Publié le 15 commentaires

Pourquoi faut-il réhydrater sa levure sèche ?

Savoir réhydrater correctement sa levure sèche est essentiel pour assurer une performance optimale de la levure et pour avoir une fermentation plus complète et plus rapide. Faire une mauvaise réhydratation, c’est donc prendre le risque de diminuer la viabilité des cellules donc de sous-ensemencer votre moût.

Si tu souhaites en savoir plus sur les levures: consulte Mes amies les levures ou notre foire aux questions sur la fermentation.

La membrane des levures sèches

Les levures sèches actives ressemblent à des éponges compactes composées de microbilles serrées les unes contre les autres. Ces éponges sont prêtes à absorber du liquide.

Déshydratée, la membrane de la cellule présente des circonvolutions.
Réhydratée, elle redevient parfaitement lisse.

Comme leur nom l’indique, les levures sèches actives ne sont pas inactives, elles sont en dormance. Pour les « réveiller », elles ont besoin en premier lieu de récupérer l’eau perdue lors du séchage. L’étape de réhydratation est donc indispensable.

Une diffusion non sélective

La levure sèche doit être reconstituée de manière douce.

Diffusion des molécules d'eau à travers la membrane bicouche par un... |  Download Scientific Diagram

En effet, la paroi cellulaire de la levure sèche est très fragile et c’est essentiellement au début de la réhydratation que la situation est critique.

Pendant ces premières minutes voir même premières secondes, la paroi cellulaire de la levure ne peut pas différencier ce qui passe à travers elle. Les sucres, les produits du houblon et le dioxyde de sulfure que la levure peut normalement bloquer de manière sélective, se précipitent à l’intérieur de la cellule et endommagent gravement les cellules. Dès que la paroi cellulaire est correctement reconstituée, la levure peut réguler ce qui entre et sort de la cellule.

C’est pourquoi réhydrater votre levure dans le moût n’est pas la solution optimale pour sa santé. La levure a besoin d’eau !

Conséquence d’un ensemencement direct

Dry Yeast vs Liquid Yeast: Which One to Use for Homebrewing?

Les fermentistes nous proposent souvent de saupoudrer la levure sèche directement dans le moût refroidi.

Certes, la réhydratation dans le moût n’entraîne pas un échec total.

Mais, vous devez savoir que cette réhydratation ne se fera alors pas en douceur car le moût contient des substances « toxiques » pour la levure à ce stade (stress osmotique).

Certaines études ont démontré que la viabilité cellulaire est réduite de plus de 50% lors d’un ensemencement direct par rapport à une réhydratation avant ensemencement.

Mais les fermentistes estiment qu’un sachet contient déjà suffisamment de cellules viables et que cette perte n’affectera pas votre fermentation.

Au passage, si vous optez pour cette méthode d’ensemencement, il est recommandé d’aérer votre moût avant l’ensemencement. Cela enlèvera un stress supplémentaire à vos cellules !

Comment procéder

Température

La température de réhydratation est également un paramètre sensible pour la levure à cette étape.

Chaque souche de levure a sa propre température de réhydratation optimale. Au fur et à mesure que vous abaissez la température de réhydratation, la viabilité des cellules diminue. À 15 °C, il peut y avoir jusqu’à 60% de cellules mortes.

Mode d’emploi

Profitez du temps de refroidissement de votre moût pour réhydrater votre levure sèche.

Préparez une quantité d’eau stérile égale à 10 fois le poids de la levure, dans un contenant stérile.

L’eau du robinet préalablement bouillie (pour éliminer tout micro-organisme) fera parfaitement l’affaire. N’utilisez pas d’eau distillée ou déminéralisée car l’eau sans contenu minéral provoque la mort cellulaire en raison de la pression osmotique.

Après l’avoir fait bouillir, il faudra laisser l’eau refroidir à la température de réhydratation adéquate :

  • entre 30 et 35 °C pour les levures Ales,
  • entre 20 et 25 °C pour les levures Lagers

Couvrez pour éviter les contaminations.

Ouvrez le sachet de levure avec du matériel désinfecté (surtout si vous prévoyez de ne pas utiliser la totalité du sachet en une fois).

Saupoudrez le contenu à la surface de l’eau stérile et refroidi à température adéquate. Essayez d’éviter la formation de grumeaux mais ne remuez pas tout de suite car cela entraînerait un stress supplémentaire pour les cellules.

Laissez reposer pendant 15 minutes.

Remuez délicatement pour mettre la levure complètement en suspension puis laissez à nouveau 15 minutes. On obtient ce qu’on appelle une “crème de levure“.

Après ces 30 minutes de réhydratation, la levure est prête pour être ajoutée directement dans le moût refroidi.

Précautions

Mais surveillez la différence de température entre la crème de levure et le moût. Elle ne doit pas être supérieure à 5 °C car cela peut bloquer le démarrage de la fermentation.

Pour atténuer cette différence, on peut refroidir la crème de levure en ajoutant des petits prélèvements de moût refroidi (attendre une baisse naturelle de la température de la crème de levure prendrait trop de temps).

N’attendez pas trop longtemps pour ensemencer cette crème de levure car la levure commence à fatiguer en épuisant ses réserves de glycogène et tréhalose.

Dois-je vraiment aérer mon moût avant ensemencement ?

L’oxygène est un élément indispensable aux levures pour qu’elles puissent synthétiser les stérols et acides gras nécessaires à leurs parois cellulaires. C’est un fait, on ne vous a pas menti !

Cependant les fermentistes sont prévoyants : ils fournissent déjà dans leur petit sachet toutes les réserves nutritionnelles pour un démarrage rapide, y compris ces fameux stérols et acides gras.

Recommandations du fermentiste Lallemand  

Maintenant, à vous de faire votre choix en connaissance de cause !

Cet article fait partie de notre formation “Mes premiers pas dans le brassage”.
Les inscriptions sont encore ouvertes, dépêche-toi de rejoindre l’aventure toi aussi ^^

Petit brasseur, où en es-tu ?

Et toi, utilises-tu des levures sèches ?

Comment procèdes-tu habituellement pour ensemencer ton moût ?

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 11 commentaires

Les épices et herbes aromatiques dans le brassage

Les brasseurs de l’époque médiévale utilisaient souvent des épices non seulement pour leurs saveurs, mais aussi pour couvrir les arômes indésirables de leur bière. Pouah!

Aujourd’hui, la connaissance des micro-organismes a fait progresser l’hygiène et donc le risque de voir apparaître des arômes indésirables dans notre breuvage. Nous avons donc moins à masquer d’éventuelles contaminations.

L’épiçage de la bière devient donc juste une activité créative facultative, en complément du houblonnage, pour jouer avec les saveurs et les arômes.

A une époque lointaine : le gruit.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans notre article sur les techniques de houblonnage, les épices qui étaient principalement utilisées dans la bière pour équilibrer l’arôme du malt comprenaient le genévrier, les graines d’anis, les graines de carvi et les graines de coriandre.

Ces mélanges de plantes formaient ce qu’on appelle le Gruit, utilisé pour contrebalancer les saveurs sucrées des malts/céréales.

La composition exacte du gruit variait probablement d’une région à l’autre en fonction de ce qu’on trouvait sur place. Ainsi du côté de la Bretagne, le gruit comportait beaucoup de bruyère. Dans d’autres régions, l’achillée mille-feuille était préférée.

Les épices couramment utilisées aujourd’hui

Une épice est une matière d’origine végétale aromatique ou piquante, souvent utilisée en petite quantité.

Les épices sont issues de différentes parties d’une plante : écorce (cannelle), fleur (safran, clou de girofle), fruit (poivre, aneth, piment), rhizome (gingembre, curcuma), graine (noix de muscade, moutarde), etc.

Certaines épices en poudre sont en fait des mélanges de plusieurs épices : c’est le cas du curry, du massala, du chili, du ras el hanout, des 4 épices aussi (même si parfois le poivre de Jamaïque est utilisé en guise de 4 épices tiré de l’arbre Pimenta dioïca).

Nous avons également la possibilité d’utiliser des herbes aromatiques pour lesquelles nous sélectionnerons les feuilles (persil, basilic, thym, romarin, etc.), les tiges (citronnelle) ou même les bulbes (oignon, ail, etc.) si vous êtes expérimentateur.

Oui, oui, même les bulbes, vous avez bien lu!

Par exemple, l’ail noir est un ail confit qui devient noir après la fermentation et développe des notes de caramels. On peut maintenant retrouver quelques bières commercialisées comportant de l’ail noir dans leur recette (Clin d’œil David : On attend ta recette perso 😉 )

Les épices couramment utilisées dans les bières d’aujourd’hui comprennent les graines de coriandre, la cannelle, les écorces d’orange, le poivre noir, les graines de paradis.

Pour certains styles de bière, comme les Belgian Witbiers, les épices sont des facteurs déterminants clés de leur profil de saveur.

Les épices sont également souvent utilisées dans les bières de saison comme les bières de Noël typiques ainsi que les bières d’automne. Les ales à la citrouille outre atlantiques utilisent des mélanges d’épices tout prêts (ceux de la célèbre pumpkin pie) comme nous l’avons vu dans notre article : cannelle, gingembre, muscade, clou de girofle, piment (des épices chaudes et sucrées).

Enfin, n’oublions pas la possibilité d’aromatiser au moyen de fleurs : l’hibiscus, le sureau, l’acacia, le jasmin, la fleur d’oranger (même s’il s’agit le plus souvent de l’hydrolat des fleurs issu de leur distillation plutôt que des fleurs elle-mêmes).

Les composés aromatiques des épices

Le géraniol, le linalol, le camphre et le 1-alpha-terpinéol sont des composés aromatiques le plus communs dérivés des épices.

Géraniol
Linalol
Camphre

Il en existe plein des composés aromatiques dans les plantes. Je ne suis pas sure que ce soit pertinent de vous en faire une liste exhaustive ici… En voici quelques-uns :

ComposéArômeOn le trouve
GéraniolFloral, Rose, Géraniumdans la peau d’orange et la coriandre
LinalolLavande, Floral, Boisédans la coriandre, la cannelle, le laurier
EugénolClou de girofle, Médicamentdans la cannelle, le clou de girofle
CamphreRomarin, Saugedans la coriandre, la cannelle et le gingembre
1-alpha-terpineolPin, Liladans la peau d’orange et la coriandre
PipérinePoivre, sensation de chaleurdans le poivre noir
MyristicineÉpicé, poivrédans la muscade, le persil
VanillineVanilledans les gousses de vanille

Comment les choisir ?

L’épicier, le vrai

Mettez votre nez chez un vrai épicier et vous aurez les cellules olfactives et les papilles en plein émoi!

Chez l’épicier, vous aurez des épices fraîches, un large choix, des grandes quantités, des prix attractifs et même des conseils s’ils vous sont nécessaires!

Respirez, imprégnez-vous de ces couleurs, imaginez quelques secondes :

  • cette saveur douce et sucrée en parallèle de ce houblon aux notes amères et tropicales,
  • cette présence boisée pour accompagner les arômes de vos malts torréfiés,
  • ces effluves épicées pour complexifier votre recette de pale ale…

Les possibilités sont immenses. Les herbes et les épices sont juste un outil de plus dans votre panoplie de parfait brasseur 😉 Testez, expérimentez, découvrez et surtout amusez -vous ! C’est notre conseil n°1.

Optez pour le frais

Notre second conseil qui me semble être LE conseil, c’est “optez pour le frais!”

Dès que possible, choisissez des épices entières que vous préparez vous-même. Découpez, émincez, râpez! Choisissez un rhizome entier de gingembre, une gousse de vanille encore brillante d’humidité, des bâtons de cannelle juste achetés, des noix de muscade entières plutôt que de la poudre.

Rhizome de gingembre
Vanille fraîche

Les complexes aromatiques sont souvent éventés dans les poudres préparées depuis des années et mal conservées dans un fond de placard et dans un contenant non hermétique!

Sélectionnez vos oranges parfumées chez le primeur et plongez vos écorces fraîchement récupérées dans votre moût. Les teneurs en huiles essentielles seront à leur apogée.

Agrumes frais

Portez attention à l’origine, à la saison

L’origine de vos épices est primordiale pour essayer de garantir cette fraîcheur. Certaines viennent de très loin, elles auront voyager des mois en bateau avant d’arriver dans votre cuisine. Faites donc également attention à leur conditionnement.

Certaines épices sont étonnamment différentes en saveur en fonction de leur origine. D’une région de production à l’autre, la coriandre sera tantôt fortement épicée, tantôt citronnée. Ce phénomène a d’ailleurs tendance à s’accentuer avec les changements climatiques qui font évoluer les flaveurs.

La saisonnalité a également une importance, vous savez “mangez des légumes de saison” qu’ils disent tous. Dans le cas des épices, c’est d’autant plus important si vous choisissez du frais!

Comment les conserver ?

Les épices et les herbes ont des durées de conservation qui varient du simple au double, les fleurs et les feuilles fraîches seront très courtes, les graines et les écorces parfois très longues. Demandez conseil en fonction de l’épice choisie.

Pour les plus délicates, vous pouvez les conserver au congélateur dans des sachets privés d’oxygène comme vous le feriez pour vos houblons.

Si les épices sont broyées, réduites en poudre, elles deviendront sensibles à l’air. Elles pourront sécher, s’affadir.

Comment les utiliser?

Pour libérer les composés aromatiques, vous devrez donc user du couteau pour les rhizomes, du moulin pour les graines, des ciseaux pour les feuilles, de la râpe, de l’économe, du presse-citron, du broyeur à épice

Soyez inventif.

En effet, plus vous casserez la partie sèche qui sert de protection à l’épice et qui a été en contact avec l’air, plus de chance vous aurez de libérer les composés aromatiques.

#truc et astuce : le moulin à malt type corona fonctionne très bien pour concasser la coriandre par exemple!

Préparez-les à la dernière minute. Jetez ensuite vos épices directement dans votre moût ou bière jeune.

Enfin, vous pouvez également envisager la préparation d’une teinture. Pour en savoir plus sur cette technique c’est par ici !

A quel moment les ajouter ?

Les épices peuvent être ajoutées à différentes étapes du processus de brassage, en fonction de l’épice que vous utilisez et des résultats que vous souhaitez obtenir.

Maniguette Graines de Paradis | Orlandosidee®
Maniguette, graine de paradis

Les épices “racines”, les écorces, les graines

Les épices peuvent être ajoutées à ébullition.

C’est la meilleure étape pour ajouter des épices à base de racines, car celles-ci ont souvent besoin de températures élevées pour une extraction correcte des arômes. Tout comme pour le houblon, plus l’ébullition est longue, moins les arômes volatils persistent dans la bière.

Gingembre rhizome et poudre

ASTUCE : Utilisez vos épices racines comme vous utiliseriez vos houblons amérisants.

Les herbes, fleurs et feuilles plus délicates

Les herbes plus délicates, y compris les fleurs et les feuilles, sont parfois bouillies pendant une courte période (5 à 10 min).

Dans la plupart des cas cependant, les brasseurs optent pour une technique similaire au houblonnage à cru (épiçage à cru?) où les herbes sont ajoutées pendant la maturation, généralement 1 à 2 semaines avant la mise en bouteille.

Si vous optez pour un ajout en fermentation, n’oubliez pas de les tremper quelques minutes dans un alcool fort afin d’éliminer toute trace de micro-organisme.

Si les plantes sont séchées, vous pouvez envisager de les ajouter en fin d’ébullition, c’est souvent le cas pour les fleurs d’hibiscus séchées.

ASTUCE : Utilisez vos herbes, fleurs et feuilles comme vous utiliseriez vos houblons aromatiques.

Si vous doutez du moment d’ajout le plus opportun, posez l’épice quelques secondes sur votre langue. Si les complexes aromatiques vous sont tout de suite révélés (comme c’est le cas de l’hibiscus), optez pour un ajout en fermentation.

Si vous ne percevez rien ou très subtilement, c’est que l’épice doit être bouillie pour libérer ces secrets. Essayez avec de l’écorce de cannelle ou de l’anis étoilé.

En quelle quantité ?

C’est une bonne question, et la réponse va, bien entendu, être dépendante d’énormément de facteurs!

Plusieurs approches :

  • l’approche zéro tolérance chez les allemands. Vous savez la fameuse loi de la pureté allemande datant de 1516, seuls 4 ingrédients un point c’est tout!
  • l’approche subtile chez les belges, la parcimonie.
  • l’approche “wannagain” chez les ricains.

Commencez en douceur, goûtez et ajustez. Vous pouvez diviser vos brassins à 2, 3 ou 4 lots pour augmenter le nombre de vos essais!

N’oubliez pas qu’une épice, fleur ou herbe fraîche contient plus d’eau et aura donc des arômes plus subtils que la même plante séchée. Vous devrez ajuster les quantités en conséquence.

Recette IPA blanche à la rose et à l’hibiscus – Faire sa bière maison Greg Hughes

Comment les associer ?

J’ai envie de dire, faites-vous confiance!

Sinon pourquoi ne pas tester pour vous faire votre propre idée. Une seule directive, trouvez la combinaison qui vous plaît! Vous êtes le maître à bord.

Regardez ce qui se fait, goûtez donc encore et encore. Des bières bien sûr, mais aussi des plats, de la cuisine, des saveurs auxquelles vous n’êtes pas encore familier, des épices, des herbes, des fleurs. Buvez des infusions, croquez, sentez.

C’est le meilleur moyen de travailler votre palette, votre sensibilité, votre créativité.

