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Beer truck des Alpes, le 1er brewpub ambulant de France

Le Beer Truck des Alpes, c’est le rêve accompli d’un jeune couple franco-slovaque amoureux de la bière : promouvoir l’artisanat d’une manière très originale et authentique. Comment ? A bord d’un Peugeot J5 4×4​ rose plein d’histoires (d’abord camion de pompiers puis camion à glace). Veri et Val sillonnent la région Rhône-Alpes depuis plus d’un an pour proposer – en bouteilles et à la pression – une sélection des meilleures microbrasseries locales.

Notre première rencontre remonte à l’an passé lors du marché de Noël, sur les pentes de la Croix Rousse à Lyon. Nous étions alors accompagnées de Damien du Bear Trotter.

A l’occasion de leur levée de fonds sur la plateforme Ulule, nous avons repris contact avec eux afin d’en savoir un peu plus sur ce projet de vie original.

Qu’est-ce que le Beer Truck des Alpes ?

Beer Truck des Alpes est la première microbrasserie, bar et caviste ambulant de France. En somme c’est donc le premier brewpub itinérant. Le site internet : https://www.beertruck.beer/.

L’idée derrière ce concept est de promouvoir le métier d’artisan-brasseur et rendre accessible la bière artisanale au plus grand nombre, notamment dans les zones rurales de montagnes – d’où le camion 4×4, indispensable par chez-nous !

Grâce aux cinq tireuses embarquées et à la cave réfrigérée, de nombreuses communes rurales ont ainsi pu (re)découvrir le plaisir d’un espace public revitalisé.

Comment a commencé l’histoire du Beer Truck des Alpes?

Notre passion est née durant nos études à l’Université Grenoble Alpes où nous nous sommes rencontrés et avons démarré ce projet de vie ensemble. Veri étant née dans une région viticole de Slovaquie, et Val grand amateur de vin grâce à la cave étoffée de son père. Nous nous étions promis de travailler ensemble après les études.

Mais à l’occasion de la dernière édition du Grenoble Beer Week en 2017 (avant qu’il ne soit renommé « Festival une Petite Mousse »), nous avons eu un véritable coup de cœur pour le milieu brassicole. Contrairement au cercle viticole qui demeure hermétique et relativement conservateur, le cercle des brasseurs est lui jeune, dynamique et un peu fou (à notre image en somme).  

Puis, nous avons eu l’honneur d’assister au séminaire organisé par Emmanuel Gillard (Projet Amertume) au sein de l’association Just Beer. Ce fut un moment décisif pour nous – d’innombrables rencontres et découvertes gustatives, dispensées par une bible en la matière. Nous devons beaucoup à Emmanuel de notre motivation actuelle. C’est ainsi que les jeudis soirs après les cours de Master, nous avions pour coutume de nous rendre à l’association Just Beer pour épancher notre soif de découverte.

Quel est le rapport avec vos études en Langues Étrangères ?

Durant le Master, nous avons intégré le programme PEPITE en tant qu’étudiants-entrepreneurs. C’est grâce à ce statut que nous avons pu acquérir les codes propres au milieu entrepreneurial. Mais c’est véritablement grâce à notre formation pluridisciplinaire qu’on a appris l’art de la débrouille – marketing, gestion, achat et vente, développement web, etc. Tous ces savoir-faire nous servent aujourd’hui à gérer l’activité du Beer Truck des Alpes.

Quant aux langues, bien que les occasions de pratiquer soient plus rares, elles nous permettent de dénicher de temps à autre des pépites étrangères inédites en France. Nous pouvons prendre part à de prestigieux événements tels que le Salon Piva à Bratislava (Slovaquie) ou bien encore le Forum international de la bière à Sotchi (Russie).

D’ailleurs, nous sommes la première brasserie française à participer en tant qu’invités d’honneur à la prochaine édition de Salon Piva au printemps prochain. Nous y présenterons non seulement notre propre production, mais représenterons également une sélection coup de cœur de microbrasseries locales.

Caviste, brasseur, les deux ?

Jusqu’à maintenant, même si nous n’étions que cavistes, nous brassions lors de démonstrations sur les marchés, foires, etc. et proposions également des ateliers de brassage à domicile. Mais à l’occasion de l’acquisition d’un corps de ferme en montagne, le temps était venu d’installer une vraie microbrasserie dans notre garage, afin de partager davantage notre passion.

Aujourd’hui, c’est donc en Matheysine, à la frontière entre les Alpes du Nord et du Sud, que nous puisons l’inspiration et le goût de produire des bières aux styles variés et atypiques, qui se ne résument pas qu’aux classiques “blonde, brune, ambrée”. Chacune de nos recettes est dédiée aux sommets environnants qui ont marqué les moments forts de notre vie (enfance, première sortie en amoureux, demande en mariage, naissance, etc.).

Grâce à notre travail de caviste, nous avons peu à peu fait évoluer les mentalités autour de ce doux breuvage en éduquant nos clients aux subtilités existant entre chaque style. Bien que les débuts aient été quelque peu difficiles, la bière souffrant de nombreux stéréotypes, nous avons réussi à fédérer une communauté autour de ce projet.

En dépit de la crise sanitaire qui nous a particulièrement ébranlés, nous franchissons une nouvelle étape dans ce projet de vie en établissant notre propre microbrasserie pour laquelle nous levons actuellement des fonds. La vie n’est certes pas toujours aussi rose que notre beau camion, mais l’envie de partager notre passion n’en est que plus ardente ! C’est grâce à nos fidèles soutiens que nous trouvons de la joie même dans les réveils à 3h du matin pour nous retrouver sur les marchés.

Découvrez aussi le brew lab shop de la brasserie du Singe Savant à Lille.

A quoi servira le financement participatif ?

Celles et ceux qui nous connaissent savent que nous sommes très système D, mais grâce à vous nous espérons pouvoir nous équiper en petit matériel (embouteillage, étiquetage, etc.), et ainsi libérer du temps pour être en famille.

Dans un premier temps, nous souhaiterions acquérir les malts, houblons et levures nécessaires à nos premiers brassins, ainsi que les consommables (bouteilles, capsules, étiquettes, cartons, etc.) qui vous permettront de les déguster confortablement chez vous.

Ensuite, nous aurons besoin de nous équiper avec du matériel d’embouteillage (embouteilleuse Enol Master, encapsuleuse pneumatique, étiqueteuse, etc.) digne de ce nom, afin de dégager un peu de temps pour le passer en famille (notre jeune fils Arthur a aujourd’hui 8 mois).

