Publié le 2 commentaires

Le concassage n’a plus de secret pour toi

Le concassage est la première étape que vous devez mener à bien pour fabriquer votre bière “tout grain” à la maison.

Et ce n’est pas la plus facile (en même temps, laquelle est facile?), c’est d’ailleurs pour cela que certains hésitent :

“Non, moi je continue à préparer ma bière à partir d’extrait de malt“.

“Pour l’instant je ne concasse pas moi-même, j’achète du malt de céréales déjà concassé par mon fournisseur”.

Pourquoi le concassage peut-il faire peur?

Tout d’abord parce qu’il faut s’équiper : Acheter un moulin à malt, il existe plusieurs modèles, lequel choisir? Pour vous aider dans cette étape nous vous avons préparé une vidéo de comparaison de matériel!

Ensuite parce qu’il faut savoir obtenir la bonne taille de mouture (rho le jargon technique!). Concassez trop grossièrement et vous n’obtiendrez pas l’extraction optimale de tous vos sucres. Concassez trop finement et vous colmaterez vos filtres et/ou robinets et devrez faire peur preuve d’ingéniosité pour mener votre brassin jusqu’à son terme… Et ça, c’est sans parler des ratés collatéraux, les “bières épaisses” vous connaissez ?

Concassage, on vous en touche deux mots?

Pourquoi faut-il s’équiper?

Aimez-vous réellement les bières brassées en extrait de malt?

Je suis ok pour dire que commencer le brassage à la maison en extrait de malt est une très bonne pratique!

Le brassage à la maison, on se l’est déjà dit, c’est pas forcément le plus simple des hobbies : tu peux lire Peur de te lancer? Commence ici!, oser brasser sa première bière ou encore brasser sa bière, les étapes, le matériel

Alors le brassage à l’extrait de malt, ça permet de se concentrer sur les autres paramètres difficiles à maîtriser : l’hygiène et l’élimination des contaminations, le contrôle de la température de fermentation, le travail des levures, le choix des houblons

Mais finalement pourquoi est-on ici?

Ici sur ce blog, je veux dire?

Moi : pour partager mes découvertes sur le brassage pour discuter, rencontrer… Et que sais-je encore.

Toi : pour lire, regarder, écouter et échanger aussi sur le brassage, non? Dis-moi tout!

Mais Toi et Moi (même bateau), ce qu’on recherche avant tout… C’est à s’améliorer, on veut brasser de la bonne bière. Y’en a marre des bières dégueu’ ! Pas vrai?

C’est bien de brasser à la maison, c’est hyper classe! Mais c’est pas parce qu’on brasse à la maison, qu’on doit se résoudre à boire de la bière pas ouf. Non, non et non!

A la base pourquoi avez-vous décidé de brasser? Je vous laisse réfléchir. Enfin, je te laisse réfléchir toi, oui, celle ou celui qui compte encore brasser en extrait de malt plusieurs fois!

Allez on arrête le carnage de l’extrait de malt, on passe au “tout grain”!

Je sais c’est trash, vous allez me houspiller : “non, mais c’est pas si dégueu que ça”! “Ouais, moi elles sont bonnes mes bières”.

Soit les copains : si ce n’est pas pour votre palais (ou celui de vos potes) que vous le faites, passez au tout grain pour le challenge par exemple? (Là j’en capte quelques uns de plus).

Ici on parle de vrai brassage! Est-ce que vous pâtisser et êtes fier.es de présenter un gâteau préparé avec de la poudre? On veut devenir brasseur.e amateur.rice ou pas? Je parle d’un.e vrai.e pas celui de pacotille 😉

Je pousse le bouchon un peu loin volontairement, rien de personnel, je respecte vos choix, vos pratiques!! Mais perso, je trouve que le tout grain est plus fun !

Le malt concassé depuis plusieurs jours n’aura pas un bon rendement

Ok, vous avez décidé de tenter le brassage tout grain! (Applause)!

Mais il faut quand même y aller mollo : “Je commence par acheter du malt déjà par mon fournisseur”. Alors on repart un peu en arrière, un peu de théorie, vous me suivez ?

A quoi servent les céréales dans le processus de fabrication de la bière?

Pas de main levée pour répondre à la question? Notre article point d’orge fait le point là-dessus. On recherche les sucres! Ces sucres qui servent de nourriture à notre levure, vous savez, celle qui fabrique l’alcool et les bubulles, qui apporte des saveurs, des arômes, qui élimine des composés indésirables…

Et comment les sucres apparaissent-ils? Non ce n’est pas magique! C’est grâce au travail d’un petit cocktail d’enzymes, l’alpha amylase, la bêta amylase (ne vous sont pas totalement inconnues, non?) pendant l’empâtage. Ces molécules ne sont activées que dans des conditions très précises, c’est d’ailleurs pour cela qu’on commence, la plupart du temps, par malter les céréales.

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir ta méthode d’empâtage/filtration, nous avons réalisé une comparaison en vidéo de 3 techniques.

Et d’ailleurs, c’est aussi pour ces raisons qu’on concasse les céréales!

Le concassage permet de faciliter l’amylolyse, de faciliter l’accessibilité de l’amidon aux différentes enzymes!

Plus votre malt de céréales est concassé finement et plus votre rendement d’extraction sera bon. Vous extrairez plus de sucres et c’est quand même le but ultime du brasseur ;). On veut tirer un maximum de sucres possibles avec la plus petite quantité possible de céréales : sinon on jette de l’argent par la fenêtre et on ne fait pas des bières aussi bonnes qu’on pourrait. Ce serait bien dommage…

Donc il faut faire attention à ces petites enzymes! Et pour cela on conserve et on utilise correctement son malt.

Comment conserver ton malt?

melange malts brassage biere 2

Pour le malt : on conseille en général de le stocker dans un endroit relativement frais (+/-15°C) et surtout sec et dans les sacs d’origine de la malterie qui ne sont pas hermétiques. Il faut que ça respire tout ça!

Et il faudrait les utiliser dans les 12 mois (parole de malteurs).

Et qu’en est-il du malt concassé?

Ben c’est encore plus fragile, pardi…

Pour le malt concassé : au frais, au sec, à l’obscurité pour quelques jours (Allez je te concède quelques semaines). On dit même parfois, qu’il faudrait qu’il soit à l’abri de l’air, dans un contenant hermétique donc (sous vide quand tu le reçois en provenance de ton fournisseur?).

Plus le malt concassé est “âgé” (concassé depuis longtemps), moins bonne sera ton extraction… Et comment sais-tu pendant combien de temps il a été conservé chez ton fournisseur avant envoi?

Faut arrêter, un moulin ça ne coûte pas si cher que ça!

Vous trouverez les premiers prix de moulin à malt de type Corona à partir de 40 à 50€… Et si vous optez pour un moulin à deux rouleaux, les modèles les moins chers sont à partir de 90€ et montent jusqu’à 120€.

N’êtes-vous pas prêt à mettre ce petit budget pour brasser de la meilleure bière qu’en extrait de malt (clin d’œil) et avoir de bon rendement d’extraction de vos sucres?

Alors je vous laisse essayer une fois (une seule) l’achat de malt déjà concassé, et puis on se lance en vrai tout grain!

Quel moulin choisir pour votre concassage?

Les deux principaux modèles de moulins à malt accessibles en brassage amateur sont le moulin type Corona et le moulin à deux rouleaux (Il existe le trois rouleaux aussi, ais je n’ai pas eu l’occasion de le tester).

Et comme ce n’est pas toujours facile de faire un choix pour commencer, nous vous avons préparé une vidéo sur le sujet :

On s’est abonné à la chaîne YouTube Comment brasser sa bière ET on a liké la vidéo? Ça, c’est pour aider les copines à gagner en visibilité mais aussi pour être prévenu.e dès la sortie d’une nouvelle vidéo 😉 Merci !

Le moulin type Corona

En quelques mots, pour ceux qui ne veulent pas regarder la vidéo (les flemmards.es)!