Certaines épices comme la vanille ou le poivre noir ont la capacité d’augmenter, masquer, modifier les autres flaveurs. A mon sens, sans faire des tests, vous ne pourrez pas imaginer les interactions, les synergies en jeu.

Si vous avez besoin de guide, j’ai trouvé une roue intéressantes dans le livre Mastering homebrew :

La roue des flaveurs des épices et des herbes – Mastering Homebrew

Randy Mosher tente d’associer les épices, de mettre à côté les unes des autres celles qui lui semblent avoir une plus grande compatibilité de flaveurs (si vous souhaitez une traduction, n’hésitez pas à le demander).

Recueil d’herbes, de fleurs et d’épices pour le brassage

Vous trouverez ici des exemples d’herbes et d’épices que vous pouvez utilisez dans vos brassins. Des styles de bières dans lesquels ces épices/herbes sont couramment retrouvés sont également recensés.

A titre indicatif, des quantités vous sont proposées pour un brassin de 20 litres (données quantitatives tirées du livre Mastering Homebrew) :

ÉpicePartie utiliséeFlaveurExemple de style de bièreQuantité indicative (grammes pour 20 litres)
Anis étoiléGrainesÉpicé, AniséBière de noël0,5 à 8
Cannelle,
Cassia (cannelle de Chine)
ÉcorcesCannelle,
Boisé, Terreux
Bière de noël,
Ale à la citrouille
1 à 10
CardamoneGrainesCitronné, Mentholé, Légèrement épicé, ExotiqueBière de noël,
Triple belge
bière blonde
2 à 8
Clou de girofle
(parfois considéré comment faux-gout)
Bourgeons de fleurClou de girofle
Médicament
Bière de noël1 à 8
CoriandreGrainesChaud, doux,
Citronné, Pin, Résineux
Witbiers belges5 à 50
FenugrecGrainesÉrable1 à 8
GenévrierBaiesLégèrement sucré, ÉpicéAle fermière norvégienne,
Sahti Finlandais
6 à 15
GingembreRhizomesÉpicé, Boisé5 à 45
Graine de paradis (Maniguette)GrainesAgrumes,
Pin, Épicé, Poivre noir
Ancienne bière anglaises1 à 8
HibiscusFleursFloral20 à 100
MuscadeNoixÉpicé, âcre0,5 à 5
Orange (douce ou amère)ÉcorcesOrange, MarmeladeWitbiersamère : 3 à 30
douce : 5 à 45
PimentFruitsChaleur dérivée de la capsaïcinePorter5 à 20
Piment de la Jamaïque (Maniguette)Graines4 épicesBière de noël1 à 5
PoivreGrainesPoivre, Pin2 à 15
SureauFleursFloral, fruitéBière de printemps10 à 30
VanilleFruits (gousses)Vanille, SucréBière de noël, Porter1 à 8
Clou de girofle, Feuilles d’origan, Poivre de Jamaïque

Petit brasseur, où en es-tu?

Tout un art? Tout un monde d’expérimentation!

Je suis sure que tu as déjà une création dans laquelle tu as réussi à savamment doser quelques épices. Pas vrai? Envie de partager ça avec nous?

Une expérience, un conseil, une astuce à échanger sur ce sujet?

Il est aussi possible d’associer des fruits à vos ingrédients de brassage (tiens une nouvelle idée d’article…).

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 2 commentaires

Connaître et corriger mon eau de brassage

Aujourd’hui, nous voulons te présenter un nouvel outil indispensable pour tout ceux et celles qui s’interrogent sur la composition de leur eau de brassage. Et oui, ton eau a une incidence sur ta bière notamment sur sa clarté et sur les saveurs!

Rappelle-toi, on t’en parlait déjà dans cet article De l’eau à la bouche.

Des eaux très douces (pauvres en sels minéraux) et peu carbonatées comme à Pilsen (une ville de République Tchèque) vont convenir parfaitement à une pils. Et d’autres eaux plus dures et fortement carbonatées comme à Dublin seront parfaites pour une stout irlandaise.

Donc, avant de brasser un style, on peut se demander si notre eau de brassage est compatible avec ce style 😉.

Les ions ayant une influence sur la bière

Les ions ayant le plus d’impact sur le profil d’eau et sur la bière sont : le chlorure, le sulfate, le calcium, le magnésium, le sodium et le bicarbonate.

Les chlorure Cl : ils renforcent le coté malté ainsi que la complexité de la bière.

Les sulfates SO4 -2 : ils accentuent l’amertume du houblon (amertume plus sèche).

Les calcium Ca2+ : le calcium est le principal minéral déterminant la dureté de l’eau. Il améliore la clarté, le goût ainsi que la stabilité de la bière. Il apporte également des nutriments pour les levures.

Les magnésium Mg+2 : ils contribuent à la rondeur en bouche de la bière. Le magnésium est aussi un élément essentiel pour les levures lors de la fermentation (le malt génère cependant un apport suffisant pour la bonne santé des levures).

Les sodium Na+ : ils contribue au « corps de la bière » en accentuant la douceur du malt et la rondeur en bouche.

Les carbonates (CO3-2 et HCO3) : ils participent à l’alcalinité de l’eau et stabilise le pH en compensant l’acidité naturelle du malt. L’ébullition et/ou la dilution permettent de diminuer sa concentration dans l’eau.

Bon,  je te la fais courte ici, mais promis, on t’en reparlera dans un article plus complet sur le sujet !

Où trouver l’analyse de mon eau ?

Et c’est à ce moment qu’il faut réussir à trouver l’analyse de ton eau, à trouver la composition adéquate de l’eau pour le style de bière choisi et à faire les corrections nécessaires en ajoutant des additifs à ton eau de brassage.
Et bien, pour m’être moi-même pencher sur le problème, cette recherche est plutôt complexe !

Voici la solution!

Alors, quand un nouvel outil apparaît et nous permet de faire facilement ces recherches, tout le monde applaudit !!! Un grand merci à David et Eric, 2 amis brasseurs amateurs un peu geek du Sud-Ouest,  pour ce super travail qui va nous faciliter la vie !

Voici donc une présentation du site moneaudebrassage.fr
un outil de calcul de correction de l’eau de brassage en fonction de ton eau locale.

C’est David qui nous explique tout ça.

Pourquoi ce site?

Franchement en tant que débutant, notre première correction d’eau a été très laborieuse :
1) Se fader toutes les analyses d’eau jusqu’à trouver les éléments qui nous intéressent
2) Trouver les données pour le style de bière que l’on veut brasser
3) Entrer ces données dans différents logiciels plus ou moins complexes
4) Tâtonner sur les additif pour essayer d’arriver à ce que l’on souhaite
5) Demander conseil aux membres expérimentés du forum pour ajuster

Bon, l’étape 5) on ne pourra jamais s’en passer , mais on vous propose de faire les 4 premières étapes en 2-3 clics.

Ça vous branche ? C’est parti

Comment ça marche?

1) Allez sur le site : https://www.moneaudebrassage.fr/

2) Entrez votre localisation

soit en :

  • cliquant sur « ma position » ❶ pour localiser la ville la plus proche,
  • choisissant « mon département » et « ma commune » ❷
  • utilisant un profil d’eau personnalisé si vous connaissez déjà les valeurs ❸ :

Si plusieurs analyses sont disponibles, vous pouvez choisir votre quartier :

Si vous n’obtenez pas de données, vous pouvez tenter votre chance sur une commune à côté proposée dans « Communes à proximité » !

A noter que pour une obscure raison, le département 71 n’a aucune analyse d’eau complète. J’ai fait une demande d’explication mais pour l’instant je n’ai pas de réponse, désolé…


3) Choisissez votre style de bière

Nous avons mis tous les styles du BJCP en fonction de ce qu’on a aussi pu trouver dans « Water » de John Palmer.

Il n’y a pas tous les styles, alors pour les utilisateurs expérimentés “+” permet de se créer un profil de bière cible personnalisé  :

Normalement vous devriez obtenir un truc comme ça :

Sur le graph, en :

– bleu, le profil de votre eau
– vert, les zones min-max par élément en fonction du style de bière choisi
– jaune, une proposition de correction pour être au moins au mini de chaque élément sans dépasser le max

Dans le tableau de composition comparant mon eau et la correction de mon eau avec l’ajout des additifs, si le chiffre est :

– rouge avec un triangle vers le bas : la valeur est trop faible.
– rouge avec un triangle vers le haut : la valeur est trop haute.
– vert : c’est OK ! (le remplissage de la barre à coté du chiffre donne une idée d’où on se situe sur la plage recommandée).

Le petit slider à droite indique le ratio SO4/Cl du profil corrigé.
Il permet de régler le ratio SO4/Cl de la correction automatique de l’eau. On peut saisir manuellement sa valeur en cliquant sur le crayon. On peut également inverser le ratio en fonction des habitudes de chacun.
Les zones en rouge représentent des ratios SO4/Cl que l’on ne peut pas corriger automatiquement (souvent car si on le fait un élément va dépasser le max du style).

Le ratio Sulfate/Chlorure, c’est quoi ?

L’ion chlorure permet de renforcer l’aspect malté d’une bière en modifiant la perception de la rondeur en bouche. L’ion sulfate permet lui, d’accentuer les arômes de houblon et l’amertume ce qui amène à percevoir un résultat plus sec et propre.
Le ratio Sulfate / Chlorure permet de vérifier l’équilibre des concentrations entre ces deux minéraux en fonction de la perception voulue qui dépendra bien évidemment du style de bière à réaliser. Il suffit de diviser la quantité en mg/L (ou ppm) du sulfate par celle des ions chlorure.
Un ratio inférieur à 1 favorisera la perception du côté malté tandis qu’un ratio supérieur à 1 favorisera la perception de l’amertume.

John Palmer propose un tableau récapitulatif de ce ratio :
0-0.4: trop malté 
0.4-0.6: très malté 
0.6-0.8: malté 
0.8-1.5: équilibré
1.5-2.0: plutôt amère
2-4: amère 
4-9: très amère 
9+: trop amère 

4) Indiquez le volume d’eau à traiter

Les quantités des additifs nécessaires à la correction se calculent automatiquement :

Vous pouvez aussi passer en mode manuel et modifier vous-même les quantités d’additifs : le graph et le ratio SO4/Cl se mettront à jour dynamiquement.

Il y a également un curseur à côté de l’additif pour pouvoir le désactiver si vous n’avez pas cet additif à dispo par exemple.

Quelles additifs utiliser ?

Pour faire varier les teneurs en minéraux, on peut utiliser les sels minéraux suivants :
– le sulfate de calcium : CaSO4 (le gypse),
– le chlorure de calcium CaCl2,
– le carbonate de calcium CaCO3 (craie alimentaire),
– le sulfate de magnésium MgSO4 (sel d’Epsom),
– le chlorure de sodium NaCl (sel de table non iodé),
– le bicarbonate de sodium NaHCO3 (bicarbonate de soude).

Tu trouveras facilement tous ces additifs chez les fournisseurs de produits de brassage.

L’ajout de ces sels permet de s’approcher le plus possible du profil d’eau désiré. A vous de tâtonner pour trouver les bons dosages.

5) Demandez l’avis aux copains


J’insiste : on est encore sur une version bêta. C’est déjà testé et validé par plusieurs utilisateurs mais je n’aimerais pas avoir un ratage de brassin sur la conscience .

Le mieux donc c’est de partager votre résultat pour demander un avis : sur Facebook ❶, en envoyant le lien à quelqu’un ❷ ou encore mieux en copiant-collant le BBcode pour partage sur le forum Brassage Amateur

Autre possibilité si vous voulez sauvegarder votre profil d’eau, de bière ou une correction, il suffit d’enregistrer l’URL ou de la mettre en favori comme précisé sur l’icône ❹

Quand on clique sur le bouton ❸,  il suffit de coller sur le forum Brassage Amateur et ça donne :

Le lien contient toutes les informations saisies, donc la personne qui va suivre le lien aura exactement la même chose que ce que vous avez rentré.

Et le pH ?

On ne l’a pas oublié le pH ! C’est juste qu’il nous faut encore un peu de temps pour bien implémenter la fonction. On pense que le site peut déjà vous aider en l’état mais il va continuer à évoluer…

Quelles sont nos données personnelles utilisées ?

Aucune donnée personnelle n’est stockée sur nos serveurs (même pas votre position ou ce que vous rentrez dans le formulaire). On a juste un petit Google analytics configuré en anonymisation d’IP.

A quelle fréquence les données des analyses d’eau sont mises à jours ?

Alors tous les mois, on a les données avec 1 mois de retard, donc on peut avoir entre 1 et 2 mois de retard sur les données d’analyses. J’ai demandé une mise à jours plus régulière mais c’est en attente…

Dès que de nouvelle données sont publiées, il faut laisser le temps au serveur de digérer tout ça (8-10h) et c’est automatiquement en ligne.

Le site restera t il gratuit ?

Oui, pas de version premium, pas de pubs.

Par contre, on ne vous cache pas qu’il y a quelques heures de taf et un coût d’hébergement pas négligeable.

On mettra certainement en place un système d’affiliation à terme. Ceux qui voudront nous soutenir n’auront qu’à acheter leurs additifs chez un partenaire, mais on veut que ça reste gratuit et sans pub !

Comment enregistrer mon profil d’eau personnalisé ?

Il faut entrer un profil d’eau personnalisé et ensuite ajouter l’URL en favori.

Comment enregistrer ma correction d’eau ?

Chaque interaction sur le site modifie l’URL :
– vous copiez l’URL pour la partager => le destinataire aura la même chose que vous en visu.
– vous enregistrez l’URL en favori => vous retomberez sur la même page avec les mêmes corrections en lançant ce favori.

Site en version bêta

Le site est encore en version bêta !

La récupération des analyses d’eau de ta ville est complètement fiable.

Par contre les algorithmes de la correction automatique sont encore en cours de travail. Il est fortement conseillé de partager l’URL de ta correction sur un forum ou un groupe spécialisé pour avis avant de corriger ton eau, surtout si tu es débutant sur le sujet.

A suivre sur…

Pour finir, sache que David est présent sur le forum Brassage Amateur ou sur la page Facebook “moneaudebrassage.fr” pour recueillir toutes vos questions ou vos pistes d’amélioration. Alors n’hésitez pas à leur faire des retours ! Et des mises à jours sont faites régulièrement !

Encore un grand merci à David et Eric pour ce super travail et je ne suis pas la seule à le dire. Il suffit de lire les retours des brasseurs sur le forum Brassage Amateur !

Allez, je me permets de reprendre un commentaire que j’aurais moi-même pu écrire :

« Je me retiens depuis quelques jours pour ne pas alourdir inutilement le post mais je ne peux plus me retenir : un GRAND merci !! C’est grandiose. Quel bel outil. Jusqu’à présent, je n’ai jamais modifié mon eau – à part de rajouter du malt acide pour ajuster le pH – car je trouvais le traitement de l’eau trop galère. Le brassage doit rester un plaisir et la chimie n’est pas la partie qui m’enthousiasme le plus. Mais grâce à ce logiciel, cet aspect un peu flou et rébarbatif m’est soudain devenu accessible. Le traitement de l’eau pour les nuls, en somme ! C’est sûr, je vais l’utiliser. Encore merci pour le partage. C’est ce que j’aime aussi et surtout sur ce forum: la générosité. » MARCO69

Petit brasseur, où en es-tu?

Avais-tu galéré à trouver l’analyse de ton eau locale?

Alors, que penses-tu de ce site ? Vas-tu l’utiliser?

Corriges-tu la qualité de ton eau de brassage?

Maîtrises-tu le sujet?

Un conseil ou une astuce à partager avec nous?

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager!
A très vite.

Publié le 8 commentaires

L’ébullition : estimer et ajuster sa densité initiale

Entrons dans les entrailles d’une des étapes-clé de la fabrication de la bière. J’ai nommé l’ébullition ! Et qui dit “ébullition”, dit très souvent “houblonnage” mais bon, nous évoquerons le houblonnage dans un autre article.

L’ébullition est une étape de brassage qu’ont en commun tous les brasseurs du monde et à toutes les époques de la fabrication de la bière.

L’ébullition affecte de nombreux paramètres du brassin : la densité, la couleur, la clarté de la bière (et l’amertume et l’aromatisation quand elle est associée à un houblonnage).

Dans cet article, vous comprendrez à quoi sert l’ébullition et quels sont ses risques.
Nous verrons qu’en fonction de notre altitude, la température de l’ébullition n’est pas la même. Quel est le risque d’oxydation pendant cette étape à forte température?
Une idée de la différence liée à la durée de l’ébullition?
Enfin nous verrons comment estimer notre densité initiale au moment de l’ébullition et comment l’ajuster.

Quand réalise t-on l’ébullition ?

Reprenons le diagramme de fabrication de la bière :

  • Le brasseur concasse ses céréales,
  • Il les fait infuser dans de l’eau chaude (c’est l’empâtage) dans le but d’en extraire les sucres et autres nutriments dont les levures auront besoin,
  • Une fois l’empâtage terminé, les céréales épuisées en sucres (les drêches) sont séparés du jus sucré (le moût) pendant la filtration. Cette étape est suivie d’un rinçage des drêches avec de l’eau chaude, ce qui permet de récupérer la plus grande quantité possible de sucres;
  • L’étape suivante est l’ébullition accompagnée en général du houblonnage.

A quoi sert l’ébullition ?

1-     Stériliser le moût

L’ébullition a un rôle premier important celui de porter à très haute température le moût fraîchement produit et donc d’y éliminer toute trace de vie !

Les micro-organismes présents, ceux qui pourraient entraîner des contaminations, sont éliminés en une trentaine de minutes d’ébullition. On parle de stérilisation.

