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L’Épicure, une bière au sureau

Je vous l’accorde le sureau n’est pas encore vraiment de saison

Nous débutons tout juste ce joli printemps. Nous sommes quasiment tous à la maison peut-être encore pour quelques semaines #COVID-19… Des besoins d’occupations sont nécessaires pour se divertir et penser à autre chose que l’actualité. Et pour ça le brassage est une activité idéale. Vidé, votre esprit sera.

Nous avons décidé de créer une recette à partir de ce que nous avons trouvé chez nous. Et Banco!

Nous avons quelques fleurs séchées de sureau et de l’écorce d’orange amère. Intéressant… Coté houblon, nous jetons notre dévolu sur le Simcoe et le Challenger. Il nous reste du blé et des flocons d’avoine. L’Épicure est née!

La période un peu spéciale que nous vivons actuellement nous fait réfléchir sur la réelle importance des livraisons de matières premières pour le brassage… Si vous avez tout de même envie de vous approvisionner, vous trouverez quelques bons tuyaux et codes promo par ici.

Lisez cet article si vous voulez connaître :
Le sureau et ses vertus et la bigarade
– Pourquoi ajouter du blé et des flocons d’avoine
– Ce que sont les bières blanches, les oatmeal stouts et les hazy beers,
– Le First Wort Hopping (FWH) et le houblonnage hors flamme,
– Comment renseigner ton plan de houblonnage dans Little Bock,
– Les secrets du Simcoe et du Challenger,
– Les préconisations de réhydratation de levure du fabricant Lallemand.

Le sureau et ses vertus

Le sureau est une plante que l’on trouve abondamment sous nos latitudes. Il s’agit d’un petit arbuste à l’écorce fissurée. Pour le reconnaître, cassez une branche et vous verrez que l’intérieur des rameaux présente une moelle blanche.

Grand Sureau ou Sureau noir (Sambucus nigra)

La meilleure saison pour apprendre à le connaître est la période de sa floraison en mai-juin. Les fleurs regroupées en inflorescences caractéristiques sont extrêmement aromatiques! Vous pourrez les détecter à l’odorat avant même de les voir. C’est ce que nous utilisons dans cette recette.

Vous pourrez faire vous-même votre récolte, les faire sécher et les conserver dans des sacs en papier à température ambiante. Elles auront un peu jaunies mais ceci est tout à fait normal et n’altère pas les arômes et propriétés de cette plante.

Pour devenir incollable sur le sureau, son identification ainsi que ses propriétés, je vous recommande l’article de Wivine, mon herboriste préférée.

Attention toutefois : Les baies crues consommées en forte quantité peuvent provoquer nausées et vomissements chez les humains. Mais la cuisson élimine ce risque.

Et j’en profite pour vous informer sur la possible confusion du sureau noir avec le sureau hièble petit ou faux-sureau (Sambucus ebulus) … Ce sont en effet deux plantes des campagnes européennes qui se ressemblent fortement. Le sureau hièble se différencie du sureau noir par le fait que :

  • Le sureau hièble est une vivace herbacée qui disparaît en hiver et ne dépasse pas 1,80 m de hauteur, le sureau noir est un arbuste ligneux.
  • la floraison de l’hièble est plus tardive, de juillet à août, alors que le sureau noir fleurit en mai-juin.
  • le sureau hièble tourne ses fruits vers le haut alors que le sureau noir les tourne vers le sol.
  • l’odeur de l’hièble est plus forte, généralement perçue comme écœurante.

L’orange amère ou bigarade

Le bigaradier, oranger amer ou oranger de Séville (Citrus aurantium) est une espèce d’arbres de la famille des agrumes. Les fleurs et fruits (la bigarade ou orange amère) sont très parfumés et ont de nombreuses applications pharmaceutiques, alimentaires et en parfumerie.

L’orange amère ou bigarade est utilisée pour traiter l’insomnie, l’anxiété et la nervosité!

L’arbuste préfère les climats chauds, nous ne le rencontrerons donc pas lors de nos promenades. Les fleurs sont utilisées pour la fabrication des marmelades d’orange, de l’eau de fleur d’oranger.