Les points forts et les points faibles

Le gros point fort du moulin de type Corona (il existe d’autres marques) c’est son prix : quasiment moitié moins cher que le moulin deux rouleaux! Sinon il est en fonte, donc très robuste, voire même un peu lourd (il ne faut le laisser tomber sur le petit orteil…).

Il est parfois un peu “gymnastique” à monter, vous voyez ce que je veux dire? La solution : ne pas le démonter, mais pour cela il faut avoir la place pour le stocker monté (et encore prend-t’il moins de place quand il est démonté??).

Son énorme point faible est le réglage de la mouture… Là, c’est du pifomètre total… Si vous avez des astuces, j’attends tout ça en commentaires, j’ai hâte de vous lire.

Notre astuce expliquée dans la vidéo : mettre quelques rondelles entre le cadre et le corps du moulin (avant les écrous à ailettes)

Ceci permet d’ajouter un peu de distance et donc de précision dans les réglages des différentes molettes…

Mais la solution reste le test : on ajoute les céréales, on concasse, on regarde le résultat et on avise…

Et enfin il faut avoir l’épaule bien accrochée.. “Ho la meuf, elle a mal quand elle concasse son malt?” Nan, mais sérieusement, il ne faut pas avoir à concasser plus de 6-7 kg de céréales à concasser, sinon ça fait du bien quand ça s’arrête…

Vous savez pour avoir une mouture homogène, il faut concasser régulièrement à la même vitesse. Ni trop vite, ni trop lentement. L’idéal est même de ne pas s’arrêter du tout (avoir un coup de main pour les remplissages de trémies), c’est top!

D’ailleurs, parlons-en de la trémie… Elle n’est pas très grande non plus, ça fait des arrêts très réguliers tout ça.

Notre avis sur le moulin Corona

Il est top!

La bonne solution qualité- prix pour commencer!

Dès que vous brasserez plus régulièrement, vous “yeux-terez” le deux rouleaux, parole d’expert 😉

Le moulin à deux rouleaux

Les points forts et les points faibles

Il est plus cher que le moulin de type Corona.

Vous pourrez l’acheter avec le petit support en bois qui va bien, mais il ne faut pas être très bricoleur pour le faire soi-même et il sera certainement plus adapté à vos contenants. Vous économiserez quelques dizaines d’euros.

Il est très facile à monter et son avantage, même s’il prend un peu de place, c’est que vous le laisserez bien évidemment monté. Vous gagnez un peu de temps même si ce n’est que quelques minutes, je vous l’accorde…

La trémie est plus grande que pour le moulin Corona. Vous pourrez y placer jusqu’à 3kg selon les modèles! Vous voyez l’avantage???

Le réglage est simplissime, plus précis, plus stable dans le temps et la taille des particules concassées sera plus homogène. En général, vous aurez une double molette que vous fixerez avec des vis à œil. Il faut faire bien attention à régler des deux cotés pour que les rouleaux soient parallèles

Les efforts à fournir pour moudre les céréales sont beaucoup moins importants qu’avec le moulin Corona. Votre épaule vous remerciera… Et le bonus, c’est la possibilité de connecter une visseuse électrique (attention à ne pas y aller trop fort, moins de 500tours/minute).

Notre avis sur le moulin à deux rouleaux

Le moulin idéal pour le brasseur régulier.

Ça va plus vite, c’est plus précis, ça fait moins mal, convaincu?

Comment réussir son concassage?

Le brasseur cherche à extraire les sucres de ses céréales. Ces derniers sont extirpés des grains pour être libérés dans le moût. L’étape suivante doit permettre de séparer les céréales appauvris en sucres et de ne conserver que le moût enrichi en sucres.

Plus la taille des particules obtenues par concassage, est fine, plus l’extraction est bonne mais plus la circulation du moût est limitée.

D’ailleurs, une des raisons qui a fait que le brasseur utilise principalement de l’orge, est que ce dernier possède une enveloppe (contrairement au blé par exemple). Pendant le concassage de l’orge, les grains sont en partie séparés de leurs enveloppes. Les enveloppes vont alors créer un lit pour améliorer la filtration. Sinon vous pourrez avoir des difficultés pour récupérer votre moût (colmatage, compaction du lit de céréales), la galère…

Le concassage a en fait, un effet sur la rapidité d’extraction plutôt que sur la quantité de sucres extraits.

Un concassage grossier permet un meilleur écoulement du moût, mais n’est pas converti aussi rapidement.

On parle de conversion pour désigner la “transformation” d’une maische (ce mélange eau/céréales concassées) en un moût sucré.

Une mouture idéale présente un lit d’enveloppes d’orge entières et intactes (non déchiquetées) et un mélange de petites et plus grandes particules. Les grains doivent être cassés en 3 à 4 morceaux.

Mais le terme “idéale” n’est jamais adapté à toutes les situations. Selon les styles de bières, le matériel utilisé, la méthode de brassage, vous devrez adapter votre mouture :

  • Les bières blanches contenant une proportion de malt de blé/froment, présenteront des malts sans enveloppes. Concassez très finement la proportion de blé car vous n’aurez pas d’enveloppes à protéger. Veillez à ne pas créer une recette trop riche en blé. Il existe l’astuce d’ajouter des enveloppes de riz, neutres en goût, pour améliorer ce point.
  • Pour le brassage en sac (brew in a bag ou BIAB), vous n’aurez pas de problème de colmatage, vous pourrez vous autoriser à concasser très finement. Vous obtiendrez même de la farine, c’est ok!

Petit brasseur, où es-tu?

Pour vérifier la taille des particules de ton concassage, fais rouler le mélange entre tes doigts. Certains grains qui semblent entiers sont, en fait, cassés en particules et attendent juste d’être séparés!

Les céréales sans enveloppes ou les céréales non maltées vont parfois mener la vie dure à ton moulin et à ton épaule 😉

Quel moulin as-tu ou vas-tu choisir? Quels sont les critères qui t’ont fait basculer vers ce choix?

Si tu souhaites ne rien louper, penses à t’abonner à notre Chaîne Youtube pour recevoir une notification à chaque nouvelle vidéo.

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook ou sur Instagram, et à partager!

A très vite!

Publié le 4 commentaires

La Kissifrot’, une Bière à l’ortie

Il y a quelques jours, sur le groupe facebook Brassage amateur (Rassurez-moi, vous connaissez le forum brassage amateur?), un des brasseurs parle de bière à l’ortie. Et c’est le déclic, c’est le printemps notre jardin foisonne d’orties, cette plante aux mille vertus, il faut en faire quelque chose de sympa!

Dans ce second article de la catégorie “Nos Brassins” nous allons partager nos réflexions autour de la création de la Kissifrot‘!

Lisez cet article si vous voulez connaître notre recette

et en savoir plus sur : l‘ortie,

l’utilisation des flocons d’orge,

un concassage trop fin,

l’empâtage multipalier,

la température de l’eau de lavage des drêches,

la lecture de la densité,

la réhydratation de la levure.

La Kissifrot', bière à l'ortie

Caractéristiques

Densité initiale 1040

Alcool par volume 5.2 %

Volume 20 litres

Densité finale 1015

IBU 31

Couleur 13 EBC

Ingrédients

Malt Pale ale 8 EBC : 3 kg

Malt Munich 15 EBC : 1kg

Flocons d’orge environ 5 EBC : 500g

Pousses d’Orties fraîches : 100g

Houblon amérisant : Magnum pellets (alpha 11.8%) : 12 g à T0

Houblon aromatisant : Hallertau perle pellets (alpha 7.9%) : 10 g à T30

Houblon aromatisant : Hallertau perle pellets (alpha 7.9%) : 10 g à T60

Levure : sèche SafAle WB 06 Fermentis : 11.5 g

Couleur dorée
Amertume légère
Taux d'alcool faible

Choix des ingrédients

L'ortie

Notre jardin regorge d’orties en ce début de printemps. Et puis c’est quand même la plante aux mille vertus!

La grande ortie et l’ortie brûlante (feuilles et racines) sont reconnues comme faisant partie des plantes médicinales les plus utiles et les plus efficaces. Les feuilles sont couramment utilisées comme toniques (vitalisantes et énergétiques), dépuratives, diurétiques, anti-inflammatoires (douleurs rhumatismales).

