plein de trucs.

Sur les premières recettes, faire des trucs simples, peut-être éviter d’inventer au début. C’est facile de se planter. Exemple : Les recettes SMASH Single malt single hop (simple malt simple houblon).

Et surtout faire attention aux températures. Peut-être tester la température avant de faire sa première recette, quitte à perdre un peu de malt. C’est ce qui me semble le plus compliqué à faire. 

Pour le nettoyage, je n’ai jamais eu de souci, je n’ai pas l’impression que ce soit compliqué à gérer (notamment avec le produit chemipro oxi). Je mets 7 litres d’eau chaude avec 2 cuillères à café de produit. Puis il faut remuer et laisser reposer une demi-heure et puis voilà! Et puis je rince à l’eau froide et c’est terminé. Les brosses qui abîment le seau sont quand même à éviter…

Comment gères-tu tes stocks de brasseur ?

Avant je réfléchissais en regardant ce dont j’avais besoin pour réaliser ma recette, et j’allais acheter.

Maintenant, j’essaie de prendre ce que j’ai, quitte à faire des compromis. Si ce n’est pas assez foncé par rapport à ce que je veux, je vais rajouter tel malt que j’ai déjà, et qui n’est pas forcément spécifié dans la recette de départ. Et je le fais rentrer parce que ça me va bien.

Et aussi parfois, parce qu’il faut l’utiliser. Sinon il y aurait des malts que j’aurais depuis trop longtemps. Pareil pour les houblons, récemment, j’ai fait une Imperial IPA, j’ai passé tous mes vieux houblons, j’ai tout balancé dedans. Ça fait un truc super bon (Bon là, c’est pareil, je n’ai pas trop trop noté). Voilà j’y ai mis des houblons et c’était pour les passer. J’essaie plus de passer ce que j’ai et ensuite je verrai.

As-tu des lectures de brasseur à nous conseiller?

Je pense que le plus complet mais qui est en anglais c’est le Palmer (How to Brew – John Palmer).Je l’ai acheté il n’y a pas longtemps, c’est dur de rentrer dedans. Le mec part vraiment loin. J’avais un souci par rapport à une bière qui avait eu une température d’empâtage trop chaude et qui m’a fait 3.5°. Et j’ai trouvé ma réponse dedans le livre.

Et le livre qu’on a eu, il n’y a pas longtemps que Sylvain Jean de Bière et moi nous a prêté, c’est Technologies brassicoles de Nicolas Imbreckx. Il est également vraiment complet.

Vous trouverez ci-dessus des liens affiliés Amazon, c’est à dire qu’ils nous permettent de toucher une petite commission si vous achetez un produit Amazon en passant par ce lien. Bien évidemment cela n’augmente pas le prix final du produit. Ces commissions nous permettent de vous offrir du contenu gratuit, donc merci si vous passez par nos liens pour acheter ces produits !  

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Eloi apprend à brasser à Londres

Pour ce second épisode, nous avons rencontré Eloi de la microbrasserie La Loupiote, installée à Irigny, près de Lyon. Eloi commence à brasser dans quelques brasseries en France puis part passer quelques mois à Londres pour poursuivre sa formation de brasseur. pour Le premier brassin officiel de La Loupiote est sorti en mars 2018. Un grand merci à lui pour son accueil!

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Les astuces d’Eloi pour apprendre à brasser

ASTUCE N°1 : Fabrique ton matériel pour brasser toi-même pour comprendre ce qui se passe et pouvoir intervenir en cas de problèmes. Sois bricoleur.

ASTUCE N°2 : Ne suis pas à la lettre tout ce que tu peux entendre ou lire, fais tes propres expérimentations.

ASTUCE N°3 : Fais la bière que tu aimes, suis des recettes au début mais une fois que tu as compris, expérimente et crée tes recettes.

LIVRE : Comment brasser de la bonne bière à la maison

FOURNISSEURS : Fournisseurs locaux quand c’est possible

ON A AIME : Sa démarche de rencontre de nombreux brasseurs en France et à l’étranger pour se former

AIDE SUR INTERNET : Forum BrassageAmateur.com – Google est mon ami, je tape, mon mot-clé, ma question et je fouille dans les résultats proposés par Google

Depuis combien de temps cette brasserie existe?