Selon les variétés, le fruit est plus ou moins rugueux, la pulpe est amère. Il est plus petit (7 à 8 cm de diamètre) que l’orange douce, de couleur orange parfois teintée de vert ou de jaune. Il contient beaucoup de pépins. A partir de son zeste sont fabriqués des alcools, comme le Grand Marnier et le Cointreau ainsi que des vins d’orange dans le sud de la France.

Brassage de notre Épicure

Choix des céréales et concassage

Nous brassons 20 litres :

Tous les secrets sur le concassage sont dans cet article :
choix du moulin / utilisation, taille des particules concassées

Le malt de blé et les bières blanches

Le blé est beaucoup utilisé dans les bières allemandes : Berliner weisse, bavarian weizen, dunkel weizen, weizenbock, hefeweizen. Mais les belges les utilisent largement également dans leurs witbiers et les lambics, et les américains avec leurs American wheat ales. Le blé est en fait la seconde céréale la plus utilisée dans la fabrication de la bière, après l’orge.

Pourquoi?

Le blé apporte du corps à la bière en raison de sa forte teneur en protéines. Ceci a également pour avantage de favoriser la tenue de la mousse.

Les bières blanches sont les bières comportant une large proportion de froment ou blé tendre en plus de l’orge (et d’autres céréales éventuelles). Ces bières sont souvent obtenues grâce au travail de levures spécifiques produisant des esters aux saveurs fruitées (banane notamment). Elles sont souvent épicées avec de l’écorce d’orange et de la coriandre.

Dans une recette de bière blanche, le blé peut représenter 20 à 70% des céréales !

Contrairement à l’orge, le blé ne présente pas d’enveloppes. Cette enveloppe a un rôle important dans la filtration de la bière, pendant la séparation des drêches et du moût. Ainsi les bières de blé ont la particularité d’être souvent plus trouble (le blé contient plus de protéines que l’orge et la bière n’est pas aussi bien filtrée). Les bières de blé présentent donc souvent des soucis de colmatage de filtres et de robinets lors de leurs brassages…

Soyez vigilant à ne pas concasser trop finement.

Le malt de blé est plus difficile à concasser que le malt d’orge. Vous verrez, vous allez bien sentir la différence! D’ailleurs les bruits de craquements nous font bien remarquer que c’est plus difficile à concasser.

Les flocons d’avoine et les oatmeal stouts

Nous rajoutons 200g de flocons d’avoine à notre “grist”, le mélange de céréales. Ceux-ci sont déjà sous forme de flocons, ils n’ont pas besoin de passer par la case concassage!

L’avoine est utilisé pour apporter de l’onctuosité à la bière, ceci est lié à sa forte teneur en acides gras (son “maltage” est d’ailleurs rendu très difficile à cause de ça). Si votre eau est calcaire (dure), l’utilisation d’avoine peut vous aider à contrecarrer cette dureté.

Il est utilisé en général autour de 10 à 11% du grist. Mais dans une oatmeal stout (oatmeal = flocons d’avoine), vous pourrez avoir jusqu’à 22% d’avoine. Comme lors de l’utilisation de blé, l’avoine a tendance à produire des hazy beers, des bières brumeuses ou troubles.

Pour en savoir plus sur l’utilisation de céréales dans vos bières, je vous invite à consulter notre article sur notre bière à l’ortie.

Plan de houblonnage

Empâtage

Le respect des paliers de température est fondamental pendant l’empâtage.
Il s’agit d’un des points névralgiques du débutant.
#1- Votre outil indispensable : le thermomètre. Vous devez avoir l’oeil rivé sur lui. Nous préférons les thermomètres à mercure plutôt que les thermomètres digitaux. Il existe des modèles protégés par des coques en plastique.
#2- La maîtrise réside dans la connaissance de sa cuve, il faut que vous la testiez encore et encore
(pour avoir une idée de son inertie par exemple).

Ebullition bière de noël

Pour notre empâtage, nous réalisons un monopalier à 68°C pendant 60 minutes. Nous avons monté la température à 78°C pendant 10 minutes pour notre mash-out (inhibition des enzymes en fin d’empâtage). Pour en savoir plus sur le mash-out, utile ou pas?