Si ces premiers objectifs sont atteints, nous attaquerons ensuite dans le dur : une vraie salle de brassage de 5hL (500 litres) en électrique et/ou vapeur, ainsi que quelques fermenteurs pour compléter le tout.

Que proposez-vous à vos donateurs en échange ?

Les contributions à notre projet de microbrasserie commencent à partir de 1€ – les petits ruisseaux font les grandes rivières, comme on dit.
Chaque donateur aura droit à sa petite place sur notre mur de la gloire dans le camion – aux côtés des étiquettes et sous-bock glanés pendant nos découvertes gustatives.
Puis on propose nos gobelets réutilisables pour 2€ sans contenu, pouvant être remplis pour 5€ et 10€ sur place (pression) ou à emporter (bouteille).
A 25€, c’est la faya – invitation VIP à l’inauguration avec conso à volonté (toujours avec modération, bien-sûr).
Pour 50€, les donateurs reçoivent un carton de notre production, en 12 x 33cl ou 6 x 75cl, pouvant être livré même à l’étranger, et pour 100€ on double la mise.

A partir de 150€ commencent les contreparties atypiques : l’apéro-tour – une dégustation ambulante dans notre petit coin de paradis ; puis le bar à domicile à 200€ où nous offrons un fût parmi les 5 becs pressions ; un weekend à la brasserie, repas et boissons compris pour 250€ ; et enfin notre célèbre atelier de brassage à domicile, valable dans toute la région à partir de 300€.

Le choix est vaste et original – chacun trouvera donc chaussure à son pied, notamment à l’approche des fêtes ! Allez hop, c’est par ici que ça se passe : https://fr.ulule.com/beertruckalpes/.

Le partage étant le plus précieux des soutiens, merci à Aurélie et Carine de nous avoir consacré cette interview. Comme elles, n’hésitez pas à partager autour de vous ce beau projet.

Petit brasseur, où en es-tu?

Promouvoir le métier d’artisan-brasseur tout en déambulant dans un magnifique fourgon, on ne pouvait pas ne pas te parler du Beer Truck des Alpes ! As-tu cliqué pour soutenir le superbe projet de Veri et Val (et Arthy il ne faut pas l’oublier 😉 )?

On compte sur toi !

Toi aussi tu montes un projet ou tu pourrais nous présenter de chouettes acteurs de monde brassicole ? Fais-nous signe 😉

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

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Clotilde, brasseuse amatrice avec le Singe Savant

Je me présente, Clotilde, 36 ans, brasseuse amatrice et fan du concept du Singe Savant!

Je suis vraiment “tombée” dans le brassage amateur il y a un peu plus d’un an. Au début, je m’y suis intéressée comme toute amatrice assidue qui veut comprendre le processus de fabrication de la bière.

Je travaille dans le traitement des eaux et je me suis vite rendue compte que le procédé technique est très proche de ce que je rencontre dans mon travail: c’est une histoire de bio-organismes, de température, de pompage, etc.

Nous laissons aujourd’hui le clavier à Clotilde, notre envoyé spécial dans le Nord, qui souhaite nous présenter la brasserie du Singe Savant et son concept original pour les brasseurs amateurs.

Arctic Papayou
Vous trouverez des descriptions fabuleuses de leurs bières sur leur site

Se lancer dans le brassage amateur

Une fois que l’on commence à comprendre le processus et ses subtilités, on réalise que ce n’est pas si simple et surtout que les possibilités sont infinies !

Je me suis petit à petit prise de passion en mettant la main à la pâte ou plutôt “au moût”. Faire de la bière soi-même, créer ses propres recettes, avoir la fierté de les faire goûter aux ami(e)s, apprendre en permanence, je me suis éclatée !

Un problème se pose très vite : comment faire quand on débute sans matériel ni la place chez soi ? Et bien, on cherche un lieu où brasser et surtout où apprendre en partageant et en échangeant.

La Brasserie du Singe Savant est vite apparue comme une éventualité puis comme une évidence pour moi. D’abord en raison de leur état d’esprit et de leur concept et ensuite de leurs bières que j’aimais déjà!

Cheers!

Présentation de cette brasserie atypique

Le Singe Savant est une microbrasserie ouverte en 2016 par des passionnés hyper motivés : Guillaume, Valentin, Pierre et Coline.  

Aucun ne vient du milieu brassicole à l’origine. Avant cette aventure, ils exerçaient un métier dans le domaine de l’art, du graphisme, de l’agriculture ou encore de l’informatique… ils ont voyagé et ont plutôt découvert la bière à l’étranger.

Au départ de cette aventure, leur souhait était de revenir à un projet concret, une envie d’autre chose.

Le projet démarre avec :

  • Guillaume qui souhaite transférer ses valeurs autour de l’économie sociale et du « do it yourself » vers un projet concret et convivial.
  • Valentin le rejoint avec sa fibre écologique et ses réflexions en cours sur le « zéro déchet » et la valorisation des matières et déchets.
  • Pierre apporte ses compétences commerciales et son énergie pour brasser.
  • Coline, super brasseuse amatrice, est la dernière arrivée. Elle se forme actuellement sur la partie production.

Tous les 4 fonctionnent en structure coopérative. Ils se sont centrés sur une stratégie éco-responsable et l’utilisation autant que possible de matières premières locales et biologiques.

Ils ont, dès le départ, voulu se démarquer par leur mode de fonctionnement mais aussi par leurs recettes atypiques. Elles sont inspirées notamment de leurs voyages et de leurs coups de cœur culinaires.

Un concept original pour le grand public

Dans leur envie de partager et de transmettre leur savoir-faire, l’idée de mettre en place un atelier de brassage pour amateurs est rapidement devenue une évidence. Leur souhait de départ était d’essayer de transmettre leur passion mais aussi une éducation populaire sur la bière et un aperçu de toute l’étendue des possibilités.

Cet atelier n’a d’ailleurs pas vocation à être synonyme de bénéfices pour la brasserie même si cette activité représente un vrai investissement des brasseurs en temps et en disponibilité.

Il y a un an, je décide de me lancer et je m’inscris à leur atelier. Je me souviens d’avoir ressenti des sentiments divergents avant le jour J : tout d’abord, l’excitation de me lancer enfin, de devoir réfléchir à ma première recette, la peur de ne pas savoir exactement ce qui m’attend et surtout “Est-ce que je vais y arriver ?“.