Officiellement, nous avons fondé l’entreprise en août 2017 mais notre premier brassin a été réalisé fin mars 2018. Nous avons débuté la commercialisation à plus grande échelle début septembre 2018.

Combien êtes-vous dans la brasserie?

Nous sommes deux personnes, dans la brasserie, avec chacun un rôle opérationnel. Il y a Donatien qui est gérant et responsable commercial, Il fait également un peu d’administratif. Et moi Eloi, brasseur responsable de production et de maintenance. Je fais également un peu d’administratif.

Quelles études as-tu faites?

J’ai fait un bac scientifique suivi d’une école d’ingénieur, l’INSA de Lyon. Après la prépa intégrée, j’ai choisi la spécialisation “Génie industriel”. Il s’agit d’une formation plutôt axée sur les sciences humaines, le management. Et pour la partie technique, j’ai appréhendé les lignes de production, l’optimisation des performances, des procédés industriels etc. Mais je ne me destinais pas à la brasserie au départ.

Es-tu rentré dans la brasserie juste à la fin de tes études ?

Pas du tout. En fait, je n’ai pas commencé par le brassage amateur (brasser à la maison). Je ne suis pas venu à la bière par passion de la bière. Je suis venu à la brasserie par passion du montage de projet, de l’entrepreneuriat.

J’ai fait mon stage de fin d’étude, ainsi que mon premier contrat de travail, à Paris dans une entreprise corse. La mentalité de l’entreprise ne me correspondait pas forcément. Je suis donc parti et j’en ai profité pour voyager un petit peu.

Quand je suis revenu, j’avais envie de faire quelque chose d’un peu plus terre-à-terre, d’un peu plus proche du client final. J’avais besoin de légèreté, de travailler dans le monde de la fête, de profiter de ma vingtaine. J’ai donc cherché et postulé dans une dizaine de bars qui ont des valeurs humaines, écologiques, sociales, et notamment dans le bar-restaurant La Fourmilière. C’était fin août début septembre 2015.

Et tu as donc commencé à travailler au bar-restaurant de La Fourmilière?

J’ai fait barman chez eux pendant 11 mois quasiment 1 an, au cours desquels j’ai été responsable de la carte des bières. Et puis ils ont vu mon coté rigoureux, mes méthodes de travail, le fait que quand je bossais, j’avais un peu tendance à tout réorganiser pour essayer que ce soit plus efficace. Je n’hésitais pas trop à chambouler les méthodes en place pour essayer de faire mieux.

Et au bout de quelques mois, Louis, l’un des patrons, le frère de Donatien, m’a prêté un livre « Comment brasser de la bonne bière chez soi ». Il m’a suggéré de le lire en m’expliquant que cela pourrait être intéressant pour moi. Il m’a ensuite prêté son kit pour brasser à la maison tout plastique (je n’aime pas le plastique). J’ai fait deux ou trois tentatives et les résultats n’ont vraiment pas été bons…

Peux-tu nous dire quel était ce kit avec lequel tu as commencé à brasser ?

Oui, il s’agissait d’un kit de brassage de la marque Brewferm de 25 litres. La cuve de brassage était en inox mais le reste du kit était en plastique. En fait, je ne suis vraiment pas fan du plastique.

Découvre ici notre essai en vidéo du kit à bière brewferm!

Que t’ont proposé les gérants de la Fourmilière?

Ils m’ont proposé le projet de montage d’une brasserie. J’étais vraiment emballé parce que cela allie plusieurs choses que j’aime bien dont le monde du bar et de la fête.

La bière que j’aime brasser n’est pas une bière de dégustation. C’est une bière qu’on boit entre copains pour se faire plaisir et pour se désaltérer. Ceci dit, il peut y avoir des recettes que je fais minoritairement où je me fais plaisir où j’essaie de travailler les arômes. Mais les bières principales que nous proposons à La Loupiote, sont une blonde, une blanche et une ambrée, et accessoirement une IPA et une triple.

Elles ne sont pas très originales dans leur catégorie et ce n’est pas le but. Le but c’est qu’elles soient bonnes, que les gens sachent à quoi s’attendre. Et qu’en même temps, ils trouvent une identité de Loupiote, ils vont la reconnaître, ils vont être contents de la boire. Moi j’aime bien brasser une bonne bière standard aussi. Pour moi ce n’est pas du tout péjoratif. Une bonne bière de soif n’est pas évidente à faire non plus. La bière la plus difficile pour moi c’est une bonne pilsner. Et c’est la première que j’ai essayé de faire. C’est celle que je veux, c’est ma préférée. Si je ne peux pas la faire, ça ne sert à rien que je sois brasseur.