Dans un premier temps, ce qu’il est important de noter c’est que l’ortie perd ses propriétés urticantes lorsqu’elle sèche ou qu’elle est cuite (idem lorsqu’elle est dans l’eau). Et puis le petit plus, en cas de “piqûre”, pour diminuer les démangeaisons, une application de terre fraîche serait un bon remède…

Si parmi vous des phytospécialistes se sont glissés, n’hésitez pas à nous glisser d’autres informations sur l’ortie en commentaire! Connaissez-vous l’Herbièriste, clin d’œil à lui! Son expertise en plantes médicinales et sa passion pour la bière, à donner naissance à un beau projet atypique.

La cueillette de l'ortie

L’ortie pousse dans les terrains riches en azote : proximité d’élevage, sous-bois, le long des murs en pierres, dans les fossés et dans les fonds de jardins.

Avant de les cueillir, soyez sûr de ne pas être dans une zone traitée au désherbant ou polluée

Le printemps est la meilleure des saisons pour votre future récolte. Les feuilles sont tendres, fraîches, et le pic d’amertume générée par la plante n’apparaîtra qu’au moment de la floraison.

Préférez réaliser votre cueillette, le soir, les jours de pluie et de fortes chaleurs car les propriétés urticantes sont moindres dans ces cas-là. Sinon armez-vous de gants, de courage ou d’une bonne paire de ciseaux accompagné d’un soupçon de dextérité manuelle!

Ne cueillez que les jeunes pousses fraîches, ce sont les 4 premières feuilles au sommet de chaque tige. Et évitez les orties déjà en fleur, l’amertume y sera renforcée. Et pour en savoir plus sur la conservation, l’utilisation, la cuisine de l’ortie, allez voir le site de Comme un gardon!

L'ortie dans notre bière

Dans le livre Faire sa bière maison (ci-contre), qui regroupe de nombreuses recettes. Il y a une bière à l’ortie. La quantité préconisée est de 100g de pousses fraîches au début de l’ébullition pour un brassin de 23 litres de bière. Nous décidons de partir sur cette même base.

Si vous en êtes à vos débuts, vous aimerez peut-être lire les astuces pour oser brasser sa première bière?

Le choix des céréales

Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le faire, je vous conseille d’aller lire l’article sur l’orge et celui sur le malt. Ainsi que nos essais de recette pour obtenir une blonde d’été aux notes d’agrumes!

Comme dans la recette de la bière à l’ortie tirée du livre Faire sa bière maison, nous choisissons d’utiliser les 2 même malts et dans les même proportions :
– Malt Pale ale à 8EBC 3kg,
– Malt Munich à 15EBC 1kg,

Cependant, notre bière sera dotée d’un autre ingrédient supplémentaires : les flocons d’orge.

Nous souhaitons brasser des flocons d'orge

D’abord, il faut être honnête, nous souhaitons brasser des flocons d’orge parce que nous en avons qui stagnent un peu dans nos stocks… Il faut être responsable et utiliser avant tout ses stocks!

Mais ils ne sont pas inintéressants, loin de là. Les flocons d’orge en plus d’apporter des saveurs spécifiques à la bière, augmentent le corps, apportent des protéines qui vont donc favoriser la tenue de la mousse! J’aime la mousse! Avez-vous lu nos conseils pour avoir une bonne mousse? C’est pourquoi, je pense que les flocons se marierons à merveille avec l’ortie. Qu’en pensez-vous?

Dans Univers Bière, on peut lire que l’utilisation de flocons rend la maische beaucoup plus visqueuse. Une utilisation au delà de 15% de la masse totale de grains risquerait de provoquer des problèmes de filtration du moût.

Sur les conseils d’Alex du blog Homebrewers.be (un grand du brassage et du blog ;)) : les flocons ne nécessitent pas le passage au concassage. Au contraire, ceci apporterait encore une fois, des problèmes de colmatage au moment de la filtration…

Ainsi, le procédé de floconnage correspond à une cuisson à la vapeur et un aplatissage des céréales. Ceci agit sur la structure chimique et physique de l’amidon, en favorisant en premier sa transformation en dextrine et en sucres moins complexes. Ce phénomène de « gélatinisation » ne ne nécessite donc pas de précuisson des flocons, ils peuvent être jetés tels quel dans la cuve d’empâtage.

Ces flocons d’orge apportent une teinte de 5EBC et nous choisissons d’utiliser 500g pour cette recette. C’est pourquoi notre bière, devrait être légèrement trouble, un peu colorée et ronde en bouche!

Une kissifrot' avec quel houblon?

Nous souhaitons tester l’efficacité de certains des houblons que nous avons depuis un bon petit moment dans nos stocks. Les sachets ont une péremption échue depuis 2 ans mais ils n’avaient pas été ouverts. Je me demande quel sera l’impact sur les acides alpha :

  • Houblon Magnum 11,8% d’acides alpha, 12g à T0,
  • Hallertau Perle 7.9% d’acides alpha, 10g à T30,
  • Hallertau Perle 7.9% d’acides alpha, 10g à T60.

Le Magnum est un houblon amérisant très polyvalent, à l’arôme plaisant et au caractère fruité. Le houblon Hallertau perle à un double usage (aromatique et amérisant). Très populaire grâce à la combinaison d’un bon arôme et d’un acide alpha moyen. Il apporte une touche légèrement épicée.

Nous préférons les pellets aux cônes car la conservation est meilleure, et l’espace de stockage réduit. 

Nous ne pouvons pas trop prévoir quel sera l’apport d’amertume lié à l’ébullition de l’ortie…

Quelle levure pour s'accorder à l'ortie?

Nous choisissons une levure de haute fermentation, réputée pour les blanches : la Safale WB-06 de Fermentis. Sa température de fermentation est entre 12 et 25°C, idéalement 18 et 24°C.

Levure de spécialité sélectionnée pour la fermentation de bières blanches. Produit des notes subtiles d’esters et de phénol caractéristiques des bières blanches. Permet de brasser des bières avec une bonne buvabilité et présente une excellente capacité à rester en suspension lors de la fermentation. Cette dernière devrait bien s’accorder avec notre bière à l’ortie.

Brassage de notre bière à l'ortie

Concassage

Un concassage adéquat (bonne mouture des céréales) jouera un rôle sur le rendement et sur la bonne filtration du moût au travers du lit de drêches. En effet, les grains doivent être suffisamment éclatés pour permettre une libération maximale des sucres et autres molécules (bon rendement). Cependant, ils ne doivent pas être réduits en farine et les enveloppes de l’orge doivent restées intactes, sous peine d’empêcher ou du moins ralentir le passage du moût, lors de la filtration. Idéalement, un grain de céréales doit être morcelé en 3 ou 4 morceaux.

Nous pesons nos différentes quantités de malts que nous concassons.

Afin de conserver un réglage de moulin à malt adéquat, certains brasseurs préfèrent ne pas démonter entre deux concassage (nettoyage à la soufflette par exemple). De notre côté, nous démontons et remontons à chaque fois. Ce n’est pas seulement par manque d’espace, j’ai aussi l’impression de mieux éliminer les débris entre chaque pièce… Cependant, nous perdons en effet, notre réglage… Et pour vous avouer tout, ce n’est pas le plus simple pour moi…

Voilà mon moût à la fin de l’empâtage. Un énorme dépôt est présent, il n’a pas été retenu par la filtration. Un concassage trop fin… Mais c’est vrai que nous avons aussi utilisé des flocons d’orge. Ceux-ci ont peut être également un rôle dans tout ça…

Empâtage

L'empâtage multipalier c'est quoi?

L’empâtage est le process qui réhydrate les malts, gélatinise l’amidon (les granules d’amidon sont brisés par une combinaison d’humidité, de chaleur et de pression), libère les enzymes de la saccharification et conduit à la conversion de l’amidon en sucres fermentescibles.