L’atelier pour débutant du Singe Savant

Le brew lab se déroule en trois temps :

  • Une demi-journée où le brasseur accompagnant nous explique le procédé de fabrication, les subtilités des matières premières : les différents malts, les houblons, les levures, leur importance et enfin les étapes dédiées à la création de la première recette;
  • Une journée de brassage sur un Grainfather : on découvre toutes les étapes d’un vrai brassin : du concassage du malt, à la mise en eau, l’empâtage, la filtration, l’ébullition et mise en fût de fermentation. On découvre les points sensibles du procédé : la bonne préparation des ingrédients, que le matériel soit propre sans impuretés…. Ça nous permet au terme de la journée d’obtenir une vingtaine de litres de bière quand tout se passe bien;
  • Une demi-journée d’embouteillage.

Voici les étapes d’empâtage, de filtration et Moi pendant l’ébullition! 🙂

Je me permets de vous faire part de mon ressenti lors de ce premier atelier.

Cet atelier est vraiment enrichissant pour les amateurs car « les Singes » ne sont pas avares de conseils, d’informations et toujours disponibles pour répondre à toutes vos questions. Ces ateliers sont un vrai moment de partage entre eux et les amateurs.

Ils vous poussent à aller plus loin, à ne pas se mettre de limites dans la créativité (la folie ?) des recettes, dans les envies de tester des ingrédients (qui peuvent surprendre pour certains je vous assure !), des mélanges et des méthodes. Par exemple, mon prochain brassin sera avec de la teinture de fruits en secondaire à la place du dry hopping.

L’adhésion à l’association du Singe Savant

Une fois qu’on a fait notre premier atelier « débutant », on adhère à l’association pendant un an.

Ainsi on a un accès privilégié sur leur atelier, et très rapidement ils te laissent en totale autonomie sur le matériel. Tu peux revenir brasser dès qu’un créneau est libre. Ils te mettent tout le matériel à disposition pour la journée : le Grainfather, le moulin pour moudre le malt, leur local pour laisser nos fermenteurs à la bonne température.

Si tu as ton matériel à la maison, ils sont disponibles pour t’aider à l’améliorer et peuvent te vendre leurs matières premières pour que tu puisses brasser chez toi (et les bières aussi).

Le concept a tellement de succès qu’actuellement? ils ont plus d’une centaine d’adhérents et les créneaux sont vite remplis.

Depuis, j’en suis à mon 4ème brassage chez eux dont mon dernier en autonomie complète (petite fierté) et je ne suis pas prête de m’arrêter.

Les conseils du Singe Savant

A l’issue de ma session de formation, j’ai posé 2 questions aux singes savants :

  • Quels conseils donneriez-vous à une brasseuse amatrice comme moi ?
  • Quels conseils donneriez-vous à un(e) passionné(e) qui souhaite se lancer en tant que professionnel(le) ?

Ils m’ont répondu ceci :

  • Asseyez vos bases pour comprendre le fonctionnement et l’intérêt de chaque étape du brassage. Il faut disposer d’une vraie visibilité gustative sur chaque ingrédient composant la bière
  • Lâchez-vous sur les recettes et ne vous fixez pas de limites en terme de créativité !
  • Avant de vous lancer en tant que professionnel, comprenez que d’ouvrir une brasserie ne se résume pas simplement à brasser : cela implique un investissement personnel important, de savoir réagir face aux problèmes rencontrés et d’être réactif. Le rôle d’un microbrasseur est de brasser mais aussi de communiquer, de commercialiser et de distribuer.

2020, une année charnière pour Le Singe Savant

L’année 2020 s’inscrit sous le signe de futures collaborations avec des brasseries amies comme la Brasserie Nautile (Nantes), la Brasserie Hub (Roubaix) ou encore la Brasserie Cambier (Lille).

C’est aussi l’année d’un gros changement en termes d’évolution de la production dont l’objectif est de viser le brassage de 6000 L/mois (contre 3500 L/mois aujourd’hui). Ce projet a impliqué un déménagement pour un plus grand local et l’installation de nouveaux outils de production leur permettant de gagner de la souplesse dans l’approvisionnement de leur réseau ultra local (métropole lilloise) en conservant la volonté de rester une brasserie à taille humaine.

Les tests de recette chez Le Singe Savant

2020 va également être une année où les Singes prévoient une évolution de leurs activités avec la mise en place de « barriquage » (vieillissement des bières dans des fûts en bois spéciaux ou ayant déjà servi à faire vieillir de l’alcool) et donc une évolution de leurs recettes.

Le gros projet de 2020 pour la brasserie sera aussi l’ouverture de la Taproom : la création d’un bar où seront distribuées leurs bières mais aussi celles des copains ; et l’augmentation de la capacité du Brewlab, l’atelier des brasseurs amateurs afin de répondre à la demande grandissante.

Le Singe : astucieux, même pendant le confinement

Le contexte actuel dû au confinement #coronavirus, n’est pas simple pour les brasseurs et chacun d’entre eux réfléchit à une idée pour limiter les pertes financières et les pertes en produits finis. La plus grosse part des ventes du Singe savant est liée en temps normal aux bars et restaurants lillois.

Depuis peu la brasserie du Singe Savant a mis en place une livraison à domicile dans la métropole lilloise avec une profonde envie de venir en aide à un maximum de personnes. Pour cela, ils ont décidé de laisser la possibilité aux particuliers d’aider leurs bars préférés.

Chacun, s’il le souhaite, peut verser 5% du montant de sa commande à l’un des bars de la métropole distribuant les bières de la Brasserie du Singe Savant.

Encore une fois, la solidarité et le partage restent ancrés dans leur ADN et se retrouve dans toutes leurs démarches !

Petit brasseur, où en es-tu?

Merci Clotilde pour ce chouette article, vivement la fin de ce confinement pour qu’on partage une bonne bière ensemble 😉 Promis les Singes, si nous passons du côté de Lille, nous venons vous faire un coucou!

Et toi petit brasseur, connais-tu un.e brasseur.se sympa qui mérite qu’on parle de lui et de son projet?

La porte du blog est ouverte aux écrivains en herbe, n’hésite pas à nous faire part de tes propositions. Les règles du jeu par ici.

As-tu pensé à partager cet article auprès de ta communauté?