Où as-tu appris à brasser en France

Donc nous avons commencé à parler du projet fin printemps 2016 pour voir comment on voulait créer cette brasserie. Fin juillet 2016, j’ai quitté La Fourmilière et je suis parti à la brasserie La Grihète pour mon premier stage. Il s’agissait du fournisseur principal de bières de La Fourmilière.

Quand nous leur avons parlé du projet, du fait que nous aimerions faire notre propre bière et à terme remplacer celle de La Grihète par la notre, leur première réaction a été l’enthousiasme. Ils nous ont proposé de l’aide, la possibilité de venir nous former chez eux. J’en ai donc profité et je suis allé passer un mois chez eux. Merci à eux.

C’était ma première formation terrain.

Mais, je dirais que là où j’ai le plus appris dans la pratique, c’est à Londres.

A Londres

Pendant que j’étais à La Grihète, j’ai envoyé une quarantaine de demandes de stage à des brasseurs londoniens. J’ai reçu une réponse positive! Merci à Ben de 40FT Brewery, qui m’a accueilli pendant 3 ou 4 semaines et m’a même hébergé chez lui plusieurs jours. L’expérience là-bas a vraiment été géniale. C’est là que j’ai appris ce que c’était que faire de la bière artisanale; J’ai mis les deux mains dedans, les deux pieds dedans.

Novembre à Londres, Nous étions dans des containers à bateaux. Il faisait vraiment très froid, rarement plus de 3 ou 4°C. L’humidité était toujours au moins à 70%. Malgré cela, c’était un des meilleurs mois de ma vie! Ça réchauffe de brasser.

Ensuite, j’ai visité une dizaine d’autres brasseries. Après mon stage à 40FT Brewery, le gérant m’a mis en contact avec ses amis brasseurs et pendant une semaine, chaque jour, j’allais dans une brasserie différente.

Ensuite, en France, je suis allé à La Manivelle, à la Vieille Mule et à La Grihète donc.

Avec une formation subventionnée, en Picardie

J’ai également fait une semaine de stage à la Chaumont’Oise en Picardie, la fameuse, qui est assez présente en ligne, que je ne recommande absolument pas et que j’aurais même tendance à qualifier d’arnaque… Il s’agit d’une des seules brasseries qui fournit des formations pour brasseurs subventionnées par Pole Emploi. J’en ai profité.

Pour synthétiser, on nous dit qu’en une semaine de stage chez eux, même si nous n’avons jamais brassé nulle part, que ce soit à la maison ou en professionnel, nous serons capables d’ouvrir une brasserie artisanale et de gagner notre vie avec ça. Je pense que ce n’est pas aussi simple que ça…

Après cette formation, comment avance le projet?

Donc fin 2016, j’ai déjà fait plusieurs mois, plusieurs brasseries différentes pour de la formation. Fin décembre début janvier, nous essayons de rendre les choses un peu plus concrètes :

  • trouver un nom et une identité visuelle,
  • se positionner stratégiquement pour savoir comment nous allons aborder le marché,
  • rechercher du matériel. Après ces quelques mois, j’étais en mesure de savoir sur quel type de matériel je voulais travailler,
  • et de confirmer que ce projet m’intéresse, que ce rôle m’intéresse.

Pourquoi le projet te plait-il?

J’étais content de faire un travail qui avait à la fois une partie manuelle, une partie intellectuelle et scientifique (j’aime bien manipuler mes chiffres, les températures, j’aime bien compter), et une partie créative avec les recettes.

Pour moi, la création des recettes est plus un instinct un élan, ce n’est pas lié à des calculs comme le reste du brassage, même si le résultat peut être amélioré par la manipulation des chiffres. Moi, de base, j’adore cuisiner, quand je cuisine, c’est rare que je suive une recette. Pour les deux ou trois premières recettes de bières que j’ai faites dans ma vie, j’ai suivi une recette en ligne ou sur un bouquin, mais c’était vraiment pour comprendre le principe de base.

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir ta méthode d’empâtage pour brasser à la maison, consulte 3 méthodes de brassage filtration en vidéos.