Cette stérilisation permet de préparer un milieu de culture indemne de contaminants en vue de l’ensemencement de la levure choisie par le brasseur. Elle n’aura pas de compétition et aura toutes ses chances pour se développer correctement (même si le brasseur aura quelques autres points de vigilance).

En plus de toute bactérie potentiellement nocive, l’ébullition tue également les levures sauvages et d’autres micro-organismes qui entraînent des saveurs acidulées et indésirables. La sécurité sanitaire de la bière est aussi garantie par le fait que l’alcool produit par fermentation, ainsi que l’acidité, inhibe également la contamination. Aucun agent pathogène humain connu (micro-organismes nocifs) ne peut survivre dans la bière.

2-     Figer le profil de sucres du moût

L’ébullition dénature les enzymes diastasiques, celles présentes dans le moût qui ont pour rôle de convertir l’amidon. Si tu as besoin de refaire le point sur les enzymes ou sur l’amylolyse, nous te conseillons ces deux articles !

Dans certaines recettes ou pratiques de brasseur, un mash-out est réalisé en sortie d’empâtage. C’est, entre autres, cette dénaturation d’enzymes qui est recherchée.

Les enzymes alpha-amylases commencent à être désactivées à 70 ° C, une certaine conversion de l’amidon se poursuit même jusqu’au début de l’ébullition. Si les enzymes n’étaient pas complètement détruites, la conversion supplémentaire se traduirait par une bière mince dépourvue de sucres résiduels non fermentescibles.

3- Éliminer les composés non désirés

Les DMS ou diméthyle sulfures (j’ai l’impression de vous en avoir déjà parlé un paquet de fois!) apportent des arômes de légumes cuits ou chou à la bière, l’horreur !

Ces arômes sont apportés par les composés sulfurés de type :

  • Sulphides : diméthyl sulphide (DMS) ou diméthyl disulphide
  • Thioesters : 5-methyl-thio-Hexanoate

L’ébullition, si elle est conduite de manière optimale, vient à bout de ces composés par évaporation. N’hésitez pas à faire de gros bouillons pendant l’intégralité de votre ébullition. Ne couvrez pas avec le couvercle pour laisser les composés s’évaporer.

4-      Clarifier la bière

Nous vous avions déjà parlé des bières troubles. Alors parfois, c’est volontaire, mais parfois ce n’est pas le cas, c’est une « erreur de brassage ».

Le malt contient des protéines et des composés connus sous le nom de polyphénols sont présents à la fois dans les enveloppes des grains et dans le houblon.

Certaines protéines sont nécessaires car elles contribuent à la mousse de bière, mais en quantités excessives, elles sont une cause majeure de turbidité.

Les céréales crues (non maltées) ou les céréales autres que l’orge, comme le blé ou le seigle, sont naturellement riches en protéines.

Pendant l’ébullition, la chaleur et l’agitation (les deux sont nécessaires) font que les plus grosses protéines et polyphénols se séparent des molécules d’eau et se rassemblent. Le phénomène est visible à l’œil et se traduit par l’apparition d’une « cassure à chaud » en début de l’ébullition. Environ 10 à 15 minutes après le début de l’ébullition, le moût se clarifie et des amas flottent à la surface de votre moût en ébullition.

Il convient de les éliminer si vous le pouvez. Ma technique préférée : l’écumoire ! Pour aider davantage à la coagulation des protéines et des polyphénols, l’Irish Moss est généralement ajouté pendant les 15 dernières minutes de l’ébullition. Fabriqué à partir d’un type d’algue contenant un polymère appelé carraghénane, ce clarifiant a une charge électrique négative qui est attirée et se lient aux molécules de protéines chargées positivement.

Tiens en parlant d’Irlande, as-tu testé la cuisine à la bière de l’Irish Stew?
Recette concoctée par Thomas de Carnet d’un brasseur,
et approuvé par notre équipe de testeurs !

Irish Moss

5-     Accentuer la couleur

La couleur est en (très) grande partie apportée par la couleur des malts utilisés. Celle-ci s’exprime pleinement lors de l’ébullition.

Comme pour la cuisson du pain, les composés aromatiques et colorés sont majoritairement produits par la chaleur. Se produisent réactions de Maillard et caramélisation pendant le touraillage des malts. Les réactions de Maillard se produisent efficacement à des températures de l’ordre de 100 °C minimum. Entre 120 et 150 °C, les processus réactionnels relèvent surtout de la caramélisation mais nécessitent moins d’eau que lors de l’ébullition.

L’ébullition assombrit le moût et donc la bière. Cette coloration est accentuée par la perte d’eau en évaporation (la concentration du moût).

6-     Concentrer le moût

Pendant l’ébullition, une partie de l’eau s’évapore inévitablement.

Le taux d’évaporation est normalement mesuré en litres par heure. La fourchette moyenne est comprise entre 4 et 6 litres/heure et dépend de votre installation (diamètre de cuve, puissance de chauffe, maintien de la température). N’hésitez pas à faire des mesures en début et fin d’ébullition pour déterminer quel est votre taux d’évaporation à vous !

Par exemple, si le volume de départ est de 28 litres, si le volume final est de 21 litres et si le temps d’ébullition est de 90 minutes, alors le taux d’évaporation est de 4,6 litres par heure :

(28 litres – 21 litres) / 1,5 heure = 4,66 litres / heure

Nous vous avions déjà présenté une partie de ce paramètre dans notre article sur les calculs des volumes d’eau.

Il est intéressant de se rappeler que le point d’ébullition diminue avec l’altitude au-dessus du niveau de la mer.
Au niveau de la mer et à la pression barométrique standard, l’eau bout à 100 ° C. Bien que la formule ne soit pas vraiment linéaire, une règle empirique raisonnable est de diminuer le point d’ébullition d’un degré Celsius tous les 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Par exemple, je vis à environ 750 mètres d’altitude, mon eau est sensée bouillir à : 100 – (750/300) = 97,5°C. Mais dans les faits, c’est même à moins !

Cette eau perdue concentre les composants du moût !

7-     Houblonner la bière

L’un des rôles les plus importants de l’ébullition est de produire de l’amertume dans la bière. La  chaleur dissout les résines de houblon contenant les composés amérisants et aromatiques. Les composés apportant l’amertume sont principalement les acides alpha.

Les acides alpha du houblon ne sont pas initialement sous une forme soluble dans le moût. Pour exprimer leur amertume, ils doivent d’abord être isomérisés pour devenir solubles. L’isomérisation nécessite la chaleur et l’agitation physique de l’ébullition sur une période de temps.

De la quantité totale d’acides alpha apportés par les houblons dans un brassin, seul un pourcentage est isomérisé. On parle d’«utilisation du houblon». Cette utilisation dépend de nombreux facteurs mais ne dépasse pratiquement jamais 40%. Pour les brasseurs amateurs, le chiffre est généralement plus proche de 20% pour le houblon en ébullition pendant 60 minutes (ce chiffre explique la perte d’amertume due aux acides alpha adhérant à la mousse pendant l’ébullition ou absorbés par la levure pendant la fermentation). Mais encore une fois je vous préparerai un article spécifique au houblonnage de la bière pendant l’ébullition !

Les risques de l’ébullition

1-     Les débordements

Presque tous les brasseurs ont connu le débordement tant redouté. En quelques secondes, la mousse commence à s’accumuler à la surface du moût chaud, il faut alors être rapide pour limiter la casse. L’ajout de houblons en pellets peut également poser des soucis de débordements. Les minuscules particules peuvent fournir des sites de nucléation pour les bulles qui provoquent la formation de mousse.

Soyez vigilant, restez dans les environs proches de votre cuve pour pouvoir réagir aux moindres signes. Les brasseurs professionnels contrôlent les boilovers avec un tuyau. Pulvériser de l’eau sur la surface du moût au moment où il commence à bouillir aide à disperser la mousse. Les homebrewers peuvent imiter cette procédure avec un pulvérisateur ou un vaporisateur rempli d’eau froide.

2-     Les libérations des DMS

Les choux, le retour…

Et oui, on en a déjà parlé mais ces composés sont éliminés par évaporation pendant l’ébullition mais ce sont aussi ces fortes températures qui sont à l’origine de leur apparition.

Ces composés sont principalement apportés par les malts qui contiennent des molécules précurseurs des DMS, les S-methylmethionine (SMM). Ces précurseurs sont produits pendant le maltage. Si les malts subissent une torréfaction, ces molécules seront dégradées. Ainsi plus le malt est foncé, moins il sera susceptible d’apporter une saveur de légume à votre bière.

Ces composés sont également naturellement présents dans les houblons en quantité plus ou moins importante.

A forte température (empâtage/ébullition), les précurseurs SMM des malts produisent des DMS comme pendant l’empâtage par exemple. Les longues pauses à chaud sont également à proscrire car les SMM vont continuer à s’hydrolyser et plus de DMS vont être produits. L’ébullition crée les DMS et les élimine, le brassage est presque aussi bien fait que la nature ^^.

3-     L’oxydation pendant l’ébullition, un risque avéré ?

La principale cause d’instabilité dans les flaveurs de la bière en dehors de la contamination est l’oxydation. Le « taux » d’oxydation sera lié à votre méticulosité principalement pendant les transferts.

Les températures chaudes accentuent l’oxydation

On parle d’«hot side aeration» (HSA), que l’on pourrait traduire par “aération pendant la phase chaude”. L’aération pendant la phase chaude est l’introduction d’oxygène sous forme d’air dans le moût chaud, n’importe quand dans le processus de brassage. L’oxygène n’est pas souhaité dans le moût chaud car il peut se combiner avec des lipides, des mélanoïdines, des tanins et d’autres éléments pour produire des composés indésirables, qui peuvent rester dans le moût pendant la fermentation. Ils seront présents dans la bière finie.

  • Les lipides oxydés peuvent donner à la bière un goût légèrement rance et lui donner une saveur prononcée de carton humide.
  • L’oxydation des acides gras produit du trans-2 –noneal qui a un goût de carton mouillé et l’arôme du vieux papier.
  • Les mélanoïdines oxydées peuvent amener la bière finie à prendre des saveurs de sherry (ce dernier peut être souhaitable dans la bière délibérément vieillie, mais pas dans la bière fraîche).
  • D’autres produits d’oxydation peuvent se décomposer lentement dans la bière, libérant de l’oxygène pour transformer l’alcool en aldéhydes au goût sucré, donnant des saveurs de caramel et d’amande.

Les moûts dorés auront tendance à être devenir plus foncés lorsqu’ils s’oxydent.

Paradoxalement, si l’oxygène dans le moût chaud est préjudiciable à la qualité de la bière, l’oxygénation du moût froid au début de la fermentation est essentielle pour la phase de croissance aérobie de la levure.

La quantité d’oxygène dissout diminue avec la température

La vitesse d’oxydation augmente avec la température mais la capacité d’une solution à dissoudre l’oxygène diminue avec la température.

Cela signifie que le moût très chaud ne contient pas assez d’oxygène pour l’oxydation, alors que le moût riche en oxygène au début de la fermentation est trop froid pour permettre l’oxydation.

Ainsi, l’HSA est un problème dans une bande de température quelque part en dessous de l’ébullition et au-dessus de la température d’échange thermique. L’intervalle de température exact dans lequel la HSA est un problème potentiel, cependant, est un sujet de nombreux débats parmi les brasseurs.

Mais la plupart des experts conviennent que la température de la maische pendant l’empâtage se situe dans la zone de danger. Une agitation excessive de la maische, trop d’éclaboussures pendant la recirculation, et toute reprise d’air pendant le transfert vers la cuve de filtration sont parmi les vecteurs les plus probables, ainsi que de longues périodes à chaud pour le moût avant son envoi en fermentation.

Quelle durée pour mon ébullition ?

Les durées d’ébullition varient selon la recette et le style de bière. On dit généralement aux brasseurs en extraits de malt de faire bouillir la bière pendant 60 minutes.

La coagulation des protéines dans l’extrait de malt doit avoir lieu dans les dix premières minutes environ. Cependant, l’isomérisation de l’acide alpha du houblon nécessaire à l’amertume prend beaucoup plus de temps; à 60 minutes, plus de 90% de cela aura eu lieu.

Plus l’ébullition sera longue, plus la couleur de la bière sera sombre.

Les textes de brassage traditionnels recommandaient de faire bouillir les bières en tout grain pendant 90 minutes. Mais les recettes actuelles s’accordent à dire que 60 minutes peuvent être suffisantes, en particulier pour les bières de faible densité et de couleur plus claire.

Les raisons pour une ébullition plus longue comprennent le désir d’une plus grande densité du moût en raison de la plus grande évaporation, et également pour les changements de saveur qui se produisent et sont souhaitables dans certains styles. Les bières riches aux saveurs complexes sont souvent bouillies plus longtemps.

Lorsqu’ils sont soumis à la température et à l’agitation de l’ébullition, des réactions complexes se produisent entre les sucres et les acides aminés, produisant des mélanoïdines. Ceux-ci sont généralement considérés comme agréables, ce qui donne des saveurs généralement associées au brunissement des viandes et du pain. Ils sont une cause majeure de noircissement du moût.

Des indications supplémentaires pour un temps d’ébullition plus long comprennent le brassage à haute altitude où la température est plus basse (les fractions volatiles indésirables mettent plus de temps à s’évaporer), et les situations où l’ébullition est moins vigoureuse que ce qui serait autrement optimal.

Moins – 60 minutes – 90 minutes – Plus ?

Estimer ma densité initiale

Si vous connaissez vos pertes d’ébullition et la densité avant ébullition, vous pouvez estimer la densité initiale (DI) après ébullition avec une précision raisonnable. La formule de calcul de la DI post-ébullition approximative est:

Points de densité après ébullition =
(Volume avant ébullition * points de densité avant ébullition) / Volume après ébullition

Les «points» de densité spécifique sont la partie de la lecture de densité spécifique à droite de la virgule multipliée par 1000. Par exemple, une densité spécifique de 1.050 correspond à 50 points de densité.

En utilisant les volumes pré- et post-ébullition de l’exemple ci-dessus, avec une densité spécifique avant ébullition de 1.036, la DI post-ébullition projetée serait de 1.048.

(28 litres * 36 points de densité)  / 21 litres = 48 points de densité équivalents à  une DI de 1.048

Si tu n’aimes pas faire tes calculs toi-même, il y a Little Bock!

Tu sais, c’est ce logiciel de brassage que nous utilisons pour créer nos recettes. Little Bock donne une estimation de la DI avant ébullition dans le « profil avancé » de ta recette.
Regarde l’encart à gauche : « Profil de la bière ». J’ai sélectionné « Avancé ».

Ajuster sa densité initiale avant l’ébullition

Le calcul de la DI au début de l’ébullition est utile car c’est le moment le plus simple pour effectuer des ajustements. Si la DI calculée diffère sensiblement de la cible de la recette, un extrait de malt ou de l’eau peuvent être ajoutés pour l’augmenter ou la diminuer.

  • Pour augmenter la densité d’un brassin de 20 litres d’environ 1 point de densité à la fin de l’ébullition, ajoutez environ 70 g d’extrait de malt légèrement séché, ou environ 170 ml d’extrait liquide.
  • Pour diminuer la densité du même brassin d’environ 1 point de densité, ajoutez environ 700 ml d’eau avant l’ébullition.

Vous pouvez également « manipuler » la DI en modifiant le temps d’ébullition. Dans les exemples ci-dessus, une augmentation de 9 minutes du temps d’ébullition augmentera la DI d’environ 1 point de densité, tandis que sa diminution de 9 minutes l’abaissera d’environ 1 point.

Le changement de volume après ébullition par 9 minutes sera de 640 ml.

Pour aller plus loin : Wort Boiling Science ou Boiling advanced Brewing de Brew your Own.

Petit brasseur, où en es-tu?

As-tu appris quelque chose dans cet article?

Comment conduis-tu ton ébullition?

Quels sont les problèmes que tu rencontres ou que tu as déjà rencontré?

Un conseil ou une astuce à partager avec nous?

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le Laisser un commentaire

Les livres “bière” inratables – Partie 2

Cet été, nous vous avions préparé une petite sélection de livres “bière” et il y en a tellement que j’ai décidé de refaire une nouvelle petite liste.

Et puis, pour être honnête, nous avons bien travaillé ces dernières semaines et sommes maintenant en mesure de vous proposer aussi, notre livre à nous !!

Notre livre “Mes premiers pas dans le brassage”,
petit guide pour débuter le brassage amateur.
Fierté !

Bon, nous n’allons pas non plus parler que de nous: les très bons livres sont nombreux sur le marché! Commençons avec :

Le houblonomicon

– Tout ce qu’on ne vous a jamais dit sur la bière-

Cliquez ici pour acheter le Houblonomicon sur Amazon

On connaît tous la chaîne Youtube “Une bière et Jivay”!

Et Jivay, et bien il vient de sortir un livre en septembre 2020 et c’est franchement une réussite!

L’auteur, Jivay

Jivay : Biérologue par définition et biérosophe par conviction, Jivay est un amoureux de LA bière, une passion qu’il partage avec un dynamisme et une bonne humeur communicatifs sur sa chaîne Youtube.

Il s’est fait accompagner, sur ce projet, par Alice Mazel pour les illustrations.

Notre avis

Un livre absolument savoureux. Truffé d’humour, il est néanmoins ultra instructif et traite en profondeur d’une multitude de sujets autour de notre potion préférée, comme dirait Jivay.