A très vite!

Source des photos : brasserie du singe savant.

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Eloi apprend à brasser à Londres

Pour ce second épisode, nous avons rencontré Eloi de la microbrasserie La Loupiote, installée à Irigny, près de Lyon. Eloi commence à brasser dans quelques brasseries en France puis part passer quelques mois à Londres pour poursuivre sa formation de brasseur. pour Le premier brassin officiel de La Loupiote est sorti en mars 2018. Un grand merci à lui pour son accueil!

Cliquez sur play pour écouter le podcast ou faites un clic droit ici puis “télécharger” pour l’écouter sur votre smartphone.

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Les astuces d’Eloi pour apprendre à brasser

ASTUCE N°1 : Fabrique ton matériel pour brasser toi-même pour comprendre ce qui se passe et pouvoir intervenir en cas de problèmes. Sois bricoleur.

ASTUCE N°2 : Ne suis pas à la lettre tout ce que tu peux entendre ou lire, fais tes propres expérimentations.

ASTUCE N°3 : Fais la bière que tu aimes, suis des recettes au début mais une fois que tu as compris, expérimente et crée tes recettes.

LIVRE : Comment brasser de la bonne bière à la maison

FOURNISSEURS : Fournisseurs locaux quand c’est possible

ON A AIME : Sa démarche de rencontre de nombreux brasseurs en France et à l’étranger pour se former

AIDE SUR INTERNET : Forum BrassageAmateur.com – Google est mon ami, je tape, mon mot-clé, ma question et je fouille dans les résultats proposés par Google

Depuis combien de temps cette brasserie existe?

Officiellement, nous avons fondé l’entreprise en août 2017 mais notre premier brassin a été réalisé fin mars 2018. Nous avons débuté la commercialisation à plus grande échelle début septembre 2018.

Combien êtes-vous dans la brasserie?

Nous sommes deux personnes, dans la brasserie, avec chacun un rôle opérationnel. Il y a Donatien qui est gérant et responsable commercial, Il fait également un peu d’administratif. Et moi Eloi, brasseur responsable de production et de maintenance. Je fais également un peu d’administratif.

Quelles études as-tu faites?

J’ai fait un bac scientifique suivi d’une école d’ingénieur, l’INSA de Lyon. Après la prépa intégrée, j’ai choisi la spécialisation “Génie industriel”. Il s’agit d’une formation plutôt axée sur les sciences humaines, le management. Et pour la partie technique, j’ai appréhendé les lignes de production, l’optimisation des performances, des procédés industriels etc. Mais je ne me destinais pas à la brasserie au départ.

Es-tu rentré dans la brasserie juste à la fin de tes études ?

Pas du tout. En fait, je n’ai pas commencé par le brassage amateur (brasser à la maison). Je ne suis pas venu à la bière par passion de la bière. Je suis venu à la brasserie par passion du montage de projet, de l’entrepreneuriat.

J’ai fait mon stage de fin d’étude, ainsi que mon premier contrat de travail, à Paris dans une entreprise corse. La mentalité de l’entreprise ne me correspondait pas forcément. Je suis donc parti et j’en ai profité pour voyager un petit peu.

Quand je suis revenu, j’avais envie de faire quelque chose d’un peu plus terre-à-terre, d’un peu plus proche du client final. J’avais besoin de légèreté, de travailler dans le monde de la fête, de profiter de ma vingtaine. J’ai donc cherché et postulé dans une dizaine de bars qui ont des valeurs humaines, écologiques, sociales, et notamment dans le bar-restaurant La Fourmilière. C’était fin août début septembre 2015.

Et tu as donc commencé à travailler au bar-restaurant de La Fourmilière?

J’ai fait barman chez eux pendant 11 mois quasiment 1 an, au cours desquels j’ai été responsable de la carte des bières. Et puis ils ont vu mon coté rigoureux, mes méthodes de travail, le fait que quand je bossais, j’avais un peu tendance à tout réorganiser pour essayer que ce soit plus efficace. Je n’hésitais pas trop à chambouler les méthodes en place pour essayer de faire mieux.

Et au bout de quelques mois, Louis, l’un des patrons, le frère de Donatien, m’a prêté un livre « Comment brasser de la bonne bière chez soi ». Il m’a suggéré de le lire en m’expliquant que cela pourrait être intéressant pour moi. Il m’a ensuite prêté son kit pour brasser à la maison tout plastique (je n’aime pas le plastique). J’ai fait deux ou trois tentatives et les résultats n’ont vraiment pas été bons…

Peux-tu nous dire quel était ce kit avec lequel tu as commencé à brasser ?

Oui, il s’agissait d’un kit de brassage de la marque Brewferm de 25 litres. La cuve de brassage était en inox mais le reste du kit était en plastique. En fait, je ne suis vraiment pas fan du plastique.

Découvre ici notre essai en vidéo du kit à bière brewferm!

Que t’ont proposé les gérants de la Fourmilière?

Ils m’ont proposé le projet de montage d’une brasserie. J’étais vraiment emballé parce que cela allie plusieurs choses que j’aime bien dont le monde du bar et de la fête.

La bière que j’aime brasser n’est pas une bière de dégustation. C’est une bière qu’on boit entre copains pour se faire plaisir et pour se désaltérer. Ceci dit, il peut y avoir des recettes que je fais minoritairement où je me fais plaisir où j’essaie de travailler les arômes. Mais les bières principales que nous proposons à La Loupiote, sont une blonde, une blanche et une ambrée, et accessoirement une IPA et une triple.

Elles ne sont pas très originales dans leur catégorie et ce n’est pas le but. Le but c’est qu’elles soient bonnes, que les gens sachent à quoi s’attendre. Et qu’en même temps, ils trouvent une identité de Loupiote, ils vont la reconnaître, ils vont être contents de la boire. Moi j’aime bien brasser une bonne bière standard aussi. Pour moi ce n’est pas du tout péjoratif. Une bonne bière de soif n’est pas évidente à faire non plus. La bière la plus difficile pour moi c’est une bonne pilsner. Et c’est la première que j’ai essayé de faire. C’est celle que je veux, c’est ma préférée. Si je ne peux pas la faire, ça ne sert à rien que je sois brasseur.

Où as-tu appris à brasser en France

Donc nous avons commencé à parler du projet fin printemps 2016 pour voir comment on voulait créer cette brasserie. Fin juillet 2016, j’ai quitté La Fourmilière et je suis parti à la brasserie La Grihète pour mon premier stage. Il s’agissait du fournisseur principal de bières de La Fourmilière.