A partir du moment où j’ai compris le fonctionnement global du brassage, là j’ai commencé à essayer de faire mes propres recettes. C’est utile pour pour comprendre le fonctionnement. Qu’est-ce que ça fait de changer du malt pils par du malt pale, de changer une levure de haute par une levure de basse fermentation. Qu’est-ce que ça fait de faire exactement la même recette en ne modifiant que la température d’empâtage? Une recette à 62°C et l’autre à 68°C? Il y a plein de paramètres sur lesquels on peut jouer. On peut décider d’en changer un seul à la fois ou plusieurs d’un coup.

Comment trouvez-vous votre futur équipement pour la brasserie?

Je cherchais du matériel à vendre depuis quelques mois, en France et en Europe. En février 2017, nous trouvons le matériel sur une annonce en ligne. Finalement, c’est la brasserie Terre de Bières, située à Villefranche sur Saône donc pas loin du tout, qui vendait un lot de matériel comprenant :

  • des cuves de brassage,
  • une cuve d’eau chaude,
  • des cuves de fermentation et une cuve d’eau froide pour les réguler en température,
  • une embouteilleuse isobarométrique,
  • une laveuse de fûts et un parc de fûts assez étendu,
  • un compresseur à air,
  • 12 cuves de 400 litres de services même si nous ne les utilisons pas actuellement,
  • Un tableau électrique.

Il s’agit d’un bon kit de démarrage pour une brasserie.

Peux-tu nous parler de votre premier brassin?

Fin mars 2018, notre premier brassin de pils voit le jour. Il sera servi le 30 avril 2018 pour les 4 ans de La Fourmilière, qui est notre partenaire privilégié et maison mère.

Et sur le terrain, comment te sens-tu?

Quand je brasse je me sens utile, je me sens à ma place. C’est la première fois de ma vie où j’ai l’impression de comprendre pourquoi je viens travailler. Je ne suis pas en train de soutenir une cause politique ou sociale. C’est une entreprise, ce n’est pas une association ou un coopérative. Mais nous faisons du local, du bio, de l’artisanal. Nous essayons de travailler bien et intelligemment.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant pour accompagner les brasseurs amateurs.

Qui sont vos fournisseurs?

C’est très agréable de travailler avec des produits bio, malheureusement ils viennent de la Malterie du Château en Belgique. Je ne dis pas ça par rapport à la Malterie du Château, ils travaillent très bien. C’est juste qu’ils sont un peu loin de nous. Si nous avions quelqu’un qui travaille aussi bien qu’eux en Rhône-Alpes, nous irions vers eux.

Aujourd’hui, les malteries en Rhône-Alpes manquent un peu d’ancienneté et moi aussi. Ce qui fait que pour le moment, il est difficile pour moi de travailler avec eux. Je me vois mal réussir à faire les mêmes recettes avec des produits qui ne sont pas parfaitement stables. Le jour où j’aurais un peu plus de recul sur mon process, peut être que j’arriverai à adapter mes recettes en fonction des lots que je reçois.

Qu’est-ce que le métier de brasseur, pour toi?

Dans la brasserie, je me sens bien, parce que le métier regroupe trois aspects, qui font que je ne sature pas dans mon travail :

  • L’aspect physique, manuel;
  • Le travail intellectuel et
  • Le côté créatif.

La bière ce n’est pas un produit essentiel à la vie humaine, mais c’est quand même un produit chouette. C’est un produit qui respire la convivialité, la bonne ambiance, les conneries aussi. Mais c’est le principe de la fête, des fois on fait les cons mais si on le fait bien, c’est chouette 😉

Et aux brasseurs débutants, que pourrais-tu dire ?

Respectez votre rythme

Ça dépend des caractères, il y a des personnes qui sont plus méthodiques que d’autres, d’autres qui sont plus “rentre dedans”. Moi je suis plus rentre dedans… Voilà pour le premier brassin, j’avais à peine lu le livre et au final j’ai fait l’erreur de faire bouillir mon grain. Je croyais que c’était comme ça qu’on faisait. Donc j’ai fait n’importe quoi, j’ai fait une soupe de grain qui n’avait aucun intérêt…

Donc respectez votre rythme. Ce n’est pas vraiment un conseil, c’est plus une évidence!