Vous y trouverez également des anecdotes all over the world, des descriptions de styles, des biéroportraits. Vous allez forcément apprendre quelque chose avec ce livre.

Il comporte quelques 267 pages, ce n’est pas une broutille!

Les illustrations d’Alice Mazel, que nous avons plusieurs fois eu l’occasion de voir sur la chaîne, sont absolument géniales. Elles font qu’on ne peut pas s’ennuyer, ce livre se feuillette pendant des heures. Franchement, vous aurez de quoi vous occupez pendant quelques semaines!

Le cadeau de Noël idéal?

La bière, c’est pas sorcier

– Petites leçons illustrées pour les amateurs –

Cliquez ici pour acheter La bière, c’est pas sorcier sur Amazon

L’auteur, Guirec Aubert

Guirec a longtemps bu des bières médiocres dans sa Bretagne natale et en Alsace, pendant ses études de journalisme, en soupçonnant l’existence d’une dimension cachée.

A son arrivée à Paris en 2008, il découvre les joies du brassage amateur.

Il se jette à corps perdu dans une quête de connaissance d’un sujet qui le passionne, la bière, avec ses goûts, ses styles, sa diversité.

En 2013, il crée les ateliers Bière Masterclass, pour faire découvrir au plus grand nombre la culture biérologique.

Guirec anime également des conférences et des formations.

Notre avis

C’est un autre livre ultra complet qui traite du monde de la bière. Alors juste après la présentation du Houblonomicon, il pourrait vous sembler un peu fade et (trop) sérieux. Oh que non!

Selon moi, c’est le livre qu’il vous faut pour mettre un premier pas dans la connaissance des styles de bière aux noms barbares. Guirec est un fin biérologue et il nous entraîne dans les rouages de la dégustation, des arômes et flaveurs et des accords mets et bière.

Le livre traite aussi des “cousins” de la bière, c’est intéressant de pouvoir faire le lien.

Brewing Classic Styles

– 80 winning recipes anyone can brew –

Cliquez ici pour acheter Brewing classic styles sur Amazon

Les auteurs, Jamil Zainasheff et John Palmer

Je n’ai plus besoin de vous présenter John Palmer, l’auteur de la bible du brasseur How to brew.

Par contre je peux vous parler de Jamil. Vous vous en souvenez peut-être, nous vous l’avions présenté dans notre article sur les bières d’automne avec notre recette de bière à la citrouille.

Au départ : brasseur amateur, juge de bière et animateur des émissions «The Jamil Show» et «Brew Strong» sur le net. Il a écrit également plus de 100 articles pour les magazines “Brew your Own” et “Zymurgy“, 2 excellents magazines dédiés au brassage amateur que je vous recommande vivement.

Il a également co-écrit deux livres:
Brewing Classic Styles (Brewers Publications, 2007), celui dont nous vous parlons ici,
Yeast: The Practical Guide to Beer Fermentation (Brewers Publications, 2010). Arf, il faudrait qu’on vous parle aussi de cette collection de 4 livres ultra-complets (Malt, Hop, Water et Yeast)… Allez promis, c’est pour la prochaine fois.

Notre avis

Vous l’avez compris, ce livre est en anglais !

“Les recettes dans ce livre sont le produit de douzaines de pays visités, de centaines de brassins effectués et de milliers de bières goûtés” nous prévient Jamil en introduction.

“Quand j’ai commencé à brasser, je m’étais fixé pour objectif d’être capable de brasser un bon exemple de chaque style de bière reconnu par le BJCP. Pour vérifier mes progrès, j’inscrivais mes bières dans beaucoup de compétitions. J’ai méthodiquement mis au point et testé chaque recette jusqu’à ce que ces bières gagnent des prix. En fait, chaque recette de ce livre a gagné un grand nombre de prix, certaines plus que d’autres, mais toutes sont des recettes éprouvées”.

Bref, vous faut-il plus d’explications? Si vous recherchez une recette typique d’un style de bière, c’est ici vous trouverez votre bonheur!

Mes premiers pas dans le brassage

– Petit guide pour débuter –

Cliquez ici pour acheter Mes Premiers Pas dans le Brassage sur Amazon

Le guide fait 130 pages, vous le trouverez à 5,50€ sur …Amazon (désolé…).

Les autrices

Ha ben c’est nous !

Notre but : offrir au plus grand nombre la possibilité de brasser sa bière à la maison!

L’histoire de ce livre

Ce livre, c’est une demande de vous, les élèves de la formation “Mes Premiers pas dans le Brassage“. Avant d’être un livre, “Mes premiers pas dans le brassage” est en effet une formation que nous proposons pour débuter le brassage à la maison (en même temps le titre est assez explicite, non ? 😉 ).

La formation est accessible sur une plateforme internet accessible 24/24 et à vie 😉 et nous offrons la possibilité de télécharger le contenu des modules en format pdf. Mais on nous a titillé la créativité en nous demandant plusieurs fois si le contenu n’existerait pas en format “livre papier”…

Et nous avons trouvé chez Amazon, une chouette solution : l’auto-édition. Alors même si Amazon est critiquable pour bien des points, il n’empêche que personne d’autres ne nous propose d’équivalents. Et puis, nous ne faisons pas d’ombre aux maisons d’éditions puisque notre livre n’a pas vocation a être vendu en librairie!

Alors c’est parti, nous avons mis en page le premier module de notre formation. Il s’agit de la partie théorique seulement. Le reste de la formation qui est sous forme de vidéos et d’accompagnement dans les premières recettes à brasser à la maison, n’est pas abordé en format papier.

En toute transparence, nous offrons une réduction pour obtenir la formation à prix cassé pour les acheteurs du livre.

Nous avons choisi de le mettre au prix le plus bas possible (d’où le choix d’une impression en noir et blanc), car nous ne voulons pas concurrencer les auteurs de livre, nous ne sommes pas sur le même marché. Pour cela, les illustrations du guide sont en noir et blanc, les livres sont imprimés à la demande, les frais de livraison sont normalement quasi inexistants (sauf cas particuliers), et nous touchons moins d’1€ symbolique pour chaque vente.

Votre avis

Et maintenant, nous avons besoin de vous !

Vous avez suivi et apprécié la formation ? Vous aimez notre blog, nos articles, notre actu? Un chouette moyen de nous aider serait de poster un commentaire d’évaluation sur Amazon.

Je ne vous demande pas de faux témoignages ! Seulement un vrai retour d’expérience sur notre travail pour nous aider à gagner en visibilité. N’hésitez pas à l’acheter ou l’offrir pour vous faire votre propre avis 😉

Il faut descendre tout en bas de la page qui présente notre livre et cliquer sur “écrire un commentaire client”!

Cliquez ici pour évaluer notre livre

Merci d’avance!

Petit brasseur, où en es-tu?

Et toi, si tu devais conseiller de la lecture sur le sujet, quels livres proposerais-tu?

Bientôt noël, j’espère que tu penseras à partager ta passion, sous le sapin!

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 10 commentaires

L’amylolyse – choisir sa température d’empâtage

Nous reprenons le chemin des bancs de l’école pour continuer à discuter des enzymes et plus particulièrement de l’amylolyse : La bière une histoire ‘enzymes – partie 2!

Souvenez-vous, nous vous avions présenté les enzymes et leur fonctionnement ainsi que les processus enzymatiques pendant le maltage. Cette fois-ci nous nous intéressons spécifiquement à l’empâtage.

Table Of Contents

L’amidon, le substrat de l’amylolyse

Nous vous avions déjà présenté l’amidon par ici, pourquoi ne pas retourner y chercher les bases.

Où trouve-t’on l’amidon?

L’amidon (du latin amylum, non moulu) est un glucide complexe (polysaccharide ou polyoside) composé de chaînes de molécules de D-glucose (sucre simple). Il s’agit d’une molécule de réserve pour les végétaux supérieurs et un élément courant de l’alimentation humaine.

L’amidon est une molécule de stockage de glucides
et donc une réserve d’énergie chez les plantes.

L’amidon se trouve dans les organes de réserve de nombreuses plantes. Chez les céréales, l’amidon est contenu dans l’endosperme du grain.

Anatomie d'un grain de céréale brassage biere
Anatomie d’un grain de céréale

Composition chimique

L’amidon est un homopolysaccharide constitué par des résidus de D-glucopyranose. Ces molécules de glucose en conformation 4C1 se retrouvent sous la forme de deux structures : l’amylose et l’amylopectine.

Nous avons déjà un peu parlé des sucres dans un article, pour en savoir plus sur les glucides, carbohydrates, oses et osides, c’est par ici!

1/ L’amylose est une structure linéaire constituée par un enchaînement de résidus de D-glucose (600 à 1000). L’amylose représente 20 à 30% de la masse en amidon.

2/ L’amylopectine est une structure ramifiée plus abondante que l’amylose. La chaîne totale peut faire entre 10 000 et 100 000 unités glucose. Elle représente 70 à 80% de la masse en amidon.

L’amylopectine est constituée par 3 chaînes différentes. Le premier type de chaîne correspond à celle qui porte le résidu de D-glucopyranose. Les chaînes B les plus internes sont constituées par des enchaînements de l’ordre de 40 à 45 résidus de glucose. Les chaînes A qui viennent se greffer sur les chaînes B sont plus courtes et renferment de l’ordre de 15 à 20 résidus de glucose.

La gélatinisation de l’amidon

L’amylopectine est responsable des propriétés de gélatinisation de l’amidon.

Le chauffage, en excès d’eau, d’une suspension d’amidon à des températures supérieures à 50°C entraîne un gonflement irréversible des grains et conduit à leur solubilisation (perte de la structure) : c’est la gélatinisation.

La gélatinisation de l’amidon est un processus physico-chimique qui consiste en l’hydrolyse des liaisons intermoléculaires de l’amidon en présence d’eau et de chaleur permettant aux sites de liaisons hydrogène de se lier aux molécules d’eau.

Cette réaction irréversible dissout les granules d’amidon dans l’eau. L’eau agit comme un plastifiant et la gélatinisation permet l’attaque des enzymes sur l’amidon.

L’amidon gélatinisé est plus accessible par les enzymes diastasiques (les enzymes de l’amylolyse).

On obtient un empois qui est constitué par des grains d’amidon gonflés.

En fonction des céréales, les températures de gélatinisation de l’amidon diffèrent légèrement :

CéréaleTempératures de gélatinisation de l’amidon
Orge58 – 65°C
Blé58 – 64°C
Seigle57 – 70°C
Avoine57 – 72°C
Sorgho69 – 75°C
Maïs72 – 78°C
Riz70 -85°C

Les transformations enzymatiques pendant l’empâtage

L’amylolyse

L’amylolyse est une réaction biochimique qui aboutit à la lyse (dégradation) de l’amidon. Cette réaction optimisée en brasserie, conduit à la fragmentation de l’amidon en sucres plus simples.

L’amylolyse est la réaction qui se déroule pendant l’empâtage. Voici notre animation pédagogique qui vous explique cela de manière ludique :

YouTube

En chargeant cette vidéo, vous acceptez la politique de confidentialité de YouTube.
En savoir plus

Charger la vidéo

La transformation enzymatique s’effectuera toujours sur un amidon qui aura subi l’étape de gélatinisation dont nous vous avons parlé dans le paragraphe précédent.

L’augmentation de la teneur en eau au niveau du grain augmente les déplacements (par diffusion) des enzymes sur les macromolécules. Cette vitesse de diffusion est d’autant plus grande que la température est plus élevée. Les conditions environnementales optimales (pH, température…) dépendront de l’enzyme.

L’amylolyse produit :

  • Des sucres fermentescibles : Certains sucres produits pendant l’amylolyse seront ensuite utilisés par les levures pendant la fermentation (les sucres fermentescibles) pour produire alcool et CO2 ;
  • Des sucres non fermentescibles : D’autres sucres (non fermentescibles) ne seront pas dégradés et seront présents dans la bière finale. Elles apporteront du corps, de la rondeur à la bière. Nous avons présenté l’utilisation de sucres non fermentescibles et leurs effets dans la fabrication de la bière.

Source : https://biochim-agro.univ-lille.fr/polysaccharides/co/polysaccharides_1.html

L’amylolyse est une réaction de saccharification. Les saccharifications sont les réactions biochimiques qui consistent à transformer les sucres complexes en sucres simples.

Les enzymes contenues dans les malts et responsables de l’amylolyse sont les bêta-amylases et les alpha amylases. Cependant d’autres enzymes jouent également un rôle clé dans la fabrication de la bière, nous en parlerons également.

Les enzymes diastasiques, celles qui dégradent l’amidon (l’alpha et la bêta- amylase) travaillent mieux entre 55 et 65°C. Mais la fourchette de température généralement acceptée pour la gélatinisation est de 60 et 65°C et peut monter jusqu’à 67°C en fonction de la variété d’orge et des conditions de sa culture. L’alpha amylase travaille mieux entre 60 et 70°C alors que la bêta amylase entre 55 et 65°C.

Vous l’avez compris le travail du brasseur consiste à chercher l’activation des enzymes en jouant sur les températures de son empâtage pour créer le profil de sa bière. Voyons ça de plus près!

Fonctionnement des bêta-amylases

Les bêta-amylases sont “constitutives” alors que les alpha-amylases sont “induites” (production au moment de la sortie de dormance des graines). Ceci signifie que les bêta amylases sont naturellement présentes en abondance chez les végétaux.

Ces exo-enzymes sont capables de couper les liaisons 1,4 glycosidiques à partir de l’extrémité terminale des chaînes saccharidiques (amylose ou amylopectine). Les bêta amylases vont produire du maltose (disaccharides formés de 2 unités de glucoses) lorsque les conditions environnementales se situent entre 50 et 70°C et pH 5,2.

Le maltose sera ensuite dégradé est alcool (and co.) lors de la fermentation.

L’amylose est hydrolysé à 100% alors que l’amylopectine ne sera hydrolysée qu’à 55-60%.

La bêta amylase se dégrade rapidement et de manière irréversible quand la température monte au dessus de 70°C. Si la température redescend dessous les 70°C, la bêta amylase ne sera pas activée de nouveau.

Bêta amylase
SubstratAmylose principalement et amylopectine dans une moindre mesure
ProduitSucre fermentescible : le maltose
Température de fonctionnementEntre 50 et 70°C
Pic d’activité62°C
Température de dénaturation71°C
pH optimal de fonctionnementpH 5,4 – 5,5

Fonctionnement des alpha-amylases

L’alpha amylase est produite pendant la germination et donc pendant le maltage. Souvenez-vous!

L’embryon de grain excrète un facteur de croissance (hormone),
l’acide gibbérellique (Gibberellic acid GA) qui s’oriente vers l’aleurone et
induit la formation des enzymes telles que alpha-amylases et dextrinases

L’ alpha-amylase est une endohydrolase qui coupe spécifiquement les liaisons 1,4 glucosidiques en libérant des maltodextrines de taille variable (6 à 8 résidus de glucose avec quelques fois 2 branchements en 1,6). L’alpha amylase a la particularité de produire également des sucres fermentescibles comme le maltotriose, le maltose et le glucose (respectivement 3, 2 et 1 résidu de glucose).

L’alpha amylase coupe donc les chaînes d’amylose ou d’amylopectine (elle n’est pas gênée par les embranchements) un peu partout. Elle libère principalement de grosses molécules qui ne seront pas métabolisées par les levures. Ce sont les sucres non-fermentescibles. Mais elle libère également des sucres fermentescibles.

Les conditions optimales de fonctionnement de l’alpha amylase sont des températures comprises entre 64 et 75°C et un pH entre 4,7 et 5,4.

Alpha amylase
Substratamylose et amylopectine
ProduitSucre non-fermentescible : les maltodextrines mais aussi des molécules plus petites comme le maltotriose, le maltose et le glucose
Température de fonctionnementEntre 64 et 75°C
Pic d’activité70°C
Température de dénaturation77°C
pH optimal de fonctionnementpH 5,6 et 5,8

Les paliers de température pour convertir l’amidon

Comment choisir la température pendant son empâtage?

Tout dépend de ce que l’on recherche…

Reprenons avec un graphique, les informations que nous venons d’aborder :

source : J. Palmer, Wizard, Narziss
entre 64 et 70°C pour favoriser le fonctionnement des 2 enzymes

Le brasseur peut volontairement choisir de travailler sur la fourchette de température qui permet le fonctionnement des 2 enzymes diastasiques. La bière obtenue sera équilibrée. Le moût comportera des sucres fermentescibles et non fermentescibles. La bière sera alcoolisée et sucrée.

Le monopalier le plus classiquement réalisé se situe à 67 ou 68°C pendant 30 à 45 minutes : Bon rendement d’extraction de sucres, bonne fermentabilité (teneur en sucres fermentescibles) et bon corps (teneur en sucres non fermentescibles)

Il s’agit d’un bon compromis, facile à réaliser pour le débutant. Le brasseur effectue un monopalier, un seul palier de température moyen.
La bière est “équilibrée“.

entre 50 et 70°C pour favoriser le fonctionnement de la bêta amylase

Le brasseur peut également choisir d’effectuer un monopalier pour favoriser la production d’alcool. Dans ce cas il choisit de placer son palier entre 50 et 70°C pour activer la bêta amylase.

Vous obtiendrez une grande proportion de sucres fermentescibles (maltose). Ces sucres seront métabolisés par les levures et seront donc à l’origine de la production d’alcool.

Le palier le plus classiquement réalisé pour activer la bêta-amylase se situe à 62°C pendant 30 à 60 minutes : on dit que la fermentabilité de ce moût est plus élevée (plus haute teneur en sucres fermentescibles). La bière aura moins de corps.