Quand nous leur avons parlé du projet, du fait que nous aimerions faire notre propre bière et à terme remplacer celle de La Grihète par la notre, leur première réaction a été l’enthousiasme. Ils nous ont proposé de l’aide, la possibilité de venir nous former chez eux. J’en ai donc profité et je suis allé passer un mois chez eux. Merci à eux.

C’était ma première formation terrain.

Mais, je dirais que là où j’ai le plus appris dans la pratique, c’est à Londres.

A Londres

Pendant que j’étais à La Grihète, j’ai envoyé une quarantaine de demandes de stage à des brasseurs londoniens. J’ai reçu une réponse positive! Merci à Ben de 40FT Brewery, qui m’a accueilli pendant 3 ou 4 semaines et m’a même hébergé chez lui plusieurs jours. L’expérience là-bas a vraiment été géniale. C’est là que j’ai appris ce que c’était que faire de la bière artisanale; J’ai mis les deux mains dedans, les deux pieds dedans.

Novembre à Londres, Nous étions dans des containers à bateaux. Il faisait vraiment très froid, rarement plus de 3 ou 4°C. L’humidité était toujours au moins à 70%. Malgré cela, c’était un des meilleurs mois de ma vie! Ça réchauffe de brasser.

Ensuite, j’ai visité une dizaine d’autres brasseries. Après mon stage à 40FT Brewery, le gérant m’a mis en contact avec ses amis brasseurs et pendant une semaine, chaque jour, j’allais dans une brasserie différente.

Ensuite, en France, je suis allé à La Manivelle, à la Vieille Mule et à La Grihète donc.

Avec une formation subventionnée, en Picardie

J’ai également fait une semaine de stage à la Chaumont’Oise en Picardie, la fameuse, qui est assez présente en ligne, que je ne recommande absolument pas et que j’aurais même tendance à qualifier d’arnaque… Il s’agit d’une des seules brasseries qui fournit des formations pour brasseurs subventionnées par Pole Emploi. J’en ai profité.

Pour synthétiser, on nous dit qu’en une semaine de stage chez eux, même si nous n’avons jamais brassé nulle part, que ce soit à la maison ou en professionnel, nous serons capables d’ouvrir une brasserie artisanale et de gagner notre vie avec ça. Je pense que ce n’est pas aussi simple que ça…

Après cette formation, comment avance le projet?

Donc fin 2016, j’ai déjà fait plusieurs mois, plusieurs brasseries différentes pour de la formation. Fin décembre début janvier, nous essayons de rendre les choses un peu plus concrètes :

  • trouver un nom et une identité visuelle,
  • se positionner stratégiquement pour savoir comment nous allons aborder le marché,
  • rechercher du matériel. Après ces quelques mois, j’étais en mesure de savoir sur quel type de matériel je voulais travailler,
  • et de confirmer que ce projet m’intéresse, que ce rôle m’intéresse.

Pourquoi le projet te plait-il?

J’étais content de faire un travail qui avait à la fois une partie manuelle, une partie intellectuelle et scientifique (j’aime bien manipuler mes chiffres, les températures, j’aime bien compter), et une partie créative avec les recettes.

Pour moi, la création des recettes est plus un instinct un élan, ce n’est pas lié à des calculs comme le reste du brassage, même si le résultat peut être amélioré par la manipulation des chiffres. Moi, de base, j’adore cuisiner, quand je cuisine, c’est rare que je suive une recette. Pour les deux ou trois premières recettes de bières que j’ai faites dans ma vie, j’ai suivi une recette en ligne ou sur un bouquin, mais c’était vraiment pour comprendre le principe de base.

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir ta méthode d’empâtage pour brasser à la maison, consulte 3 méthodes de brassage filtration en vidéos.

A partir du moment où j’ai compris le fonctionnement global du brassage, là j’ai commencé à essayer de faire mes propres recettes. C’est utile pour pour comprendre le fonctionnement. Qu’est-ce que ça fait de changer du malt pils par du malt pale, de changer une levure de haute par une levure de basse fermentation. Qu’est-ce que ça fait de faire exactement la même recette en ne modifiant que la température d’empâtage? Une recette à 62°C et l’autre à 68°C? Il y a plein de paramètres sur lesquels on peut jouer. On peut décider d’en changer un seul à la fois ou plusieurs d’un coup.

Comment trouvez-vous votre futur équipement pour la brasserie?

Je cherchais du matériel à vendre depuis quelques mois, en France et en Europe. En février 2017, nous trouvons le matériel sur une annonce en ligne. Finalement, c’est la brasserie Terre de Bières, située à Villefranche sur Saône donc pas loin du tout, qui vendait un lot de matériel comprenant :

  • des cuves de brassage,
  • une cuve d’eau chaude,
  • des cuves de fermentation et une cuve d’eau froide pour les réguler en température,
  • une embouteilleuse isobarométrique,
  • une laveuse de fûts et un parc de fûts assez étendu,
  • un compresseur à air,
  • 12 cuves de 400 litres de services même si nous ne les utilisons pas actuellement,
  • Un tableau électrique.

Il s’agit d’un bon kit de démarrage pour une brasserie.

Peux-tu nous parler de votre premier brassin?

Fin mars 2018, notre premier brassin de pils voit le jour. Il sera servi le 30 avril 2018 pour les 4 ans de La Fourmilière, qui est notre partenaire privilégié et maison mère.

Et sur le terrain, comment te sens-tu?

Quand je brasse je me sens utile, je me sens à ma place. C’est la première fois de ma vie où j’ai l’impression de comprendre pourquoi je viens travailler. Je ne suis pas en train de soutenir une cause politique ou sociale. C’est une entreprise, ce n’est pas une association ou un coopérative. Mais nous faisons du local, du bio, de l’artisanal. Nous essayons de travailler bien et intelligemment.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant pour accompagner les brasseurs amateurs.

Qui sont vos fournisseurs?

C’est très agréable de travailler avec des produits bio, malheureusement ils viennent de la Malterie du Château en Belgique. Je ne dis pas ça par rapport à la Malterie du Château, ils travaillent très bien. C’est juste qu’ils sont un peu loin de nous. Si nous avions quelqu’un qui travaille aussi bien qu’eux en Rhône-Alpes, nous irions vers eux.