N’ayez pas peur de vous planter

Le conseil le plus fort que j’aurais à donner, c’est : Essayez de faire le plus de choses par vous-mêmes. Si vraiment vous êtes intéressé par la bière, par le produit, par le process, si votre but c’est de vous amuser en le faisant et pas juste de montrer à vos potes que vous pouvez brasser de la bière (ça, ça ne sert à rien), faites le plus de choses par vous-mêmes. Et faites-les pour vous, pas pour les autres. Essayez de tâtonner, d’essayer, de vous planter en fait. Plantez-vous le plus possible, parce que comme ça vous identifierez ce qui marche le mieux

Soyez bricoleur

Moi j’ai commencé sur du matériel qu’on m’a prêté et j’ai détesté travailler avec parce que ça ne me correspondait pas. J’ai donc rapidement fabriqué le mien, j’ai acheté des cuves qui venaient de restaurant, sur Leboncoin. J’ai commandé un filtre sur internet. Il n’était pas à la bonne taille donc j’ai été quelqu’un qui bossait le métal et je lui ai demandé s’il pouvait me meuler les bords du filtre pour le mettre à la taille de ma cuve. Ma cuve était en inox donc je n’arrivais pas à la percer avec ma petite perceuse. Donc j’ai demandé à nouveau à ce gars. Nous avons discuté et il m’a donné des conseils. J suis allé à Leroy merlin, j’ai acheté mon petit robinet pour soutirer de ma cuve. J’ai acheté des tuyaux sur internet des raccords ici…

Ça m’a pris du temps et ce n’était même pas forcément plus économe de faire mon propre matériel. Il n’empêche qu’à la fin, quand mon matériel est fait, je le connais à 100%. Je suis capable d’intervenir à tous les niveaux et de réparer et d’améliorer tout le temps. Et c’est quelque chose qui m’a énormément servi quand je suis arrivé ici.

Mais voilà, soyez bricoleur, n’ayez pas peur de tenter des trucs de vous planter, c’est la meilleure partie en fait, c’est la plus formatrice.

As-tu cherché de l’aide sur internet, dans des bouquins?

Oui un peu, j’ai commencé par le bouquin “Comment brasser de la bonne bière chez soi”.

Et puis après, je suis allé voir un peu sur le forum BrassageAmateur.com, sur des sites anglophones, sur des sites français moi je fonctionne avec Google. Je pose ma question, je tape mon mot-clé et je vois ce que je trouve.

Quel volume brassais-tu à tes débuts?

A la maison, je suis équipé pour fabriquer jusqu’à 50 litres : une cuve d’empâtage de 70 litres, une cuve d’ébullition de 80 litres. Je pouvais donc facilement brasser jusqu’à 50 litres.

Faire du 25 litres ce n’était pas un problème mais j’ai des grosses pertes dans mon matériel à la maison. Mes angles du bas sont très arrondis (mon geste mimé n’est pas visible sur l’enregistrement), j’étais donc obligé de mettre mon robinet de soutirage assez haut. Par conséquent, sur ma cuve d’ébullition, j’ai 9 litres de perdus à chaque fois. Ce n’est pas forcément gênant pour des tests de recettes mais je préfère perdre 9 litres sur un brassin de 50 litres que 9 litres sur un brassin de 25 litres. Ce n’est pas la même proportion. Je fais donc surtout du 50 litres.

Ça a aussi l’avantage, comme mes fermenteurs sont de 25 litres, de pouvoir séparer mon brassin en deux. Et j’ai la possibilité de faire deux essais différents (tests de levures et dry hopping ou houblonnage à cru).

Et aujourd’hui, as-tu une recette dont tu es fier ?

La recette

J’ai sorti une blanche au café, j’étais très content. Elle correspondait exactement à ce que je voulais faire mais elle a énormément surpris les gens. Elle a beaucoup plu et elle a dérangé à la fois, car c’est une bière très spéciale.

Nous partageons les locaux avec des torréfacteurs, nous avions accès à de la bonne matière première.

  • Nous avons fait un Cold brew (ou extraction à froid) pendant 16 heures. Il s’agissait de café moulu dans l’eau froide. L’Extraction à froid apporte une plus grande conservation des arômes.
  • Après une filtration assez grossière de ce cold brew, j’ai fait chauffer 20 minutes à 60°C pour désinfecter.
  • Et j’ai ajouté cela dans ma bière, juste avant enfûtage. Il s’agit d’une sorte de dry hopping au café. L’avantage est qu’il est directement liquide, ce qui me permet de pas avoir à refiltrer derrière.
  • J’ai ensuite fait une refermentation en fût.