Un palier entre 50 et 70°C favorise donc l’obtention de bière alcoolisée et peu sucrée.
La bière est dite “sèche“.

entre 64 et 75°C pour favoriser le fonctionnement de l’alpha amylase

Le brasseur peut choisir d’effectuer une monopalier pour favoriser la production de sucres non fermentescibles. Il choisit de placer son palier entre 64 et 75°C pour activer préférentiellement l’alpha amylase.

Vous obtiendrez une grande proportions de sucres non fermentescibles (malto dextrines). Ces sucres ne seront pas métabolisés par les levures et apporteront donc de la rondeur, du corps à votre bière.

Le palier le plus classiquement réalisé pour activer l’alpha amylase se situe à 70°C pendant 30 minutes. Le rendement d’extraction des sucres est toujours bon, la fermentabilité est plus faible. Ce palier est utilisé pour obtenir des bières faibles en alcool (ales légères) ou les bières riches avec du corps (“heavy body beers”).

Un palier entre 64 et 75°C favorise l’obtention de bière sucrée.
La bière est dire “ronde“, elle a du “corps“.

Le multipalier pour travailler l’alcoolisation et la rondeur de la bière à la fois

La méthode d’infusion en monopalier est la plus simple à mettre en œuvre et vous donnera de très bons résultats. Mais vous avez également la possibilité d’effectuer plusieurs paliers de températures : c’est la méthode multipalier.

Le brasseur a la possibilité d’effectuer un premier palier entre 55 et 60°C pour favoriser le fonctionnement de la bêta amylase. Il effectue ensuite un second palier entre 65 et 70°C pour favoriser le fonctionnement de l’alpha amylase.

C’est en passant plus ou moins de temps sur chaque palier que le brasseur accentue le profil de sa bière.

L’amidon produit ainsi des sucres fermentescibles et non fermentescibles.
La bière résultante sera à la fois alcoolisée et ronde.
La bière est “complexe“.

Vous avez noté que nous ne parlons ici que de la température. Or le fonctionnement des enzymes est également dépendant d’autres facteurs dont le pH et le ratio d’empâtage (la quantité d’eau par rapport à la quantité de céréales). La température est le facteur le plus influant et le plus facile à travailler et à maîtriser, commencez donc par là!

Pour mieux connaître le ratio d’empâtage, nous vous conseillons la lecture de notre article : calculer son volume d’empâtage. Pour le pH, c’est un vaste sujet que nous n’avons pas encore abordé, coming soon!

Savez-vous que plus le malt est coloré ou “touraillé”,
moins il libérera de sucres pendant l’empâtage?
Pour en savoir plus : les malts de base.

Les autres paliers de température pendant l’empâtage

Les limite-dextrinases

Les limites-dextrines sont les résidus d’amidon que les alpha et les bêta amylases n’arrivent pas à hydrolyser. Ce sont ces petites “parties” correspondantes aux embranchements.

Les limites-dextrinases catalysent l’hydrolyse des liaisons osidiques α-D-(1→6) de l’amylopectine. Le plus petit glucide qu’elle peut libérer à partir d’une liaison α-(1→6) est le maltose. Les limites-dextrinases sont des enzymes diastasiques, elles participent à la conversion de l’amidon.

Pour activer son fonctionnement, un palier entre 55 et 60°C
à un pH d’environ 5,1 est nécessaire.

L’activité des limites dextrinases pourrait réduire les maltodextrines produites par les alpha amylases (moins de sucres fermentescibles, perte de la rondeur de la bière). Or le passage de la température au-dessus des 65°C inactive cette enzyme. L’action des limites-dextrinases est donc assez réduit dans notre cas.

Limite-dextrinase
SubstratLimite-dextrines (embranchements de l’amylopectines)
ProduitMaltose
Température de fonctionnementEntre 60 et 67°C
Pic d’activitéEntre 60 et 65°C
pH optimal de fonctionnementpH 4,8 et 5,4

Les phytases

Les phytases font partie des nombreuses enzymes naturellement présentes dans les céréales.

À des températures de 30 à 52°C, les phytases convertissent la phytine en acide phytique,
abaissant ainsi le pH du moût.

En raison de sa sensibilité à la chaleur, la phytase n’est présente que sur les malts séchés à basse température (les malts de base). Le processus de conversion est lent et nécessite au moins 60 minutes pour que le pH change de façon significative.

Traditionnellement, un palier “phytase” ou palier acide était utilisé pour les malts de pilsner sous-modifiés (peu de capacité à convertir l’amidon) dans des profils d’eau douce (pils tchèques). Aujourd’hui, les acides de qualité alimentaire ou le malt acidulé peuvent être utilisés à la place de ce palier.

Phytase
SubstratPhytine
ProduitAcide phytique
Température de fonctionnementEntre 35 et 45°C
Pic d’activité35°C
Température de dénaturation60°C
pH optimal de fonctionnementpH 4,5 et 5,2

Les glucanases

Les bêta glucanes sont des glucides présents dans la couche protéique entourant les molécules d’amidon dans les céréales. Ces bêta glucanes sont présents en plus grande proportion dans le seigle, le blé, l’avoine, les malts sous modifiés et les céréales non maltées.

Réaliser un palier à 40 à 48°C pendant 20 minutes permet de
diminuer le trouble apporté par les bêta glucanes ainsi que d’éventuels problèmes de filtration.

Les bêta-glucanases sont les enzymes qui dégradent les bêta-glucanes. Il existe de nombreuses glucanases, la plus importantes est la 1,4 bêta glucanase dont la température optimale de fonctionnement se situe à 45°C;

Bêta glucanase
Substratbêta glucane
Produit
Température de fonctionnementEntre 40 et 48°C
Pic d’activité45°C
Température de dénaturation60°C
pH optimal de fonctionnementpH 4,5 et 5,5

Les protéinases et peptidases

Pour réaliser un palier protéolytique, portez votre moût à 45-50°C pendant 10 à 30 minutes.

Le palier protéolytique permet la lyse (dégradation) des protéines. Le but est de placer le moût à la température d’activation des enzymes dégradant les protéines : les protéases et les peptidases.

Les protéines sont naturellement présentes dans votre moût, elles sont apportées par vos malts. Selon les céréales que vous aurez choisies, votre moût comportera plus ou moins de protéines. Les protéines apportent de la turbidité au moût et donc à la bière.

Les bières au blé (bières blanches, bières de froment, weiss, weizen, witbier) sont réputées pour leur forte teneur en protéines. En effet, les céréales telles que le blé, l’avoine, le seigle apportent plus de protéines que l’orge.

De manière générale, les grains crus (non maltés) sont riches en protéines.

Ces protéines ont également un rôle dans la tenue de votre mousse ou rétention de tête. Si vous dégradez vos protéines, votre bière sera plus limpide mais arborera moins de mousse.

Ce palier protéolytique permet la libération de produits de dégradation des protéines : les peptides et les acides aminés.

Le « Free Amino Nitrogen » (FAN) est l’azote aminé libre en français. Ces FANS seront des nutriments pour nos levures pendant la fermentation.

Protéase ou protéinase
Substratprotéines
Produitpeptides
Température de fonctionnementEntre 20 et 65°C
Pic d’activitéEntre 45 et 55°C
Température de dénaturation68°C
pH optimal de fonctionnementpH 5 et 5,5
Peptidase
Substratpeptides
Produitacides aminés, FAN
Température de fonctionnementEntre 20 et 67°C
Pic d’activitéEntre 45 et 55°C
Température de dénaturation63°C
pH optimal de fonctionnementpH 5 et 5,5

Le mash-out

Le mash-out est le palier de température réalisé à la fin de l’empâtage. La température est en général montée jusqu’à 76 à 80°C pendant 10 à 15 minutes dans le but d’inactiver les enzymes.

Ceci aurait pour conséquences de figer le profil de sucres du moût, de solubiliser les sucres tout en diminuant la viscosité du moût (et donc d’améliorer la filtration), d’accélérer l’entrée en ébullition.

Ce palier est controversé.

Pour connaître plus en détail le mash-out et avoir notre avis sur le sujet : mash-out!

Petit brasseur, où en es-tu?

Pour aller plus loin :

Es-tu incollable sur les enzymes de l’amylolyse?

Es-tu “team monopalier” ou “team multipalier”?

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 6 commentaires

La bière, une histoire d’enzymes – partie 1

Glucosidase_enzyme brassage biere

Les enzymes pendant le brassage de la bière : vaste sujet.

On souhaite vous apporter des réponses à vos questions sur les processus enzymatiques pendant le brassage! Cependant comment parler amylases, amylolyse et palier de température et pH si nous n’avons pas commencé par présenter ce qu’est une enzyme… ?

Cet article devenant très rapidement énorme!! Nous avons décider de le partager un 2 parties.

Cette semaine, les protagonistes sont les enzymes bien évidemment, on vulgarise tout ça : Comment les a-t’on découvertes, quel est leur fonctionnement, comment leur structure joue t’elle un rôle dans tout ça et comment sont-elles inactivées ?

Nous vous présenterons également une partie des processus enzymatiques qui se déroulent pendant le maltage.

Dans notre article de la semaine prochaine, nous vous présenterons les processus enzymatiques pendant l’empâtage.

Bonne lecture :

Table Of Contents

Les enzymes : des catalyseurs

Une enzyme est une protéine dotée de propriétés catalytiques. Presque toutes les biomolécules capables de catalyser des réactions chimiques dans les cellules sont des enzymes.

Le préfixe “bio” dans le terme Bio-molécules exprime l’idée de “vivant”.
Les bio-molécules sont les molécules que l’on retrouve dans les êtres vivants.

Les enzymes sont donc des catalyseurs du monde vivant.

Vous ne savez pas ce qu’est un catalyseur? Un catalyseur est une substance qui accélère une réaction chimique ou biochimique (maintenant vous comprenez cette distinction).

En biologie, dans les cellules, les enzymes, très nombreuses, jouent ces rôles d’accélérateur (de catalyseurs) dans les processus biochimiques : métabolisme digestif, de la reproduction, de la transcription de l’information génétique, les sciences du génome, le yaourt, la pâte à pain… ET la fabrication de la bière!

La plupart du temps, les enzymes ont un nom doté du suffixe -ase :
hydrolase, invertase, oxydoréductase, lyase, ligase, isomérase, transférase etc. etc.
Très sexy non?

Découverte des enzymes

La première enzyme, la diastase, a été isolée en 1833 par Anselme Payen et Jean-François Persoz. Après avoir traité un extrait aqueux de malt à l’éthanol, ils précipitèrent une substance sensible à la chaleur et capable d’hydrolyser l’amidon, d’où son nom de diastase forgé à partir du grec ancien ἡ διάστασις (à vos souhaits) désignant l’action de cliver.

Il s’agissait en réalité d’une amylase.

Anselme Payen

COCORICO, deux chimistes français sont à l’origine de la découverte de la première enzyme! Et en plus, cette enzyme est celle qui nous intéresse tout particulièrement, celle qui catalyse l’hydrolyse de l’amidon, l’amylase!

Une diastase est une glycoside-hydrolase qui catalyse l’hydrolyse de l’amidon, essentiellement en maltose. Ce terme recouvre à l’origine plusieurs amylases :

  • α-amylase,
  • β-amylase,
  • γ-amylase.

Mais alors que signifie le terme pouvoir diastasique ?

On parle parfois de malt à “pouvoir diastasique”.

Il s’agit des malts dont le potentiel de dégradation de l’amidon est élevé : ces malts comportent beaucoup d’amidon et beaucoup d’enzymes de dégradation de l’amidon.

Vous avez déjà compris que plus le malt est coloré plus son pouvoir diastasique est faible. Nous allons comprendre ceci dans quelques minutes.

Fonctionnement des enzymes

Une enzyme agit en abaissant l’énergie d’activation d’une réaction chimique, ce qui accroît la vitesse de réaction.

Est-ce que vous me suivez toujours ?

Autrement dit :

Les enzymes permettent à des réactions de se produire des millions de fois plus vite qu’en leur absence. Un exemple extrême est l’orotidine-5′-phosphate décarboxylase, qui catalyse en quelques millisecondes une réaction qui prendrait, en son absence, plusieurs millions d’années.

Attention, ça pique les neurones (seulement pour les curieux scientifiques) :

Diagramme d’une réaction catalysée montrant l’énergie E requise à différentes étapes suivant l’axe du temps t. Les substrats A et B en conditions normales requièrent une quantité d’énergie E1 pour atteindre l’état de transition AB, à la suite duquel le produit de réaction AB peut se former. L’enzyme E crée un microenvironnement dans lequel A et B peuvent atteindre l’état de transition AEB moyennant une énergie d’activation E2 plus faible. Ceci accroît considérablement la vitesse de réaction.

Intéressant non ?

L’enzyme n’est pas modifiée au cours de la réaction.

Les molécules initiales (A et B dans notre exemple précédent) sont les substrats de l’enzyme, et les molécules formées à partir de ces substrats sont les produits de la réaction (le produit AB).

Prenons un autre exemple de réaction :

Presque tous les processus métaboliques de la cellule ont besoin d’enzymes pour se dérouler à une vitesse suffisante pour maintenir la vie. Les enzymes catalysent plus de 5 000 réactions chimiques différentes. L’ensemble des enzymes d’une cellule détermine les “voies métaboliques” possibles dans cette cellule.

Métabolique : provient du métabolisme.
Métabolisme : Ensemble des transformations chimiques et biologiques qui s’accomplissent dans l’organisme.

L’étude des enzymes est appelée enzymologie.

Le site actif des enzymes change de forme en se liant à leurs substrats. Ainsi, l’hexokinase présente un fort ajustement induit qui enferme l’adénosine triphosphate et le xylose dans son site actif. Les sites de liaison sont représentés en bleu, les substrats en noir et le cofacteur Mg2+ en jaune.

Structure et dénaturation des enzymes

Les enzymes sont généralement des protéines globulaires (=de forme sphéroïde) qui agissent seules ou en complexes de plusieurs enzymes ou sous-unités.

Comme toutes les protéines, les enzymes sont constituées d’une ou plusieurs chaînes polypeptidiques repliées pour former une structure tridimensionnelle.

Un polypeptide est une chaîne d’acides aminés reliés par des liaisons peptidiques. On parle de polypeptide lorsque la chaîne contient entre 10 et 100 acides aminés.
Et pour aller plus loin, sachez que les protéines sont elles constituées de plusieurs chaînes de polypeptides (la boucle est bouclée).

La séquence en acides aminés de l’enzyme détermine la structure de cette dernière, structure qui, à son tour, détermine les propriétés catalytiques de l’enzyme. Ce qui signifie que si la structure de l’enzyme est dégradée, l’enzyme n’a plus d’effet catalytique.

On parle de dénaturation.

La structure des enzymes est altérée (dénaturée) lorsqu’elles sont chauffées ou mises en contact avec des dénaturants chimiques, ce qui a généralement pour effet de les inactiver.

Dans le cas de nos enzymes pendant le maltage, la montée en température qui permet la coloration du grain de céréale va donc inactiver les enzymes. Le pouvoir diastasique est moindre dans les malts colorés!
Et pendant l’empâtage, le mash-out cette hausse de la température du moût permet également d’inactiver les enzymes de l’amylolyse!

Les enzymes dans la fabrication de la bière

Quand on s’intéresse à la fabrication de la bière, les enzymes, on en entend parler en permanence !

Le malteur crée un réveil enzymatique.

Le malteur avec sa germination forcée, veut préparer nos petits soldats à jouer leur rôle pendant le brassage. Pour cela, il travail sur les conditions environnementales du grain : l’humidité, la température, la teneur en oxygène.

L’embryon puise dans ces réserves d’amidon pour commencer à se développer;

Des protéinases et des peptidases entrent en action pour commencer la dégradation de l’albumen du grain.

Source : ETUDE DU MALTAGE ARTISANAL DE L’ORGE BRASSICOLE POUR SON DÉVELOPPEMENT EN CIRCUIT COURT EN WALLONIE – Hugo Robert – 2016-2017

L’embryon de grain excrète un facteur de croissance (hormone), l’acide gibbérellique (Gibbérellic acid GA) qui s’oriente vers l’aleurone et induit la formation des enzymes telles que alpha-amylases et dextrinases. Les bêta-amylases existent déjà dans l’endosperme. Ces enzymes sont nécessaires pour dégrader l’amidon dans l’albumen et les faire migrer vers l’embryon en profitant de l’eau absorbée.

Cependant le malteur doit stopper le travail des enzymes pour conserver le pouvoir diastasique du grain afin qu’il puisse être utilisé par le brasseur. Il opère cela par élévation de température, c’est le touraillage.

Pour aller plus loin, vous pouvez accéder à notre formation les secrets des malts.

Le brasseur réalise l’amylolyse pendant l’empâtage

Pendant l’empâtage ensuite, le brasseur en plongeant ses malts dans de l’eau et en réalisant différents paliers de température déclenche l’amylolyse.

L’amylolyse est le processus de dégradation de l’amidon. Cette dégradation est réalisée par des enzymes, les amylases qui scindent les molécules d’amidon en de plus petites molécules.

Dans notre article l’amylolyse, choisir son palier d’empâtage, nous vous présentons comment se déroule l’amylolyse, quelles sont les enzymes clés de cette réaction, comment fonctionnent-elles et quel rôle peut avoir le brasseur au milieu de tout ça!