Aujourd’hui, les malteries en Rhône-Alpes manquent un peu d’ancienneté et moi aussi. Ce qui fait que pour le moment, il est difficile pour moi de travailler avec eux. Je me vois mal réussir à faire les mêmes recettes avec des produits qui ne sont pas parfaitement stables. Le jour où j’aurais un peu plus de recul sur mon process, peut être que j’arriverai à adapter mes recettes en fonction des lots que je reçois.

Qu’est-ce que le métier de brasseur, pour toi?

Dans la brasserie, je me sens bien, parce que le métier regroupe trois aspects, qui font que je ne sature pas dans mon travail :

  • L’aspect physique, manuel;
  • Le travail intellectuel et
  • Le côté créatif.

La bière ce n’est pas un produit essentiel à la vie humaine, mais c’est quand même un produit chouette. C’est un produit qui respire la convivialité, la bonne ambiance, les conneries aussi. Mais c’est le principe de la fête, des fois on fait les cons mais si on le fait bien, c’est chouette 😉

Et aux brasseurs débutants, que pourrais-tu dire ?

Respectez votre rythme

Ça dépend des caractères, il y a des personnes qui sont plus méthodiques que d’autres, d’autres qui sont plus “rentre dedans”. Moi je suis plus rentre dedans… Voilà pour le premier brassin, j’avais à peine lu le livre et au final j’ai fait l’erreur de faire bouillir mon grain. Je croyais que c’était comme ça qu’on faisait. Donc j’ai fait n’importe quoi, j’ai fait une soupe de grain qui n’avait aucun intérêt…

Donc respectez votre rythme. Ce n’est pas vraiment un conseil, c’est plus une évidence!

N’ayez pas peur de vous planter

Le conseil le plus fort que j’aurais à donner, c’est : Essayez de faire le plus de choses par vous-mêmes. Si vraiment vous êtes intéressé par la bière, par le produit, par le process, si votre but c’est de vous amuser en le faisant et pas juste de montrer à vos potes que vous pouvez brasser de la bière (ça, ça ne sert à rien), faites le plus de choses par vous-mêmes. Et faites-les pour vous, pas pour les autres. Essayez de tâtonner, d’essayer, de vous planter en fait. Plantez-vous le plus possible, parce que comme ça vous identifierez ce qui marche le mieux

Soyez bricoleur

Moi j’ai commencé sur du matériel qu’on m’a prêté et j’ai détesté travailler avec parce que ça ne me correspondait pas. J’ai donc rapidement fabriqué le mien, j’ai acheté des cuves qui venaient de restaurant, sur Leboncoin. J’ai commandé un filtre sur internet. Il n’était pas à la bonne taille donc j’ai été quelqu’un qui bossait le métal et je lui ai demandé s’il pouvait me meuler les bords du filtre pour le mettre à la taille de ma cuve. Ma cuve était en inox donc je n’arrivais pas à la percer avec ma petite perceuse. Donc j’ai demandé à nouveau à ce gars. Nous avons discuté et il m’a donné des conseils. J suis allé à Leroy merlin, j’ai acheté mon petit robinet pour soutirer de ma cuve. J’ai acheté des tuyaux sur internet des raccords ici…

Ça m’a pris du temps et ce n’était même pas forcément plus économe de faire mon propre matériel. Il n’empêche qu’à la fin, quand mon matériel est fait, je le connais à 100%. Je suis capable d’intervenir à tous les niveaux et de réparer et d’améliorer tout le temps. Et c’est quelque chose qui m’a énormément servi quand je suis arrivé ici.

Mais voilà, soyez bricoleur, n’ayez pas peur de tenter des trucs de vous planter, c’est la meilleure partie en fait, c’est la plus formatrice.

As-tu cherché de l’aide sur internet, dans des bouquins?

Oui un peu, j’ai commencé par le bouquin “Comment brasser de la bonne bière chez soi”.

Et puis après, je suis allé voir un peu sur le forum BrassageAmateur.com, sur des sites anglophones, sur des sites français moi je fonctionne avec Google. Je pose ma question, je tape mon mot-clé et je vois ce que je trouve.

Quel volume brassais-tu à tes débuts?

A la maison, je suis équipé pour fabriquer jusqu’à 50 litres : une cuve d’empâtage de 70 litres, une cuve d’ébullition de 80 litres. Je pouvais donc facilement brasser jusqu’à 50 litres.

Faire du 25 litres ce n’était pas un problème mais j’ai des grosses pertes dans mon matériel à la maison. Mes angles du bas sont très arrondis (mon geste mimé n’est pas visible sur l’enregistrement), j’étais donc obligé de mettre mon robinet de soutirage assez haut. Par conséquent, sur ma cuve d’ébullition, j’ai 9 litres de perdus à chaque fois. Ce n’est pas forcément gênant pour des tests de recettes mais je préfère perdre 9 litres sur un brassin de 50 litres que 9 litres sur un brassin de 25 litres. Ce n’est pas la même proportion. Je fais donc surtout du 50 litres.

Ça a aussi l’avantage, comme mes fermenteurs sont de 25 litres, de pouvoir séparer mon brassin en deux. Et j’ai la possibilité de faire deux essais différents (tests de levures et dry hopping ou houblonnage à cru).

Et aujourd’hui, as-tu une recette dont tu es fier ?

La recette

J’ai sorti une blanche au café, j’étais très content. Elle correspondait exactement à ce que je voulais faire mais elle a énormément surpris les gens. Elle a beaucoup plu et elle a dérangé à la fois, car c’est une bière très spéciale.

Nous partageons les locaux avec des torréfacteurs, nous avions accès à de la bonne matière première.

  • Nous avons fait un Cold brew (ou extraction à froid) pendant 16 heures. Il s’agissait de café moulu dans l’eau froide. L’Extraction à froid apporte une plus grande conservation des arômes.
  • Après une filtration assez grossière de ce cold brew, j’ai fait chauffer 20 minutes à 60°C pour désinfecter.
  • Et j’ai ajouté cela dans ma bière, juste avant enfûtage. Il s’agit d’une sorte de dry hopping au café. L’avantage est qu’il est directement liquide, ce qui me permet de pas avoir à refiltrer derrière.
  • J’ai ensuite fait une refermentation en fût.