Un article hyper complet pour t’aider à calculer tes volumes d’eau d’empâtage et de rinçage.

Filtration

Nous avons brassé cette bière dans notre cuve Klarstein Mundschenk. Pour réaliser notre filtration, il nous suffit de soulever le panier à malt.

Si tu as un autre système d’empâtage, tu peux parcourir cet article pour savoir comment réaliser la filtration.

Pour savoir comment fonctionne une cuve automatisée de type Klarstein, Brewmonk, Ace.
C’est par ici.

First Wort Hopping

Nous souhaitons obtenir une bière légère en amertume avec des notes fruitées. Nous avons jeté notre dévolu sur le houblon Simcoe et allons réaliser un FWH. Pour mieux connaître cette technique de houblonnage, je t’invite à lire cet article : Comment réussir son Fist Wort Hopping?

Le Simcoe est un houblon mixte. Avec ses 13% d’acides alpha, il est un bon amérisant parmi les houblons américains. Et coté huiles essentielles, il est hautement aromatique (forte teneur en myrcène et géraniol). Nous allons essayer de “fixer” ses arômes avant l’ébullition pour qu’il libère des arômes qui tirent vers les agrumes plutôt que le “résineux-pin” qu’il peut donner en houblonnage à cru.

Nous soulevons le panier à malt pour jeter 5g de Simcoe dans un moût à 78°C puis laissons les drêches s’égoutter normalement. Si vous utilisez une cuve plus classique, vous pourrez jeter vos houblons directement dans le moût qui est récupéré en sortie de filtration.

#ceci est une expérimentation, nous vous en diront plus à la dégustation!

Dans ta recette sur Little Bock, pour le FWH il faut sélectionner “Pré-ébullition”. Pour la durée, il faut mettre le temps de l’ébullition, soit 60 minutes dans la plupart des cas.
Avec le houblonnage “Pré-ébullition”, une augmentation de 10% est appliquée lors du calcul de l’IBU en comparaison à une addition classique en début de l’ébullition.

Lavage des drêches

Le lavage des drêches n’est pas obligatoire pour la technique du Brew in a bag. Pour connaître notre astuce redoutable pour le rinçage des drêches, consulte notre article sur la recette de la Punk IPA.

Préparation du I-Spindle

Si vous aussi vous utilisez un I-Spindle pour suivre l’évolution de vos densité et température pendant la fermentation, pensez bien à les recharger en amont!

La petite lumière rouge passe au bleu quand la charge est complète

Ébullition

Nous avons déjà réalisé notre houblonnage en pré-ébullition, le first wort hopping. Nous montons la température du moût jusqu’à atteindre l’ébullition de notre moût.

Houblonnage

Ne jetez vos premiers houblons qu’une fois l’ébullition atteinte!
Et ne déclenchez votre minuteur qu’à ce moment également 😉
Il ne faut pas retirer les premiers houblons jetés en ébullition, lorsque l’on fait le second ajout en ébullition.

Pour cette addition en ébullition, nous avons choisi le Challenger. Le Challenger est un houblon britannique que nous avions en stock depuis notre brassin d’une bitter anglaise. Le taux d’acides alpha du lot que nous avons à la maison est vraiment faible (en dessous des valeurs moyennes de cette variété). Avec 5g en début d’ébullition, il n’apportera que très peu d’amertume (2.9 IBU). La légère amertume de notre recette sera principalement apportée par le Simcoe en FWH.

Aromatisation

10 minutes avant la fin de l’ébullition, nous ajoutons 30g d’écorce d’orange amère et 30g de fleurs de sureau séchées. Nous décidons de les mettre dans une chaussette de houblonnage. D’un côté la diffusion des arômes sera un peu moins optimale mais d’un autre, toute cette masse végétale pourra être retirée plus facilement pour limiter les risques d’obstruction/colmatage des robinets et filtres.