Il est important de ne pas négliger l’homogénéisation des températures. Ceci est particulièrement vrai si, comme moi, vous êtes en chauffe direct, la chaleur arrive par le bas, mais il y a beaucoup de volume au dessus!

Comme nous l’avons vu dans notre article qui accompagne notre fiche de brassage ou dans le paragraphe sur l’empâtage monopalier (recette bonde d’été), nous savons que différentes enzymes sont au travail pendant l’empâtage. Rester plus ou moins longtemps sur le palier des bêta amylases à 60°C (fermentescibles) et alpha amylases (non fermentescibles) à 70°C nous permet d’ajuster le profil des sucres.

Vers 45-50°C, les protéines du malt non solubles se transforment en acides aminés, par l’action combinée de l’eau et des enzymes (protéinases et peptidases) qui sont réactivées. Ce palier est utilisé lorsque l’on veut clarifier la bière (éviter le trouble, la haze).

Il ne reste plus qu’à s’amuser avec les températures! Une variation de quelques degrés ne modifiera pas l’attendu, si vous montez ou descendez de 5°C le palier ne sera pas atteint, mais vous obtiendrez quand même du moût!

Pour notre bière à l'ortie, quel empâtage?

15 litres d’eau sont montés en température jusqu’à 65°C dans la cuve de brassage. Il faut compter 2 à 3 litres d’eau par kilogramme de malt. Nous additionnons nos 4.5 kg de malt. Et on brasse!

Nous faisons d’abord un palier de 30 minutes à 65°C. Ce palier fait apparaître les sucres fermentescibles (bêta-amylases).

Puis 25 minutes à 72°C. Nous avons constaté qu’il fallait à peu près 8 minutes à notre matériel dans notre température de maison (début de printemps) pour atteindre le palier de 72°C. Nous ne mettons volontairement pas de couvercle (ce qui pourrait accélérer la montée en température, car nous préférons continuer à brasser régulièrement. Ce palier favorise l’apparition de l’alpha amylase et donc l’apparition des sucres non fermentescibles.

Enfin nous faisons une inactivation de 10 minutes à 78°C (mash-out).

Un article hyper complet pour t’aider à calculer tes volumes d’eau d’empâtage et de rinçage.

Retrouve notre FAQ empâtage pour ne plus chercher des réponses de midi à quatorze.

Et notre comparaison en vidéos de 3 méthodes d’empâtage et filtration pour t’aider à choisir la technique qui te convient.

Filtration et lavage des drêches

Comment réalise-t'on une filtration?

La filtration a pour but de séparer les résidus de céréales (les drêches) du jus sucré (le moût). Il est important d’obtenir un maximum des sucres qui ont été libérés pendant l’empâtage. Le lit de filtration est obtenu grâce aux céréales. Si comme moi vous utilisez un seau de filtration vous devez déposer celles-ci délicatement et de manière homogène sur le fond filtrant.

Puis on commence par une recirculation du moût. Le premier moût soutiré est reversé sur le lit de drêches, jusqu’à ce qu’il soit un peu plus limpide (excès de protéines et débris éliminé). Cette première étape n’est pas réalisée si vous brassez en sac (BIAB or brew in a bag).

Lavage des drêches

La température de l’eau de rinçage est un paramètre important. Plus l’eau est chaude, plus l’extraction des sucres sera meilleure. Cependant le risque d’extraire des tannins sera également élevé. Généralement l’eau ne doit pas être à plus de 79°C!

Nous faisons chauffer 17 litres d’eau pour le rinçage entre 75 et 80°C. Pour savoir comment nous calculons la quantité d’eau nécessaire pour le rinçage, rendez-vous sur la recette de la blonde d’été aux notes d’agrumes!

Nous avons précautionneusement débuter la chauffe dès le début de notre brassage et prévoyons quelques litres d’eau froide et d’eau chaude à proximité. Ceci peut être utile en cas d’éloignement du palier de température.

Toutefois, nous arrêtons le lavage dès que nous avons obtenu nos 20 litres de moût pour ne pas risquer de diluer notre bière.

Puis à partir de cette étape, nous décidons de diviser notre moût en 2 lots de 10 litres chacun : (#a) recevra de l’ortie, (#b) ne recevra pas d’ortie. En dehors de ce paramètre, tous les autres seront identiques. Nous pourrons ainsi mieux déceler les spécificités de l’ortie! Malin!

Ebullition, ajout d'ortie et houblonnage

Nous transvasons nos deux moûts dans nos cuves de brassage que nous montons à ébullition. Dans la cuve (#a), nous ajoutons 50g de pousses d’orties fraîches. (Et bien oui, nous allons devoir diviser par 2 les quantités que nous avions prévues pour un brassin complet!).

En effet, je vous l’écris car je crois qu’on s’est planté (lol). Petite parenthèse à la dégustation que j’ai déjà faite quand j’écris cet article, nous avons obtenue une bière vraiment très amère.. Et malgré ma fiche de brassage du tonnerre (héhé), je crois que nous avons oublié de diviser les quantités de houblons par deux!

A partir de cette étape, tout sera donc réalisé en doublon (heureusement que j’ai parfois de la main d’œuvre à bas coût).

Pour le houblonnage, nous aurions donc dû ajouter 6 g de houblon Magnum en début d’ébullition (à T0). A 30 minutes d’ébullition, nous aurions dû additionner 5 g de Hallertau perle, puis à 60 minutes à nouveau 5 g de Hallertau perle. (Mais encore une fois, je crois que nous avons fait 12g/10g/10g Aïe).

Ensuite, nous laissons reposer notre moût 10 minutes avec ce dernier houblon, faisons notre whirlpool puis patientons 20 minutes (clarification).

Environ 10 minutes avant la fin de l’ébullition, nous plongeons notre serpentin de refroidissement préalablement nettoyé dans une des cuves. Ceci permet de le stériliser. Il peut ensuite être placé dans le premier fermenteur en attendant son utilisation.

Tu aimes les épices, les ajouts maison dans ta bière? File lire notre article sur la Hoppy Christmas, notre bière de noël. Tu y découvriras plein de tuyaux pour “spicer” ta bière!

Refroidissement du moût et prise de densité initiale

Le densimètre ou hydromètre mesure la densité relative d’une solution par rapport à celle de l’eau (1000). Plus la solution contient de sucre, plus sa densité sera élevée et moins le densimètre s’enfoncera profondément. La lecture doit se faire dans un liquide à 20°C sous peine de voir un résultat faussé! La lecture se fait sous le ménisque!

La densité peut également être lue grâce à un réfractomètre.

Nous soutirons le moût vers le seau de fermentation. Le moût est refroidi jusqu’à 20°C grâce au serpentin que nous avons stérilisé.

Avant de procéder à l’ensemencement, nous soutirons quelques millilitres de moût pour lire la densité initiale, celle ci s’élève à 1040.

Ensemencement

Pourquoi réhydrater la levure?

Réhydrater la levure lui donne l’opportunité d’être dans un bon état de non stress! La levure se “réveille” doucement de son état de dormance, dans des conditions de températures adéquates, sans apport nutritionnel et donc sans avoir besoin de se mettre au travail tout de suite. Ne pas réhydrater la levure peut conduire à la mort de presque la moitié de la population… Certains  fabricants de levure préconisent de les jeter directement dans le moût pour faciliter l’utilisation de leurs sachets (concurrence battles)!

Pour cela, nous utilisons de l’eau préalablement bouillie que nous avons laissée refroidir. Une trentaine de minutes de repos au minimum sont nécessaires. Ceci permet d’éviter les changements brutaux de conditions de vie, qui sont des facteurs de stress voire de mort! Des faux goûts pourraient apparaître, un début de fermentation retardé, une mauvaise utilisation des sucres

Attention aux contaminations!!! Veillez à travailler de manière stérile, aucun autre micro-organisme ne doit s’introduire dans votre culture. Sinon il y aura compétition!

Savez-vous qu’il est conseillé de conserver le sachets de levure même si elles sont sèches, à une température inférieure à10°C? Idem, c’est pour une histoire de perte de vitalité avec le temps. Cette perte de vitalité est réduite si la température de conservation est inférieure.