Le résultat

Voilà j’étais vraiment content : J’ai choisi de brasser une bière blanche 50% café 50%, pils très peu houblonnée, pour donner le maximum de place au café. Et cela a super bien marché. Mais cela a beaucoup surpris. Les consommateurs s’attendait à une bière Stout ou une blanche avec un tout petit arôme de café. En définitive, cela a vraiment un arôme très fort du café, mais plus côté fruité (peut-être végétal) que torréfié. C’est moins le côté chocolat, corpulent, enveloppant du café mais plus le côté aromatique, fruité et végétal.

Le problème de cette bière, c’est qu’elle se vend très lentement. C’est une bière de dégustation. De plus, comme il y a une extraction de café à froid, il y a une grosse teneur en caféine. Il faut donc prendre des précaution. Nous la vendons en disant : “Pas plus d’une pinte, par personne et par jour”. Ce n’est pas une bière pour les cardiaques car une pinte peut correspondre à environ trois expressos. Donc elle se vend lentement et les fûts se libèrent lentement. Je la referai avec plaisir quand nous aurons plus de fûts.

Eloi, merci beaucoup pour ton accueil

Voilà cet épisode est terminé, merci à toi de l’avoir écouté jusqu’au bout N’hésite pas à nous dire ce que tu en as pensé. Abonne-toi au blog « Comment brasser sa bière » si tu veux être notifié lors des prochaines publications d’articles. A très bientôt.

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Simon et Etienne créent une microbrasserie

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Les astuces pour brasseurs débutants de Caribrew

LES ASTUCES : 

Ne néglige pas le nettoyage

Aménage-toi un espace dédié au brassage

N’utilise pas de kit, n’utilise pas d’extrait de malt, commence directement par le tout grain en 20 à 30 litres

Fais un atelier de brassage d’une journée

LIVRES La bière c’est pas sorcier – Guirec Aubert – éditions Marabout, Faire sa bière à la maison – La Montreuilloise – éditions Tana, Mastering homebrew – Randy Mosher – Chronicles books

LOGICIEL : BeerSmith

SITE INTERNET : Happy beer time, Univers bière

ON A AIME : La baignoire sabot bricolée pour laver les grandes cuves.

 

Pour ce premier épisode, nous avons poussé la porte de la microbrasserie Caribrew, installée à Brignais près de Lyon depuis juillet 2018 et tenue par Simon et Etienne. Un grand merci à eux pour leur accueil.

Pouvez-vous vous présenter?

Etienne : Nous avons fait les mêmes études avec Simon, une école d’ingénieurs en génie biologique à Clermont Ferrand, c’est là que nous nous sommes rencontrés. 

Nous avons détecté notre volonté commune de créer une entreprise. Nos diverses expériences dans nos études nous ont confirmées que c’était quelque chose qui pouvait nous correspondre (gestion d’une entreprise, montage d’un projet etc…). Et avant de se lancer, nous voulions faire quelques années de salariat. 

Nous avons travaillé tous les deux, dans le même domaine de la dépollution, mais pas dans la même entreprise. Pendant cette période, nous avons réfléchi. Il nous fallait un projet qui nous fédérait et aussi un projet porteur économiquement. Nous nous sommes arrêtés sur la création d’une microbrasserie en région lyonnaise. Notre salariat nous a permis de mettre en place la structure.

Simon : Suite à nos départs respectifs de nos entreprises, nous avons mis environ un an pour pouvoir lancer l’entreprise. Notre premier investissement : une cuve de brassage Braumeister de 50 litres.

Nous nous sommes informés sur le brassage, fait la main sur notre unité de brassage, rencontré des brasseurs professionnels pour voir comment ils fonctionnaient. Ils nous ont donné des conseils pour notre lancement (volume, équipement, contact, fournisseur…).

Quand vous vous êtes lancés, quelle était votre expérience de brasseurs amateurs?

Etienne : Nous avions été sensibilisés au brassage dans nos études. Les processus qui se cachent derrière le brassage de la bière, nous ont été présentés notamment lors d’un TP initiation. Il y a un important aspect scientifique dans le brassage, nous n’étions donc pas déconnectés de notre domaine de compétence. 

Nous voulions travailler un produit plaisir, un produit qui nous plaisait aussi, ce qui était important pour notre projet de création d’entreprise. Mais avant de se lancer dans le projet à proprement parlé, nous n’avions donc pas d’expérience de brasseurs.

Avec quoi avez-vous réalisé votre premier brassin?

Etienne : Nous avons chacun acheté un kit pour brasser 4 litres de bière tout grain. L’expérience n’a pas été très fructueuse. Puis, nous avons rapidement investi dans l’unité de 50 litres pour pouvoir développer les recettes de la gamme permanente actuelle. Il était nécessaire que les recettes soient reproductibles. Notre souhait n’était pas de produire une bonne bière “coup de chance”, créée parce que tous les critères étaient réunis au bon moment.

Si vous êtes lillois, la brasserie du Singe Savant peut vous accompagner dans vos débuts. Cliquez ici pour en savoir plus.

Simon : D’autant plus, que nous ressentions que le marché de la microbrasserie était en train de se densifier. Donc si nous voulions porter ce projet et essayer d’en vivre plus tard, il était indispensable de rapidement investir dans cette unité de 50 litres. 

Pour pouvoir répondre à la demande, nous avons tout de suite voulu privilégier l’aspect sécurité. La bonne régulation de température étant primordiale pour la reproductibilité des recettes, cette unité était nécessaire l’équipement adéquat pour notre future création d’entreprise. 

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans le brassage?

Simon : Ce qui est grisant, avant même le brassage, c’est de créer sa recette, de faire de la biblio. J’aime voir ce qui se fait, goûter à droite, à gauche, trouver ce qui me plait, ce que je veux retrouver dans nos bières. Pouvoir jouer avec toutes les matières premières que nous avons à disposition est vraiment intéressant! 

Puis ensuite ce qui est passionnant, c’est de suivre tous les paramètres toute la journée, de guetter le moindre petit problème qu’il peut y avoir. Il faut gérer les points critiques et faire attention aux contaminations potentielles. Dans le brassage amateur ce sont les contaminations le point auquel il faut apporter le plus de vigilance.

Etienne : A titre personnel, il n’y a pas vraiment de paroxysme dans le plaisir du brassage. Mais ce qui est intéressant de manière générale, c’est d’avoir le contact direct avec les matières premières, de voir leur évolution organoleptique. Et ce au cours du brassage et pendant le mois de fermentation.