On récapitule

Les enzymes :

  • Une enzyme est une molécule qui accélère les réactions biochimiques.
  • En général son nom se termine par le suffixe -ase.
  • L’enzyme accélère la vitesse de la réaction en abaissant son énergie d’activation.
  • L’enzyme “fonctionne” grâce à sa structure en 3D, si elle perd sa structure elle ne “fonctionne” plus. C’est la dénaturation de l’enzyme.
  • Les enzymes sont dénaturées par, entres autres, la chaleur.
  • Le pouvoir diastasique d’un malt correspond à sa capacité à produire beaucoup de sucres pendant l’empâtage. Un pouvoir diastasique élevé caractérise un malt riche en amidon et en enzymes de dégradation de l’amidon.

Petit brasseur, où en es-tu?

Alors moi je m’éclate à écrire ce type d’articles, celui où j’essaie de vulgariser les termes scientifiques qu’on peut rencontrer dans le quotidien ou dans le brassage. Dans l’article sur les sucres de brassage par exemple, j’abordais les notions de glucides, oses, osides.

Mais toi qu’en penses-tu? Utile, intéressant, hors sujet?

Une question que tu aimerais voir traiter sur notre blog, n’hésite pas à nous contacter pour en discuter!

Si vous tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 10 commentaires

Technologie brassicole

Pendant l’été, je fais un article pour vous donner des idées de lecture sur la plage. Et puis comme d’hab, je vous demande votre avis “quel serait, vous, le livre que vous conseilleriez?” Vous êtes nombreux à me faire des retours par e-mail (encore merci pour ça, j’ai allongé ma liste au père noël avec, il me semble quelques très bonnes références).

Dans la liste des réponses que j’ai reçues, j’ai un e-mail de Nicolas Imbreckx, l’auteur de “Technologie Brassicole“. Quel honneur ^^

Nicolas me demande si je connais son livre et j’avoue qu’on m’a déjà parlé de “Technologie brassicole” mais je n’ai pas encore eu l’occasion de l’avoir entre les mains et de me faire mon propre avis. Ni une, ni deux, Nicolas me fait parvenir un exemplaire à la maison. Merci pour cet envoi!!

L’auteur, Nicolas Imbreckx

Vous l’aurez compris je ne connais pas (encore) personnellement Nicolas Imbreckx 😉 Mais ce que je peux vous dire c’est qu’il a une solide expérience dans le brassage.

Avec ses bagages d’ingénieur agronome, il débute sa carrière à la brasserie Trappistes de Rochefort en charge de la qualité. Il s’expatrie ensuite vers le Canada pour gérer l’ouverture et la production de l’entité “Les 3 brasseurs” de Sainte Catherine.

Mais je pense que son “petit plus”, il le doit à sa capacité à transmettre son savoir (non, ça ce n’est pas donné à tout le monde!). Donc il retourne rapidement sur les bancs de l’école (enfin non! plutôt du côté du tableau justement) pour enseigner pendant de nombreuses années (presque 20 si je compte bien) :

  • La microbiologie et la technologie alimentaire dans un premier temps, puis
  • la technologie brassicole et la gestion-qualité (HACCP) aux futurs chefs d’entreprise “microbrasserie” , ainsi que la zythologie.

En 2015, il crée sa propre entreprise de conseil, Simcoe Consult, pour accompagner les particuliers, les brasseurs amateurs et professionnels dans la résolution de leurs problématiques.

Notre avis sur Technologie Brassicole

Nous avons adoré ! Un super livre pour débuter et aller un peu plus loin sur le brassage.

Comment brasser sa bière

Plusieurs raisons à cela :

  • en français, et j’avoue que la bonne littérature sur le brassage en français se fait encore trop rare à mon goût!
  • truffé de petites pointes d’humour : par exemple Nicolas aborde la notion de vitesse de réaction chimique en absence d’enzymes. Sans les enzymes, la simple lecture d’un livre pourrait nous prendre des millions d’années si notre cerveau devait attendre que le glucose se décompose spontanément. “C’est avec joie que j’apprends que vous pourrez continuer la lecture sans encombres”
  • ponctué d’exemples du quotidien pour vulgariser les notions qui pourraient être difficiles pour les novices : “Imaginez une armoire faite d’une multitude de petites cases dans lesquelles vous venez bourrer des coussins”, il image l’amidon dans sa structure protéique au sein de l’albumen.
  • Nicolas aborde des notions que nous ne trouvons pas ailleurs dans la littérature brassicole française : la photosynthèse, l’enzymologie, le maltage, l’utilisation des grains crus, l’effet crabtree…
  • ses schémas uniques, très simples mais très explicites :
Bonjour Aurélie,
J’ai acheté ce livre l’an dernier. Bon compromis entre théorie (assez complète) et pratique (aussi pour petits brasseurs amateurs) !
Je le conseille à tous
Pierre 1400 Nivelles, Belgique
Tweet

Mieux que de longs discours, je vous laisse consulter le sommaire :

Au sommaire

Introduction

Définition légale de la bière

Historique de la bière

  • Les premières origines de la bière
  • L’Égypte
  • L’arrivée de la bière en Occident
  • Le gruit : l’essence aphrodisiaque principale de la bière
  • Les Vikings
  • Le déclin du gruit et l’avènement du houblon en brasserie
  • La disette, la loi de la Pureté et l’abandon du gruit
  • Pasteur et la mise en évidence des micro-organismes

Actuellement

Définition d’une microbrasserie

PARTIE 1 : Des matières premières à la refermentation en bouteille

Les matières premières

Eau

  • Approche historique et aspect légal
  • Composition

Malt

  • Orge
  • Anatomie du grain
  • Germination naturelle du grain
  • Maltage de l’orge
  • Coloration EBC
  • Buts du maltage

Grains crus et sucres

  • Grains crus
  • Sucres

Houblon

  • Description botanique
  • Culture du houblon
  • Classification des houblons
  • Houblonnage fractionné
  • Houblonnage à froid ou “dry hopping”
  • Formes d’utilisation
  • Producteurs de houblon en Belgique

Épices

  • Ajout des épices
  • Épiçage à froid ou “dry spicing”

Levure

  • Définition Générale
  • Métabolisme énergétique
  • Les déchets du métabolisme du glucose
  • Multiplication et effet Crabtree
  • Éléments nutritifs essentiels à la vie
  • Éléments essentiels à sa multiplication
  • Les levures de brasserie

Le brassage de la bière

Concassage

  • Concasseurs à rouleaux
  • Concasseurs à marteaux
  • Impacts du concasseur sur le reste du procédé de fabrication

Empâtage

  • Du malt
  • Des grains crus

Brassage proprement dit

  • Importance pH et température
  • Enzymes disponibles et diagramme de brassage
  • De l’amidon au maltose : révisions théoriques plus pointues
  • Expression de la teneur en sucre du moût
  • La saccharification complète
  • Les méthodes de brassage
  • Le test à l’iode
  • Le “mash-out”
  • Matériel de brassage

Filtration du moût

Cuve filtre

Filtre à moût

Ébullition du moût

Buts

  • Dénaturation des enzymes
  • Assainissement microbiologique du moût
  • Amérisation du moût
  • Aromatisation du moût
  • Évacuation des mauvais goûts
  • Concentration du moût
  • Clarification du moût
  • Coloration du moût

Les revers de l’ébullition

  • Libération des DMS
  • Oxydation maximale

Traitement du moût

Clarification

  • But
  • Effet Whirlpool ou tourbillon
  • Centrifugation

Refroidissement

  • Refroidissement lent et naturel
  • Refroidissement rapide et forcé

Oxygénation du moût

Fermentation principale

Composition générale d’un moût

  • Caractéristiques générales
  • Les cuves cylindroconiques

Type de fermentation

  • Fermentation haute ou “Ale”
  • Fermentation basse ou “Lager”
  • Fermentation spontanée
  • Fermentation mixte

Métabolisme des principaux composés du moût

  • Les sucres
  • Les composés azotés
  • Les dextrines

Production de substances volatiles

  • Souhaitées
  • Non Souhaitées

Comment conduire la fermentation ?

Garde

Définition

Buts

En fermentation basse

Les autres types de fermentation

Soutirage, filtration et pasteurisation

Soutirage : buts, contraintes et dangers

Filtration

Pasteurisation

Conditionnement

Propreté préalable des contenants

Remplissage en encaissage

Capsulage

Refermentation

PARTIE 2 : Quelques produits particuliers

Les bières de fermentation basse de type pils

Les gueuzes

Les bières “saison” belge

Les IPA

Les bières trappistes

Les bières d’abbaye

Belgian Beer of Wallonia

PARTIE 3 : L’analyse sensorielle

Définition

Différentiation entre goût et sensation physique

Les goûts et les papilles gustatives

Définition test hédonique et jury professionnel

Descripteur aromatique

PARTIE 4 : L’étiquetage de la bière

But

Mentions obligatoires

Mentions facultatives

Illustrations et mentions interdites

PARTIE 5 : Composition de la bière finie

Composition générale

  • Eau
  • Alcool
  • Glucides
  • Protéines
  • Fibres
  • Vitamines
  • Minéraux
  • Apports énergétiques

Bienfaits

Méfaits

PARTIE 6 : Introduction à la conception d’une bière

Méthodologie et procédure

  • Fixer ses objectifs
  • Estimation de la densité initiale du versement
  • Estimation de l’EBC final
  • Estimation de l’IBU
  • Élaboration du diagramme de brassage théorique, et conduite de la suite du procédé

Organisation optimale lors du brassage

  • Matériel nécessaire
  • Les étapes à suivre

Lexique

Résumé du process

Bibliographie

Pour acheter Technologie brassicole

Tu as la possibilité d’acheter ce livre sur internet et notamment sur Amazon

(je sais ça peut être discutable, il n’empêche qu’il n’existe pas d’autre librairie en ligne avec un catalogue aussi vaste… et amazon nous permet également de faire de l’affiliation) :

Ceci est un lien affilié Amazon, c’est à dire qu’ils nous permet de toucher une petite commission si vous achetez un produit Amazon en passant par ce lien. Bien évidemment cela n’augmente pas le prix final que vous allez payer. Ces commissions nous permettent de vous offrir du contenu gratuit, donc merci si vous passez par nos liens pour acheter ces produits ! 

Cliquez sur le bouton pour charger le contenu de ws-eu.amazon-adsystem.com.

Charger le contenu

PS : nous ne recommandons jamais un produit que nous n’estimons pas sincèrement être un produit de qualité. C’est essentiel pour nous de vous apporter le maximum de valeur !

Petit brasseur, où en es-tu?

Pour débuter le brassage, j’ai longtemps conseillé “Faire sa bière maison” de Greg Hughes et “Secrets de brasseurs”, j’ajoute désormais Technologie brassicole dans la liste. Et je pense même que je le place en Pole Position même si tous les livres apportent des choses différentes et donc se complètent à merveille.

As-tu déjà lu ce livre? Qu’en as-tu pensé?

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite

Publié le 4 commentaires

Les livres de brassage à ne pas manquer – Partie 1

L’été, c’est “doigts de pied en éventail” sur la plage mais cette année, tu as envie de te cultiver sur le monde de la bière et de te lancer dans le brassage!

Tu as déjà commencé à te renseigner mais tu voudrais profiter de ces moments de détente pour approfondir le sujet, en te plongeant dans de la bonne lecture.

Brasseur débutant, voici la liste des livres que nous te conseillons

Biérographie, Comprendre la bière en 100 dessins et schémas

Cliquez pour acheter Biérographie sur Amazon

Auteurs

Elisabeth Pierre, Anne Laure Pham, Mélody Denturck – Hachette

Notre avis

C’est une livre coloré de 120 pages au format original. Il présente, en dessins et schémas, toutes les informations à connaître pour être incollable sur la culture brassicole. Bon clairement, on n’est pas sur un livre “brassage” mais facile à lire (ou à feuilleter) entre 2 activités, c’est le cadeau idéal pour le fan de bières.

Nous l’apprécions tout particulièrement car il regorge d’anecdotes et casse les croyances que nous pouvons avoir sur la bière. Nous y avons appris plein de petits trucs mais ce ne sera pas ici que vous apprendrez à brasser votre propre bière ;).

Au sommaire

Découvrir la bière par le goût

  • La bière, ça ne se déguste pas comme un vin
  • La bière a peu d’intérêt nutritionnel
  • La bière, c’est trop amer
  • Les bières de même couleur ont toutes le même goût
  • On perçoit toujours le même goût d’une blonde à l’autre
  • La bière, c’est juste des céréales et de l’eau
  • L’eau, ça n’est pas l’ingrédient principal d’une bière
  • Il n’y a que du malt, du houblon et de l’eau dans la bière
  • Il n’y a que 5 couleurs dans la bière
  • Tous les styles se ressemblent
  • La mousse, ça ne sert à rien
  • La bière à la pression, c’est ce qu’il y a de meilleur
  • On ne retrouve pas les mêmes flaveurs dans un vin ou dans une bière
  • La bière ne s’accorde avec rien
  • La bière, ça ne se boit pas à table,
  • La bière, ça ne va pas du tout avec le fromage
  • La bière, ça n’a aucun intérêt en cuisine

Choisir, acheter et consommer la bière

  • On n’apprend rien d’une étiquette
  • La France n’est pas un pays de bières
  • Les bières trappistes et les bières d’abbayes, sont les meilleures
  • Tous les styles de bières sont nés en Belgique
  • La cave à bière, c’est réservé aux experts,
  • Une bière, ça ne coûte jamais très cher
  • Les bières les plus vendues dans le monde sont très différentes
  • Un Stout c’est trop alcoolisé et trop lourd
  • Une Pils, c’est une bière “de base”
  • Un Lambic, c’est imbuvable
  • La bière en canette, c’est forcément mauvais,
  • Il faut se méfier des bières en bouteille
  • La bière anglaise est toujours plate et tiède!
  • Les femmes préfèrent les bières blanches et blondes, les hommes les bières brunes et noires
  • Je n’aime pas cette bière. Je n’en boirai jamais d’autres
  • Trouver un bon bar à bière, c’est difficile
  • Un sous-bock, c’est ringard
  • Le pub anglais, c’est une invention récente
  • La bière se boit toujours dans une chope
  • La bière ça fait grossir
  • La bière ce n’est pas bon pour la santé
  • Il est impossible d’ouvrir une bouteille de bière sans décapsuleur

L’histoire et l’élaboration de la bière

  • La bière, c’est simple
  • Le houblon, c’est l’ingrédient principal de la bière
  • Il n’y pas de levures dans la bière
  • La fermentation de la bière, c’est la même que la fermentation du vin
  • Faire sa bière maison, c’est impossible
  • La Triple, c’est une bière trois fois plus fermentée
  • Une bière trouble, c’est pas normal
  • Les bières de saison, c’est bidon
  • La bière c’est une boisson qui remonte aux Gaulois

Pour en savoir plus sur l’art de la dégustation de la bière, je t’invite à lire l’article de Damien.

Randos bière en France, La façon la plus rafraîchissante de voir la France

Auteurs

Fabienne et Benoît Luisier

Notre avis

Un livre extrêmement utile quand on aime la rando mais aussi les brasseries artisanales!

Comme le disent si bien les deux petits suisses, Fabienne et Benoit, ce livre peut être l’occasion de se faire un petit rituel de week-end. On ouvre le guide, on choisit son itinéraire et on chausse ses baskets! Un livre pour partir à la rencontre de nos chers brasseurs passionnés et passionnants.

Le principe?

70 itinéraires entre 8 et 20 km 3 niveaux de difficultés dans les randonnées. Le format est visuel pour facilement comparer les randos. Les numéros des cartes IGN associées sont mentionnés /

  • Une description du parcours,
  • une carte (très schématisée) et
  • une idée du dénivelé de chaque rando

Vous découvrirez donc également 70 brasseries. Une seule bière retenue par brasserie.

  • Une rapide description
  • les saveurs dominantes, les flaveurs, une échelle d’amertume et de douceur
  • l’adresse de la brasserie
  • et les commerces où vous trouverez les bières.

Au sommaire

  1. Introduction
    • Avant propos
    • Les bières et les randonnées
    • Choisir la bière ou la randonnée
    • Les difficultés
    • Avant le départ
  2. Carte et liste
    • Carte
    • Liste des randonnées
  3. Les randos bières

B comme bière, la bière expliquée aux (grands) enfants

Auteur

Tom Robbins

Notre avis

Voici un petit roman plein d’humour qui se boit très très vite 😉

L’histoire c’est celle de Gracie, 6 ans qui se pose énormément de questions sur cette boisson que son père boit en grande quantité. Son oncle, un homme un peu décalé, va répondre à ses interrogations et lui faire visiter une brasserie. Gracie prend ensuite sa première cuite en testant une canette du frigo. Elle rencontre alors la Fée de la bière, celle que son père connaît si bien.

C’est léger tout en étant instructif. J’ai beaucoup aimé (c’était presque même trop court).

Faire sa bière maison, un guide étape par étape pour brasseur amateur

100 recettes et astuces de brasseurs

Cliquez ici pour acheter Faire sa bière maison sur Amazon

Auteur

Greg Hughes

Notre avis

Ce livre c’est de la bombe pour débuter!

  • 71 pages de théorie bien illustrée!
  • Des tableaux de classification des houblons, des malts et des levures,
  • Une présentation du matériel et des règles de base de l’hygiène en brassage amateur
  • Présentation des kits et de l’extrait de malt puis présentation du brassage tout grain

Et le bonus qui a une grosse valeur ajoutée, ce sont les quelques 130 pages de recettes de différents styles! De quoi vous occupez pendant les premiers mois de votre carrière de brasseur amateur!

Tu doutes encore de tes capacités à brasser : Si tu as besoin d’un coup de pouce pour oser te lancer, c’est par ici!