Nous avons quelques grammes d’écorce d’orange amères au congélateur (pas sûr que la congélation soit nécessaire… si quelqu’un à des informations sur le sujet, n’hésitez à nous en faire part). Mais il est évidemment que si vous avez des oranges fraîches sous le coude, le potentiel aromatique sera encore plus élevé!

Pensez également à préparer votre refroidisseur. Si vous utilisez un serpentin, plongez-le 10 à 15 minutes avant la fin de l’ébullition dans votre moût.

Whirlpool et houblonnage hors flamme

Une fois nos 60 minutes d’ébullition atteintes, nous coupons la chauffe.

Pour éliminer les éventuels débris dans votre moût, procédez à un whirlpool. Il s’agit de faire un mouvement rotatif rapide dans votre cuve à l’aide de votre fourquet (créez un tourbillon). Les débris vont se concentrer au centre.

Laissez reposer votre moût 20 minutes pour laisser les particules sédimenter au centre en surveillant la température.

Quand notre moût a refroidi, nous ajoutons 10g de Challenger et 10g de Simcoe (houblonnage hors flamme). La température lors de notre ajout de houblons hors flamme est à 82°C (au dessus de 80°C), nous allons donc retirer une légère amérisation de ce houblonnage (2 IBU) et surtout développer des arômes citronnés et épicés.

Dans ta recette sur Litlle Bock, il faut indiquer le temps où le houblon infusera dans le moût (plus la température si on le souhaite).

Pour le calcul de l’IBU, il y a deux possibilités avec Little Bock. Pour choisir une des deux possibilités, il faut aller dans la configuration de l’équipement dans la partie “Houblonnage” :

– Soit cocher l’option “Calculer automatiquement l’amertume au hors flamme”. Dans ce cas une formule sera appliquée pour déterminer l’IBU en fonction de la température saisie dans la recette.

– Soit ne pas cocher l’option et renseigner une valeur dans  “Coefficient d’isomérisation au hors flamme”. Ce qui appliquera un pourcentage (quelle que soit la température saisie) en comparaison à une addition pendant l’ébullition. Par défaut, la valeur est de 50%.

Refroidissement du moût

Procédez au refroidissement jusqu’à la température de votre ensemencement, voire légèrement en dessous. Pour en savoir plus sur les températures idéales de fermentation.

Soyez extrêmement vigilant face au risque de contamination à partir de cette étape. Votre moût est un milieu de culture idéal pour divers micro-organismes affamés.

Lecture de densité initiale et ensemencement

Lecture de la densité initiale à 20°C : théorique 1053 – réelle 1047.

Une différence de densité initiale entre la valeur théorique annoncée par votre logiciel de brassage et la valeur que vous obtenez réellement n’est pas dramatique. Ces calculs sont réalisés avec des valeurs théoriques d’efficacité de votre matériel et de rendement pour chacun de vos céréales.

Attendez l’obtention de votre densité finale, elle aussi devrait être différente de celle annoncée.

Ce qui est réellement important c’est la différence entre votre DI réelle et votre DF réelle. Ces données vous indiqueront la qualité de votre fermentation et son avancement. Elles vous donneront une idée de l’atténuation et donc de la teneur d’alcool de votre bière.

Pour notre fermentation, nous avons choisi la levure Munich du fabricant Lallemand (Enfin, c’est celle que nous avions au frigo, et en l’occurrence, elle correspond bien au profil de bière que nous voulons obtenir).

La souche de levure de bière de blé Munich Classic produit une Hefeweizen savoureuse, corsée et aromatique, conforme à la tradition bavaroise. Cette levure à faible sédimentation rend des bières de blé naturellement troubles.

Sédimentation : basse
Densité finale : moyenne
Température de fermentation : 17 – 22 °C
Dose : 50 – 100 g/hl

Il est fortement recommandé de la réhydrater avec son utilisation, voici les conseils de Lallemand :

Fermentation

On adore suivre nos fermentations grâce au I-Spindle !

Sucrage, mise en bouteilles et maturation

Pour t’aider à choisir ton sucre pour l’étape de refermentation en bouteilles: Les sucres dans le brassage.