La plupart des levures peuvent être réhydratées dans de l’eau à une température proche de celle de votre moût. La réhydratation ne doit pas excéder 1 heure!

Ensemencement de notre bière à l'ortie

Nous procédons à l’ensemencement du moût en versant la préparation liquide de levures dans nos seaux de fermentation. Le moût est agité à l’aide du fourquet pour l’oxygéner, tout en veillant à limiter le risque de contamination…

Fermentation primaire

Ainsi débute notre fermentation primaire. Nous plaçons le barboteur et refermons hermétiquement le seau de fermentation. Celui-ci est placé à l’obscurité dans une pièce à 18°C. Un article sera prochainement rédigé sur les petits secrets pour réussir une bonne fermentation.

Le maintien d’une température stable pendant toute la durée de la fermentation nous est encore difficile… Je pense que nous allons nous procurer une chambre de fermentation dans les semaines à venir!

Nous laissons nos 2 lots de bière en fermentation pendant à peu près 2 semaines.

Pour aller plus loin sur la fermentation, tu as la possibilité de consulter notre FAQ fermentation. Qu’attends-tu pour aller y jeter?

Prise de densité finale et estimation d'alcool

Avant de procéder au sucrage et à la mise en bouteilles, nous soutirons quelques millilitres de moût pour lire la densité finale dans chacun des lots. Celles-ci s’élèvent à 1010 dans les deux cas, ce qui est cohérent avec les annonces des calculateurs théoriques (1014)!

Avec une densité initiale de 1040, une densité finale de 1010, nous estimons notre taux d’alcool : [ ( DI – DF ) / 7.5 ] + 0.5 = 4.5 %. Petite alcoolisation!

Pour calculer le rendement de ton brassage, je t’invite à lire notre recette de Rye Porter.

Sucrage et mise en bouteilles

Nous soutirons notre bière en préparation. Ceci permet de ne pas conserver l’énorme dépot de débris végétaux, de protéines, de levures mortes… Un contact prolongé avec ces matières peut apporter des faux goûts à votre bière. De plus cette étape permet un début d’oxygénation de la bière. Ceci est primordial pour la refermentation qui va avoir lieu en bouteilles! Veillez à ne pas exagérer non plus l’oxygénation pourrait se transformer en oxydation (prise de couleur et de goûts). Tout est une histoire de dosages!

Une solution de sucre à 6g/litre de bière (sucre blanc) est préparée avec de l’eau préalablement bouillie. Les secrets du sucrage c’est par ici.

Ce mélange est refroidi puis incorporé dans le brassin. On m’a glissé à l’oreille que la quantité de solution de sucre étant négligeable par rapport à celle du brassin, elle n’aurait pas forcément besoin d’être refroidie.

Nous remuons délicatement avec une cuillère stérilisée. Les 2 lots de bières (avec et sans ortie) sont mises en bouteilles.

Les bouteilles sont placées à 18°C pendant quelques 4 semaines.

Dégustation

dégustation orties

Après une mois de fermentation, nous ouvrons une bouteille de chacun des brassins : (#a) avec ortie et (#b) sans d’ortie.

A l’œil : 2 mêmes bières. La couleur est légèrement dorée (13EBC), un léger trouble est présent mais il était attendu, la mousse est fine.

Au nez : Et bien sachez, que personnellement je n’apprécie pas l’odeur que l’ortie a apporté… Arf, premier mauvais point.

Aux papilles : Tout d’abord, nous sommes désarçonnés par l’amertume! Celle-ci est extrêmement présente pour la bière sans ortie (peut-on parler de “mauvaise” amertume?). Et elle est quasiment absente ou masquée par l’ortie du second brassin! Assez déstabilisant.

Alors comme je vous l’ai écrit un peu plus haut, je pense avoir fait une erreur de débutant dans mes additions de houblons.. Enfin, c’est de cette manière que je m’explique ce phénomène…

En dehors de l’amertume, les saveurs sont plutôt équilibrées, mais le goût de l’ortie…

Bref #cherchebonnesamespourdondebières

Pour vous aider à déguster correctement une bière : Les conseils de Damien !

Ce que j'en retiens

  • Je ne suis pas sûre que l’ortie ce soit bon, ni que son odeur soit appréciable. Heureusement qu’on peut lui accorder d’autres bienfaits… La prochaine fois je penserai fleurs de sureau ou peut être jeunes pousses de sapins au printemps…
  • Le réglage de mon moulin est à améliorer… ou il faudra envisager de le laisser monté.
  • Le travail en deux brassins parallèles c’est bien, mais ça demande de la gymnastique d’esprit et de la bonne prise de notes!

Petit brasseur, où en es-tu?

Que penses-tu de cet article, est-ce que le format te plaît? As-tu des idées d’amélioration?

Concernant la recette, as-tu déjà brassé l’ortie? En viens-tu aux mêmes conclusions que moi concernant cette plante?

Retrouvez nos recettes :

·  La Blonde d’été;

·  La Kissifrot’, notre bière à l’ortie;

·  La Rye porter;

·  La Hoppy Christmast;

·  L’épicure, une blonde au sureau;

·  La Punk IPA;

·  L’Extra Special Bitter!

As-tu pensé à télécharger notre livre numérique pour t’aider à brasser ta première bière tout grain? Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook ou sur Instagram.

A très bientôt

Publié le 16 commentaires

Brasser sa bière : les étapes, le matériel

materiel brassage biere maison

Voilà, le jour où tu vas te lancer dans le brassage amateur est arrivé! Ce petit article a pour but de t’orienter sur le matériel qu’il faut avoir pour brasser sa bière. D’abord, il faut savoir qu’en fonction du budget que tu souhaites y consacrer, tu vas trouver des solutions vraiment différentes.

Dans un premier temps, nous parlerons de l’espace nécessaire pour brasser sa bière. Ensuite, nous présenterons le matériel que le brasseur débutant a besoin, par “ordre chronologique” (en suivant la recette du brassage d’une bière). Nous te proposons le matériel que nous utilisons et te présenterons également des alternatives. Bonne lecture!


L’espace nécessaire pour brasser sa bière

On imagine tout de suite des grosses marmites voire des cuves, des plaques de cuisson à gogo, des seaux empilés, des caisses de bouteilles vides jonchant le sol…. Mais, avant d’en arriver là, chaque brasseur à commencer par brasser dans sa cuisine. Et c’est grandement suffisant, la place nécessaire est finalement assez réduite. Toute cuisine est assez grande pour un brassage.

Et si vous êtes étudiant en studio, sachez, que le brassage de bière y est réalisable. Certes il faudra un peu d’organisation. Mais je suis sure que vous y avez déjà organisé une soirée à 10 personnes, ça ne sera pas pire!


Le matériel nécessaire pour brasser sa bière

Pour le matériel et surtout l’investissement à y consacrer, il y a deux écoles :

Comment lire cet article?

Pour les petits investisseurs

Nous parlons des brasseurs qui ne peuvent ou ne souhaitent pas beaucoup investir (je n’ai pas un rond et je ne suis pas sûr de brasser plusieurs fois), les bourses vides (oh my god!).

L’étudiant futur brasseur

Tu dois d’abord savoir que la somme à investir peut être faible, si tu as un peu de matériel de cuisine à ta disposition. Tu trouveras les coûts dans les encadrés verts.

Mais sache également qu’une fois que tu auras goûté au brassage (ou plutôt à la bière brassée par tes petites mains), tu ne pourras plus t’en passer 😉 A bon entendeur…

Pour les futurs brasseurs réguliers

Nous parlons de ceux qui veulent travailler un peu plus confortablement. Nous vous proposons une petite liste d’achat de matériel pour brasser sa bière (j’ai une petite somme d’argent à consacrer à mon équipement de brassage). Les prix seront indiqués dans les encadrés bleus.

Pour suivre la recette d’une bière

Afin de suivre au mieux le déroulé de cet article et/ou de d’approfondir une thématique, je te propose de télécharger gratuitement notre livre “Comment brasser sa bière tout grain”. Tu y trouveras la recette, qui te permettra de suivre cet article :

Vous trouverez également les étapes de la fabrication de la bière à la maison par ici :

Avant de commencer ton premier brassin, consulte notre article : ces 20 erreurs que tu ne feras pas.