Quand nous analysons la bière de manière organoleptique, nous pouvons retrouver la présence des différentes matières premières. Nous ne sommes pas encore en mesure de déceler le type de malt par exemple, mais nous pouvons détecter les saveurs maltées, houblonnées etc.. Et ce parce que nous sommes au cœur du processus de brassage. 

Combien de temps vous faut-il pour élaborer une recette?

Simon : c’est très variable. Nous privilégions l’élaboration des recettes sur l’unité de 50 litres, nous n’avons pas assez d’expérience pour passer directement sur le 500 litres. Nous avons eu peu de mal à figer les recettes des bières que nous avons élaborées en brassage amateur (l’ambrée, la blanche et la brune). 

La recette la plus difficile à créer a été celle de la blonde. Nous n’arrivions pas à obtenir une blonde qui nous correspondait. Huit ou neuf versions différentes nous ont été nécessaires. Finalement, nous avons décidé de changer le houblon. Ce qui était difficile était de rechercher quel type de houblon se marierait le mieux avec une blonde. Notre entourage a testé nos recettes, les personnes qui boivent de la bière régulièrement ou non.

Quelles astuces donneriez-vous à des brasseurs débutant?

Simon : S’il souhaite découvrir vraiment le processus du brassage et pouvoir faire goûter sa bière, il ne faut pas utiliser les petits kits (4 litres) comme nous avions choisi. Avec le recul, on voit vraiment qu’il y a peu d’intérêt. Même si ça permet d’avoir une idée générale du processus, ça reste trop “bricolage” pour avoir un produit qui soit intéressant. Le dimensionnement qui nous parait le plus adéquat serait le 20 ou 30 litres.

Etienne : Pour commencer, il faudrait plutôt partir sur un processus tout grain (par opposition à l’utilisation de l’extrait de malt). C’est vraiment avec le tout grain qu’on découvre l’intérêt de chacun des matières premières et l’intérêt de chaque phase.

Il est primordial de ne pas négliger le nettoyage. Si on souhaite obtenir un produit parlant, il faut être rigoureux sur toutes les phases de nettoyage. Dans le cas contraire, des faux goûts qui ne viennent pas de vos matières premières pourraient se révéler. Nous pourrions être tentés de croire que la recette n’est pas bonne, alors que le problème vient du nettoyage.

Simon : Ce ne sera peut être pas possible pour tout le monde, mais ce qui est bien c’est aussi de pouvoir aménager un petit espace dédié. L’idée est de pouvoir sectoriser les choses et créer ses petites habitudes..

Vos premiers empâtages étaient mono ou multi-paliers?

Etienne : Nous avons directement commencé en multi-palier. C’est vrai que ça peut être difficile, surtout en amateur, quand il faut gérer les paliers de température et que rien n’est automatisé. Quand on surveille la température avec un petit thermomètre qu’on plonge dans le moût, il y a des variations qui sont difficilement maîtrisables. Or les températures sont tellement importantes dans le processus…

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir la technique d’empâtage qui te convient, consulte : 3 méthodes d’empâtage/filtration.

Il pourra y avoir un impact sur le produit fini. Le multi palier est quand même intéressant pour travailler le produit fini pour le corps de la bière, la structure de la mousse. Par contre, nous sommes actuellement en train de travailler sur une recette monopalier. 

Si vous souhaitez connaître les avantages et les inconvénients des empâtages mono ou multi-paliers : consultez notre FAQ empâtage!

Simon : Une bière tout à fait correcte peut être obtenue avec une recette en monopalier

Avez vous suivi des formations pour brasseurs?

Etienne : C’est principalement notre formation de biologiste qui nous a apporté les bases scientifiques du brassage. Nous avons complété cette formation et nous déplaçant chez les brasseurs. Des ateliers/stages de brassage à la journée peuvent parfaire tout ça.

Simon : Nous sommes allés faire une initiation au brassage d’une journéeà la brasserie la Germanoise à St Germain Laval dans la Loire (Volume 20 litres). L’aspect pédagogique est mêlé à l’aspect technique, ceci nous donne des idées pour le futur de la brasserie. Cela nous a également permis de voir comment fonctionnait un autre brasseur.

Etienne : Aujourd’hui, il y a des outils, dès le début, nous avons utilisé BeerSmith (logiciel en ligne). Ce logiciel donne une vraie structure à la théorie, qui est proche de la réalité. Nous n’avons jamais été complètement déconnectés de la recette que nous avions élaborée initialement.

Contrairement à des brasseries qui se sont lancées il y a des années comme la brasserie de la Loire ou le Ninkasi, aujourd’hui la biblio, les recettes existantes, les techniques brassicoles, sont bien documentées. Des outils informatiques sont disponibles pour savoir où on va. Jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais eu de surprises énormes.

Clotilde nous présente la brasserie du Singe Savant et son concept innovant d’accompagnement des brasseurs amateurs !

De quelle manière enregistrez-vous votre travail?

Simon : Nous notons tout (traçabilité), via BeerSmith, nous avons des fiches de brassage en format papier qui nous suivent dans l’atelier. Tout est ensuite stocké en format informatique. Quand nous étions amateur nous réalisions un doublon d’enregistrement sur des fichiers excel. Un encart “note” pour les dégustations avant mise en bouteilles, dégustation J+7, J+14, (données gustatives et olfactives) nous a permis de suivre l’évolution. 

Nous conservons également des brassins en bouteilles dans le temps pour voir l’évolution. Depuis que nous sommes pro, nous utilisons un logiciel propre aux brasseurs : EasyBeer, qui associe à tout cela, la gestion des stocks par exemple.

Savez-vous qu’une fiche de brassage est téléchargeable gratuitement sur le blog ?

Proposez-vous des bières de saison?

Etienne : A chaque saison, nous préparons une nouvelle bière, ce qui fait un total de deux bières de saison pour cette fin d’année. Nous sommes en train de travailler sur la bière de printemps et nous pensons déjà aux bières d’été. L’idée c’est de créer une rotation saisonnière.

Simon : Nous sommes dans un secteur géographique riche de nombreux producteurs de fruits notamment. Aller à leur rencontre, parler de nos productions respectives et voir de quelle manière nous pouvons travailler ensemble (petit challenge), est très motivant. C’est stimulant de ne pas brasser toujours les mêmes recettes.

Pour ré-écouter le podcast : 

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Le coin Librairie de Simon et Etienne

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