Le résultat

Voilà j’étais vraiment content : J’ai choisi de brasser une bière blanche 50% café 50%, pils très peu houblonnée, pour donner le maximum de place au café. Et cela a super bien marché. Mais cela a beaucoup surpris. Les consommateurs s’attendait à une bière Stout ou une blanche avec un tout petit arôme de café. En définitive, cela a vraiment un arôme très fort du café, mais plus côté fruité (peut-être végétal) que torréfié. C’est moins le côté chocolat, corpulent, enveloppant du café mais plus le côté aromatique, fruité et végétal.

Le problème de cette bière, c’est qu’elle se vend très lentement. C’est une bière de dégustation. De plus, comme il y a une extraction de café à froid, il y a une grosse teneur en caféine. Il faut donc prendre des précaution. Nous la vendons en disant : “Pas plus d’une pinte, par personne et par jour”. Ce n’est pas une bière pour les cardiaques car une pinte peut correspondre à environ trois expressos. Donc elle se vend lentement et les fûts se libèrent lentement. Je la referai avec plaisir quand nous aurons plus de fûts.

Eloi, merci beaucoup pour ton accueil

Voilà cet épisode est terminé, merci à toi de l’avoir écouté jusqu’au bout N’hésite pas à nous dire ce que tu en as pensé. Abonne-toi au blog « Comment brasser sa bière » si tu veux être notifié lors des prochaines publications d’articles. A très bientôt.

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Simon et Etienne créent une microbrasserie

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Les astuces pour brasseurs débutants de Caribrew

LES ASTUCES : 

Ne néglige pas le nettoyage

Aménage-toi un espace dédié au brassage

N’utilise pas de kit, n’utilise pas d’extrait de malt, commence directement par le tout grain en 20 à 30 litres

Fais un atelier de brassage d’une journée

LIVRES La bière c’est pas sorcier – Guirec Aubert – éditions Marabout, Faire sa bière à la maison – La Montreuilloise – éditions Tana, Mastering homebrew – Randy Mosher – Chronicles books

LOGICIEL : BeerSmith

SITE INTERNET : Happy beer time, Univers bière

ON A AIME : La baignoire sabot bricolée pour laver les grandes cuves.

 

Pour ce premier épisode, nous avons poussé la porte de la microbrasserie Caribrew, installée à Brignais près de Lyon depuis juillet 2018 et tenue par Simon et Etienne. Un grand merci à eux pour leur accueil.

Pouvez-vous vous présenter?

Etienne : Nous avons fait les mêmes études avec Simon, une école d’ingénieurs en génie biologique à Clermont Ferrand, c’est là que nous nous sommes rencontrés. 

Nous avons détecté notre volonté commune de créer une entreprise. Nos diverses expériences dans nos études nous ont confirmées que c’était quelque chose qui pouvait nous correspondre (gestion d’une entreprise, montage d’un projet etc…). Et avant de se lancer, nous voulions faire quelques années de salariat. 

Nous avons travaillé tous les deux, dans le même domaine de la dépollution, mais pas dans la même entreprise. Pendant cette période, nous avons réfléchi. Il nous fallait un projet qui nous fédérait et aussi un projet porteur économiquement. Nous nous sommes arrêtés sur la création d’une microbrasserie en région lyonnaise. Notre salariat nous a permis de mettre en place la structure.

Simon : Suite à nos départs respectifs de nos entreprises, nous avons mis environ un an pour pouvoir lancer l’entreprise. Notre premier investissement : une cuve de brassage Braumeister de 50 litres.

Nous nous sommes informés sur le brassage, fait la main sur notre unité de brassage, rencontré des brasseurs professionnels pour voir comment ils fonctionnaient. Ils nous ont donné des conseils pour notre lancement (volume, équipement, contact, fournisseur…).

Quand vous vous êtes lancés, quelle était votre expérience de brasseurs amateurs?

Etienne : Nous avions été sensibilisés au brassage dans nos études. Les processus qui se cachent derrière le brassage de la bière, nous ont été présentés notamment lors d’un TP initiation. Il y a un important aspect scientifique dans le brassage, nous n’étions donc pas déconnectés de notre domaine de compétence. 