Étape 1 – Matériel pour la pesée et le concassage de l’orge

Concassage avec un moulin à malt

La pesée du malt

Tout d’abord, pour brasser sa bière, il faut une balance pour peser la bonne quantité de malt.

Investissement : 0 euros (on a tous une balance dans notre cuisine!)

Ceci dit, si tu as besoin d’en acquérir une, choisis un modèle qui permet de peser jusqu’à 5kg, ça t’évitera des allers-retours.

Balance de cuisine

Investissement : 15 euros


Le concassage du malt

Dans un premier temps, le malt d’orge dont tu vas avoir besoin dans ta recette doit passer à la moulinette (Tu peux en savoir un peu plus en lisant l’Article sur l’orge et l’Article sur le malt).

Moulin manuel à grains de café

Néanmoins, pour éviter d’avoir à acquérir un moulin pour concasser ton malt, tu as la possibilité d’acheter le malt déjà concassé pour un petit supplément de prix. Tu auras parfois le choix lors de l’achat de malt chez ton fournisseur (Attention le rendement d’une recette au malt concassé depuis plusieurs jours est moins bon).

Dans une brocante ou un fond de grenier, tu pourras éventuellement tomber sur un moulin à grain de café manuel. Une pépite, emparez-vous en et courez! Il fera votre bonheur de brasseur pendant un bon moment.

Investissement : quelques euros de plus par kg de malt d’orge concassé, ou quelques euros pour un moulin à café en brocante, ou rien du tout si tu as accès au grenier de mamie.

Cependant, si tu souhaites acheter du matériel, les premiers prix des moulins à malt en fonte pour brasser de la bière, sont entre 30 et 40 euros. Dès que tu auras brassé quelques vingtaines de litres de bière, ton achat sera rentabilisé.

moulin à malt

Il existe également des moulins à malt avec 2 rouleaux, que certains brasseurs ingénieux font tourner avec leur perceuse. Ils sont un peu plus chers à l’achat, mais peut être moins physique à l’utilisation si tu adaptes ta perceuse… A toi de voir 😉

Pour t’aider à choisir ton moulin : Le concassage n’a plus de secret pour toi!

Investissement : 35 euros

Pour faciliter les transferts de matière, tu as la possibilité d’acheter une pelle à malt (4 euros) ou encore mieux une pelle à moût de 3 litres (8 euros). La pelle à moût pourrait être plus adaptée pour brasser ta bière, lors de ton transvasement de drêches dans la cuve de filtration qui a lieu plus tard dans la recette, si tu optes pour cette méthode.

pelle à malt
pelle à moût

Investissement : 8 euros


Étape 2 – Matériel pour l’empâtage

L’empâtage est la première étape pour brasser de la bière. Le malt d’abord concassé est ensuite infusé dans de l’eau chauffée.

Si tu as besoin d’un coup de main pour choisir la technique d’empâtage qui te convient, consulte : 3 méthodes d’empâtage/filtration en vidéos. Si tu recherches des informations sur l’empâtage en cuve automatisée, c’est par ici.

Il te faudra donc pour cette étape, chauffer une grande quantité d’eau et avoir un récipient suffisamment grand pour contenir le malt additionné d’eau. Le matériel nécessaire est donc relativement simple.

Si vous vous posez des questions concrètes sur votre empâtage, vous pouvez consulter notre article pour calculer vos volumes et notre foire aux questions empâtage.

Pour calculer la contenance dont tu as besoin, il faut compter entre 2 à 3 litres d’eau par kg de malt utilisé.

Tu peux utiliser la cocotte de maman que tu feras chauffer sur les plaques de cuisson.

Investissement : 0 euros

Pour acquérir une cuve de brassage tu vas avoir le choix :

1/ entre une une simple marmite/cuve type fait-tout, que tu vas placer sur les plaques. Tu peux utiliser du matériel de cuisine (à partir de 40 euros). Néanmoins, car tu vas vite être en difficulté si tu n’as pas le robinet pour soutirer en pied de cuve. Pour palier à ce problème, tu devras brasser des quantités de malt plus faibles et prévoir de faire une filtration grâce à une chaussette spécifique (environ 10 euros) , c’est la technique brew in a bag (BIAB) ou brassage en sac. Attention, ça peut vite peser très lourd… Les rendements (taux d’extraction de sucres) sont moins bons avec cette technique.

grand fait-tout
sac de brassage pour technique “brew in a bag”

Investissement : 40 euros + 10 euros pour le sac de brassage

2/ Tu as aussi la possibilité d’acheter une cuve de brassage électrique d’une trentaine de litres. L’avantage, la montée en température rapide et contrôlée, le thermostat pour stabiliser la chauffe quand un pallier est atteint, le robinet pour soutirer. Tu n’auras pas besoin de prévoir les plaques de cuisson ou brûleur, tu peux l’installer où tu veux.

cuve de brassage de 30 litres

Investissement : 150 euros.


Le brassage du moût

Tu devras brasser ta bière régulièrement (d’où le nom de brasseur). Le professionnel utilise un fourquet, qui est accessible à partir de quelques euros.

Mais tu as toujours la possibilité d’utiliser une grande cuillère ou équivalent qui soit quand même assez grand pour toucher le fond de ta cuve…

Investissement : 0 euros

Je te conseille l’acquisition d’un fourquet, pour homogénéiser la température, faire pénétrer l’eau à l’intérieur de ton malt et casser les amas. Il en existe plein de types différents, en plastique, inox ou bois. Les prix peuvent donc passer du simple au double.

fourquet

Investissement : 3 euros


Les paliers de température

Pendant l’empâtage, afin de libérer les différentes enzymes présentes dans les céréales, des paliers de températures doivent être maintenus pendant des durées pré-établies.

Tu vas devoir contrôler la température de ton brassin. Tu as sûrement un thermomètre de cuisine pour ta recette de macarons, non?

Investissement : 0 euros

Pour brasser sa bière, il existe des thermomètres digitaux, fixes ou filaires, ou des thermomètres en verre (vieilles écoles). Il existe des thermomètres que tu aimantes sur ta cuve, ou ceux que tu fixes avec une pince sur le bord de ton récipient. Tu pourras trouver ton bonheur entre 5 et 30 euros.

Thermomètre digital filaire

Investissement : 10 euros


Étape 3 – Matériel pour le test de transformation de l’amidon

Ce test permet de savoir si l’intégralité de ton amidon a été réduit en sucres plus simples (sucres fermentescibles ou non). Pour en savoir un peu plus, tu peux relire les articles sur l’orge ou sur le malt).

Si tu ne comptes pas brasser ta bière de nombreuses fois, tu peux te passer de cette étape et faire confiance aux recettes que tu suivras et qui te donneront une durée d’empâtage à respecter.

Investissement : 0 euros

Pour vérifier que tout l’amidon a été transformé, tu vas avoir besoin de réaliser le test du Lugol (Voir l’article sur l’orge). Le Lugol se trouve sur les sites de vente de matériel de brassage, mais aussi sur les sites de produits de santé ou en pharmacie. N’hésite pas à comparer les prix.

Lugol

Investissement : 5 euros


Étape 4 – Matériel pour la filtration du moût

Après l’empâtage, le liquide contenant les sucres doit être séparé des drêches (restes de céréales).

Afin de s’affranchir de l’achat d’un seau de filtration, les plus modestes (ou pingres) opteront pour l’utilisation d’une chaussette de filtration. Dans ce cas, pour seulement 10 euros, lors de l’empâtage, les céréales sont placées dans cette chaussette, ce qui permettra de retirer le tout facilement pour éviter l’étape de filtration. Attention, ça peut vite peser très lourd… Les rendements (taux d’extraction de sucres) sont moins bons avec cette technique.

Tu te souviens, j’en parlais un peu plus haut dans le paragraphe sur l’empâtage.

sac de brassage pour technique “brew in a bag”

Investissement : 0 euros (je ne le recompte pas, il a déjà été mentionné à l’empâtage!)