Dégustation

Très satisfaisante! Au nez, on sent déjà le doux parfum des fleurs de sureau. Et en bouche, bière peu houblonnée avec le gout subtil du sureau sur la fin. Par contre, la tenue de mousse est faible, surtout pour une blanche. A améliorer lors de nos prochains brassins! Pour t’aider à bien déguster ta bière.

Retrouvez toutes nos recettes sur notre profil Little Bock : Comment_brasser_sa_biere_leblog.
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Pour compléter vos techniques de brassage

Je vous propose 2 livres qui ont attiré notre attention dernièrement. Nous avons donc en notre possession et avons beaucoup apprécié les conseils de Ray Daniels dans Designing Great Beers, et allons très bientôt nous pencher sur le guide Session Beers :

Designing Great Beers (1996)

Designing Great Beers est plus qu’un simple livre de recettes de bières ou un manuel d’utilisation. C’est un guide indispensable destiné aux brasseurs qui se lancent dans la formulation de leurs propres recettes. Il parcoure les styles de bières et leurs secrets de brassage et aide chaque brasseur à créer sa propre bière idéale.

Session Beers: Brewing for Flavor and Balance (2017)

Les bières session sont ces versions plus allégées en alcool des bières classiques traditionnellement plus fortes. Vous trouverez tous les secrets de leur fabrication dans ce guide très complet.

Petit brasseur, où en es-tu?

As-tu déjà créé tes propres recettes? Quelle est ta dernière réussite? Partage donc ça en commentaire avec nous

Retrouvez nos recettes :

·  La Blonde d’été;

·  La Kissifrot’, notre bière à l’ortie;

·  La Rye porter;

·  La Hoppy Christmast;

·  L’épicure, une blonde au sureau;

·  La Punk IPA;

·  L’Extra Special Bitter!

Un dernier mot : si vous aimez cet article, merci de le partager (les boutons réseaux sociaux sont juste là). Et si vous voulez plus d’informations exclusives sur le brassage à la maison, inscrivez-vous à notre newsletter en utilisant le formulaire ci-dessous.

A très bientôt pour les prochains tutos!

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Un logiciel de brassage pour Créer ses propres recettes

Ça y est vous avez fait le tour des recettes proposées dans le premier livre de brassage qu’on vous a offert pour votre anniversaire. 

Alors vous vous dites : “ok, j’ai compris le principe. Je vais me lancer moi-même : un peu de malt de base, pourquoi pas du malt cara; Pour les houblons, j’aime bien l’amertume. Je vais mettre 50g de celui-ci en début d’ébullition…”

Stop ! Je vous arrête tout de suite !

Si vous vous jetez à l’eau avec cette méthode, vous allez vous planter

Pourquoi ? Parce qu’une recette ce n’est pas juste un assemblage d’ingrédients qu’on aime bien. Une recette, c’est un équilibre d’une multitude de paramètres qui interagissent. Et pour comprendre toutes ces interactions vous manquez un peu d’expérience

Soyez honnête, je n’ai pas raison ?

Alors voilà, je vais vous présenter un outil révolutionnaire dans le cadrage des recettes ! Roulement de tambours… Connaissez-vous le logiciel de brassage ?

Ce que le logiciel de brassage a révolutionné

Créer une recette c’est d’abord faire l’estimation du profil de la bière

Quelle sera votre densité initiale, votre densité finale, la couleur de votre bière, son amertume et son degré d’alcool ?

Et si vous voulez rentrer dans les calculs de ces paramètres dès votre cinquième brassin, vous êtes extrêmement matheux (ça arrive !) ou extrêmement inconscient (c’est le plus probable). Et c’est surtout sûrement complètement inutile !

Dans vos premiers brassins, vous ne maîtrisez pas grand chose. Allez avouez, êtes-vous sûr d’obtenir à nouveau exactement la même bière, si vous la brassez de nouveau ? Vous avez déjà énormément à apprendre dans la technique, l’utilisation de votre matériel, dans la compréhension de ce qui se passe en off dans les entrailles de votre bébé. 

Je vous conseille de ne pas vous intéresser aux calculs tout de suite. Prenez votre temps ! Et puis votre logiciel de brassage calculera automatiquement ces paramètres lors de l’élaboration de la recette de bière pour vous, ce serait dommage de ne pas en profiter ! 