Nous voulions travailler un produit plaisir, un produit qui nous plaisait aussi, ce qui était important pour notre projet de création d’entreprise. Mais avant de se lancer dans le projet à proprement parlé, nous n’avions donc pas d’expérience de brasseurs.

Avec quoi avez-vous réalisé votre premier brassin?

Etienne : Nous avons chacun acheté un kit pour brasser 4 litres de bière tout grain. L’expérience n’a pas été très fructueuse. Puis, nous avons rapidement investi dans l’unité de 50 litres pour pouvoir développer les recettes de la gamme permanente actuelle. Il était nécessaire que les recettes soient reproductibles. Notre souhait n’était pas de produire une bonne bière “coup de chance”, créée parce que tous les critères étaient réunis au bon moment.

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Simon : D’autant plus, que nous ressentions que le marché de la microbrasserie était en train de se densifier. Donc si nous voulions porter ce projet et essayer d’en vivre plus tard, il était indispensable de rapidement investir dans cette unité de 50 litres. 

Pour pouvoir répondre à la demande, nous avons tout de suite voulu privilégier l’aspect sécurité. La bonne régulation de température étant primordiale pour la reproductibilité des recettes, cette unité était nécessaire l’équipement adéquat pour notre future création d’entreprise. 

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans le brassage?

Simon : Ce qui est grisant, avant même le brassage, c’est de créer sa recette, de faire de la biblio. J’aime voir ce qui se fait, goûter à droite, à gauche, trouver ce qui me plait, ce que je veux retrouver dans nos bières. Pouvoir jouer avec toutes les matières premières que nous avons à disposition est vraiment intéressant! 

Puis ensuite ce qui est passionnant, c’est de suivre tous les paramètres toute la journée, de guetter le moindre petit problème qu’il peut y avoir. Il faut gérer les points critiques et faire attention aux contaminations potentielles. Dans le brassage amateur ce sont les contaminations le point auquel il faut apporter le plus de vigilance.

Etienne : A titre personnel, il n’y a pas vraiment de paroxysme dans le plaisir du brassage. Mais ce qui est intéressant de manière générale, c’est d’avoir le contact direct avec les matières premières, de voir leur évolution organoleptique. Et ce au cours du brassage et pendant le mois de fermentation.

Quand nous analysons la bière de manière organoleptique, nous pouvons retrouver la présence des différentes matières premières. Nous ne sommes pas encore en mesure de déceler le type de malt par exemple, mais nous pouvons détecter les saveurs maltées, houblonnées etc.. Et ce parce que nous sommes au cœur du processus de brassage. 

Combien de temps vous faut-il pour élaborer une recette?

Simon : c’est très variable. Nous privilégions l’élaboration des recettes sur l’unité de 50 litres, nous n’avons pas assez d’expérience pour passer directement sur le 500 litres. Nous avons eu peu de mal à figer les recettes des bières que nous avons élaborées en brassage amateur (l’ambrée, la blanche et la brune). 

La recette la plus difficile à créer a été celle de la blonde. Nous n’arrivions pas à obtenir une blonde qui nous correspondait. Huit ou neuf versions différentes nous ont été nécessaires. Finalement, nous avons décidé de changer le houblon. Ce qui était difficile était de rechercher quel type de houblon se marierait le mieux avec une blonde. Notre entourage a testé nos recettes, les personnes qui boivent de la bière régulièrement ou non.

Quelles astuces donneriez-vous à des brasseurs débutant?

Simon : S’il souhaite découvrir vraiment le processus du brassage et pouvoir faire goûter sa bière, il ne faut pas utiliser les petits kits (4 litres) comme nous avions choisi. Avec le recul, on voit vraiment qu’il y a peu d’intérêt. Même si ça permet d’avoir une idée générale du processus, ça reste trop “bricolage” pour avoir un produit qui soit intéressant. Le dimensionnement qui nous parait le plus adéquat serait le 20 ou 30 litres.

Etienne : Pour commencer, il faudrait plutôt partir sur un processus tout grain (par opposition à l’utilisation de l’extrait de malt). C’est vraiment avec le tout grain qu’on découvre l’intérêt de chacun des matières premières et l’intérêt de chaque phase.