Au sommaire

Introduction

  • Histoire de la bière et de la brasserie
  • La révolution des bières artisanales
  • Du grain à la bouteille

Les ingrédients

  • Le malt
  • Les sucres et les grains crus
  • Malts, sucres et grains crus en un clin d’oeil
  • Le houblon
  • Les houblons en un clin d’oeil
  • L’eau d’empâtage
  • Aromates, fleurs, fruits et épices

La technique

  • Avant de commencer
  • Trois méthodes de brassage
  • L’importance de l’hygiène
  • Le matériel de brasserie
  • Les kits
  • L’extrait de malt
  • Le brassage tout grain
  • L’ensemencement
  • La fermentation
  • Le sucrage et le soutirage
  • Conserver et servir sa bière
  • L’étiquetage des bouteilles

Styles de bière et recettes (x100)

  • Sélectionner une recette
  • Comment lire une recette

Les lagers

  • lager blonde
  • Pilsner
  • Lager ambrée
  • Bock et lager foncée

Les ales

  • Pale ale
  • India Pale ale (IPA)
  • Sour ale et lambic
  • Bitter
  • Strong ale
  • Brown ale
  • Mild
  • Vin d’orge
  • Porter
  • Stout

Les bières de froment

  • Weissbier
  • Bière de seigle
  • Witbier
  • Bière de blé foncée

Les styles mixtes

  • Hybrides blondes
  • Hybrides ambrées
  • Bières épicées et aux aromates
  • Bières aux fruits et aux légumes

Informations utiles

Glossaire

Index et remerciements

Une nouvelle édition du livre est sortie en septembre 2020 : avec de nouvelles recettes !

Secrets de brasseur, réussir sa bière maison

Cliquez ici pour acheter Secrets de brasseur sur Amazon

Auteurs

Matthieu Goemaere, Linda Louis,  Thomas Mousseau – La plage

Notre avis

Un autre incontournable pour débuter le brassage amateur!

Si vous souhaitez comprendre les processus biochimiques en jeu lors du brassage de votre bière, vous trouverez votre bonheur avec ce livre! Ce livre est recommandé par beaucoup de brasseurs amateurs et on comprend pourquoi.

Il est encore plus précis que le livre précédent. Les schémas sont nombreux et très clairs.

Même le design est joli 😉 Pour la partie recettes, je préfère néanmoins le Faire sa bière maison de Greg Hughes… Je trouve que les informations y sont plus rapidement accessibles (sensibilité personnelle). Peut-être qu’il faut avoir les 2 livres pour avoir toute la panoplie complète du parfait débutant!

Au sommaire

Comprendre le monde de la bière

  • L’histoire de la bière en bref
  • Les styles de bière
  • La fabrication de la bière

La chimie de la bière à travers ses ingrédients

  • Le malt
  • La saccharification de l’amidon
  • Les levures et le processus de fermentation
  • Le houblon
  • L’eau et le sucrage

L’environnement de la brasserie

  • Le matériel de base pour brasser
  • L’hygiène de la brasserie
  • Le nettoyage et la désinfection du matériel
  • L’embouteillage

Secrets de brasseur

  • Les calculs et la géométrie de la bière
  • Le densimètre et le taux d’alcool

Les recettes de bière (x21)

Biérologie

  • L’orge, l’or blond de la bière
  • Les vertus médicinales du houblon
  • Petits bricolages en brasserie
  • Comment déguster une bière
  • Comment recycler les restes de brassin

Lexique de la bière

Références

How to brew, everything you need to know to brew great beer everytime

Cliquez ici pour acheter How to brew sur Amazon

Auteur

John Palmer

Notre avis

La Bible du brasseur amateur (575 pages), à ce jour la version “achetable” est la 4ème. C’est un incontournable, tout brasseur amateur a au moins une fois dans sa vie consulté How To Brew, vous n’y couperez pas!

Ce livre est en anglais (mais il n’y a pas d’équivalent en français). Vous trouverez une version traduite et gratuite sur le forum brassage amateur (Bravo pour ce travail).

Il ne se lit pas en une seule fois (imbuvable, décès dans d’atroces souffrances), ce livre se consulte pour répondre à une question précise ou pour approfondir un sujet particulier :

“Tiens aujourd’hui, je veux en savoir plus sur les enzymes de l’empâtage”.

Le plus : c’est le niveau de détail inégalé

Le moins : Ce sont ces gras pavés de textes écrits en petits en anglais et en noir et blanc!

Au sommaire

Introduction

Section I : Brasser des kits de bière

  • Chapitre 1 – Brasser votre premier brassin de bière
  • Chapitre 2 – Nettoyer et désinfecter
  • Chapitre 3 – Les malts et extraits de malts
  • Chapitre 4 – Brasser avec des kits et des extraits
  • Chapitre 5 – Les houblons
  • Chapitre 6 – La levure et la fermentation
  • Chapitre 7 – La gestion de la levure
  • Chapitre 8 – L’eau pour le brassage à l’extrait de malt
  • Chapitre 9 – Brasser avec un volume complet
  • Chapitre 10 – Le sucrage, l’embouteillage et la mise en fût
  • Chapitre 11 – Comment brasser des lagers
  • Chapitre 12 – Brasser des bières fortes
  • Chapitre 13 – Brasser avec des fruits, légumes et épices
  • Chapitre 14 – Brasser des bières acides

Section II : Brasser en tout grain

  • Chapitre 15 – Comprendre l’orge malté et les additifs
  • Chapitre 16 – Comment marche l’empâtage
  • Chapitre 17 – Les méthodes d’empâtage
  • Chapitre 18 – L’extraction et le rendement : ou qu’attendre de votre empâtage
  • Chapitre 19 – Récupérer le moût (la filtration)
  • Chapitre 20 – Brasser votre premier brassin tout grain
  • Chapitre 21 – L’alcalinité résiduelle, l’acidité du malt et le pH d’empâtage : ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pH d’empâtage mais que vous n’avez jamais osé demander
  • Chapitre 22 – Ajuster l’eau pour le style : Les eaux célèbres de brassage et leurs bières

Section III : Recettes, expérimentation et dépannage

  • Chapitre 23 – Quelques-uns de mes styles favoris de bières et leurs recettes
  • Chapitre 24 – Créer vos propres recettes
  • Chapitre 25 – Ma bière est-elle foutue?

Section IV : Appendices

  • Appendice A : Utiliser un densimètre et un réfractomètre
  • Appendice B : La couleur de la bière
  • Appendice C : La clarté de la bière
  • Appendice D : Fabriquer un refroidisseur de moût
  • Appendice E : Création d’une cuve de filtration pour un écoulement
  • Appendice F : Création d’une cuve de filtration pour un rinçage en continu
  • Appendice G : Brasser des métaux (ions)
  • Appendice H : Les conversions d’unités
  • Appendice I : Les soucis dans le brassage des bières sans gluten

Bibliographie

Glossaire

Petit brasseur, où en es-tu?

Nous avons sélectionné ici les livres que nous aurions aimé trouvé à nos débuts! Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive et nous en avons lu beaucoup d’autres depuis bien sympathiques aussi. Mais il fallait faire un choix.

Et toi, si tu devais donner ta petite liste de livres de brassage préférés, quelle serait-elle?

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Publié le 8 commentaires

L’utilisation de sucre dans le brassage

Le sucrage est une étape indispensable pour la refermentation en bouteilles. Le brasseur prépare une solution sucrée qu’il additionne à son moût juste avant la mise en bouteilles. Pour cela, il utilise un sucre fermentescible.

Le brasseur choisit aussi parfois d’utiliser des sucres non fermentescibles pour travailler les saveurs, la couleur et la texture de la bière.

Il existe de nombreuses substances aux saveurs sucrées qui pourraient faire l’affaire, laquelle choisir…

Dans cet article, nous refaisons le point complet :

Que sont les glucides, les oses, le sucre de table ? Qu’est-ce que le pouvoir sucrant ? Qu’est-ce qu’un édulcorant ?
Pourquoi et comment réaliser un sucrage ? Quel sucre utiliser ?
Comment utiliser un sucre non fermentescible et lequel choisir ?

Je commence par quelques lignes de chimie. Parce que ces sujets là me parlent, m’intéressent. Mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde !!! N’hésitez pas à descendre un peu plus bas dans l’article pour passer à ce qui vous intéressera plus 😉

Dans la nature, il y a les glucides

L’union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) définit les glucides comme étant une classe de composés organiques contenant un groupe carbonyle (double liaison entre un atome de carbone et un atome d’oxygène) et au moins deux groupes hydroxyle (-OH).

Les glucides étaient historiquement appelés hydrates de carbone (ou carbohydrates), car on considérait que leur formule chimique était basée sur le modèle Cn(H2O)p. À l’heure actuelle, la définition a évolué et ce terme est complètement obsolète en français, mais pas en anglais, langue dans laquelle on utilise très largement le terme « carbohydrates ».

Les glucides se présentent généralement sous la forme de cristaux blancs.

Les glucides font partie, avec les protéines et les lipides, des constituants essentiels des êtres vivants et de leur nutrition, car ils sont un des principaux intermédiaires biologiques de stockage et de consommation d’énergie. Chez les végétaux, les sucres sont convertis en amidon pour le stockage. Souvenez-vous c’est le cas des céréales et donc de l’orge.

Les glucides sont répartis entre oses et osides

Tout d’abord, le suffixe -ose est un classificateur chimique précisant qu’il s’agit d’un glucide. Les glucides sont habituellement répartis entre :

  • Oses, qui sont des sucres simples (monosaccharides tels le glucose, le galactose ou le fructose)

Le dextrose est le synonyme (un peu vieillot) du glucose, c’est aussi souvent la traduction la plus couramment utilisée chez les anglo-saxons pour le glucose (bien que glucose existe également).

  • Osides, qui sont des polymères d’oses, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un assemblage de plusieurs oses (oligosaccharides et polysaccharides). Les disaccharides tels le saccharose, le lactose ou le maltose font partie de cette dernière catégorie.

Mais seuls les monosaccharides et les disaccharides ont un pouvoir sucrant. Les polysaccharides, comme l’amidon, sont insipides.

Les autres glucides ayant un pouvoir sucrant sont les « polyols » (sorbitol, maltitol, mannitol) mais ils sont maintenant étiquetés séparément, en tant que « polyalcools », qui sont des glucides mais pas des sucres.

Le saccharose, plus connu sous le nom de sucre de table

Le sucre est une substance de saveur douce extraite principalement de la canne à sucre et de la betterave sucrière. Le saccharose est une molécule composée de l’assemblage de glucose et de fructose. En anglais le saccharose est le sucrose.

Le saccharose sert de référence dans l’échelle des produits sucrants, c’est-à-dire qu’il est considéré comme égal à 1 par convention.

Le pouvoir sucrant

Le pouvoir sucrant représente la valeur sucrante par unité de masse (ou par concentration molaire) d’un composé chimique par rapport à un autre. Il est déterminé, par rapport à une référence, en général une solution de saccharose (sucre de table), dont le pouvoir sucrant est égal par définition à 1.

Les ingrédients dont le pouvoir sucrant est voisin de 1 sont appelés édulcorants de masse ou de charge. Lorsque le pouvoir sucrant d’un ingrédient est bien supérieur à celui du sucre, on parle d’édulcorants intenses.

Les édulcorants sont les substances qui ont un pouvoir sucrant

Un édulcorant est un produit ou substance ayant un goût sucré. Le plus souvent, le terme « édulcorant » fait référence à des ingrédients destinés à changer le goût d’un aliment en lui conférant une saveur sucrée.

Pour connaître les saveurs dominantes et travailler votre palais : Apprenez les bases de la dégustation selon Damien.

 Les édulcorants peuvent avoir le même pouvoir sucrant, sans avoir les mêmes caractéristiques, que le saccharose. À titre d’exemple,

  • le xylitol a le même pouvoir sucrant (PS = 1) mais a une valeur calorique moitié moindre (2,4 kcal/g).
  • Le fructose a la même valeur calorique (4,2 kcal/g) que le saccharose mais son pouvoir sucrant est plus important (PS = 1,3 et 1 respectivement).
  • À l’inverse, le glucose a un pouvoir sucrant plus faible (entre 0,70 et 0,75).

D’autres sucres ne sont pas assimilables par l’organisme et donc permettent de sucrer un aliment en évitant les calories. Certains composés qui ne sont pas des sucres peuvent avoir un pouvoir sucrant (l’aspartame par exemple).

Le miel, le sirop d’érable, l’aspartame, la saccharine sont des édulcorants.

Quelques exemples de pouvoirs sucrants

Voici quelques exemples d’édulcorants avec leur pouvoir sucrant à poids égal du sucre (la référence du saccharose =1) ainsi que l’origine de ces composés :

ComposéPouvoir sucrantOrigine du composé
Aspartame200Artificiel
Erythritol0,6-0,8Saké, Miso, soja, vin
Fructose1,1-1,3Fruits, saccharose
Galactose0,3-0,2Lait
Glucose (dextrose)0,7-0,75Plantes amylacées (blé, maïs), saccharose, maltose
Inuline0,1Racine de chicorée, topinambour
Lactose0,25-0,33Lait
Maltitol0,80-0,95Maltose
Maltose0,4-0,6Plantes amylacées comme l’orge, le blé, le maïs
Mannitol0,1-0,69Olive, algue, bois
Mannose0,6Légumes
Miel1-1,35Fleurs par le travail des abeilles
Saccharine300-500Artificiel
Saccharose1Canne à sucre, betterave sucrière
Sirop d’agave1,25Agave (plante contenant beaucoup de fructose)
Sirop d’érable2Sève naturelle de l’érable
Stevia en poudre300Stévia Rebaudiana (plante)
Xylitol0,9-1Écorce de bouleau, prune, fraise
Pouvoir sucrant de différents édulcorants (source Wikipedia)

(Amylacée = contenant de l’amidon)

On constate que :

  • les produits artificiels comme la saccharine et l’aspartame ont un pouvoir sucrant extrêmement élevé, comme pour la stévia, cette plante édulcorante naturelle.
  • les sirops d’agave, d’érable ou le miel ont un pouvoir sucrant plus élevé que le sucre de table (saccharose). C’est également le cas du fructose apporté principalement par les fruits.
  • les autres édulcorants ont un pouvoir sucrant moins élevé que le saccharose.

Le brasseur utilise du sucre pour refermenter sa bière en bouteilles

La refermentation en bouteilles

Le sucrage est obligatoire juste avant l’embouteillage dans le cas d’une refermentation en bouteille. Il va servir à la création du dioxyde de carbone (CO2) donc de la mousse lors de l’ouverture de ta prochaine bouteille.

En quelques mots, le sucre permet de redonner « à manger » aux levures pour la finalisation de la bière en bouteilles. Si tu as besoin de refaire le point sur le travail des levures.

Les levures ont réalisé une “première” fermentation en fermenteur, elles ont utilisé les sucres fermentescibles présents dans le moût pour fabriquer de l’alcool et du CO2 qui s’est échappé par le barboteur. En bouteilles, on relance donc une fermentation. Et cette fois-ci, le CO2 ne s’échappera pas!!

Deux avantages :

D’abord en phase aérobie (présence d’oxygène dans le goulot), les levures vont consommer cet oxygène, ce qui va limiter les risques d’oxydation et donc améliorer la conservation sur le long terme de la bière.

En phase anaérobie, les levures vont ensuite consommer le sucre qui vient d’être ajouté pour produire un peu plus d’alcool mais surtout du CO2. Cette production de gaz va augmenter la pression dans la bouteille hermétiquement fermée (c’est à ce moment qu’on sait si toutes les capsules sont correctement mises) et donc dissoudre le CO2 dans la bière. Lors de l’ouverture de la capsule, la pression diminue et le gaz cherche à s’échapper (formation de mousse). Magie !

Quand la refermentation est terminée, les levures entrent en dormance et tombent au fond de la bouteille, c’est ce qu’on appelle la lie. Les bières sur lie sont donc des bières refermentées en bouteilles qui n’ont pas été filtrées.

Le brasseur utilise une solution sucrée

A la fin de la fermentation, le brasseur prépare une solution de sucre fermentescible, en général en mélangeant de l’eau préalablement bouillie avec du sucre de table. L’eau bouillie permet de stériliser le sucre et d’aider sa dissolution.

Cette solution est mélangée au moût en portant une attention particulière au risque de contamination. Puis le moût est mis en bouteilles.

La dose de sucre varie en fonction du niveau de carbonatation souhaitée. Chaque style de bière possède un niveau de carbonatation défini.

La carbonatation représente la quantité de CO2 dissoute dans un litre de bière,
à 20°C et à pression atmosphérique.

La quantité de CO2 dans une bière est généralement comprise entre 2 et 3 volumes ce qui équivaut à 4 à 6 grammes de sucre / litre. Une carbonatation élevée augmentera ainsi la perception de l’acidité comme c’est le cas avec certaines bières avoisinant 4-5 volumes comme les Sours, les Gueuzes ou bien les Weizens.

Voici quelques exemples de carbonatation en fonction du style de bière. Source Btobeer

Suite sur le site de BtoBeer

Les différents sucres de refermentation

Pour réaliser une refermentation en bouteilles, il faut donc choisir un sucre d’amorçage ou priming sugar. Ce sucre doit obligatoirement être fermentescible. A ce titre, le sucre entre dans les ingrédients indispensables à la bière !

1/ Le sucre de table raffiné, le saccharose

Comment nous l’avons vu, l’utilisation de sucre de table pour réaliser la refermentation en bouteilles est la pratique la plus courante.