Et puis ce n’est pas tout ! Un logiciel de brassage ça va souvent au-delà des calculs.

Utiliser un logiciel de brassage, c’est aussi trouver de l’inspiration. La plupart des logiciels sont aussi des recueils de recettes de brasseurs plus avertis, avec lesquels vous aurez sûrement la possibilité d’échanger.

C’est aussi parfois une aide : au respect d’un style de bière (quels ingrédients dans quelles proportions), à la transposition dans un volume différent. Et puis certains logiciels vont également vous proposer une gestion de vos stocks.

Vous en rêviez ? Ils l’ont fait pour nous !

A vous la fierté de brasser de bonnes bières, reproductibles et qui correspondent à un style !

Logiciel de brassage, lequel choisir ?

L’utilisation du logiciel de brassage est généralisée.

90% des brasseurs les utilisent ! Je ne vous mens pas, demandez autour de vous. C’est complètement dingue.

Les 10% des personnes qui n’utilisent pas de logiciel de brassage, ont développé leurs propres outils ou en sont encore dans leurs débuts et n’ont pas encore compris l’utilité (ce ne serait pas vous ça ?).

Ok mais comment choisir le bon ? Car il en existe quand même un certain nombre…

Voici une petite liste, elle n’est pas forcément exhaustive mais je pense avoir cité les plus courants.

Beersmith

62411 inscrits à la newsletter

  • Ultra complet,
  • Logiciel historique,
  • À installer sur son ordinateur, avec un service cloud,
  • En anglais (vous allez passer des heures à faire vos traductions !),
  • Pas très intuitif (vous ne le prendrez pas en main en 30 minutes) et,
  • Soyons honnêtes, il n’est pas très sexy non plus (c’est quoi ce design des années 90 ?),
  • Payant.
Beersmith
Beersmith

Brewer’s friend

15600 followers sur Facebook

  • Grande communauté et de nombreux outils en ligne,
  • Accessible via un navigateur,
  • En anglais,
  • Interface un peu vieillissante,
  • Freemium (une partie gratuite et une partie payante).
https://www.homebrewtalk.com/images/1/9/3/7/2/3/hbt-brewersfriend-recipe-2-1449.jpg

Brewfather

3960 membres sur le groupe Facebook

  • Intuitif et complet,
  • Interface moderne,
  • Accessible via un navigateur,
  • En anglais,
  • Freemium (une partie gratuite et une partie payante).
Hands on Review: Brewfather App – Recipe Formulation, Calculators ...

Beertools

2900 personnes inscrites sur le forum de discussion sur les outils beer tools

  • Similaire à Beersmith,
  • À installer sur son ordinateur,
  • Interface d’un autre âge,
  • En anglais,
  • Payant.
BeerTools Articles On Brewing Beer - BeerTools Pro

Brewtarget

  • Similaire à Beersmith,
  • À installer sur son ordinateur,
  • Interface vieillissante,
  • Gratuit.
Brewtarget: free brewing software.

Jolie Bulle

  • À installer sur son ordinateur,
  • Mises à jour régulières,
  • Un des rares en français,
  • Payant.
Joliebulle 4

Little bock

6500 brasseurs avec un total de 12000 recettes, dont 4300 publiques, et 4600 brassins 

  • Accessible via un navigateur,
  • Interface moderne,
  • Mises à jour régulières,
  • En français,
  • Freemium (une partie gratuite et une partie payante).

C’est juste notre préféré, on vous explique pourquoi juste en dessous.

Ce que vous ne devez pas faire

Vous ne devez surtout pas perdre du temps à utiliser un logiciel de brassage qui ne vous convient pas. Ils ont chacun leur spécificités, leurs avantages, leurs inconvénients.

Prenez le temps de réfléchir, de vous renseigner, peut être même de tester, et faites votre choix en connaissance de cause ! Cet article peut vous aider à faire votre choix, mais n’hésitez pas à consulter les groupes, les forums et à interroger les brasseurs autour de vous.