L’idéal pour brasser sa bière, est quand même de s’équiper d’une cuve de filtration en plastique de 30 litres, équipée d’un robinet. Le principe est d’avoir un seau comme ceux qui sont utilisés pour la fermentation (équipé d’un robinet). Dans le fond on positionne un support métallique et une plaque filtrante pour laisser passer le moût. Ce système permet de surélever le gâteau de drêche afin qu’il n’obstrue pas le robinet.

Là encore, il existe plusieurs modèles, des seaux avec fonds renforcés, des filtres en plastique en inox.

Cuve de filtration en plastique 30L Brewferm
seau de filtration

Investissement : 60 euros

Si tu es bricoleur, il y a pas mal de tuto sur internet pour faire du matériel pour brasser sa bière et notamment des filtres maison!


Etape 5 – Matériel pour le lavage des drêches

Afin de récupérer un maximum des sucres, les drêches sont lavées plusieurs fois avec de l’eau chaude.

Il te faudra prévoir pour cette étape seulement une nouvelle quantité d’eau chaude à 80°C, tu as une seconde grande marmite et une louche dans ta cuisine? Ou tu as toujours la possibilité de laver ton premier fait-tout, notamment avec la technique brew in a bag, qui te l’a libéré…

Investissement : 0 euros

Pour calculer le volume (V) dont tu as besoin :

Nous ferons un article spécifique sur les calculs pour t’aider à déterminer tes volumes. Ou si ce point ne t’intéresse pas, tu auras toujours la possibilité de suivre une recette.

grand fait-tout

Investissement : 50 euros

De notre côté, nous avons opté pour un stérilisateur de bocaux. Il a le mérite d’être électrique, la température monte rapidement et avec le thermostat, on peut plus facilement contrôler la température… (80€).

stérilisateur de bocaux

Nous effectuons les transvasement d’eau chaude avec notre pelle à moût (environ 8 euros). Nous avons déjà comptabiliser l’achat dans le paragraphe sur le concassage. En effet, il faut faire couler l’eau doucement pour ne pas perturber le gâteau de drêches et permettre un écoulement homogène de l’eau.

pelle à moût

Etape 6 – Matériel pour l’ébullition et l’ajout des houblons

Le moût est porté à ébullition pour le stériliser et pour permettre aux houblons de libérer leurs arômes (Pour en savoir un peu plus sur le houblon, ou t’aider à le choisir et l’utiliser).

Aucun nouveau matériel n’est nécessaire pour cette étape, puisque tu as une balance en cuisine (pesée des houblons) et, que tu vas utiliser du houblon en pellets pour éviter les investissements supplémentaires. Les chaussettes pour houblons ne sont utiles uniquement si tu choisis du houblon en cônes.

Investissement : 0 euros

Si tu penses utiliser du houblon en cônes, tu pourras utiliser la technique du whirlpool (voir Glossaire) pour éliminer les restes végétaux. Mais tu peux faire l’acquisition de chaussettes à houblon (que tu pourras réutiliser après lavage).

chaussette ou sac de houblonnage

Investissement : 4 euros pour 10 chaussettes

Récemment, on nous a également ouvert les yeux sur la possibilité de trouver, fabriquer ou acheter des filtres en inox pour le houblonnage. Nous n’avons pas encore testé.

Filtre inox pour infusion houblon

Etape 7 – Matériel pour le refroidissement du moût

Comme les levures ont une température de prolifération relativement basse, le moût doit redescendre en température.

Le refroidissement doit être dans l’idéal assez rapide, pour éviter sa durée et donc la possibilité pour ton moût d’être contaminé. Si tu n’as pas la possibilité de faire autrement, tu peux laisser ton moût redescendre en température, sans action. Cependant ceci peut avoir des effets sur la qualité de ta bière finale (turbidité).

Tu peux également placer ta cuve dans un évier/bac avec de l’eau froide circulante, voire y ajouter de l’eau glacée.

Investissement : 0 euros

Pour diminuer la durée du refroidissement et donc le risque de contamination de ton moût, tu peux utiliser un serpentin de refroidissement en inox ou en cuivre que tu plongeras dans ton moût. Tu devras prévoir tes raccords avant de commencer, pour éviter les moments de solitudes. Si tu es bricoleur, de nombreux tutos sont à disposition pour fabriquer soi-même son refroidisseur.

serpentin de refroidissement

Investissement : 40 euros

Sache qu’il existe également des refroidisseurs à plaques en inox ou en cuivre (entre 80 et 100 euros). Mais encore une fois, je n’aime pas parler de ce que je n’ai pas testé… Il parait quand même qu’il est assez difficile à nettoyer et peut donc être source de contaminations. Et qu’il faudrait l’utiliser avec une pompe? Alors je te dis juste que ça existe, si tu as un retour sur son utilisation, n’hésite pas à nous laisser un commentaire.

refroidisseur à plaques

Etape 8 – Matériel pour la fermentation

C’est le moment où tu vas ensemencer ton moût avec les levures.

Si vous vous posez des questions concrètes sur votre empâtage, vous pouvez consulter notre foire aux questions fermentation.

La préparation des levures

Il existe des levures sous forme liquide. Dans ce cas, tu n’auras pas besoin de matériel, tu ouvres ton sachet (parfois après activation) et tu verses le contenu dans ton fermenteur.

Si tu as choisi des levures sous forme sèche (meilleure stabilité, plus longue conservation), tu vas devoir les réhydrater. Il te faut un petit récipient dans lequel tu vas placer tes levures avec un peu d’eau (préalablement bouillie puis refroidie). Un verre, un bol ?

Investissement : 0 euros.

Si tu souhaites t’équiper tu as la possibilité de prendre une bouteille de labo de 250 ml par exemple, tu auras un bouchon qui protégera ta levure des éventuelles contaminations

Bouteille pour préparation de levure

Investissement : 8 euros


L’ensemencement du moût par les levures

Parfois en brocante ou en grenier on tombe sur des trésors, les dames Jeanne. Grande bonbonne en verre, parfois protégée par un panier et parfois munies d’anses, utilisée pour la fermentation du moût. Tu trouveras l’origine de ce nom dans le Glossaire.

Des dames jeanne, il en existe de toute taille (2 à 25 litres). Elles peuvent être en verre teinté (c’est mieux si la fermentation se passe dans le noir). Les plus grosses peuvent être équipées de panier de protection en osier ou en plastique, avec des poignées pour faciliter le transport.

dame jeanne de 2 litres
dame jeanne de 25 litres avec panier plastique

Investissement : quelques euros en brocante ou grenier de mamie

Il faudra quand même les équiper d’un bouchon adéquat, troué pour laisser passer un barboteur. Le barboteur permet l’évacuation des gaz en empêchant l’entrée d’air. Attention à vérifier la bonne adéquation de tout ça (taille bouchon par rapport à la taille goulot, et taille trou du bouchon par rapport au barboteur…). Il en existe plusieurs modèles… Pense à utiliser de l’eau préalablement bouillie et donc stérilisée

bouchon avec barboteur

Investissement : 7 euros

Pour nos premiers brassins, nous avons opté pour le fermenteur type seau en plastique. le plus économique, équipé d’un robinet et d’un barboteur. Ce matériel te permettra largement de brasser raisonnablement.

seau de fermentation avec barboteur

Nous sommes ensuite passées au fermenteur Speidel en format 30 litres. Les poignées de transport sont solides. Le fermenteur ne se déforme pas lors des transports quand il est plein. Toujours facile à nettoyer. Son prix est raisonnable

Investissement : 30 à 50 euros


Etape 9 – Matériel pour le lavage des bouteilles

Les bouteilles

Si tu es malin, tu t’aies mis de côté, les bouteilles vides des bières que tu as consommées.

Investissement : 0 euros pour les bouteilles

Tu peux acquérir un jeu de bouteilles que tu devras néanmoins désinfecter mais franchement, réutiliser les anciennes bouteilles c’est faisable et plus raisonnable. Dans ce cas, Choisis-les brunes ou vert foncé pour améliorer la conservation de la bière en la protégeant de la lumière.