Il est primordial de ne pas négliger le nettoyage. Si on souhaite obtenir un produit parlant, il faut être rigoureux sur toutes les phases de nettoyage. Dans le cas contraire, des faux goûts qui ne viennent pas de vos matières premières pourraient se révéler. Nous pourrions être tentés de croire que la recette n’est pas bonne, alors que le problème vient du nettoyage.

Simon : Ce ne sera peut être pas possible pour tout le monde, mais ce qui est bien c’est aussi de pouvoir aménager un petit espace dédié. L’idée est de pouvoir sectoriser les choses et créer ses petites habitudes..

Vos premiers empâtages étaient mono ou multi-paliers?

Etienne : Nous avons directement commencé en multi-palier. C’est vrai que ça peut être difficile, surtout en amateur, quand il faut gérer les paliers de température et que rien n’est automatisé. Quand on surveille la température avec un petit thermomètre qu’on plonge dans le moût, il y a des variations qui sont difficilement maîtrisables. Or les températures sont tellement importantes dans le processus…

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir la technique d’empâtage qui te convient, consulte : 3 méthodes d’empâtage/filtration.

Il pourra y avoir un impact sur le produit fini. Le multi palier est quand même intéressant pour travailler le produit fini pour le corps de la bière, la structure de la mousse. Par contre, nous sommes actuellement en train de travailler sur une recette monopalier. 

Si vous souhaitez connaître les avantages et les inconvénients des empâtages mono ou multi-paliers : consultez notre FAQ empâtage!

Simon : Une bière tout à fait correcte peut être obtenue avec une recette en monopalier

Avez vous suivi des formations pour brasseurs?

Etienne : C’est principalement notre formation de biologiste qui nous a apporté les bases scientifiques du brassage. Nous avons complété cette formation et nous déplaçant chez les brasseurs. Des ateliers/stages de brassage à la journée peuvent parfaire tout ça.

Simon : Nous sommes allés faire une initiation au brassage d’une journéeà la brasserie la Germanoise à St Germain Laval dans la Loire (Volume 20 litres). L’aspect pédagogique est mêlé à l’aspect technique, ceci nous donne des idées pour le futur de la brasserie. Cela nous a également permis de voir comment fonctionnait un autre brasseur.

Etienne : Aujourd’hui, il y a des outils, dès le début, nous avons utilisé BeerSmith (logiciel en ligne). Ce logiciel donne une vraie structure à la théorie, qui est proche de la réalité. Nous n’avons jamais été complètement déconnectés de la recette que nous avions élaborée initialement.

Contrairement à des brasseries qui se sont lancées il y a des années comme la brasserie de la Loire ou le Ninkasi, aujourd’hui la biblio, les recettes existantes, les techniques brassicoles, sont bien documentées. Des outils informatiques sont disponibles pour savoir où on va. Jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais eu de surprises énormes.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant d’accompagnement des brasseurs amateurs !

De quelle manière enregistrez-vous votre travail?

Simon : Nous notons tout (traçabilité), via BeerSmith, nous avons des fiches de brassage en format papier qui nous suivent dans l’atelier. Tout est ensuite stocké en format informatique. Quand nous étions amateur nous réalisions un doublon d’enregistrement sur des fichiers excel. Un encart “note” pour les dégustations avant mise en bouteilles, dégustation J+7, J+14, (données gustatives et olfactives) nous a permis de suivre l’évolution. 

Nous conservons également des brassins en bouteilles dans le temps pour voir l’évolution. Depuis que nous sommes pro, nous utilisons un logiciel propre aux brasseurs : EasyBeer, qui associe à tout cela, la gestion des stocks par exemple.

Savez-vous qu’une fiche de brassage est téléchargeable gratuitement sur le blog ?

Proposez-vous des bières de saison?

Etienne : A chaque saison, nous préparons une nouvelle bière, ce qui fait un total de deux bières de saison pour cette fin d’année. Nous sommes en train de travailler sur la bière de printemps et nous pensons déjà aux bières d’été. L’idée c’est de créer une rotation saisonnière.

Simon : Nous sommes dans un secteur géographique riche de nombreux producteurs de fruits notamment. Aller à leur rencontre, parler de nos productions respectives et voir de quelle manière nous pouvons travailler ensemble (petit challenge), est très motivant. C’est stimulant de ne pas brasser toujours les mêmes recettes.

Pour ré-écouter le podcast : 

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