Je vais être honnête je n’ai pas testé tous les logiciels listés ci-dessus. Mais Beersmith, je n’ai jamais été attirée par l’interface barbare. Jolie bulle j’ai testé quelques mois et puis j’ai enfin trouvé mon bonheur.

Le meilleur logiciel de brassage est selon moi… Little Bock. 

Pourquoi nous avons choisi le logiciel de brassage :

1- Cocorico, parce que c’est français. Quand on a des produits sympas et qui viennent de chez nous, il faut savoir les mettre en avant !

2- il est simple d’utilisation, c’est fluide ! En deux temps, trois mouvements vous avez créé une recette ou enregistré votre brassin. Et le design est chouette aussi, on s’y sent comme à la maison !

3- il est complet. Vous y trouverez des recettes, y rencontrerez des brasseurs. Sur votre tableau de bord vous suivrez vos fermentations en cours. Vous aurez une idée du volume total de bière brassée cette année, ainsi que de la quantité totale de malts, de houblons et le nombre de vos brassins. Vous pouvez gérer vos stocks d’ingrédients, enregistrer vos équipements de brassage et associer vos objets connectés (iSpindle, Tilt Hydrometer ou encore Plaato). Il vous en faut encore ? Alors OK il y a aussi des outils et calculateurs et un catalogue de recettes selon les styles BJCP.

4- il y a un support accessible et rapide. Voyez par vous-même, Michael met à disposition de tous, les demandes d’amélioration (Suivi du développement), celles qui ont été traitées et celles qui vont l’être prochainement.

5- il est utilisable sur mobile, la révolution. C’est quand même super pratique de pouvoir bosser sur téléphone et y avoir accès de n’importe où et quand…

6- il propose un calendrier de suivi de vos brassins, qui est synchronisable avec l’appli calendrier que vous utilisez !

7- Et enfin parce que Michael est sympa et bosse bien 😉 Voici quelques informations le concernant, il nous a en effet aidé à décrypter les logiciels existants sur le marché, a pris du temps pour répondre à nos questions et présenter la nouvelle version de Little bock.

Pour savoir comment remplir ton plan de houblonnage dans Litlle Bock,
rends-toi sur notre recette de bière au sureau.


Michael de Little Bock, l’interview

Qui es-tu ? Quel est ton parcours? 

Salut, 

Je m’appelle Michael, je vis dans un village à côté de Montpellier et ça fait maintenant bientôt 10 ans que j’exerce le métier de Développeur web. J’ai commencé à m’intéresser à la programmation au lycée et j’ai ensuite décidé de me spécialiser dans les technologies du web durant mes études supérieures.

Depuis combien de temps tu t’intéresses au brassage ?

J’ai commencé à m’intéresser au brassage en 2015 grâce à un kit qu’on m’a offert. C’était un kit très simple de 20 litres avec du moût liquide déjà houblonné, mais ça m’a permis de découvrir les étapes de stérilisation, de fermentation, du conditionnement, etc.

Ensuite j’ai voulu continuer à améliorer le résultat, j’ai commandé d’autres kits, avec un peu plus de matériel, pour en venir petit à petit vers le tout grain.

Tu as commencé avec : quel matériel, quels conseils ?

Mon premier livre a été « Comment faire de la bonne bière chez soi » de Jean-François Simard. Je ne sais pas si c’est la meilleure référence pour débuter, mais en tout cas il m’a permis de mieux comprendre les étapes pour brasser en tout grain. À cette période brasser en tout grain me semblait très compliqué, je n’avais personne autour de moi qui brassait, donc l’achat d’un livre me semblait indispensable. Je l’ai lu attentivement avant de vraiment faire mon premier brassin en tout grain.

Mon principal conseil serait donc celui-là : prenez le temps de bien étudier les étapes avant de vous lancer. Un livre est un très bon départ car on se laisse guider étape par étape et normalement à la fin de celui-ci on a un minimum (voir un peu plus) de connaissance pour démarrer.

Ensuite, il existe un tas de ressources sur internet pour répondre à nos questions.

Pour le matériel, j’ai commencé avec des choses simples. Une cuve électrique Brewferm avec un fond filtrant, des seaux en plastique, une capsuleuse à bras, etc.