On trouve facilement le sucre de table raffiné dans le commerce, il est très bon marché et apporte peu de saveur en dehors du sucré.

Le sucre de table est composé à 99,8% de saccharose cristallisé.

C’est celui qu’on appelle couramment sucre cristal ou sucre semoule, selon la taille des cristaux. Si les cristaux de sucre blanc sont moulus en une poudre très fine (impalpable), on parle de sucre glace. Le sucre en morceaux est obtenu par moulage sous pression de cristaux de sucre réhumidifiés avec de la vapeur d’eau.

Le sucre de betterave est naturellement blanc, mais le sucre peut également être obtenu à partir de canne à sucre (paragraphe suivant !).

2/ Le sucre roux ou sucre de canne

Le sucre roux, cassonade ou sucre de canne est obtenu par cristallisation d’un concentré du jus de canne à sucre.

Il s’agit donc comme le sucre de table blanc, de saccharose. Le pouvoir sucrant est du sucre de canne est donc le même que celui du sucre de table blanc.

Comme le sucre blanc, vous le trouverez sous forme de poudre ou de morceaux. Il se trouve également très facilement dans le commerce.

Le sucre de canne présente naturellement une coloration qui va du blond (225 EBC) au brun (700 EBC). Cette coloration est due à des pigments présents uniquement dans la canne.

Le sucre roux présente également une saveur typique (moins neutre que le sucre blanc) que vous pourrez rechercher dans votre bière.

3/ Le sucre inverti

Le sucre inverti est un sucre produit à partir de saccharose (sucre de table). Dans le processus d’inversion (d’où le nom « sucre inverti »), le saccharose est séparé en ses deux molécules constituantes (fructose et glucose).

Le sirop de sucre inverti vous apportera des saveurs surprenantes de miel et de caramel ou même de gâteau ! Il facilitera aussi le travail des levures qui n’ont plus qu’à consommer car l’inversion est déjà faite. Il apportera aussi une coloration à votre bière.

Vous pouvez très bien fabriquer votre sirop de sucre inverti vous-même: du sucre, de l’eau, du jus de citron (qui fait office de catalyseur), un thermomètre à sucre adapté pour monter jusqu’à 150°C et du temps pour obtenir une bonne réaction de Maillard.

Vous pouvez aussi trouver ce sucre inverti sous forme de cristaux, blancs ou bruns. C’est ce qu’on appelle du sucre candi. Alex nous propose un tuto pour fabriquer notre propre sucre candi à la maison !!

Le sucre inverti est utilisé dans beaucoup de bières spéciales belges. Pour donner un exemple, les brunes trappistes du style Chimay Bleue ou Westmalle double sont principalement composées de malts pales et caramels. La couleur et les arômes viennent essentiellement des sucres invertis!

4/ Le sucre de maïs, glucose ou dextrose

Le dextrose qui n’est autre que le glucose comme nous l’avons vu précédemment, est obtenu à partir de maïs. On parle de Corn Sugar !

Le pouvoir sucrant du glucose est de 0,7 (par rapport au saccharose qui est à 1).

Il s’agit d’une poudre blanche qui n’apportera pas de couleur à la bière.

En venant du maïs plutôt que du sucre de canne, il n’y a pas de saveur ajoutée. Le dextrose donnerait un goût moins « cidré » que le sucre classique.

Des connaisseurs ? Un retour d’expérience sur le sujet ? Car j’avoue que je ne l’ai jamais testé.

Pour la théorie. Les saveurs libérées par l’utilisation de saccharose (glucose-fructose) par rapport au dextrose, vient du fait que les levures doivent d’abord hydrolyser la liaison entre le glucose et le fructose. Cette étape produit des esters qui apportent des saveurs à la bière.

Saccharose

Dans le cas du glucose seul (dextrose), celui-ci est consommé directement par la levure (Heu, info à me confirmer… Je n’ai pas trouvé beaucoup de littérature sur le sujet).

5/ Le fructose

Le fructose est un ose que l’on trouve en abondance dans les fruits, le miel, les baies, les melons et certains légumes-racines.

Le fructose est surtout utilisé pour la fabrication de vins et alcools maison, mais pourquoi pas l’utiliser pour la refermentation en bouteilles de la bière, non ?

Son pouvoir sucrant est plus élevé que celui du saccharose (1) = 1,73.

6/ Le miel

La composition du miel varie selon les variétés. Cependant, il est principalement composé de glucides (78 à 80%) représenté essentiellement par du fructose (38%) et du glucose (31%). Les autres glucides sont du maltose, du saccharose, du galactose et divers autres polysaccharides. Il contient également beaucoup d’eau.

Vigilance avec le miel

On dit parfois que le miel ne doit pas être donné aux enfants de moins d’un an. Savez-vous pourquoi ?

Le botulisme infantile est une maladie rare, survenant chez les enfants de moins d’un an. Des formes résistantes (spores) de la bactérie (Clostridium botulinum), responsables de cette maladie, peuvent se trouver dans les poussières et certains sols. Transportées par les abeilles, les spores peuvent se retrouver ensuite dans le miel.

C’est pour cette raison que le miel est à proscrire pour les nourrissons… En dehors de ça, le miel possède plutôt des propriétés antibactériennes qu’un risque bactérien propre…

Si vous souhaitez utiliser du miel dans votre bière (ouf les nourrissons ne seront donc pas exposés), vous devez néanmoins détruire cette bactérie. La méthode la plus efficace est de faire bouillir le miel pendant 10 minutes. Nous vous proposons donc d’utiliser votre miel en fin d’ébullition comme dans notre recette de bière de noël. Dans ce cas, vous rechercherez plutôt l’apport des saveurs du miel plutôt que son pouvoir sucrant.

Pour le resucrage, vous pourrez également utiliser du miel que vous aurez fait chauffer quelques minutes pour le ramollir. Augmentez légèrement les doses par rapport à un sucrage au sucre : 9 à 12 grammes/ litres. Et vous obtiendrez la carbonatation et les saveurs recherchées. Le miel ne sera pas stérilisé mais à ce stade l’alcool est présent et le risque est quand même faible.

(J’ai participé à une ouverture de ruche ce we !!)

Un bel exemple de bière au miel en format original de 25 cl

La Bière de miel a une longue histoire derrière elle. Déjà brassée en 1880, sa recette n’a été reprise qu’en 1997 par la fameuse Brasserie Dupont.

A la vue, cette bière se présente sous une jolie robe ambrée surplombée d’une mousse fine et délicate. Le nez est évidemment très porté sur le miel même si l’on retrouve assez distinctement certains accents épicés. La bouche est étonnante. Le miel est présent, mais à aucun moment il n’écœure. Contrairement à certaines bières du même style, elle ne tombe pas dans la facilité en proposant un profil ultra-sucré et la dégustation est ainsi menée par une très légère acidité. 

7/ Le sirop d’érable

Le sirop d’érable est une solution naturellement sucrée, fabriquée à partir de l’eau (sève) d’érable recueillie au début du printemps et concentrée par ébullition. La qualité du sirop d’érable change à mesure que la saison avance, d’un sirop doré au goût délicat à un sirop très foncé au goût prononcé. Des études démontrent que ce changement de qualité est dû à la quantité de bactéries qui augmente au fil de la saison. ¾ de la production mondiale de sirop d’érable nous provient du Canada !

Le sirop d’érable contient principalement des glucides, 68 % de saccharose, 0,4 % de glucose et 0,3 % de fructose et de l’eau (31 %). Donc encore une fois, il s’agit d’un produit qui sera quasiment entièrement métabolisé par les levures.

Comment utiliser le sirop d’érable

Comme dans le cas du miel, le sirop d’érable apporte des saveurs uniques qu’il peut être intéressant de travailler dans le brassage de nos bières. Vous pourrez l’ajouter en fin d’ébullition ou au moment de l’embouteillage pour le resucrage.

Le petit secret réside dans l’utilisation en fin d’ébullition ET en refermentation ! Ho les malins. Pourquoi ne pas tester une conserve de 540ml, 5 minutes avant la fin de l’ébullition (brassin de 20 litres). Puis mélanger le sirop d’érable (7g/l) avec 1/2 l d’eau qu’il faut faire bouillir pour incorporer le tout quand c’est refroidi avant d’embouteiller.

Sur les forums américains, il est préconisé d’ajouter 1 gallon de sucre d’érable pour 5 gallons de bière. C’est énorme. Pour retrouver une aide précieuse pour les conversions d’unités.

La Saint Ambroise à l’érable

La Saint Ambroise à l’érable, une American Amber Ale titrant à 4,5° avec une jolie mousse beige, peu d’amertume et des saveurs de sirop d’érable. Nous avons fait sa découverte lors de notre voyage au Québec en 2013 !

Établie en janvier 1989, la Brasserie McAuslan est devenue très vite la plus grande microbrasserie au Québec. La Brasserie a lancé sa première bière en février 1989. La bière blonde St-Ambroise a obtenu un vif succès et a gagné la faveur des amateurs de bières.

Aujourd’hui, La Brasserie McAuslan, pionnière avant-gardiste des microbrasseries au Québec et au Canada est plus que jamais prête et fière à relever les nouveaux défis tout en protégeant fidèlement ce qui a fait sa force depuis tant d’années, la qualité exceptionnelle de ses bières.

8/ Muntons Carbonation Drops

Je voulais rapidement vous présenter les Muntons Carbonation Drops. Ça vous fait rêver pas vrai ?

C’était ironique !

Elles contiendraient la quantité idéale pour sucrer une bouteille nécessaire pour une carbonatation parfaite. Ha ouais et pour quel style de bière ? Ça dépend de ce qu’on brasse, non ?

80 gouttes par pack, ce qui serait suffisant pour 40 bouteilles de 1 pinte/500 ml. Ok on précise un peu le produit. On embouteille donc en bouteille de 50cl. Oups, j’ai des 33 ou des 75cl…

Mode d’emploi : d’abord remplissez la bouteille avec de la bière et puis placez 2 gouttes de carbonatation dans chaque bouteille désinfectée d’une pinte/500 ml. Pour les bouteilles de 250 ml, utilisez simplement une seule goutte. Pas de soucis, pas de renversement accidentel du sucre.

T’es sérieux, c’est ça le message marketing ? Pour ne plus renverser ton sucre ?
Ça t’est déjà arrivé à toi ?

Enfin voilà… Ça fait cher le kilo de sucre.

(Il existe l’équivalent dans d’autres marques).

Comment calculer la quantité de sucre à ajouter pour ton embouteillage ?

Little Bock, cet ami dont on te parle souvent, peut t’aider à calculer la quantité de sucre que tu dois ajouter !

Pour cela, il te suffit de remplir :

  • Le volume de ton brassin (en litres),
  • Le volume cible de CO2 (en volumes),
  • La température de fermentation (en°C),
  • Et le type de sucre utilisé.

Le brasseur utilise du sucre pour augmenter le corps de sa bière

Les sucres non fermentescibles

Le corps de la bière fait partie des sensations en bouche qu’elle procure. Le corps est directement lié à la quantité de sucre restant dans la bière (et donc à la densité finale de la bière). Cependant, certains autres paramètres peuvent influer sur la sensation du dégustateur : l’utilisation de certaines céréales comme l’avoine, a tendance à donner une sensation veloutée à la bière.

La densité finale (DF) de ta bière est un très bon indicateur
pour savoir si ta bière a du corps ou pas.
Si ta DF est de 1017, tu auras une bière douce (ronde, sucrée).
Si ta DF est de 1010, tu auras une bière plutôt sèche.

Pour cela, le brasseur utilise des sucres non fermentescibles. Leur adjonction n’a donc pas d’effet que la teneur en alcool, ils augmentent le corps et donc la tenue de mousse.

Quel sucre utiliser ?

1/ Lactose

Le lactose est un sucre de lait non fermentescible dont le pouvoir sucrant est de 0,16.

Le lactose est rendu célèbre grâce aux milk stouts. Ce sont des bières sombres et épaisses avec très peu de carbonatation, elles révèlent des notes de café et chocolat. Elles ne sont pas écœurantes de saveurs sucrées comme le seraient des bonbons, néanmoins elles présentent une douceur subtile de lait entier. En bouche elles sont onctueuses !

La Musse Milk Stout est une bière brune crémeuse. Ses douces notes de café et de chocolat ont conquis les amateurs du genre au concours 2016 du Salon de l’Agriculture.

Installée en plein bocage vendéen, à Bazoges-en-pareds, depuis juin 2014, la ferme-brasserie La Muette est dirigée de main de maître par Maxime Tripoteau. ce jeune maître brasseur a décroché le prix d’excellence lors du salon de l’agriculture 2018 pour sa “contribution au plus haut niveau au rayonnement du patrimoine gastronomique de la France”.

Fièrement ancré dans la démarche de ferme-brasserie, l’orge à malter est directement produit dans la ferme familiale, le blé et le houblon devraient à terme également devenir “made in bocage”.

Pour utiliser du lactose, chez Alphabière, on nous propose 400g de lactose pour un brassin de 19 litres, ajoutés 10 minutes avant la fin de l’ébullition.

Sur Little Bock, vous pourrez aussi trouver quelques recettes, ArTa nous suggère 300g de lactose en flame-out pour un brassin de 22 litres. Ou encore un milk stout au poivre, à la vanille copeaux de chêne ?? C’est par ici avec 500g de lactose 10 minutes avant la fin de l’ébu et 60g pour l’embouteillage !

2/ Le sorbitol

Le sorbitol ou glucitol est un polyol naturel, au pouvoir sucrant deux fois plus faible que le saccharose. À la différence des oses, sa structure ne renferme aucune fonction cétone ou aldéhyde. Il est principalement utilisé comme édulcorant de masse pour remplacer le saccharose.

Le sorbitol tient son nom du sorbier dont les baies contiennent beaucoup de sorbitol. Mais le fruit à plus haute teneur en sorbitol est en fait le pruneau. Attention car c’est aussi un laxatif lorsqu’il est consommé à haute dose. A bon entendeur !

Vous le trouverez sous forme de poudre ou en solution à 70%.

Son utilisation est polémique au sein de la communauté de brasseur : sorbitol = pas naturel = chimie 😉 Au même titre que le fructose ou le glucose (dextrose).

3/ Brew body ou maltodextrines

Brew body, qu’est-ce qui se cache derrière de nom barbare ?? Il s’agit de maltodextrines !

Une maltodextrine est le résultat de l’hydrolyse d’un amidon (blé, maïs) ou d’une fécule (pomme de terre). Elle est donc constituée de différents sucres (glucose, maltose, maltotriose, oligosides et polyosides) directement issus de cette réaction, dans des proportions qui dépendent du degré de l’hydrolyse.

Leur saveur est peu prononcée. C’est pour ça que les sportifs les utilisent pour obtenir les effets des glucides sans les saveurs parfois écœurantes.

Attention maltodextrines n’équivaut pas à dextrose. On récapitule: le dextrose c’est du glucose, le glucose est fermentescible lui !! Son pouvoir sucrant est très faible contrairement aux malto’. Dans le brassage de bière, les maltodextrines s’utilisent à  25 grammes / litres.

4/ Le caramel

Le caramel résulte de la fonte de cristaux de sucre à feu vif. Si le sucre est fondu seul (sec), le caramel obtenu est bien coloré (caramel brun) et la cuisson est rapide. L’humidification du sucre avant la cuisson rend celle-ci plus lente et permet d’obtenir avant le brun, un caramel blond peu coloré.

Après refroidissement, le caramel est très rigide et cassant, ce qui deviendra difficile à utiliser dans le brassage. Il faut l’utiliser sous forme liquide, cependant si c’est un caramel de votre confection, il y a de fortes chances pour qu’il soit très chaud lorsqu’il sera liquide. Préférez donc son utilisation pendant l’ébullition (il n’est donc pas sensible à la chaleur).

Le caramel est souvent utilisé dans les bières traditionnelles belges. Vous trouverez des références de caramel chez certains fournisseurs d’ingrédients de brassage, par exemple ici chez Braumarkt. Mais il est présenté ici surtout comme un colorant naturel.

Voilà une bière étonnante et très plaisante, brassée par le maître brasseur Jean-Luc Métayer, de la brasserie Les Naufrageurs. 
Un petit clin d’œil au marais salant de l’île d’Oléron sur laquelle cette bière est brassée. Mais aussi à une gourmandise bien répandue dans cette région, le caramel à la fleur de sel.

Cette bière est une invention bien travaillée qui séduira les plus dubitatifs d’entre vous. Issue d’une fermentation haute, elle libère pleinement les arômes caramélisés du malt. Sa robe ambrée laisse place à une mousse plutôt discrète.

La présence légère de la fleur de sel ajoute de la profondeur au côté gourmand du caramel, qui, rassurez-vous a su resté discret. Une bière de dégustation, à siroter accompagnée des mets de votre choix ou à l’apéro, pour un côté original.

Un petit quizz pour faire le point?

Petit brasseur, où en es-tu?

Et il doit sûrement y avoir plein d’autres idées de composés sucrés à utiliser dans le brassage !

Avez-vous testé l’un de ces produits dans l’une de vos bières ?

Quel est votre retour d’expérience ? Avez-vous une recette originale et succulente à partager avec nous? Nous préparons un recueil des meilleures recettes des lecteurs de Comment Brasser sa Bière!

Si tu as aimé cet article, n’hésite pas à suivre Comment brasser sa bière sur Facebook, sur Instagram ou sur YouTube et à partager! A très vite.

Une question que tu aimerais voir traiter sur notre blog, n’hésite pas à nous contacter pour en discuter!