Il existe les bouteilles de 33cl, les 50cl (mes préférées) et les 75cl. C’est une histoire de goût.

Bouteilles 33cl
Bouteilles de 50cl

Les bouchons

1/ Soit tu as un petit budget ou tu préfères les bouteilles à bouchon mécanique (type Fisher pour ne pas citer de marque ;-))

Et dans ce cas, comme tu utilises des bouteilles de récupération, tu n’auras pas de frais à prévoir.

bouchons mécaniques

Investissement : 0 euros pour les bouchons mécaniques 

2/ Soit tu préfères les capsules métalliques dites capsules couronnes. Dans ce cas, tu devras acquérir le matériel de capsulation.

Les premiers prix pour les capsuleuses manuelles sont à 20 euros. Mais je n’en ai pas entendu que du bien…

capsuleuse manuelle

Les capsuleuses sur pied, que je conseille vivement, sont à partir de 40 euros, choisissez un modèle avec peu de plastique pour la robustesse et la longévité de votre équipement. Il faut quand même y aller franchement…

Capsuleuse sur table

Investissement : 16 à 40 euros

Tu devras également prévoir l’achat des capsules. On parle parfois de bouchons couronnes. Attention, il existe deux tailles 26mm et 29mm, vérifie bien celles dont tu as besoin. Les 26mm servent pour la plupart des bouteilles, les 29mm sont pour les plus gros goulots, type bouteille de champagne, de cidre etc… Les capsuleuses ont en général les coquilles pour chaque taille ou une coquille qui peut faire les deux. Mais attention les premiers prix ne feront que les 26mm…

Tu pourras te faire plaisir avec les couleurs des capsules 😉

Investissement : 3euros/100 pièces


Le nettoyage

La première étape consiste à éliminer la saleté, les amas solides, les restes de liquide. C’est le nettoyage.

Il faudra prendre le temps de soigneusement rincer tes bouteillesjuste après consommation. Surtout s’il s’agit de bière artisanale non filtrée, les levures forment un amas en fond de bouteille (la lie), qui, séché, sera difficile à décoller lors de ton nettoyage.

Tu as du savon noir, du gros sel, du bicarbonate de soude, du percarbonate de soude, du vinaigre blanc, de l’huile de coude?

Investissement : 0 euros pour le nettoyage

As-tu un goupillon, pour bien décoller ce qui se trouve au fond? Tu peux trouver des goupillons à partir de 3 euros.

goupillon

Si tu souhaites t’équiper mieux, tu pourras acheter un rince bouteille qui se fixe sur ton robinet pour 12 ou 24 euros (simple blast pour une bouteille et double blast pour deux bouteilles) ou un rince bouteille avec réservoir où tu placeras ta solution désinfectante (cela combine le nettoyage et la désinfection et en plus, c’est moins cher)..

rince-bouteille double blast
rince bouteille avec réservoir pour solution désinfectante

Investissement : 3 euros pour le goupillon – 12 euros pour le rince bouteilles simple blast – 7 euros pour le rince bouteilles avec réservoir.


La désinfection

Il te faudra quand même même si tu décides de les réutiliser, prendre le soin de désinfecter tes bouteilles. La désinfection sert à éliminer les éventuels micro-organismes présents. Ces dernier pourraient apporter faux-goûts ou contaminations (hygiène hygiène!!). Si tu as besoin de plus de précision concernant les méthodologies pour éviter les contaminations fonce ici!

Je te laisse maître d’utiliser le désinfectant “compatible” avec l’alimentation, que tu as sous la main (comme de l’alcool à 70% que mamie cache au fond de sa cave?).

Investissement : 0 euros pour la désinfection

Sache néanmoins, qu’il existe du produit désinfectant pour 3 euros les 100g (par exemple chemipro oxi, Star san). Le chemipro OXI s’utilise en solution (4g/litre). Le Star-san est déjà sous forme liquide. Nous allons rédiger un article sur le nettoyage et la désinfection pour t’aider à y voir plus clair.

chemipro OXI
Star-san

Sur le papier, ces produits n’ont pas besoin d’être rincés. De notre côté, on préfère quand même rincer à l’eau claire (perfectionnisme?).

Investissement : 3 euros pour les 100g de chemipro OXI  – 20 euros pour 120 ml


L’égouttage

Pour faire sécher les bouteilles, rien d’obligatoire, tu peux faire preuve d’organisation!

Investissement : 0 euros

Mais parfois, pour travailler plus confortablement, l’organisation ne faisant pas tout, tu peux acheter ou te procurer un égouttoir à bouteilles, ou le célèbre Fastrack 😉

Egouttoir à bouteilles
Fastrack

J’apprécie particulièrement le fast rack pour son grand plateau de rétention des égouttures, pour la possibilité de transporter un plateau de bouteilles si besoin, et bien sur pour son encombrement minimal quand il est plein (superposition des plateaux). Dommage qu’il ne soit pas conçu pour les bouteilles 75 cl, il y a de la perte d’espace…

Investissement : 35 euros pour l’égouttoir à bouteilles – 15 euros pour le Fastrack


Etape 10 – Matériel pour l’embouteillage

Le resucrage

Comme pour la préparation des levures, tu as besoin d’un récipient pour préparer ta solution de sucre (un peu plus grand) : un saladier, un verre mesureur d’1 litre? A raison de 8g de sucre/litre de moût, tu pourrais avoir besoin de 160g de sucre pour 1 litre d’eau préalablement bouillie. Tu pourras ensuite transvaser ta solution sucrée dans ton moût.

Investissement : 0 euros

Si tu souhaites t’équiper, rien d’obligatoire, tu as la possibilité de prendre un verre mesureur.

verre mesureur 1litre

Investissement : 7 euros 


La mise en bouteille

Si tu es joueur, tu pourras utiliser l’entonnoir de ta cuisine. Attention néanmoins, au risque de contamination à cette étape.

Investissement : 0 euros 

Sinon, il te faudra, par exemple, une tige d’embouteillage compatible avec le robinet que tu as sur ton seau de fermentation.

Tige d’embouteillage

Investissement : 3 euros 


Etape 11 – Matériel pour la prise de densité

Si tu restes sur ton budget serré, finalement, connaitre la quantité d’alcool n’est pas si obligatoire.

Investissement : 0 euros

S’il te reste encore quelques euros en poche, je te conseille l’achat d’un densimètre (Voir Glossaire). Le densimètre se plonge dans un prélèvement de moût ou de bière, réalisé dans une éprouvette. Il existe des éprouvettes en verre, en plastique.

Densimètre
Eprouvette

Investissement : 20 euros

Pour évaluer ta densité, tu as également la possibilité de t’équiper d’un réfractomètre.

Investissement : 20 euros


Où en sommes-nous?

Pour résumer, tu trouves ici ta liste d’achat de matériel pour brasser ta bière à la maison. Si tu es débrouillard (et sans le sou), tu peux débuter en ne dépensant que quelques centimes d’euros. Ça c’est une bonne nouvelle non? Cependant, si tu souhaites y mettre un peu d’argent, tu auras un équipement complet pour environ 400 euros.

Nous nous concentrons ici sur ce qui est appelé le brassage tout grain qui s’oppose au brassage avec extrait de malt (Voir Glossaire). En effet, nous pensons qu’il s’agit du “vrai” brassage de bière, la bière sans tricher. Mais vous pouvez également vous faire vos armes sur cette technique plus simple.

Les sites fournissant du matériel de brassage sont de plus en plus nombreux et proposent des produits différents, je ne vais donc pas rentrer dans le détail. Je te laisse naviguer, comparer et faire tes choix. Si vraiment tu souhaites en savoir un peu plus, n’hésite pas à nous poser tes questions.

Comment te sens-tu? Es-tu serein pour suivre ta première recette? Si ce n’est pas le cas, tu as aussi la possibilité de brasser ta première bière avec un kit de brassage.

N’oublie-pas de partager cet article s’il t’a été utile! à très bientôt!