Puis je suis vite monté en gamme pour faciliter le processus. Le matériel de brassage peut être onéreux, mais dans certains cas il peut grandement nous faciliter la tâche !

Aujourd’hui j’ai une glacière de chez Cool SARL que j’ai adaptée, une plaque à induction portable de 3.5 kwatts, une cuve inox de 36 litres, une cuve inox de fermentation de chez Ss Brewtech et un système de service avec des soda kegs.

Où as-tu tiré tes premières recettes?

J’ai trouvé mes premières recettes sur le site Univers Bière (comme beaucoup de brasseurs !), sur Beer Recipes (qui est très rudimentaire) et sur Brewtoad (qui malheureusement n’existe plus).

Au début j’ai fait mes premières recettes un peu au hasard sans logiciel, puis j’ai téléchargé Beersmith qui m’a réellement changé la vie après avoir tout fait au pif !

Quelles astuces donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer ?

Comme je disais un peu plus haut, être patient et prendre le temps de lire avant de commencer. Trouver un autre brasseur ou brasseuse pour faire ses premiers pas peut également être une très bonne solution, voir même la meilleure si on en connaît un ou une.

Comme beaucoup d’autres brasseurs j’imagine, j’ai eu quelques moments de solitude face à des brassins ratés. Ce n’est pas agréable d’engager du temps pour produire un brassin qui n’est pas bon et qu’on ne prend pas de plaisir à boire, mais au final, ce sont eux qui nous permettent de nous améliorer et de nous perfectionner. Donc ne perdez pas espoir. La patience et la persévérance vous permettront de brasser de bonnes bières que vous aimez boire. 

Comment est née l’idée de Little Bock ?

À l’épode où j’ai commencé le brassage, je voulais également démarrer un nouveau projet dans le développement web, mais je ne savais pas encore dans quel domaine et pour répondre à quel problème. En voyant Beersmith et son interface pas très accueillante à mon sens, j’ai voulu faire mon propre logiciel et qui serait accessible via internet.

J’ai hésité un moment avant de me lancer car je ne connaissais pas toutes les formules et je ne pensais pas que ça pourrait intéresser d’autres brasseurs vu qu’il y avait déjà des solutions très complètes. Puis, comme l’envie ne me quittait pas, je me suis dit que ça ne m’engageait en rien et j’ai commencé à coder. Le développement de Little Bock m’a permis et me permet encore aujourd’hui d’approfondir mes connaissances dans le brassage et de comprendre par exemple comment un profil de bière est calculé. 

Depuis combien de temps existe Little Bock ?

Au début Little Bock était juste une application web où l’on pouvait charger ses recettes au format Beer XML afin de les partager avec d’autres brasseurs. Il me semble que la première mise en ligne était en 2017.

Little Bock version Premium c’est quoi ?

Le modèle économique de Little Bock est du freemium, c’est à dire qu’il y a une partie qui est gratuite et une partie qui est payante. La limite du compte gratuit est principalement le nombre de recettes et de brassins. Cela permet d’essayer gratuitement l’application pour se faire une idée et de souscrire à un abonnement payant par la suite si on souhaite l’utiliser pour créer ses recettes et pour gérer la brasserie.

Combien coûte l’adhésion à ce logiciel de brassage?

Évidemment un logiciel de brassage de cette qualité nécessite beaucoup de travail pour le concepteur. D’autant qu’il est maintenu à jour et amélioré continuellement.

Combien coûte la possibilité de faire partie d’une communauté, d’avoir accès à tous les calculateurs dont vous avez besoin, à un catalogues de recettes en perpétuel mouvement, un calendrier de vos expérimentations en cours etc etc ?

La modique somme de 18€/an.

“T’es sérieuse là?” Oui, je vous promets, vous n’aurez pas à débourser plus que l’équivalent d’1,5€/mois!

Alors oui, je suis affiliée à Little Bock, ce qui veut dire que si vous choisissez d’acheter votre adhésion en passant par cet article, je toucherai une petite commission.

Alors vous allez me dire “l’article n’est pas objectif !”

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